Tu mets certainement le doigt sur un manque majeur de l'opération : le renseignement (dans leur collecte ou leur interpétation)... ...dès lors que les moyens engagés ne sont visiblement pas adaptés aux objectifs.
Mais après je crains que tu ne t'égares...
NIALA a écrit:En somme le débarquement de Dieppe a été loupé surtout par un manque énorme de renseignements sur la situation locale; comment c'est possible, nul n'a eu l'idée d'interroger les dieppois, il y en avait certainement en Angleterre,...
En quoi interroger n'importe quel Dieppois présent en Angleterre aurait permis de glaner des informations sur le dispositif allemand sur place ?
NIALA a écrit:...en outre pour connaitre les positions allemandes ils n'avaient pas de contact localement avec les résistants, il y en avait certainement à Dieppe, c'est à se demander si l'échec n'était pas voulu.
Deux questions : à l'été 1942, quid de la Résistance en Haute Normandie et de ses contacts avec Londres ? Est-ce comparable au Calvados 2 ans plus tard ?
Et enfin, non, l'échec n'était certainement pas voulu
Pour revenir à MOUNTBATTEN, wiki n'est pas mon ami mais sans autre source :
. il commence la guerre dans les destroyers pour passer chef des "Combined Operations" en octobre 1941 (sur un coup de pouce de CHURCHILL ?" ;
. on lui doit le raid de Bruneval (succès indéniable ; le mois suivant il est promu vice-amiral) et dans la foulée le raid suicide sur St-Nazaire, un autre succès ;
. à la même époque, Alan BROOKE est frileux face à sa nomination au "Chiefs of Staff Committee" ;
. enfin il est célébré pour le développement des ports artificiels et du pipe-line PLUTO en Normandie... alors qu'à l'époque, il est dans le sud-est asiatique depuis un an !?
CHURCHILL pousse-t-il ce membre émérite de la famille royale trop vite trop haut ?
C'est un peu le problème des entre-soi de la noblesse d'épée, en Angleterre comme ailleurs.
Le génie militaire n'est pas héréditaire mais s'acquiert.
A la décharge des lords, Dieppe est la première opération de cette envergure pour les Anglais... ...on peut tous se louper la première fois.
Quant à MONTGOMERY, en tant que commandant en chef de la région militaire du Sud-Est, c'est lui qui est aux manettes des forces terrestres engagées.
Selon Antoine CAPET, l'homme au béret n'a jamais cru au succès de l'opération et accueille "avec soulagement" son annulation le 8 juillet 1942.
Lorsqu'il apprend que l'opération n'est que reportée un mois plus tard, il écrit à son supérieur arguant du principe que : "on n'attaque pas deux fois le même objectif avec des moyens inchangés et vraisemblablement connus des Allemands." et recommande l'abandon de l'opération ou tout du moins sa replanification contre un autre objectif.
L'homme au béret avait peut-être bien flairé le fiasco.

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