La Campagne de Guadalcanal
Août 1942 - Février 1943
7ème partie
la Bataille du Cap Espérance
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Au cours de la dernière semaine de septembre et la première d’octobre, les Allers-retours du « Tokyo Express » acheminèrent des troupes de la 2ème division d’infanterie japonaise vers Guadalcanal.
Entre-temps, le commandant de l’USAAF dans le Pacifique Sud, Le Lt Général Millard Fillmore Harmon parvient à décider le vice-amiral Robert Lee Ghormley de renforcer les troupes stationnées à Guadalcanal (au cas où les Alliés compteraient défendre l’île contre une prochaine attaque japonaise).
Mouvements nocturnes des flottes japonaises et américaines
Le 8 octobre, les 2 837 hommes du 164ème régiment d’infanterie de la 23ème division d’infanterie américaine embarquent sur des navires en Nouvelle-Calédonie à destination de Guadalcanal. L’arrivée est prévue pour le 13 octobre. Afin de protéger ce convoi de transport de troupes, Ghormley ordonne à la Task Force 64 (composée de quatre croiseurs et cinq destroyers de l’escorter afin d’intercepter et de détruire tout navire japonais qui se trouverait vers Guadalcanal, ou menacerait l’arrivée du convoi.

Le vice-amiral Ghormley
L’état-major de la 8ème flotte du vice-amiral Gunichi Mikawa organise un important convois du « Tokyo Express » pour la nuit du 11 octobre. Deux navires transports d’hydravions et six destroyers sont prévus pour acheminer vers Guadalcanal 728 soldats, ainsi que de l’artillerie et des munitions.
LA 8ème flotte japonaise basée à l’origine à Rabaul (en Nouvelle-Bretagne) et à Kavieng (en Nouvelle-Irlande), comportait cinq croiseurs lourds (le « Chōkai », de la classe « Takao », comme navire amiral, et l’« Aoba », le « Kinugasa », de la classe « Aoba », le « Kako », et le « Furutaka », deux croiseurs légers
(le « Tenryū » et le « Yubari ») ainsi que quatre destroyers.

Le croiseur lourd "Chökai"

Le contre-amiral Aritomo Gotö
Au même moment, trois croiseurs lourds et deux destroyers, placés sous le commandement du contre-amiral Aritomo Gotō, reçoivent pour mission d’aller bombarder Henderson Field. La flotte impériale est munie d’obus explosifs spéciaux, qui ont pour but de détruire la « Cactus Air Force » ainsi que les infrastructures de l’aérodrome.
De leur côté, les Alliés avaient reçu pour mission d’intercepter toute action de ravitaillement par le « Tokyo Express » envers Guadalcanal. Les Japonais quant à eux , ne s’attendaient aucunement à rencontrer des forces navales alliées cette nuit-là !
Vers minuit, les bâtiments américains repèrent sur leurs écrans radars, les forces du contre-amiral Aritomo Gotō entre les îles de Savo et de Guadalcanal. Le groupe naval de l‘amiral Scott se trouve en position de
« barrer le T » à la formation de Gotō, qui ne se doute de rien.
C'est alors qu'un malentendu s'est produit dans la nuit du 11 octobre 1942, malentendu 'bénéfique' puisqu'il permis aux États-Unis de remporter la bataille !
À 23 h 32 ce soir-là, le radar de l'USS "Helena" (CL-50) détecta trois croiseurs lourds japonais, l'Aoba, le Kinugasa et le Furutaka ainsi que les destroyers Fubuki et Hatsuyuki. Les radars américains suivirent la formation japonaise escortant un convoi de ravitaillement. À 23 h 45, le capitaine Gilbert C. Hoover, à bord de l'USS "Helena" envoya un message fatidique à l'amiral Scott : «Interrogatory Roger» demandant ainsi l'autorisation d'ouvrir le feu. La réponse de Scott, « Roger », était censée accuser réception de la demande. Mais « Roger » était également utilisé pour accorder l'autorisation de tirer ! (*)

Captain Gilbert C. Hoover
En conséquence, Hoover à 11 h 46 ouvrit le feu avec ses quinze pièces de 152 mm. D'autres navires américains ouvrirent également le feu, et l' »Aoba » navire amiral de la flotte japonaise, encaissa le plus gros des tirs américains qui coulera un croiseur et un destroyer japonais, causant d’importants dégâts à un autre croiseur. L’amiral Gotō est tué, et le reste des navires de guerre japonais doit renoncer à sa mission et battre en retraite.
Durant le combat, l'USS "Duncan" ( DD-485), destroyer américain sera toutefois coulé, tandis qu’un croiseur et un autre destroyer subiront de graves dommages.

L'USS "Duncan" qui sera perdu lors de la bataille

Le croiseur léger USS "Helena" (CL-50) sera coulé le 6 juillet 1943

Lors de la bataille du cap esperance l’USS Helena possédait deux catapultes sur la plage arrière
deux ‘Kingfisher’ qui remplacèrent les Curtiss SOC ‘Seagull’ que l’on voit ici, Ils n’eurent aucun rôle pendant les affrontements nocturnes.
Le convoi de la 8ème flotte japonaise parviendra malgré tout, à remplir avec succès sa mission de débarquement à Guadalcanal. Il débute son retour sans avoir été intercepté par les navires du contre amiral Norman Scott,
Dans la matinée du 12 octobre, quatre destroyers japonais du convoi d’approvisionnement reviennent cependant pour renforcer la retraite des navires endommagés de Gotō. Deux de ces destroyers retirés des opérations de Henderson Field seront coulés plus tard dans la journée par la « Cactus Air Force ». Finalement, le convoi allié parviendra à Guadalcanal comme prévu le lendemain, et acheminera avec succès sa cargaison de matériels et d’hommes.

Le contre-amiral Norman Scott
Norman Scott avait remporté une victoire tactique grâce à cette méprise dans les communication, mais les Japonais débarquèrent tout de même leurs renforts cette nuit-là. Dans la nuit du 13 octobre, les cuirassés Kongo et Haruna lancèrent un bombardement dévastateur sur Henderson Field, mais ne purent empêcher l'arrivée des renforts américains.
(*)
Pendant la bataille, « Roger » signifiait simplement « message reçu ». En revanche, dans le contexte des combats navals de nuit, ce mot pouvait implicitement se traduire par « reçu, je poursuis immédiatement l'action sans autre échange radio », ce qui lui donnait une portée pratique plus large que sa définition règlementaire,La victoire du cap Espérance (**) redonna du moral à la marine américaine après le désastre subi lors de la bataille de l'île de Savo du mois d’août.
Cet affrontement nocturne fit 163 tués côté américain et environ 400 côté japonais.
***
(**) L'origine du nom remonte au XIXᵉ siècle, lorsque les îles Salomon ont été explorées et cartographiées par des navigateurs britanniques. Le cap fut baptisé "Cape Esperance" en l'honneur du navire britannique HMS Esperance, qui participa aux relevés hydrographiques de la région. Le mot Esperance vient lui-même du français « espérance »
(Cette 7ème partie n'est peut être pas sans erreur, merci de vos commentaires et contributions)
Toujours à suivre...
https://www.history.navy.mil/research/l ... -1942.htmlhttps://jeanmarieborghino.fr/guadalcanal/ * texte ci-dessus
https://www.secondeguerre.net/articles/ ... canal.htmlHistoria magazine 58 Vol 4
https://en.wikipedia.org/wiki/Gilbert_C._HooverEn 1944, les Français étient malheureux, maintenant ils sont mécontents, c'est le progrès ! CdG
Bernard