Ces grandes chaloupes à vapeur, qui appartenaient généralement à la drome (le parc d'embarcations annexes) de l'arsenal et/ou du port militaire, étaient, certes, régulièrement entretenues, mais étaient souvent âgées de plusieurs décennies; de ce fait, la machinerie embarquée était souvent du type alternatif, à savoir un moteur à pistons, associé à une chaudière à vapeur alimentée au charbon ou par épandage de mazout sur les grilles du foyer, d'où la présence requise d'une petite équipe de "chauffeurs" (à vue de nez, un chef de chauffe et deux opérateurs).
Cette série de clichés permet, au passage, d'évoquer les vieux usages d'embarquement et débarquement des équipages, à bord de bâtiments au mouillage en rade, donc, non amarrés à un quai.

L'
Equipage, en gros, jusqu'au grade de quartier-maitre-chef et moins de 10 ans service, pour embarquer à bord des canots et chaloupes, était prié d'utiliser les échelles de tangons. Les tangons étaient de larges (tout est relatif!) et longues pièces (espars) en bois, qui, repliées le long du bordé, étaient déployées au mouillages. La partie supérieure de ces tangons était garnie d'un étroit chemin d'accès plan et d'un garde-main en cordage, mais le parcours constituait, néanmoins, un exercice "acrobatique", car, pour accéder au canot ou la chaloupe, puis le quitter, il fallait emprunter, quelque était la situation - jour, nuit, mer calme ou très houleuse - des échelles de corde, à la sécurité des plus précaires!
Ces dispositions avaient été prises au tournant du XIX
ème siècle, alors qu'une grande partie de l'équipage servait dans les basses-vergues et hautes-vergues (gabiers de premier brin, une formation d'élite, bénéficiant de "surprimes", dont l'effectif total ne dépassait guère 30-40 hommes à bord d'un vaisseau de ligne de 74 ou 80 canons!. Ces "lascars" constituaient, également, une classe à part, car, tant que la météo était globalement clémente, ils installaient bien souvent, leurs "couchages" dans les hunes, afin de ne pas devoir se cogner l'atmosphère "empuantie" des ponts de batterie.

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Le temps passe, puis la Marine s'était dotée d'un corps de spécialistes (mécaniciens, canonniers, etc.); dès lors, les "acrobaties" réalisées par les gabiers s'étaient très sérieusement raréfiées, à l'exception, peut-être, de certaines spécialités, manœuvriers, timoniers et probablement, celle fusilier-marin!
On va juste s'amuser à identifier les tangons de descente et montée (!), à bord du cuirassé
Paris au mouillage, repérés en rouge (2), l'échelle de coupée (1) étant réservée aux officiers et l'EM , celle, repérée (3), empruntée par les OM... et, par convenance, aux vieux "chouffes", quartier-maitres-chefs de + de 10 ans de service -.
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L'escalade et la descente acrobatiques de ces " tangons" et échelles de corde avait +/- perduré jusqu'en 1980, le dernier bâtiment en service utilisant cette "méthode" ayant probablement été le croiseur-école (porte-hélicoptère)
Jeanne d'Arc...
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En 1964, au CFM Hourtin , j'avais longuement été initié à l'emploi des avirons (godille ou manoeuvre en groupe, dernier emploi où j'étais d'une nullité crasse!

... mais nous n'avions droit à aucun exercice particulier nous initiant à l'emploi du tangon, alors que la plupart des souvenirs de "vieux matafs" tendent à confirmer qu'il s'agissait d'un exercice très compliqué, pour lequel, globalement, nous n'étions pas formés!
J'aime bien ce dessin humoristique, publié e;n 2024 par le magazine "
Cols bleus"...
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