Vogue le navire du "résistancialisme". Jacqueline Sainclivie parle de 76 Résistants fusillés alors que 79 noms y figurent:
Le site a été entièrement rénové en 2017 et à cette occasion on a rajouté les noms de trois Résistants FTP ( Jean Le Floch, Yves Manach et Yves Page, arrêtés, jugés et fusillés par les Français le 12 mars 1944) intentionnellement "oubliés" jusqu'à lors car leur histoire trop dérangeante pour le récit des universitaires bretons a été manipulée pour être tenue dans l'ombre.
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" Il y a 80 ans, 25 résistants étaient fusillés près de Rennes : de quoi étaient-ils accusés ?
Sur les 380 résistants fusillés en Bretagne par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, 76 l’ont été sur le site de la butte de la Maltière à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes. Dont 25 le même jour, le 30 décembre 1942. L’historienne Jacqueline Sainclivier nous raconte l’histoire de ces militants communistes et d’un attentat raté contre l’homme politique Jacques Doriot mené par deux d’entre eux.
Ouest-France
Recueilli par Glen RECOURT.
Publié le 26/12/2022 à 06h57
Il y a 80 ans, le 30 décembre 1942, 25 résistants étaient fusillés à Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) par les Allemands, sur le site de la butte de la Maltière. L’historienne Jacqueline Sainclivier nous raconte l’histoire de ces militants communistes et d’un attentat raté contre Jacques Doriot mené par deux d’entre eux.
Quelle est l’histoire de la butte de la Maltière avant que les Allemands l’occupent ?
À partir de 1937, c’est là qu’avaient lieu les exercices de tir à blanc des soldats français. C’est situé à Saint-Jacques-de-la-Lande, pas très loin de l’aéroport. On disait aérodrome à ce moment-là. Lorsque les Allemands arrivent à Rennes le 18 juin 1940, ce site a été automatiquement occupé.
En quoi ce site est emblématique de l’histoire de la Résistance en Bretagne ?
À la connaissance des historiens, c’est ici que la première exécution d’un résistant en Bretagne a eu lieu. Il s’appelait Marcel Brossier. Il était mécanicien et avait coupé un câble téléphonique appartenant aux Allemands en juillet. Il a été exécuté le 17 septembre 1940. Il s’agissait de la première exécution légale car décidée par un tribunal militaire allemand.
Qui sont les fusillés de la Maltière ?
Ils étaient jeunes. Plus de la moitié d’entre eux avaient moins de 30 ans. Le plus âgé avait 45 ans. Des hommes uniquement puisque les femmes étaient déportées. La plupart étaient cheminots et communistes. Ces mouvements faisaient un peu de propagande, mais surtout des actions de sabotage, des attentats. Alors il faut revoir cela avec les moyens dont ils disposaient. Donc on a trouvé chez eux des explosifs qu’ils avaient pris dans les carrières au nord du département. Saint-Pierre-de-Plesguen, par exemple, ou Louvigné-du-Désert. Mais ils avaient pu faire quelques attentats et quelques dégâts matériels légers. Le risque était important. Ceux qui travaillaient aux ateliers de la SNCF, avaient saboté des wagons pour évidemment ralentir le plus possible les transports de troupes ou de matériel allemand. Le procès a duré plusieurs jours avant leur exécution.
Un fait précis leur était reproché ?
Ils avaient participé à des attentats ou favorisé des attentats de mars à septembre 1942. Et le fait majeur, c’est que Jacques Doriot, collaborateur notoire, était venu au théâtre municipal de Rennes le 19 avril 1942. L’un d’eux a lancé une grenade dans le théâtre. Doriot n’a rien eu. Il n’y a pas eu de blessés parmi ceux qui assistaient à ce meeting, mais évidemment, ça a entraîné des poursuites. Ils ont aussi mené des attentats à l’explosif. Et puis on a découvert des plans, en particulier contre des lignes de chemin de fer, contre des compresseurs à la gare de Rennes, etc.
« Est-ce qu’il y a eu dénonciation ? Pas forcément »
Comment ont-ils été arrêtés ?
Est-ce qu’il y a eu dénonciation ?
Pas forcément. Ça peut être simplement une imprudence. Il ne faut pas oublier qu’on a affaire à des amateurs. Quand je dis ça, ce n’est pas du tout péjoratif. De l’autre côté, les Allemands qui menaient ces enquêtes étaient des policiers de métier. Donc ils savaient mener des enquêtes.
Quelle a été la résonance de ces exécutions dans la population ?
L’information a été publiée dans L’Ouest-Éclair à la fin du mois de décembre. Évidemment, le texte est contraint. Pour les Allemands, l’idée est de faire peur et de montrer que si on résiste et bien on peut être exécuté. Ils ne l’ont jamais refait parce qu’à l’évidence, ça n’est pas eu l’effet escompté.
C’est-à-dire ?
Par les rapports du préfet, on sait que la population condamne l’action de répression allemande. Et ça a pu, au contraire, encourager à résister. Par la suite, plus aucune information de ce type n’a été rendue publique.
Combien de Résistants ont été exécutés sur cette butte au total ?
Après le 30 décembre 1942, d’autres exécutions ont eu lieu entre mars et juillet 1944. Entre-temps, les résistantes ou les résistantes étaient soit envoyés à Paris où certains étaient soit exécutés au Mont Valérien, soit déportés. Au total, sur le site de Saint-Jacques, il y a eu 76 exécutions.

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