Au tournant des décennies 1920-1930, la Reichswehr et l'industrie militaire, tout au moins, pour les entreprises qui existaient, avaient opté pour le calibre de 7,5 cm, au lieu de 7,7 cm, parce que, un, après la défaite militaire de 1918, le calibre de 7,5 cm "français" s'était imposé à l'Export, deux, parce que ledit marché militaire à l'exportation était, alors, la seule solution de survie économique d'entreprises, telles que Krupp et Rheinmetall-Borsig.
A l'origine, le calibre de 77 mm était sensé "emmerdaver" l'adversaire possible, à savoir les français, avec leur 75 mm, ou les russes avec leur 76,2 mm, issu de règles de mesures non métriques, car ce choix du calibre de 77 mm était sensé les contraindre à devoir modifier l'âme des pièces capturées. Sauf que, durant la "Der des Ders", l'usinage et la technique des ceintures (malléables) de forcement sur les projectiles, avaient fait de très gros progrès.
En résumé, par exemple, les firmes industrielles françaises étaient, parfaitement, capables de produire, si nécessaire, à faible coût, des obus de 75 mm, qui, avec leurs nécessaires ceintures de forcement "ajustées", étaient utilisables, sans problème, avec une pièce de 77 mm. Certes, il restait les dimensions de la chambre de culasse (forme et volume), mais, çà-aussi, si nécessaire, on pouvait, éventuellement, le gérer à moindre coup.
De toute manière, le Premier conflit Mondial avait démontré que, en général, l'emploi des "
Beute" se résumait à la seule quantité de projectiles y afférant capturée. Globalement, à de très rares exceptions près, comme une capture en très grandes quantités, on se contentait d'utiliser le stock de munitions récupéré avec lesdites pièces, puis, après l'avoir épuiser, ferrailler ces dernières sans aucun état d'âme.
De surcroit, le 7,7 cm allemand, en 14-18, avec sa trajectoire "parabolique" d'obusier et sa portée relativement limitée, n'intéressait guère l'armée française, qui avait (enfin!) fini par développer ses propres obusiers de 105 mm, copies conformes du 10,5 cm allemand, dont la puissance de destruction des munitions était beaucoup plus importante.
A l'entrée en guerre, en 1939, l'artillerie de campagne allemande avait abandonné l'emploi du 7,5 cm et, par voie de conséquence, celui du 7,7 cm, au profit du 10,5 cm, sauf dans deux formations très spécifiques, la Kavallerie, dont les effectifs étaient squelettiques en 1939-1940, et les Gebirgsjäger, unités de montagne; là, c'est trop compliqué à expliquer - j'ai écrit un bouquin sur le sujet

-, mais, à l'origine, il s'agissait, essentiellement, de doter les "montagnards" de pièces performantes "légères", sauf que, dans les faits, une canon de 7,5 cm pèse aussi lourd, voire plus, qu'un obusier de 10,5 cm et que, aucun modèle en service et conçu avant 1939, n'avait été été produit, pour être démonté et transporté à dos de mulet!
La relève allemande n'avait été mise en service, chez les "montagnard", qu'en 1943, avec un superbe canon-obusier de 10,5 cm, capable de tirer dans les deux registres (-de +45° et au-delà), démontable, même s'il valait mieux, désormais, pour le transport, oublier les bourrins et privilégier le RSO, mais qui, néanmoins, coûtait la peau des murges en fabrication!
Donc, on se retrouve en 1939-1940, avec les tous premiers projets de canon antichar de 75 mm, le Teuton ayant pressenti que le 5 cm pourrait, à l'usage, se révéler insuffisant, ce qui s'avèrera être un pronostic des plus sérieux, vérifié sur le terrain dès l'été 1941., sur le Front Est.
Le 7,5 cm Pak 40 L/46 avait été mis en service , en février 1942, mais, à l'été 1944, voila-t'y-pas qu'on s'était mis, côté allemand, à imiter les russes avec leur batterie de pièces de 76,2 mm, en dotation dans le régiment d'artillerie divisionnaire! Du coup, au sein de la formation d'infanterie, Volks-Grenadier-Division, à l'été 1944, l'Artillerie-Regiment percevait une première Abteilung , équipée de 7,5 cm Pak 40... sauf que, en emploi appui-feu, la portée de la pièce, avec ses +22° d'élévation ne dépassait guère 8000 m!
Entre l'été 1944 et le printemps 1945, les Allemands vont s'efforcer de mettre au point une pièce d'artillerie de 7,5 cm "polyvalente" (antichar et appui-feu), disposant d' une portée de plus de 13 000 mètres, requise par le cahier des charges.
Il y aura deux aménagements...
... D'abord, à dater de janvier 1945, en augmentant les possibilités d'élévation du 7,5 cm Pak 40 jusqu'à +35° - la modification, peu coûteuse, semble avoir été, effectivement, généralisée sur les ultimes séries produites de 7,5 cm Pak 40, sauf qu il n'existe aucun document officiel l'attestant "quantitativement".
... Puis, au final, mais beaucoup trop tardivement, au 1er trimestre 1945, la mise au point de ladite pièce "polyvalente" de 10,5 cm, même si les "puristes" faisaient la tronche, car sa portée maximale "refusait" de dépasser plus de 12 500 m! Sa production en série s'était limitée à une dizaine ou douzaine de pièces , sans pouvoir affirmer qu'aucune d'entre elles n'avait pu être engagée avant la fin du conflit!