Post Numéro: 46
de Bruno Roy-Henry
19 Fév 2012, 15:04
Battus d'avance ? Nous l'avons été parce que nous n'avons pas pu imposer le combat pour lequel nous étions préparés. Mais pour cela, il fallait s'en donner les moyens. En dehors des Panzerdivisionen, les unités allemandes ne valaient pas tellement mieux que les nôtres. Nos généraux prisonniers en Allemagne y ont réfléchi et ont estimé que l'infanterie allemande avait été souvent médiocre. Sans parler de ses échecs à Voncq ou à Rethel, elle triomphe le plus souvent par saturation, au prix de lourdes pertes. Sur l'Ailette ou l'Aisne, par exemple. On verra encore à plusieurs reprises des fantassins allemands monter à l'assaut de nos positions au coude-à-coude et en chantant (fanatisme, en effet). Il est vrai que le terrain aura été -au préalable- traité par l'artillerie et les stukas. Mais, tout de même ! Pensons aussi aux Bavarois, devant Abbeville, qui -étant dénichés de leurs emplacements par nos B1-bis- n'hésitent pas à se jeter sur eux quasiment à la seule baïonnette !
Le fait saillant, c'est qu'une division ne peut pas défendre avec des chances sérieuses de succès plus de 10 km de terrain. La position choisie par Weygand se déroulait sur 360 km. Il fallait donc y disposer 36 DI. Certes, on n'était pas au km près : telle position, plus forte qu'une autre, ou moins menacée, pouvait bien aller jusqu'à 15 km. Telle autre, au contraire, devait être ramenée à 8 (voire 6 km). Avec les 4 restantes et les 8 rameutées de l'Est, 12 DI pouvaient être placées en seconde ligne. On serait alors parvenu à un dispositif presque acceptable.
Notons à propos de ces transports, que l'Etat-Major a fait roquer 3 DI qui étaient à l'Est de la Meuse. Une autre qui est partie trop tard. Sans compter les 4 DLI versées à mesure pour alimenter la bataille (trop loin et pas prêtes à la date du 4). Pour ces divisions, les transports n'ont pas manqué. Cela répond à l'objection qui m'a souvent été faite à ce sujet...