alain adam a écrit:Bonsoir François ,
Tout un chacun sait très bien qu'il n'existe pas d’écrit historique novateur non perfectible sur les détails .
J'en suis même la preuve vivante , ayant travaillé un petit peu avec Matthieu Comas sur les micro-unités de chars FT , travail de ma part que j'ai largement communiqué , qu'il a largement amélioré en se penchant sur les historiques de bases aériennes . La ou j'ai fait avancer l'histoire d'un petit pas , il en a fait un deuxième plus élaboré sur un secteur encore plus fin ( et je ne le féliciterai jamais assez pour ce boulot , qui confirme la valeur du mien ) .
Mais dans le cas de notre discussion actuelle, nous ne partons pas de faits établis , mais d'une supposition non confirmée . Il est donc logique d'y voir opposition et regards amusés de certains qui n'ont pas du tout la même démarche - que toi - vis a vis de l'histoire .
De mon coté , je préfère en rester aux faits avérés . Inutile de faire un roman ou des hypothèses lorsqu'on a rien pour l'appuyer par les faits prouvés par les archives .
De même , inutile de se demander pourquoi tes livres ne rejoignent pas ma bibliothèque : nous n'avons pas la même conception des faits avérés .
Mais rassures toi , tu n'es pas le seul historien que je n'apprécies pas pour ses approximations/bêtises/théories fumeuses/incapacités dans tel ou tel domaine etc . Et dans tous les cas , je ne suis pas une référence , juste un amateur d'histoire militaire , et je n'ai aucun impact sur les ventes de tes bouquins .
On me pardonnera de ne répondre que de loin en loin à ces douceurs depuis quinze ans récurrentes et imperméables à toute réplique. Je ne le fais que pour ceux qui débarquent ou n'auraient pas tout lu, afin qu'ils ne risquent pas d'être impressionnés par un tel aplomb.
La conception de l'histoire qu'exprime Alain est des plus primitives. Il serait plus à sa place dans un monastère bénédictin du XVIIIème siècle, où on se préoccuperait de collationner et de sauvegarder des données. Mais ces gens, ou du moins les plus fins d'entre eux, n'avaient pas la prétention de considérer ces données comme des faits, ils savaient bien que cette matière devait, pour prendre sens, être maniée par des spécialistes.
L'histoire commence précisément lorsqu'on applique, à la masse des données, des hypothèses.
Le reste est affaire de rigueur.
S'enfermer dans un raisonnement théorique en disant qu'une chevauchée commencée le 14 mai était nécessairement à bout de souffle le 24, qu'il n'y a pas lieu de chercher ailleurs la raison de son arrêt et qu'en fouillant les archives on finira bien par en trouver la preuve c'est d'une part manquer de la plus élémentaire rigueur...
... mais c'est aussi faire, comme Monsieur Jourdain de la prose, une hypothèse sans le savoir !

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