Loïc Charpentier a écrit:Une auto-canon de 75 mm Modèle 1913, c'était çà...
Le canon de 75 mm était le Modèle 1897, le modèle 1913 définissait le véhicule De Dion-Bouton converti en automoteur de DCA, quant à la version "1913/1934" elle se référait au même matériel mais désormais raccordable à une centrale de calcul de tir, pour DCA, modèle 34!

La dotation réglementaire prévoyait 5 obus encartouchés, dont 4 équipés de fusées chronométriques :
1 explosif (altitude max: 5400 m)
1 explosif Modèle 1917, portée théorique +/- 11 000 m, avec la pièce d'artillerie M97, mais qui aurait été limitée (?) à 6800 m , en emploi avec l'autocanon M1913.
2 à balles (altitudes, 6000 et 6200 m). NOTA : l'obus à balles (ou Schrapnel) avait été mis au point à la fin du XIX
ème siècle, car, à l'époque, les enveloppes en fonte aciére des projectiles ne généraient pas suffisamment d'éclats lors de leur détonation.
1 obus traceur ou fumigène utilisé pour le tir de nuit, sans en préciser le type (explosif ou à balles) ni son altitude maximale de détonation.
Dans le cadre de l'emploi antichar, il convenait d'employer l'obus perforant, mis en service en 1916; à vue de nez, il s'agissait d'un obus de rupture, car il intégrait une charge de 285 grammes de TNT et, très logiquement, une fusée à impact avec, probablement, un très court délai plus ou moins réglable de détonation - le temps de perforer les blindages de l'époque, de l'ordre de 15 mm en 1916-1918! -, avec une portée théorique de 9500 m... distance annoncée assez bizarroïde pour un pélot "antichar" de 75 mm de "première génération", car, au-delà de 2000 m, avec un canon de 36 calibres (2720 mm de la gueule à la culasse, pour un diamètre d'âme de 75 mm) et une Vo de l'ordre de 700 m/s - pour un pélot antichar, dont la charge propulsive est plus importante -, l'obus n'a plus aucune capacité perforante sérieuse... mais bon!
L'obus perforant " AL " (du nom de l'ingénieur André Lefèvre qui à mis au point le système d'amorçage de cet obus) est entré en service en 1916. Son corps était réalisé en fonte aciérée à parois très épaisses et avait un profil très aérodynamique. Il était destiné principalement pour perforer les blindages. Il était chargé de 285 gr de TNT, avait un poids de 7 kg 200 pour une portée de 9500 mètres.
Vu l'ambiance "administrative" dans laquelle baignait l'armée française de 1940, il est plus que probable qu'une éventuelle attribution d'obus perforants "antichars", même, dans l'urgence (!), à des batteries de DCA virait au "kafkaïen" - cf., à ce sujet, le post N°6 d'Alfred, à propos de l'interdiction britannique d'utiliser les pièces antiaériennes dans un rôle antichar, tout simplement, parce que les munitions en dotation n'étaient pas adaptées à cet emploi!
Néanmoins, il était toujours possible, dans l'urgence du moment, d'utiliser les obus explosifs en emploi antichar, car, à courte et moyenne distance, le diamètre de l'obus était largement supérieur à l'épaisseur de blindage des Panzerounets allemands, alors en service,
Panzer III Ausf. E/F/G, armé du KwK 3,7 cm L/45, blindage frontal de 30 mm incliné à 9°,
Panzer IV Ausf. B/C/D, armé du 7,5 cm KwK L/24, même motif, même punition, à 1° d'inclinaison près; quant à leur blindage latéral, à l'époque, il n'excédait pas 15 mm!
Côté allemand, la
Heer, au printemps 1940, alignait plus de 11 000 pièces antichars de 3,7 cm, soit, à la louche, trois fois plus que le parc de 25 mm Hotchkiss antichars en service dans l'armée française! Pour d'obscures raisons, c'était mise en place la "légende" des chars français dont la cuirasse aurait été "impénétrable" aux pièces antichars divisionnaires allemandes, d'où l'indispensable recours aux "Acht-Acht", là, aussi, une belle "légende", comme le démontre, très facilement, le palmarès des unités de Flak de la Luftwaffe, associée au Panzerkorps de Guderian... 13 chars dézingués, en un "petit mois" de combat, dont 4 par des pièces de 2 cm et de 3,7 cm Flak, mais, par contre, 208 appareils descendus en emploi antiaérien!
Au passage, on a, également, "glissé sous le tapis", la centaine de pièces tchèques de 4,7 cm, installées sur châssis de
Panzer I, baptisées
Panzerjäger I, extrêmement mobiles et attribuées en "renfort" aux Panzer-Divisionen de pointe. Côté français, la pièce de 47 mm était, certes, redoutablement efficace, mais, en ce qui concerne les exemplaires tractés et les quelques autoportés en service, leur engagement relevait de l'autorité de l'Artillerie§ A noter que, en 1870, l'Armée Française avait, déjà, fait la même gaffe, en attribuant à l'Artillerie, sa très performante grosse deux centaines de canons à balles de Reffye, les ancêtres de la mitrailleuse automatique. Le gros problème avait, alors, été que l'artillerie les avaient employées comme des pièces d'artillerie, à raison d'une batterie de 6 par régiment, sauf que, en dépit de leur précision exceptionnelle et de leur portée (3000 m!), elles s'étaient retrouvées engager dans des duels inutiles avec l'artillerie de campagne allemande, plus nombreuse, et, faute d'existance de toute munition traceuse, bien incapable de pouvoir vérifier les résultats de ses tirs... au-delà de 1500 m, quand le terrain s'y prêtait!
J'ai intentionnellement "dérapé" sur l'emploi des canons à balles de Reffye, en 1870/1871, car il avait , alors, constitué le parfait exemple de la "psycho-rigidité" qui régnait au sein des différentes Armes de l'Armée Française. Tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un canon, quelque pouvait être son emploi, était sensé relever du seul domaine de l'Artillerie... les formations françaises de DCA n'avaient été constituées, hors de l'autorité de l'Artillerie, qu'à dater de 1920... au plus haut niveau des états-majors respectifs, çà avait débouché sur des affrontements "à couteau direct".
En Allemagne, le seul poids décisionnaire d'Hermann Göring avait permis le développement, tout à la fois, de l'aviation et de la Flak allemande, au sein de la Luftwaffe. Au printemps 1940, l'armée française, dans le seul domaine aérien et anti-aérien se l'était pris en pleine tronche!
"
Nether the least" et "
in dispit off", redondances anglo-saxonnes volontaires

, l'Armée Française s'était prise un tôle avérée et, hélas, mémorable en mai-juin 1940, sans pour autant démériter!
Une fois le conflit achevé, en Europe, en mai 1945, au fil des décennies suivantes, les "historiens" français, avec béret basque sur la tète, baguette sous le bras et charentaises aux pieds, se sont efforcés, sur la base du "Procès de Riom", de démontrer que l'Armée avait été trahie par son autorité supérieure. Dans la réalité, les états-majors alliés, jusqu'au plus haut niveau, avaient, tous, été totalement débordés par la tactique d'engagement, au sens large, de la
Wehrmacht!
L'air de rien,
Barbarossa avait plus ou moins été la réplique du
Westfeldzug. Cà avait failli marcher (à peu de choses près!), sauf l'étendue du front en largeur et profondeur, avant l'hiver 1941. L'arrêt des troupes allemandes devant Moscou, présageait, alors, mais il fallait être devin (!) pour le pronostiquer, l'échec global des offensives de l'été 1942, "cassées" à Stalingrad et sur la Volga!
L'état-major allemand, en dépit de ses souplesses opératives, n'avait alors, aucune expérience particulière d'opérations menées à plus de "1000 bornes" de son centre névralgique décisionnaire installé à Berlin!
que l'armée avait été trahie