Lynives a écrit:Hello Loïc, hello tout le monde.
Je me demande tout de même comment ils font pour la garder propre et, surtout comment ils font pour les "ravoir" blanches au lavage.
Belle journée.
Tu veux que je te dise , en tant qu'ancien mataf français, moi-même ?
Ben, déjà, tu marches comme "un pingouin", pour éviter que tes pompes soigneusement entretenues au cirage noir ne salissent le bas de ton froc blanc; tu vérifies l'état des sièges sur les terrasses de cafés (et à l'intérieur des susdits)... il fallait toujours avoir un mouchoir sous la main pour essuyer ! ...... Tu évites de te baver dessus!

... et, quand tu étais basé à terre, dans un Arsenal ou un BAN, tous les "deux jours", tu fonçais, durant tes heures de repos, au lavoir avec ta brosse et ton savon de Marseille pour redonner à ta tenue blanche, son "aspect immaculé", après la nécessaire "corvée" du repassage! Je disposais, alors, d'un fer de voyage et instruit par ma parentèle sur les mystères du repassage (je suis le roi de pattemouille!

) - le papier-journal étant, lui, d'une redoutable efficacité pour "imprimer" un pli irréprochable sur un fute en "serge de laine", notre tenue d'hiver! -, j'étais plutôt bon dans son maniement, ce qui me permettait, en guise de remerciements, d'avoir droit à des tournées gratuites au bar (du foyer) et/ou, parfois, à une participation financière de deux ou trois francs!
A bord des bâtiments, çà se compliquait très sérieusement, car l'eau douce était rationnée - l'eau de mer est une véritable vacherie pour laver quoique ce soit - et, de mémoire, le séchage, lui-même, était souvent très compliqué; mais certains d'entre nous, qui, comme Brehon, ont servi en mer, t'en parleront mieux que moi.
De nos jours, à bord des bâtiments, il y a une laverie, dotée de machines à laver et de séchoirs "tournants", mais ce n'était pas le cas, à l'époque. Perso, j'avais du attendre quatre ans de service, pour, en tant qu'officier-marinier, bénéficier des services ( modiquement payants) de la "teinturerie" de la grande BAN où j'avais embarqué; mais on y confiait que nos tenue bleu-marine d'hiver en serge de laine; sinon, nous démerdavions pour laver nos tenues "en Tergal beige" et nos tenues blanches.
Mais, dès le grade de quartier-maitre-chef, nous étions autorisé à franchir l'Aubette, en "civil", sans devoir avoir droit à l'inspection de tenue de rigueur, avant de dépasser l'Aubette ou d'emprunter, à bord, la passerelle. Comme nous avions, bien souvent, d'appartes et, même, des villas loués en commun, nous y disposions du confort de l'époque - la machine à laver! -. A Rochefort, durant mon cours de chouffe, en 1967-1968, "l'adorable" veuve d'officier de marine qui me louait sa spacieuse "chambre meublée" s'était proposée pour laver mon linge; mais je disposais, alors, d'un nombre conséquent de sous-vêtements de bonne qualité et je me "débrouillais" pour rejoindre, au moins une fois par mois, le domicile familiale strasbourgeois, où je disposais de tout le "confort moderne" et du personnel de ménage qui s'occupait de "mon linge"!
La plupart d'entre nous, "jeunes matafs" célibataires, bénéficiait de parents et grands-parents bien souvent au fait des usages navals; ma grand-mère maternelle (lorientaise!) était la "reine de la machine à coudre" pour rapiécer, à partir des "vestiges" que je récupérais, mes tenues de travail, les célèbres " gris-bleus" en toile de coton de la Marine, dont l'épaisseur se transformait "en feuille de papier à cigarette", au fil des lavages!
Dans la Marine Nationale, c'était assez compliqué, car nous étions hébergés et nourris gratuitement, alors que "le sac", l'ensemble de nos effets militaires nous était "facturé! Chaque année, nous avions droit à une "allocation vestimentaire" que, si nous ne l'avions dépensée, nous était reversée en fin d'exercice annuel comptable. Du coup, le "sport" consistait, pour économiser "le maximum de de pépètes", à subvenir à ses besoins vestimentaires, à partir des fringues attribuées lors de notre premier journée d'engagement ou quand on passait de l’Équipage pour intégrer le "corps des officiers-mariniers", ce qui , à l'époque, exigeait, au grand minimum,+/- quatre ans de service, voire, hélas, beaucoup plus pour certaines spécialités du Service Général!
Sur Marine-Forum, un jeune doctorant en Histoire a très récemment posé une question assez proche...
https://forummarine.forumactif.com/t104 ... n-histoire... sauf qu'elle ne concernait que les "motivations" du mataf. Malheureusement, il n'y a plus, de nos jours, de survivants de la Marine Nationale des années 1939-1942, ni ayant opéré au sein des forces navales FFL, mais, dans le cadre de ta question, les réponses de JJMM et de son serviteur sont explicites tout au moins pour la période de la décennie "1960".
