bernard-1954 a écrit:À plusieurs reprises, et à intervalles rapprochés, des dates furent fixées pour le début de l'attaque. Cela dura jusqu'à l'hiver. Ces dates parvenaient régulièrement aux oreilles de l'ennemi en un temps étonnamment court, ce qui entraînait des préparatifs. Du fait de leur répétition fréquente, il était impossible que ces préparatifs échappent à l'attention des agents et de la reconnaissance aérienne. Des semaines, voire des mois, s'écoulèrent sans que l'invasion de la Belgique par les Alliés, pourtant annoncée, ne se concrétise.
Du coté allié, les mises en alerte sont en effet nombreuses, a tel point que je me suis demandé si le fait de crier au loup tant de fois n'avait pas usé la motivation des militaires.
Cependant cela témoigne d'une réelle efficacité des services de renseignements alliés.
Pendant cette phase d'attente, Gamelin avait mis en place un systeme de rotation des unités au front avec une période de front, suivi d'un retrait a quelques kilometres pour une phase d'entrainement, suivi d'une phase de mise au repos avec des permissions accordées. Le front était ainsi en constant mouvement et avait tendance à désorienter les allemands car ils ne savaient pas toujours avec précision quelles étaient les troupes face à eux ( et a fortiori les troupes qui étaient éloignées du front ). Par contre dans certains cas cela faisait déplacer les unités d'une position défensive à une autre avec pertes de reperes de tir par exemple.
Mais d'un autre coté cela évitait le phénomene de lassitude et de non vigilance. Par ailleurs d'un coté comme de l'autre, les plus hargneux étaient engagés dans des actions flash de reconnaissance/escarmouche ( les corps francs du coté français ) afin de tester la défense opposée et obtenir du renseignement.
Cette période a aussi été propice au renvoi de certains soldats ( ouvriers spécialisés, agriculteurs .. ) afin que la production nationale ne soit pas trop grévée par l'absence de main d'oeuvre. Bien évidemment, ils étaient remplacés par d'autres troupes.
D'une façon générale, au 10 mai les forces françaises respectaient les dotations en effectifs prévus par les tableaux d'effectif de guerre, c'est plus sur le coté du matériel que cela posait des problemes. L'armée française était en cours de modernisation et si on excepte l'active, de nombreuses unités disposaient encore de matériel ancien. Début 1940, le potentiel humain de création de grandes unités arrivait a ses limites, une des raison pour laquelle on programmait la création d'un corps d'armée polonais de 4 DI ,une DLM et un GBC. Les colonies n'etaient pas en reste et de nombreux bataillons de tirailleurs sénégalais étaient programmés.
Le corps d'expedition britannique s'etoffait petit a petit et une grande unité blindée allait enfin arriver sur le continent ( il y avait déjà une brigade de chars d'infanterie ) . Une seconde était a l'exercice et attendait impatiemment que les usines livrent des chars. Un programme, qui n'a jamais été mis en oeuvre, envisageait de céder des chars B et Hotchkiss à la Grande Bretagne pour accelerer la mise en oeuvre d'unités blindées et ainsi augmenter la force blindée au sein de la BEF. On cédait déjà des canons de 25mm ( contre quelques fusils antichar boys ) alors pourquoi pas des chars, s'ils avaient des soldats pour les manoeuvrer ? C'est là ou l'on voit l'impasse dans laquelle était l'armée française, le massacre de la der des der ayant causé des ravages et la France manquait de bras.
Alain

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), quand Rundstedt avait demandé de procéder à une "halte", toute à la fois justifiée par la "fatigue générale" du matériel roulant, selon les retours des formations blindées et motorisées, et par la "mise dans le vent" depuis le franchissement de la Meuse, des formations d'artillerie et d'infanterie "piétonnes", toutes, incapables de suivre le sillage des unités blindées & motorisées!
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