François Delpla a écrit:précision : dans l'extrait ci-dessus du journal, les Hgr. A et B sont inversés dans le premier § du 25 mai (dans la version anglaise que je traduis et aussi je présume dans l'allemande) par une faute de frappe évidente; il est bon de la redresser pour faciliter la lecture mais aussi de le signaler -dont acte.
Loïc, tu ne sembles pas vouloir me fâcher mais tu vas finir par y arriver, à force de dire, après d'autres, que faute d'expérience militaire je néglige les documents militaires. Un historien est spécialiste d'histoire et il est rare qu'il le soit aussi de médecine, de droit, de physique, etc., ce qui serait pourtant bien utile s'il écrit une histoire de la bombe atomique. Ce qu'on lui demande, c'est de se donner les compétences de base, de réunir les documents adéquats et de se faire contrôler par des spécialistes, pour ne pas commettre d'erreurs. Les gens de bonne foi sont priés de ne pas hurler avec les loups et de quitter la théorie au profit du concret. C'est un peu facile de tirer sur le pianiste et de rire grassement en disant qu'il fait des fausses notes, en regardant uniquement son CV et sans prendre une seconde pour dire, et encore moins pour démontrer, quelle note serait fausse.
...réunir les documents adéquats et de se faire contrôler par des spécialistes, pour ne pas commettre d'erreurs
Loïc Charpentier a écrit:Certains, ici, avaient émis des doutes sur la nécessité technique de cet arrêt. Les hommes, les chevaux (particulièrement!) et les matériels ont, tous, des limites physiques ou matérielles, qu'il convient, impérativement, de respecter, même en temps de guerre, sous peine, de payer le prix cher.
François Delpla a écrit:Pour la santé du débat, il conviendrait de reconnaître brièvement les griefs que, devant mes réponses, vous abandonnez. A commencer par la rareté des notes de bas de page : les avez-vous enfin vues ?
Loïc Charpentier a écrit:Force m'est de constater que, au fil de X pages, tous nos arguments " bassement militaires", confirmés in extenso par les documents primaires existants, sont aimablement balayés d'un revers de main, au profit d'analyses plus ou moins fumeuses ou de relations verbales retranscrites des décennies après les évènements... et donc, nécessairement influencées par le cours de l'Histoire.
En ce qui me concerne, faute de disposer de ta compétence, je me suis contenter d'exploiter des documents existants, établis au quotidien, et, par voie de conséquence, difficilement réfutables.
François Delpla a écrit:ce ne sont pas les documents techniques que je néglige, mais ceux qui les invoquent dans l'abstrait qui me déçoivent.
Ils s'obligent, s'ils ne veulent pas être des poids morts dans la discussion, à démontrer non pas, ce qu'ils font depuis 280 pages, que le matériel de l'avant-garde allemande avait besoin d'une sérieuse révision, ce que personne ne conteste, mais
-que c'était une raison de stopper net tout près du but quitte à laisser se ressaisir un ennemi en déroute, plutôt que de continuer ou même d'accélérer;
-que ce facteur a joué un rôle dans la décision du Haltbefehl.
Loïc Charpentier a écrit:Bonjour,
Comme nous avions évoqué la nécessité de procéder à un entretien des Panzer, je suis parti à la pêche du livret technique et d'entretien (D 652/17) du Panzer III, publié le 23 avril 1940.
Les entretiens systématiques étaient planifiés tous les 200 km, avec, à 500 km, une "visite" beaucoup plus conséquente.
Dans la Heer, la vitesse de convoi, sur route, était réglementée à une moyenne de 25 km/h, ce qui nous donne un laps de temps de 8H00, entre chaque visite systématique (200 km). Les blindés n'effectuent pas exclusivement des trajets routiers, mais progressent, également, en tout-terrain ou au combat, à des vitesses souvent inférieurs (env. 10-15 km/h) et effectuent de nombreux et longs "sur-place", moteur tournant; pour ces raisons, le critère à prendre en compte n'est pas le kilométrage réel effectué, mais le temps de fonctionnement. Sur la base de 8 heures, ou même de 10 heures (vitesse théorique de 20 km/h) on constate que l'entretien minimum (200 km) est quotidien. Donc, en moins de trois jours, l'échéance des 500 km, qui correspond à la première grosse visite technique planifiée, effectuée après 20- 25 heures de fonctionnement, est atteinte et celle des 2 000 km , après 80-100 heures.
Récapitulation des fréquences d'entretien...
Entretien "200 km", toutes les 8-10 heures, Jour 1 + Jour 2
Entretien "500 km", Jour 3
Entretien "200 km" (à 700 km), Jour 4
Entretien "800 km", Jour 5
Entretien N° 2 "500 km"( 800 + 200 = 1000 km), Jour 6
...on reprend le cycle, visite quotidienne "200 km", visite J + 3 (500 km), etc... et le 12ème jour, visite "2000 heures".
La durée moyenne d'un entretien (quotidien) des "200 km", peut être estimée à 01H30 -2H00 - sans prendre le temps de "glander" ou de fumer la moindre cigarette, vu le nombre de points de graissage -; l'entretien des 500 km, à une journée, etc. Le conducteur du Panzer, avec l'aide du pourvoyeur - l'homme à tout faire de l'équipage - est en charge (et responsable) de mener à bien ces différents entretiens. Effectuer un entretien, en pleine nuit, constitue un exercice très compliqué, même en admettant que l'utilisation d'un éclairage artificiel soit autorisé ou possible, pour les unités en première ligne.
Les unités blindées ont démarré le 10 mai 1940, depuis leur position de départ en Allemagne, mais il est certain qu'à cette date, tous les Panzerounets avaient leur carnet d'entretien à jour, donc kilométrage de départ, après entretien, proche de zéro.
Mais, dès le lendemain, 11 mai, jusqu'au 24-25 mai, les équipages n'ont plus le temps nécessaire pour procéder à autre chose qu'un entretien "vite-fait" sur le pouce (vérification des niveaux, surveillance des points faibles connus, ravitaillement en munitions et carburant...). Sachant que, là, ni les pannes, ni les problèmes mécaniques ne sont pris en compte, car ils exigent l'intervention de la Werkstatt-Kompanie, ni même les dégâts consécutifs au combat.
Dès le 22 mai, la limite des 2000 km a été atteinte, bien souvent, dépassée et les échéances intermédiaires (500, 800 km, 1000 km, etc.), passées à l'as, faute du temps nécessaires pour y procéder.
alain adam a écrit:
Pour résumer : combat + logistique bloquée + usure du matériel = attrition importante des blindés a chaque km passé , avec loi exponentielle .
Amicalement ,
Alain

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