Post Numéro: 132
de Ballon-Balma
26 Mar 2024, 14:01
Bien qu'il me contredise, j'apprécie ce message. Pour produire un tel film, la première condition et la plus importante, c'est de le vouloir. "Quand on veut, on peut." Les exemples sont innombrables de gens, ou de groupes, qui ont réalisé ce qui était jugé improbable ou impossible (dans tous les domaines). Par ailleurs, il est fort possible que certains propriétaires des plus grandes fortunes de France s'intéressent beaucoup à l'AA de 1940.
1. Je ne citerai que la famille Dassault dont le fondateur, Marcel Bloch, un avionneur de génie, a construit certains des avions les plus importants, voire les plus réussis, de la 2e guerre mondiale : le chasseur Bloch 152, pas encore parfaitement réussi mais ce n'était que le début d'une lignée et, construit à plus de 600 exemplaires, il a dans l'ensemble fait du très bon travail contre les Allemands grâce à sa solidité et à son armement, terrible pour l'époque, de deux excellents canons français HS 404 et deux mitrailleuses. Le MB 152 a été suivi du Bloch 155, très semblable mais fortement amélioré et dont seuls quelques exemplaires ont pu être utilisés faute de temps, l'Armée et Pétain ayant capitulé un peu trop vite. Le suivant, le Bloch 157, "sorti" en 40, était déjà l'égal des meilleurs chasseurs de la guerre (de 1944) : Tempest, P-51 D "Mustang", Focke-Wulf 190 D-9 et autres. Le remarquable bimoteur de reconnaissance et d'attaque Bloch 174-75-76 a encore pu être employé au combat à quelques dizaines d'exemplaires (c'était un peu le "Mosquito" français, mais avec au moins 2 ans d'avance). Interrompue par l'occupation, cette lignée a repris après la guerre avec la plupart des avions de combat de l'Armée de l'Air, Marcel Bloch ayant repris un nom de guerre d'un parent membre de la Résistance : Dassault. Ces avions furent l'Ouragan, le Mystère II (un échec), le Mystère IV (réussi), le Super-Mystère B2, les divers Mirage III, Mirage 2000 et, à présent, Rafale (conçu sous la direction de M. Dassault lui-même, avant sa mort).
2. Il n'est PAS indispensable de dépenser le maximum d'argent. On peut fort bien se passer de certains plans, ou séquences, qui coûtent très cher, comme la destruction de hangars par des bombes, de même que de recruter des vedettes "bankable", qui rapportent à coup sûr. On peut donner leur chance à de jeunes acteurs moins chers. Les images de synthèse permettent de faire presque tout (ou vraiment tout ?) sans investir sa dernière chemise.
3. (Ton point 2) Attirer les foules est parfaitement possible. Question de pub, de psychologie, de doigté. Et "Week-end à Zuydcoote", alors ? Grand succès ! Il y avait Bebel mais enfin, le sujet (la fuite éperdue de Dunkerque) n'était pas très glorieux ni très porteur... Cet exemple prouve que tout est possible et, ne l'oublions pas, le bilan de l'Armée de l'Air en mai-juin 1940 est fantastique, magnifique, époustouflant, probablement jamais dépassé (dans des conditions comparables) en 39-45. Ce n'est pas vendeur, ça ? J'affirme que si. Dans le Pacifique, l'aviation navale américaine a fait encore mieux à partir de mai-juin 1942 (Midway), et encore plus après, mais dans des conditions très différentes.
Par ailleurs, depuis quelques années, les productions TV sur l'Armée française en 1940 se multiplient. L'obstacle du mauvais souvenir s'efface, la bravoure et les exploits s'avancent. Ceux de l'AA dépassent tout ce qui a déjà été raconté (Montcornet - hum hum ! - Stonne, Saumur...). La dépense ne semble pas rebuter les producteurs ! Réveille-toi !
" Et là je ne parle même pas de ceux qui ne savent même pas ce qu'il c'est passé en juin 1940, et il y en a un paquet croyez moi surtout les plus jeunes générations. "
- Mais oui. Tu as raison. Ce phénomène n'a rien de nouveau. C'est la même chose après toutes les guerres. Combien de fois, étant enfant dans les années 1940 et 1950, ai-je entendu des "vieux" (pas toujours vraiment vieux, parfois si) se lamenter sur les jeunes qui ne sont même pas au courant de telle ou telle bataille de 14-18. C'est chaque fois la même chose. Classique. Je crois que c'était pareil en 4 000 avant JC. Cet élément ne doit pas nous dissuader, au contraire. Dans l'ensemble, la masse des Français s'intéresse beaucoup à l'Histoire (cf., entre autres, les jeux TV et les ventes de livres).
Je ne considère pas comme impossible que quelque Anglais ou quelque Américain clairvoyant et désireux de gagner des millions de dollars s'empare de ce sujet et en fasse un block-buster vendu dans le monde entier. France, réveille-toi !