Dog Red a écrit:Je connais peu le sujet mais GAMELIN ne veut-il pas une mobilisation complète avant d'agir ? Mobilisation qui n'interviendra qu'après la chute de la Pologne il me semble, à un moment où HITLER est prêt à en découdre dès l'automne 39.
brehon a raison de rappeler qu'HITLER veut "sa" guerre avec la France, il est clair à ce sujet dès les 25 septembre et le rappelle encore le 27 à ses généraux réunis à la chancellerie.
La volonté de Gamelin de vouloir rejouer, "en plus mieux", le rôle du maréchal Leboeuf...
Sire, il ne manque pas un bouton de guêtre à votre armée!, avant d'envisager toute action offensive sérieuse est évidente; par contre, d'après les quelques pièces que j'ai pu consulter, la première phase de la "mobilisation" française (rappel des réservistes, mise en alerte et montée en ligne des unités) semble avoir été initiée dès fin août 1939 et dans les toutes premières heures de septembre 39.
Dog Red a écrit:EDIT @Loïc à l'automne 1939 le dispositif français est-il déjà prêt à marcher à travers la Belgique ? Et pour ce qui est du "prisme de mai 1940" que tu évoques, effectivement, une offensive française digne de ce nom en 1939 aurait poussé HITLER à attaquer dans des conditions moins favorables qu'au printemps suivant.
Il est plus que probable (je n'ai pas vérifié) que l'armée française n'avait pas le feu vert de la part de la Belgique neutre, pour entrer sur son territoire, en septembre 1939. En plus, cette volonté d'engager les troupes allemandes en territoire belge avait comme souci premier d'éviter une redite de l'offensive 1914 dans nos provinces nordistes (Nord -Pas-de-Calais et Picardie), en portant la zone de combats en amont. Je ne suis pas certain que la Belgique voyait çà d'un très bon oeil.
De même, le dispositif allemand, face à la Belgique et les Pays-Bas, en septembre 1939, n'était pas, non plus, conçu dans l'optique d'une quelconque offensive. C'était, alors, au mieux, un dispositif de sécurité.
La "Drôle de Guerre" a été un répit salutaire pour la Wehrmacht, car elle lui a permis de, tranquillement, panser ses plaies après la campagne de Pologne, compléter ses dotations & effectifs et mener à terme son plan de mobilisation. En septembre1939, elle n'aligne, quasiment, que des trottinettes (Pz. I & Pz.II) , en mai 1940, le nombre de Pz. III a plus que quadruplé, sans parler des mitrailleuses, mortiers, pièces d'artillerie, etc.
En septembre 1939, la présence des Grenzetruppen (garde-frontières), dans le dispositif face à la Pologne, ainsi qu'à l'Ouest, et d'unités de la Landsturm, à l'Ouest, prouvent bien que l'Allemagne racle, alors, les fonds de tiroir. Il en est, de même, des divisions de la 4.Welle, qui, quand elles reçoivent ordre de faire mouvement vers l'Ouest, en sont, encore, à inscrire leurs réservistes et nouvelles recrues sur les fiches d'incorporation. A ce moment, seules, un peu moins de 12 des 36 ID, hippomobiles et piétonnes, de la 1. Welle (active) sont réservées pour l'Ouest, alors que 24 autres, plus les divisions blindées (6 Panzer-Divisionen, 4 leichten, 1 Kampfgruppe), et les quelques formations motorisées, sont, toutes, engagées en Pologne. Si on regarde bien le tableau que j'ai posté, hier, la présence de la 2.Welle (85% de réservistes, 15% d'active), à l'Ouest, se résume à 7 divisions!
Dans les 15 premiers jours de septembre 1939, si le Renseignement militaire français avait, correctement, fait son boulot, la faiblesse du dispositif allemand aurait dû être connue... et l'était probablement. Après, la décision était du seul ressort de la stratégie du Haut-commandement.