Post Numéro: 40
de landevenneg
18 Fév 2023, 04:47
Hiltler n'a jamais montré beaucoup d'empathie mais ce n'était pas un nihiliste.
Hitler ne montre pas d'empathie pour son peuple mais je n'ai pas souvenir d'un discours d'un grand leader de la Seconde Guerre Mondiale ayant fait preuve d'empathie pour son peuple. Churchill s'était montré cynique (au bon sens du terme) en promettant "le sang et les larmes" au peuple anglais. Quand Pétain déclare "c'est le coeur lourd que je vous dit qu'il faut cesser les combats", ce n'est pas de la compassion pour les Français mais peut être déjà le "malin" qui parle en lui. De Gaulle avec son "Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé !" est grandiloquent mais finalement très distant. Il ne s'adresse pas au peuple parisien, aux français qui ont subi les oppressions, les bombardements, les restrictions ...De Gaulle parle de, et s'adresse au Peuple Français mythique que l'on ne rencontre que dans l'Histoire de France.
Hitler fonctionne de manière identique mais exacerbée. Lorsqu'il parle du Peuple Allemand, c'est du peuple mythique, le peuple germanique. Et il est un peu déçu que les Allemands dans les derniers jours de la guerre, ne se montrent pas à la hauteur de la Légende.
Tout cela pour dire que d'une certaine façon Hitler s'intéresse à son monde, son entourage proche. Dans ses derniers moments Hitler épouse Eva Braun, offre quelques souvenirs de lui, je me souvient plus à qui, mais il offre à l'un des occupants du Bunker le portrait de Fréderic Le Grand qui ornait son bureau ( certains ont vu Hitler dans les derniers jours rester à fixer ce tableau) Sauver ce tableau devait avoir une signification pour lui. Son testament politique laisse entrevoir la possibilité d'une renaissance. Donc pour moi ce n'est pas un nihiliste absolu. Les enfants du couple Goebbels faisaient incontestablement partie du cercle restreint et intime de Hitler. C'est ce qui me fait dire que, sachant que Goebbels et sa femme le suivraient dans la mort, son silence n'est pas une absence d'empathie.
Avant de se suicider Hitler fait ses adieux à son entourage, généraux, officiers, ses secrétaires, sa diététicienne... Cela a marqué Rochus Mischus, son garde du corps pendant toutes les années de guerre. Hitler n'a aucun geste pour lui, il passe devant lui et s'enferme dans son bureau pour se suicider. Il a beau avoir été proche physiquement de Hitler pendant des années mais pour Hitler il fait juste partie du décor.
60 ans après les faits Roschus Misch faisait part de son respect pour l'attitude de Goebbels à l'opposée de celle de Hitler. Goebbels était venu lui serrer la main avant de se suicider. Libéré du poids de Hitler, et nouveau chancellier Goebbels n'avait pas manqué à ses obligations de chef en consacrant ses dernières heures à l'organisation de la fin du Reich: Tenter une négociation (qu'il savait pourtant vaine) avec les Soviétiques pour obtenir un sauf-conduit pour les occupants du Furherbunker (sans lui) puis organiser avec les militaires la sortie du Fuhrerbunker.
dans sa dernière allocution radiodiffusée (21 avril 1945) , Goebbels s'était adressé directement à la population de Berlin, leur signifiant les enjeux de la Bataille. Exhortation patriotique traditionnelle mais adressée aux Allemands, aux Berlinois de chair et de sang: "Défenseurs de Berlin, vos mères, vos femmes, vos enfants vous regardent. Ils ont mis leur vie, leur destin, leur vie et leur futur en vous. Vous savez quelle est votre mission et je sais que vous l'accomplirez de manière exemplaire." en précisant "Il va sans dire que je resterai à Berlin avec mon Etat-Major. Ma femme et mes enfants restent également. J'activerai les défenses de la Capitale avec tous les moyens possibles. Je consacre toutes mes pensées et mes actions à votre bien-être et à la défense contre notre ennemi mortel... Notre but c'est la liberté de notre peuple et un Reich de Justice sociale dans le bonheur futur qui adviendra."
Nous ne sommes absolument pas dans un discours nihiliste et la différence de ton entre Hitler et Goebbels est flagrante.
Entre une absence totale et pathologique d'empathie, et un manque d'empathie poussée, il y a peu de différences. Mais c'est la subtilité qui permet de ne pas tomber dans la mauvaise idée de faire de Hitler le monstre absolu, innatteignable pour notre compréhension. Ce qui a pour gros défaut lui attribuer des "qualités" que personne d'autre ne possèderait et susciter la fascination chez ses partisans comme chez ses détracteurs.