Dog Red a écrit:brehon a écrit:Mais dans la marine il existe la possibilité de relever le commandant (ou le capitaine ou le skipper) d'un navire par ses subordonnés dans certaines circonstances. Cela n'existe pas dans les armées de terre. Des marins peuvent parfois se sentir le droit de franchir le pas en pensant (souvent à tort) qu'ils ont des raisons légitimes de le faire.
Un sens de la mutinerie propre aux marins en quelque sorte.
Voui, mais comme le rappelle, fort justement, Yvonnik, il y a vivement intérêt à ce que la relève du "Pacha", de la totalité ou une partie de son état-major, soit réellement justifiée par les circonstances et la situation!
Il y a un cas célèbre dans la Royal Navy, la mutinerie du HMS Bounty, en 1788, durant sa "circum-navigation" à but "scientifique", dans le Pacifique. Son commandant, William Bligh, avait fini par être abandonné en mer, sur une grosse chaloupe, avec des vivres et ses rares "partisans", et avec laquelle il était parvenu à rallier une possession britannique. De l'avis de tous ses homologues, au sein de la RN, qui l'avaient côtoyé, Bligh était un sale c.. fini et un tyran avéré! Il n'empêche que le Conseil de Guerre ne pouvait pas admettre la "mutinerie" et les mutins de la Bounty avaient été impitoyablement pourchassés... sauf qu'ils s'étaient installés sur une ile totalement paumée, au fin fond du Pacifique Sud, Pitcairn, qui ne figurait pas sur les cartes! Elle n'avait été identifié qu'en 1808! Cela dit, sur l'ile, çà avait fini par virer au réglement de compte entre matafs britanniques et les polynésiens qui les avaient accompagnés, pour une "histoire de fesses"; les seules représentantes de la gente féminine étant, elles-mêmes, polynésiennes, la "fraternité sexuelle", même chez les polynésiens, avait ses limites!
Dans le domaine romanesque, il y aussi l'USS Caine, avec le célèbre roman "
Ouragan sur le Caine" et le film qui en avait été tiré, où Humphrey Bogart jouait le rôle du Capitaine Queeg, démis de ses fonctions par son propre état-major. Là-aussi, la justice navale n'avait pas été tendre avec les "mutins", virés comme des malpropres de l'US Navy ou, dans le meilleur des cas, rétrogradés avec une étiquette "
je suis un mutin", qui les privait de tout espoir de promotion. Certes, il ne s'agit, là, que d'un roman, mais il décrit très bien l'atmosphère générale qui régnait, historiquement, dans l'US Navy et autres armées navales, le commandement d'un bâtiment est confié par les plus hautes autorités navales! Toute contestation du commandement en place implique une nécessaire remise en cause de l'autorité supérieure, ce qui, hiérarchiquement, n'est pas envisageable!
Les Mutineries du Nore et Spithead, deux mouillages de la marine britannique "au repos", dans la Royal Navy, en 1797, s'étaient, toutes, plus ou moins déroulées comme des grèves "modernes", avec envoi de délégations d'équipages présentant des listes de doléances - les conditions de vie à bord des bâtiments de Sa Gracieuse Majesté étaient dures et le gros des équipages étant requis par la "Presse" ne mettait pas les pieds à terre durant leur temps de service, lui-même, "limité" à la fin du conflit... sauf que, entre 1793 et 1814, hormis la brève Paix d'Amiens (mars 1802-mai 1803), le matelot britannique "pressé" ne risquait pas de pouvoir poser son sac à terre! -, mais, néanmoins, la justice militaire avait sévi en prononçant de nombreuses peines par pendaison (60, rien que lors de la "Muniterie du Spithead!).
En résumé, la mutinerie navale, quelques puissent être ses possibles motivations légitimes, est systématiquement sanctionnée dans l'intérêt de l'autorité supérieure!
Dans la marine impériale russe, la mutinerie de l'équipage du cuirassé Potemkine, en 1905, n'avait pas particulièrement été tendre, mais les circonstances, y compris la sévère "tôle" navale russe infligée par la flotte japonaise, avait incité le pouvoir impérial à faire preuve d'une "relative" clémence, 7 condamnations à mort, 19, condamnés à vie, à aller casser du caillou en Sibérie, et 35, à vingt ans de prison! ... parmi les membres de l'équipage, qui ne s'étaient pas réfugiés en Roumanie!
La mutinerie du croiseur russe Aurora, au mouillage à Saint-Petersbourg, date du 25 octobre 1917, alors que la révolution bolchevique date, elle, de février 1917 et que, dans la première décade de mars, le pouvoir impérial avait abdiqué!
La mutinerie des équipages de la Kaiserliche Marine avait été très largement encouragée par la mouvance allemande "bolchevique".
Le Kaiser, Wilhelm II, après la Bataille du Jutland, en mai 1916, avait souhaité engager le moins possible sa flotte de haute mer (
Hochseeflotte), afin de conserver dans sa manche, un argument de poids pour éventuellement devoir négocier un armistice ou une paix avec les Brits. Sauf que les équipages, hormis les sous-mariniers, avaient, dès lors, passé l'essentiel de leur temps à tourner entre le service "d'entretien" à bord et leur casernement à terre...bref, s'ennuyaient ferme, faute d'action. Or il n'y a pas pire qu'une troupe militaire, longtemps "désœuvrée", pour succomber aux supposées "sirènes" d'un "Grand Soir". Il convient de ne pas oublier que la révolution communiste "internationale" avait, alors, pour intention première de libérer les peuples du joug de ses gouvernances et du "capitalisme mondial". Dès 1917, l'armée française avait, elle-même, été confrontée à l'influence de ce discours, supposée, dans une première phase, être "pacifique", ce qui l'avait amené, en temps de guerre, à devoir sévir, afin de ramener le calme et l'obéissance dans ses troupes combattantes!
Il convient, aussi, de ne pas oublier que, en Russie, la première gouvernance, certes de gauche, mais plus ou moins démocratique, avait très vite, elle-même, été débordée et remplacée rapidement par une branche beaucoup plus extrémiste, elle, de tendance strotskiste-léniniste.
On va appeler un chat, chat, mais, à l'époque, les équipages allemands s'étaient royalement faits enfumer par des promesses de "meilleur jour" qui n'existaient pas!