alfa1965 a écrit:La bataille de Médénine 6 mars 1943
Unternehmen CapriAprès la déconvenue de Kasserine, dernière victoire des troupes de l’Axe en Afrique du Nord, le timoré et peu compétant général Fredendall est remplacé par le général George Patton à la tête du II US Corps.

Du côté de l’Axe, Rommel prend le chemin général de toutes les unités gérant, la
5. Panzerarmee de von Arnim et la
Panzerarmee Afrika devenue la 1a
Armata italiana commandée par le vétéran du corps expéditionnaire italien en Russie, le général Messe.

Je souhaite ici contextualiser le limogeage de FREDENDALL dans l'impact indirect qu'il a sur la carrière de deux généraux qui nous occupent particulièrement nous, Français et Belges du forum dans notre libération, je veux parler de PATTON et BRADLEY.
Je trouve important de lever le voile sur un limogeage parmi d'autre, révélateur d'un certain relationnels au sein du commandement US.
Bien noté par McNAIR et MARSHALL (les deux hommes les plus puisssants de l'
US Army, FREDENDALL est conseillé à EISENHOWER pour un commandement de valeur pour le débarquement en Afrique du Nord. EISENHOWER (comme CLARK, son adjoint) émet quelques doutes (il trouve FREDENDALL trop peu imaginatif pour un haut commandement) mais se félicite finalement de son rôle à la tête de la
Center Task Force (II Corps) qui débarque à Alger.
Si on lit entre les lignes, dans certaines publications récentes sur l’opération
Torch, FREDENDALL montre crainte immodérée pour sa vie dès ses premiers jours à Alger. Le général TRUSCOTT, qui sert en Tunisie, lui reproche de rarement sortir de son poste de commandement et de ne jamais se rendre sur le terrain.
Un poste de commandement que FREDENDALL a fait spécialement aménager en souterrain, à Tebessa, à environ 110km du front ! Un PC exagérément renforcé après trois semaines de travaux réalisés par un bataillon de Génie tout entier et défendu contre les attaques aériennes par un bataillon de DCA au complet.
Les mémoires de BRADLEY nous apprennent que le 13 février 1943, EISENHOWER rend visite à FREDENDALL qui n’a pas respecté ses recommandations (l’infanterie est éparpillée dans le djebel et la réserve blindée est pareillement dispersée). La protection excessive du PC fait mauvaise impression sur Ike. Le lendemain, les Allemands passent à l’attaque qui mènera à la défaite de Kasserine (cf. plus haut dans le fil).
La défaite est retentissante jusque dans les fondements même de l’
US Army, à Washington. Le 21 février, EISENHOWER nomme le
Major General Ernest N. HARMON (un protégé de PATTON et alors commandant de la
2nd Armored Division au Maroc) commandant en second du
II Corps. De facto, c’est HARMON qui va prendre le Corps en main et juguler l’offensive allemande. Il rapporte à EISENHOWER plusieurs carences dans le chef de FREDENDALL : «
...manque d’sprit offensif, mauvaise utilisation des forces blindées et ne jamais quitter son abri. » A PATTON, il qualifiera FREDENDALL de « lâche » et de «
son of a bitch ! ».
Dans le même temps, EISENHOWER fait venir à Alger son ami le
Major General Omar N. BRADLEY avec pour mission d’être ses yeux et ses oreilles sur le terrain. Après quelques jours pour se familiariser avec la situation, BRADLEY rejoint le front tunisien le 27 février 1943.
Après une semaine passée au II Corps, BRADLEY constate que FREDENDALL a perdu la confiance de ses commandants de divisions et si l’échec de Kasserine ne peut lui être personnellement imputé, rétablir la confiance semble impossible aux yeux de BRADLEY. Si l’état-major du
II Corps défend loyalement son chef, BRADLEY se rend compte que la relation avec les Anglais est également dégradée. Le 5 mars 1943, EISENHOWER vient en visite au
II Corps. BRADLEY rapporte un court échange dans ses mémoires : «
Que penses-tu du commandement ici ? [lui demande Ike]. «
Il est mauvais » répondis-je. «
J’ai parlé à tous les commandants de division. D’homme à homme, ils ont perdu confiance en FREDENDALLcomme commandant de corps. » «
Merci Brad » dit-il. «
Tu as confirmé la mauvaise opinion que j’avais déjà. Vu l’importance du fait, j’ai déjà ordonné à PATTON de quitter RABAT. Il sera ici demain pour prendre le commandement du II Corps. »
EISENHOWER avait proppsé à HARMON le commandement du
II Corps. Celui-ci refusa, ne souhaitant pas laisser imaginer qu’il a établit un rapport négatif sur FREDENDALL pour prendre sa place (HARMON sera nommé à la tête de la
1st Armored Division).
Ce que BRADLEY ne sait pas encore à ce moment-là, c’est qu’il va seconder PATTON à la tête du
II Corps dont il en deviendra lui-même le chef en Sicile, l’été suivant.