Les info sur la marine basque ne courrent pas les rues, ni les média, aprés recherches voici ce que j'ai trouvè
La Marine auxiliaire du Pays basque fut l'une des unités militaires les plus insolites et les moins connues de la guerre civile de 1936-1939. Elle dépendait exclusivement du gouvernement basque, ce qui lui conférait une importance politique considérable. Elle fut créée en octobre 1936 par le ministère de la Défense du gouvernement basque pour aider la Marine républicaine à protéger le trafic maritime et la pêche dans ses eaux côtières et à préserver les accès aux ports basques des mines sous-marines. Le contexte militaire et politique du conflit – notamment l'isolement du Nord du territoire contrôlé par les forces gouvernementales, les faibles performances des Forces navales républicaines de la mer Cantabrique (nom espagnol du golfe de Gascogne), qui engendrèrent des tensions entre les commandements des deux forces et se soldèrent par une méfiance mutuelle – et le caractère du chef de la Marine auxiliaire, Joaquín de Egia – conduisirent cette dernière à une autonomie totale vis-à-vis de la Marine républicaine, tant sur le plan organisationnel qu'opérationnel.
Bacaladero VendavalAfin d'organiser cette force auxiliaire, Egia transforma en « navires de guerre » un grand nombre de bateaux de pêche abrités à Bilbao, mais non utilisés à leur véritable fonction. La plupart d'entre eux étaient arrivés lors de l'évacuation de Pasajes. Ils étaient équipés d'artillerie pour certains (chalutiers armés) ou de plateformes de déminage pour d'autres (dragueurs de mines). Tous les navires étaient peints en gris plomb et l'initiale de leur nom ou un chiffre équivalent était peinte en noir sur leur gréement. Ils arboraient l' ikurriña (drapeau basque) à la proue et le drapeau tricolore républicain à la poupe. Les équipages étaient composés de volontaires, issus des flottes de pêche et de la marine marchande. Ils compensaient leur manque, voire leur absence, de formation militaire par leur engagement, leur discipline et leur grande motivation. Plus de 900 d'entre eux ont gravi les échelons de la Marine du Pays basque.
Bou Gipuzkoa a pris la ikurrina dans sa chambre le 37 févrierMalgré les tensions avec les autorités navales républicaines, la Marine auxiliaire coopéra avec les forces navales de la mer Cantabrique et combla ses manques autant que possible avec ses ressources limitées. Elle escorta les navires marchands et démina les eaux basques. Elle joua un rôle clé du côté républicain lors de la campagne navale du premier semestre 1937.
La chute de Bilbao en juin 1937 força les navires basques à se rendre à Santander, où les dragueurs de mines poursuivirent leur mission de déminage. Certains navires, avec leurs équipages, furent transférés aux forces navales de la mer Cantabrique et opéraient alors dans les Asturies. L'évacuation de Santander en août 1937 mit fin à ses activités, même si, sur le papier, elle continua d'exister pendant plusieurs mois encore. Certains de ses membres furent faits prisonniers, mais la majorité réussit à rejoindre la France.
Bou Nabarra-GZ3280Environ la moitié des exilés resteraient sur le sol français jusqu'à la fin de la guerre ou, dans certains cas isolés, se rendraient en territoire franquiste. L'autre moitié retournerait en territoire gouvernemental pour continuer à combattre dans la Marine républicaine ou dans l'une des branches de la police, les Carabiniers de la Mer ou Cuerpo de Carabineros . Canyon de proa del bou DonostiaLe cas le plus inhabituel était peut-être celui des Carabiniers de la Mer, où le gouvernement basque, alors basé à Barcelone, organisa un important recrutement de marins de la Marine auxiliaire et de la Marine marchande basque. Ces marins travaillaient comme équipages sur une flottille de voiliers et de bateaux à moteur, dépendant du Trésor public, et avaient pour mission d'assurer le maintien de la liaison entre les ports du Levant républicain (Est de l'Espagne) jusqu'à la fin de la guerre. Puis vinrent la répression ou l'exil – pour certains une nouvelle guerre – et, dans le meilleur des cas, le retour à leur travail habituel, ce qui n'était jamais facile à réaliser.