MAG98 a écrit:Dommage il n'est pas moche.
Il y avait, aussi, à la clé, la technique d'assemblage des plaques de blindage. La solution du blindage coulé moulé a très longtemps été limitée par les capacités dimensionnelles des "forges", pour faire simple. Tu en as un bon exemple avec les tourelles des chars français de "1940", "conçues " pour accueillir, au mieux, un "opérateur et demi" en tourelle - le chef de char et, éventuellement, en fonction des circonstances, un pourvoyeur (à bord du B1 bis), qui était censé, depuis l'habitacle, filer un coup de main au chef de char pour approvisionner le canon de tourelle -.
Tu retrouves le même problème dans les KV-1 et T-34 russes, jusqu'en 1942-1943, sachant que, à bord des premiers, puis de la toute première génération des seconds, tu avais une mitrailleuse à l'arrière de la tourelle, servie, quand il en avait le temps, par le pourvoyeur de la pièce de 76,2 mm en tourelle, servie par le chef de char.
Côté allemand, on avait très rapidement tablé sur le blindage à base de plaque d'acier laminées, à "durcissement superficiel", assemblées par soudure; sauf que, en 1939-1940, il n'y avait, en gros, qu'une seule entreprise allemande, spécialisée dans le domaine compliqué de la soudure d'aciers alliés de blindages (terrestres!), L'essentiel de cette technique de soudure étant réservé à la construction navale, à l'automne 1939, il y avait eu un très sérieux embouteillage sur les parking des ateliers de soudure "spécialisés", d'où, par exemple, entre octobre 1939 et mars 1940, la construction de "300"
MPW (
Sd.Kfz.251, le transport de troupe semi-chenillé blindé), confectionnés en "acier (doux) pour ferrer les ânes!". En 1941-1942, la firme tchèque Skoda ne bénéficiant pas d'une chaine de soudure des plaques de blindages, se contentait de les assembler par rivetage!
En parlant de "rivetages", on en revient à l'industrie militaire britannique. C'était, de loin, à l'époque, la solution la plus "simple" pour assembler, entre autres, une tourelle suffisamment spacieuse pour accueillir, comme les "
Teutons", trois opérateurs - généralement un chef de char, un pointeur-tireur, qui se chargeait de l'armement en tourelle, et un pourvoyeur "multi-taches" (radio, approvisionnement en munitions).
Après, à propos du blindage, on avait, également, deux écoles, celle, "pointue", du cuirassement incliné, qui bouffait nécessairement de l'espace dans la tourelle et l'habitacle, compliquait d'autant la fabrication, ou celle du cuirassement"droit" mais épais, qu'on retrouve, par exemple, sur la génération des Churchills et autres successeurs, constituée, au fil du temps de plaques de blindages soudés et d'éléments moulés. A ma connaissance, le durcissement superficiel, réalisé par les Allemands, à raison de 5 mm d'épaisseur sur leurs plaques de blindages, n'avait pas été développé côté Alliés -en plus, c'est compliqué, car ce traitement de surface s'était surtout avéré efficace face aux pélots soviétiques, mais beaucoup moins avec les perforants alliés.
En attendant, les blindages alliés d'une épaisseur de 57 à 63 mm, quelque était leur inclinaison, s'étaient faits allègrement fumés, à "distances généreuses", par les pélots antichars de 7,5 cm, jusqu'à l'automne 1944!
Bref, le sujet est très loin d'être simple, car il part dans tous les sens!
