Finalement, la
directive n°5 du 30 septembre , dont l’objet est l’organisation des nouveaux territoires et leur sécurisation en évitant les tensions avec l’URSS, lève les dernières restrictions sur la guerre navale contre la France. Les restrictions sur le continent restent en vigueur.
Cette « montée en gamme » est vraisemblablement liée au succès de l’affaire polonaise. Le transfert de troupes à l’Ouest a commencé le 7 septembre [HalderJ 07/09]. Quelques jours après, le transfert des états-majors des AOK 4 et 14 et du HG Nord était décidé [HalderJ 10/09].
Le 20 septembre, l’OKW considère la campagne de Pologne comme terminée. Hitler déclare à Keitel : « il faut nous préparer à attaquer sans délai sur le front ouest » [Koeltz].
Le 25, Stülpnagel indique que Warlimont a apporté des nouvelles du plan concernant l’attaque à l’Ouest [HalderJ 25/09]. Le point 4 de la directive n°4 émise le même jour indique que :
La décision concernant la poursuite stratégique de la guerre sera prise très prochainement […] Il est impératif de maintenir la possibilité de mener une offensive à l'Ouest à tout moment.
Le lendemain, alors que Hitler rentre à Berlin, les commandants des trois branches des forces armées et leurs chefs d’état-major sont convoqués pour le 27.
Hitler démarre la réunion par le constat de la valeur de l’armée allemande et de l’impuissance des alliés. Puis il déclare :
Le moment est donc venu d’imposer notre volonté à ces deux puissances : si on attend, on leur donnera le temps de se renforcer, l’occasion sera manquée. L’essentiel est d’atteindre les côtes de la mer du Nord et de la Manche pour pouvoir attaquer ultérieurement l’Angleterre. On ne devra pas répéter le plan de conversion de Schlieffen vers le sud-ouest, mais pousser vers le nord-ouest en se couvrant dans le flanc sud. On traversera donc la Belgique du Nord et une partie de la Hollande. Ce faisant, on ne respectera pas la neutralité de ces deux pays comme on l’a promis il y a un mois. Mais ce respect n’est plus justifié. Des forces françaises importantes se rassemblent dans le Nord, le long de la frontière belge. Cela indique ou bien que le gouvernement belge est prêt à appeler l’armée française, ou bien que le commandement français a l’intention d’entrer en Belgique sans y être invité. Il ne faut donc pas se laisser devancer par l’ennemi ; il ne faut pas le laisser s’approcher de la Ruhr. [Koeltz]
Les préparatifs doivent être terminés pour le 12 novembre (déposition de Brauchitch à Nüremberg, volume XX page 609).
L’OKH se met au travail, non sans réticence car, pour les militaires, ni l’aviation, ni l’armée ne sont prêtes. [Koeltz]