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Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Vos recherches bibliographiques ou archivistiques vous mènent à une impasse ? Vous avez une question précise à propos d'une source bibliographique, iconographique ou matérielle ? Posez là ici. Elle intéressera certainement les limiers du forum.

Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de le chercheurs 39-45  Nouveau message 02 Mar 2024, 14:47

Bonjour, j'effectue des recherches sur l'exécution de 5 résistants fusillés le 26 et 27 août 1941 au Mont Valériens.
Après avoir demandé les dossiers GR 16 de chaque exécutés au SHD de Vincennes ainsi que les dossier AC 21 du SHD de Caen, j'essaie aussi de retrouver les documents des autorités ayant jugés ces hommes et mis en place le jugement avec les preuves à leur encontre, ainsi que le contenu des interrogatoires. J'ai trouvé que ces documents été aussi consultable et me serai utile pour comprendre comment c'est dénoué leur histoire telle qu'elle a été écrite à ce moment. J'ai cru comprendre que cela rentré dans la cote GR 28 du SHD de Vincennes mais sans résultat. Je compte essayer de chercher le maximum d'archives autour de ce jugement autant des Brigades Spéciale, Police ayant arrêté les hommes ou des autorités Allemande et des Sections Spéciale. Mais je ne suis encore que novice dans la recherche d'archives c'est pour cela que je demande votre aide.

Le nom des fusillés sont :
Jean Baillet exécuté sous son faux nom Roger Henri Nogarède, arrêté le 16 ou 17 août 1941 à Aulnay-sous-Bois, il est interné au Cherche Midi et condamné à mort le 23 août, fusillé le 27 août.
Marius Alfred Ottino, arrêté le 13 août 1941 à Arnouville-lès-Gonesse, interné à Fresne et condamné à mort devant le tribunal de la FeldKommandantur 758 de Saint Cloud le 21 août. Fusillé le 26 août.
Jean Louis Rapinat, Raymond Justice, André Sigonney, arrêté le 13 août 1941 à Paris, interné au Cherche Midi et condamné à mort devant le tribunal du Gross Paris. Fusillé le 26 août.

J'ai déjà consulté le site Maitron qui relate l'histoire de ces hommes mais les archives auraient une autres valeurs historique avec des détails plus précis.
Merci de votre attention.

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Re: Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de JARDIN DAVID  Nouveau message 02 Mar 2024, 20:45

Effectivement il y a toutes les archives que vous évoquez au SHD. Il vous faut prendre rendez-vous afin de les consulter.
JD
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Re: Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de JARDIN DAVID  Nouveau message 03 Mar 2024, 09:39

Après vérification, je dispose des cotes précises, mais, pour nos amis du forum, je pense qu'il serait intéressant de nous préciser :
- après examen de la série GR 16 P et SHD Caen, le parcours en résistance de ces personnes, leur lien éventuel : ce qui permettrait aussi de vous diriger vers d'autres sources ...
- les objectifs de vos recherches, et ce que vous souhaitez en faire en matière de publication.
En effet, nous avons à coeur d'aider chercheurs et amateurs, mais nous constatons trop souvent que nous passons du temps, gracieusement, à rassembler les éléments souhaités, à fournir une multitude de pistes à des correspondants trop heureux de les saisir, et malheureusement de disparaitre ensuite sans laisser de traces. Il est même arrivé qu'on nous reproche d'évoquer un nom pour lequel lesdites pistes auraient laissé transparaitre quelques doutes dans la pureté des intentions.
Bref, le forum est sympa, aidant, mais apprécie en retour sinon en préambule qu'on lui apporte de la matière.
Merci d'avance !
JD
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Re: Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de le chercheurs 39-45  Nouveau message 03 Mar 2024, 17:50

Pour le moment je n'ai pas encore reçu les reproductions de leur dossier qu'ils soient du SHD de Vincennes ou bien de Caen, les demandes ont été faites il y a quelques jours.
Le but de mes recherches sont personnels mais une fois finit je serai content de partager toutes les informations glanées pour les faire découvrir comme une sorte d'hommage rendu, pour rendre plus connu leur histoire et leur sacrifice, et peut être aider aussi d'autres personnes.
J'ai choisit ce groupe de 5 personnes car leur histoire qui est semblable à temps d'autres me semble aussi singulière.
Dans le groupe de fusillés Jean Baillet était commissaire inter-régional du Parti Communiste et l'un des créateur de l'Organisation Secrète, son silence ira à tel point que les autorités n'auront même pas son vrai prénom, j'aimerai que les archives puissent peut être me montrer comment il a réussi à les berner. Alfred Ottino ancien des Brigades Internationales en 1938, rejoindra la résistance dans L'Organisation Spéciale et participera à l'un des premiers déraillement de train en Région Parisienne à Epernay dans la nuit du 17 au 18 juillet 1941, opération qui avait été organisé par Jean Baillet, les autorités n'en surent jamais rien, etc ....
Ils seront tout les deux arrêtés un jour différent alors qu'ils n'effectuaient pas de missions communes. Les 3 autres fusillés tous âgés d'une vingtaine d'année seront arrêtés lors de la même manifestations, sur eux ou chez eux les autorités trouvèrent des tracts ou des journaux communistes.
Les archives me serviraient à savoir ensuite les interrogatoires et jugements subis par ses 5 hommes pour comprendre comment c'est dénoué la fin de leur histoire.

J'ai aussi effectué la demande au musée nationale de la Résistance pour avoir une reproduction de la dernière lettre de Jean Baillet écrite le 27 août 1941.
C'est pour cela ces archives m'aiderai grandement dans ces recherches. Et je comprend parfaitement votre point de vu d'un forum aideur et partageur auquel j'aimerai pouvoir participé par cette action et ces recherches.
Merci à vous

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Re: Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de JARDIN DAVID  Nouveau message 03 Mar 2024, 21:06

Bonsoir "chercheur" !

Effectivement, ces 5 fusillés ont le point commun d'appartenir à la mouvance communiste, en plein virage idéologique de l'été 1941 et n'hésitant pas à sacrifier des hommes au profit de se nouvelle stratégie.
J'espère que vous nous en direz un peu plus.
Pour vous donner quelques nouvelles indications, voici les cotes des dossiers de jugement des tribunaux allemands. Je ne sais pas si vous y trouverez toutes les ficelles de ces affaires, mais vous pourrez nous en présenter les principales conclusions prochainement.

Cotes Nom Prénom Jugement Condamnation Juridiction
GR 28P8 52 272 RAPINAT Jean 23/08/1941 PEINE DE MORT TM PARIS
GR 28P8 52 272 JUSTICE Raymond 23/08/1941 PEINE DE MORT TM PARIS
GR 28P8 52 272 SIGONNEY André 23/08/1941 PEINE DE MORT TM PARIS
GR 28P8 61 13 NOGARÈDE Roger-henry 23/08/1941 PEINE DE MORT TM Saint-Cloud
GR 28P8 61 21 OTTINO Alfred 23/08/1941 PEINE DE MORT TM Saint-Cloud

Bon courage !
JD
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Re: Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de le chercheurs 39-45  Nouveau message 03 Mar 2024, 21:23

Merci pour votre aide.
Le temps de faire les demandes de reproductions et qu'elles soient traiter, ne pouvant me déplacer jusqu'à Vincennes, je pense qu'un bon nombre de semaine vont passer.
En attendant je vous tiendrai au courant de mes avancées grâce aux ressources disponible sur internet.

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Re: Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de le chercheurs 39-45  Nouveau message 30 Juin 2024, 17:35

Je reviens enfin vers vous après l'attente des archives, je vais pouvoir vous en dire plus grâce aux documents et aux recherches que j'ai effectué en les attendant. Et pour commencer je vais dépeindre le personnage le plus intéressant, Jean Baillet dit Roger-Henry Nogarède.

En 1931, il adhère au parti communiste et tente dès 1935 de se porter candidat aux élections de Colombes pour y devenir conseiller, mais il échoue. Dès l'année suivante, il quitte son emploi de chef jardinier à la mairie de Nanterre pour se lancer pleinement en politique. Cette même année, il participera à l'organisation des grèves dans les usines Peugeot, Farman, Renault et Kléber.

L'année d'après, il atteint enfin son objectif en devenant secrétaire général de la région communiste Paris-Ouest. Il trouve sa place au cœur de l'action de son parti, où il œuvre aux côtés de membres importants comme Maurice Thorez, Gabriel Péri ou même Jacques Duclos, avec lesquels il prend la parole à de nombreux rassemblements.

En septembre 1939 après deux ans au parti, il se retrouve mobilisé dans une unité d'infirmiers dans le secteur des ouvrages de la ligne Maginot. Là-bas, il apprend l'interdiction du Parti communiste vers la fin du mois de septembre, mais sa situation militaire lui permet de ne pas être arrêté. Début décembre, son profil attire l'attention des autorités et une demande est effectuée à la police spéciale pour connaître ses opinions et ses fréquentations. Lors de sa première permission, il reçoit l'interdiction de retourner dans le département de la Seine en raison du décret interdisant toute action communiste. Interdiction qu'il brave, mais au même moment, un mandat d'arrêt est émis à son encontre. Il est filé par les autorités et est finalement arrêté chez ses parents à Caen le 30 décembre 1939. Il est ensuite ramené à Paris le 7 janvier 1940 pour être interné à la prison de Fresnes et de la Santé en compagnie de nombreux autres communistes.

Début juin 1940, une note confidentielle du général Gamelin révèle une inquiétude grandissante au sein des autorités françaises. Ce document évoque "l’éventualité d’une action des éléments communistes de la région parisienne en vue de délivrer leurs partisans incarcérés, en cas d’avance allemande sur la capitale". Pour contrer cette menace potentielle, une décision cruciale est prise : déplacer les détenus vers le sud de la France en direction du camp de Gurs, loin de la capitale exposée. Le 10 juin, comme plusieurs centaines d’autres captifs, il est envoyé dans le camp d’internement de Cépoy dans le Loiret. Cela n’est qu’une étape dans leur long voyage car, après quelques jours sur place, les 1000 détenus doivent encore être déplacés. Une colonne de prisonniers se forme, les fuyards et les traînards ne pouvant plus marcher sont abattus comme les directives le demandent. Mais le cortège subit des attaques de l’aviation allemande et Jean réussit, comme de nombreux autres, à s’échapper à Neuvy-sur-Loire le 15 juin.

Jean Baillet plonge aussitôt dans la clandestinité avec le pseudonyme de Jacques. Dès juillet, il rejoint la capitale et renoue avec le Parti communiste clandestin. Durant les mois qui vont suivre, il va participer à la reconstruction du Parti en reformant le contact avec les chefs militants et le comité central, rôle qu'il se voit confier par Jacques Duclos. Mission qu'il commence dès les jours qui suivent avec les communistes de l'Aube en la personne de Maurice Romagnon, récemment évadé de la prison de Dijon. Les mois qui suivent vont être faits d'un recrutement intensif, de la restructuration et de la propagande avec la fabrication et la diffusion de tracts. Dès l’automne, il forme de nombreux groupes de résistance chez les cheminots de sa région.

En janvier 1941, Jean Baillet rejoint la branche industrielle de l'Organisation Spéciale, la branche armée du Parti communiste. Grâce à son influence dans le milieu ouvrier, il dirige de nombreux sabotages dans les usines Renault. Mais ce début d'année exige de recloisonner les différentes régions communistes qui forment Paris. Trop connu pour administrer la région Ouest, il est chargé d'être le responsable politique de la région Est, mais à peine un mois plus tard, suite à un différend entre deux responsables d'autres régions, Jean est finalement changé pour la région Nord aux côtés de Roger Linet, responsable des actions clandestines dans les usines de la région, et Raymond Colin, responsable à l’organisation. Malgré la vie clandestine qu'il mène, il obtient du Parti de vivre avec sa femme et ses deux fils à Saint-Ouen.

Dans la nuit du 16 juillet 1941, il organise le premier déraillement de train en région parisienne avec un train de marchandises en partance pour l'Allemagne sur la ligne d'Épinay-sur-Seine. Quelques jours plus tard, il pousse l'un de ses hommes à commettre un autre sabotage dans le dépôt de La Plaine Saint-Denis, réussissant à jeter une locomotive en travers du pont tournant et immobilisant alors le dépôt.
Les actions de sabotages dans la région Nord sont nombreuses, quasiment 2 ou 3 par semaine. Jean Baillet avec le pseudonyme de Romain en fait part à Jean Laffitte (comme il le cite dans son livre) lors de balades sur les Grands Boulevards.

En août 1941, il est nommé à la tête d'une section de choc de sa région, soit environ 500 hommes. Sous les ordres de Jean Carré, il devient commissaire interrégional responsable de l'Organisation Spéciale dans la région Paris-Nord comprenant le Nord de la Seine et la Seine-et-Oise, aux côtés de Pierre Rebière, Paul Dumont et Marcel Paul. Avec Fosco Focardi, ils créent les premières formations militaires du parti, Jean formant le premier groupe OS de la banlieue Nord, qui deviendra plus tard, le 1er groupe FTP banlieue Nord.

Durant ce mois d'août, Jean commande une opération sur un train stationné dans la forêt de Chantilly et qui appartenait à un haut dignitaire allemand, mais un problème d'explosif fait reculer les hommes. Il s'agissait alors du train d'Hermann Göring.
A côté de ces actions, Jean continue presque tous les jours de parler sur les marchés pour y partager des tracts et les idées de l’Internationale communiste.
Le 16 août, il se trouve sur le marché d'Aulnay-sous-Bois, debout sur une table, il harangue la foule et s'exprime auprès des ménagères. Deux gardiens de la paix tentent de mettre fin à la manifestation. Les hommes prennent la fuite et les agents sont ralentis par la foule, mais l'un d'eux ne quitte pas des yeux Jean et réussit à le rattraper. Ramené vers le lieu de son "méfait", le gardien de la paix questionne un commerçant pour savoir si Jean Baillet était bien l'homme qui effectua le discours, ce que ne reconnaît pas le commerçant. C'est alors qu'un officier de l'armée en retraite, de Tinguy du Pouët, reconnaît Jean comme l'orateur du discours.

Il est une première fois interrogé par la police française à Versailles qui retrouve sur lui des papiers au nom de Nogarède. Déclinant son identité au nom de Roger Henry Nogarède, il dit être maçon né à Alès et reconnaît « être un sympathisant communiste et des organisations qui entendent rendre la France libre ». Mais il ne livre ni son adresse ni le nom de sa femme.
Il est ensuite remis à la Gestapo dans l’après-midi. Bien que torturé, il tient sa version et continue de nier les faits tout en refusant de donner son adresse où se trouve sa famille et d’autres preuves compromettantes. Il est interné à la prison du Cherche-Midi dans l’attente de son jugement programmé pour le 23 août.

Jugé par le Tribunal militaire de la Feldkommandantur de Saint-Cloud, avec la présence de l’officier l’ayant reconnu maintenant son accusation, il écope de la peine de mort pour « manifestation communiste ».

Retourné en cellule sans connaître la date de son exécution, il est aux environs de 12h50, ce 27 août lorsqu’il apprend le moment précipité de son exécution, à 15h, ne lui laissant que peu de temps pour écrire une dernière lettre à sa femme et ses enfants (extrait de sa dernière lettre) :
« On vient de m’annoncer qu’à trois heures, je serai mort. J’accepte mon sort. Soyez sûrs que je mourrai courageux. Ne perdez pas votre temps à pleurer toute votre vie sur moi. Plus tard quand cette maudite guerre sera finie et que vous rencontrerez certains de mes amis, dites-leur que j’ai eu une pensée pour eux qui m’ont aidé dans certains moments difficiles de ma vie. »
Il est ensuite conduit au Mont Valérien où il est fusillé à 14h55, sous le nom de Nogarède.
Ce n’est que le 13 septembre que les autorités allemandes apprendront sa véritable identité et donc son passé politique au sein du parti communiste.

Aussitôt, il est érigé en martyr aux côtés d’autres fusillés dans l’Humanité clandestine du 4 septembre.
Des tracts le représentent et un groupe de résistance communiste portera son nom.

À la fin de 1945, il est exhumé pour reposer au cimetière d’Argenteuil, après des funérailles solennelles dans la cour de la mairie de la ville, où son passé de résistant est rappelé, notamment avec les mots de Marcel Paul. C’est devant plus de 6000 personnes venues rendre un dernier hommage au héros d’hier que Jean Baillet est conduit dans sa dernière demeure.

Mais l’histoire ne se finit pas là. L’année suivante, l’officier qui avait dénoncé Jean Baillet est jugé pour ces actes, qu’il ne cesse de nier. Après un procès retentissant et qui fit grand bruit chez les communistes, il est condamné à la peine de mort, mais verra sa peine commuée en réclusion à perpétuité.

Ce n’est qu’en 1946 que Jean obtiendra le titre de Mort pour la France. Il est homologué au rang de capitaine FTP, reçoit la croix de guerre, la médaille des internés résistants à titre posthume et sera fait chevalier de la Légion d’honneur.

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Re: Recherche archives de résistants fusillés en août 1941.

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de le chercheurs 39-45  Nouveau message 30 Juin 2024, 17:39

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Jean Baillet (1908-1941)

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