Dans le village alsacien où je demeure, à l'occasion des cérémonies du 11 novembre, l'orphéon municipal interprète, en dehors de la traditionnelle Marseillaise, plusieurs marches militaires, dont une, voire deux allemandes, en mémoire des alsaciens tombés au champ d'honneur sous l'uniforme allemand en 14-18, ceux, tués en 39-40, et des "Malgré-Nous" de "1941-1945".
Pour les marches militaires allemandes, il s'agit, bien entendu, d'anciens morceaux instrumentaux, tous, composés avant 1914 et volontairement choisis parmi les moins martiaux - quoique, dans le répertoire musical militaire allemand, il s'agit-là d'un exercice assez compliqué

- , le célèbre
Ich hatte einen Kamaraden, régulièrement interprété, étant très probablement la référence la plus compatible avec la commémoration honorée.
Comme dans les autres bourgades alsaciennes, contrairement aux villages de "la France de l'Intérieur", il n'y a pas, ici, de monuments aux morts - par exemple, surmontés d'un coq ou d'une statue d'un Poilu" -, uniquement deux stèles discrètes en marbre, une, pour la Première Guerre Mondiale, l'autre pour la Seconde, insérées dans les piliers, sous le porche de l'église protestante luthérienne - sa construction date de la fin du 17ème siècle, tandis que l'église catholique, elle, n'avait été construite qu'en 1925; précédemment, les deux cultes se partageaient l'église protestante, sachant que le Concordat napoléonien est toujours en vigueur en Alsace -.
A propos de l'interprétation de marches allemandes, à l'occasion du 11 novembre, il s'agit, là, d'une tradition "rurale", car je n'ai rien connu de tel du temps où je demeurais à Strasbourg, où, Place de la République est pourtant érigé un monument représentant une mère éplorée, tenant, sur ses genoux, ses deux fils morts, symbolisant, sans distinction, les morts alsaciens, côté allemand et côté français, au cours des deux conflits mondiaux.
