Post Numéro: 77
de Halhin Gol
31 Jan 2022, 12:12
"C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat"
Prononcer cela à la radio alors que les troupes se battent est absolument indigne.
Comment peut-on faire savoir que l'on a demandé à l'adversaire "s'il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités."
L'effet ne peut être que désastreux sur les troupes au combat et la démarche entreprise via le gouvernement espagnol suffisait sans publicité.
Un tel texte a du être lu, relu et amodiée. Ce ne peut être un abus de langage mais, à l'inverse, des phrases choisies et voulues.
Et, sans être complotiste, ces phrases mettaient définitivement hors-jeux ceux qui, espérant un sursaut, auraient souhaité que la France continue le combat via l'Empire.
Après tout, personne ne savait à ce moment-là si les parlementaires n'allaient pas se reprendre et s un nouveau Gambetta n'allait pas se révéler?
Le premier Reich allemand avait-il fait savoir, en novembre 1918, par voie de presse qu'il allait demandé un armistice sur le front de l'Ouest?
Quand à la réaction des français, ma mère, âgée de 14 ans sur les chemins de l'exode avec sa mère et une amie de celle-ci qui avait une voiture, se souvient avoir pleuré en entendant Pétain à la radio et m'a dit avoir pensé "quel vieux con!". Elle était partie depuis plusieurs jours, avait été mitraillée et avait vu des gens, hommes, femmes, enfants mourir. Pour autant, elle ne s'attendait pas à la fin des combats et ne la souhaitait pas.
Son père, ancien combattant de 1914 1918 et remobilisé en 1939, faisait partie des troupes de la ligne Maginot. Elle n'a pourtant pas pensé un instant que c'était une bonne nouvelle même pour son père.
"We shall fight on the beaches, we shall fight on the landing grounds, we shall fight in the fields and in the streets, we shall fight in the hills; we shall never surrender"