Loïc Charpentier a écrit:Concernant l'Indo-Chine, dès le mois de septembre 1940, elle était placée sous la férule nippone - Catroux, qui avait essayé de s'opposer, avait été relevé par Decoux, le 22 juillet 1940 - et quant à la "nécessaire" intervention militaire française que tu évoques, elle ne s'était déroulée qu'en octobre 1945 - avec l'arrivée de Leclerc-, bien après le "nettoyage" effectué par les japonais, durant le printemps précédent, puis leur capitulation; entre-temps, en septembre, c'étaient les anglo-indiens et les Chinois qui étaient entrés en Indo!
S'il existe un cas particulier, c'est bien l'Indochine, "abandonnée" à son sort, entre 1940 et 1945!
Je suppose que l'Indochine était trop lointaine et d'un intérêt stratégique de moindre importance pour qu'une intervention militaire y soit envisagée, là où l'Afrique a servi de base pour les FFL, puis pour les US après l'opération Torch en vue du futur débarquement en Europe.
D'ailleurs, la Polynésie aurait sans doute subi le même sort si le Japon y avait eu des prétentions territoriales.
Alfred a écrit:Comme disait Churchill :Les pays n'ont pas d'amis,ils ont des intérêts....Lui même trouvait bien dommage que la France se soit effondrée car il pensait qu'avec elle indemne,l'Angleterre aurait pu peser sur Roosevelt....(C'est une remarque en aparté qu'il fait dans l'un des tomes de ses Mémoires)
Il y avait peut-être encore un petit espoir après la déroute de mai/juin 1940, du fait que la flotte française était encore intacte à ce moment là, mais Mers-El-Kebir ruinera définitivement cette possibilité.
A la lecture des Mémoires de De Gaulle, on sentait tout de même que malgré l'alliance entre le Royaume-Uni et la France Libre, il y avait des luttes d'influence pour la prise de contrôle de l'Empire (au Levant, notamment) raison pour laquelle De Gaulle s'est appliqué à ce que la souveraineté française soit préservée en ne laissant pas une miette de pouvoir aux anglais dans les territoires libérés.
En tout cas, les intérêts britanniques ont finalement poussé Churchill à s'aligner sur Roosvelt afin d'éliminer De Gaulle du jeu politique : "
Je demande instamment à mes collègues, écrit-il, de considérer de toute urgence si nous devons à présent éliminer de Gaulle en tant que force politique. (...) Je suis tout prêt à défendre moi-même cette position au Parlement et je montrerai au monde que le mouvement anti-capitulard français autour duquel la légende de De Gaulle s'est bâtie et la réalité de cet homme vaniteux et même méchant n'ont plus rien à voir ensemble. (...) Il déteste l'Angleterre et il a partout laissé derrière lui une véritable traînée d'anglophobie. (...) Lorsque l'on considère l'intérêt absolument vital qui est le nôtre de préserver de bonnes relations avec les Etats-Unis, il me paraît tout à fait inacceptable de laisser ce brandon de discorde, ce chicaneur, poursuivre le mal qu'il fait." (Churchill, mai 1943)