Bonjour,
Je crains fort de ne pas avoir été compris...
Au début de mon message précédent, j'avais proposé de revoir étape par étape le film des événements à partir du 23 mai 1940 au soir.
Une révision en quelque sorte... Pourquoi ?
Pour indiquer un chiffre rond, nous atteignons la 230ème page de ce fil
Je doute fort que les participants actuels aient le courage et la volonté de relire ce qui a été précédemment écrit tout au long..
La conséquence en est que l'on se prend à répéter ce qui a été déjà écrit sans parfois parvenir à apporter un éclairage nouveau.
Une autre raison de réviser est que les lecteurs de ce long sujet qui n'en ont pas tous une idée bien précise, souhaitent en savoir plus... Il faut donc par égard pour eux, être clairs dans les explications...
Etape par étape ai-je écrit et j'aurais dû écrire plus précisément
étape après étape parce qu'il n'est pas bon d'aborder une suite avant d'avoir "liquidé" ce qui précède.
Au stade actuel, où en sommes nous ?... eh bien c'est mal barré !
J'ai fait un exposé pour lequel je n'oblige personne à partager à 100% ce que j'ai écrit.
Mais au minimum, il faudrait que l'on se mette d'accord ?
Cela avant de passer à l'étape suivante sur les "mouvements" des Groupes A et B
Vous aurez noté que je suis parti d'un point de vue de "alias marduk" sur lequel je suis d'accord...
Cela se gâte un peu lorsque "alias marduk" apporte des compléments qui, selon lui, concernent
la genèse de l'ordre d'arrêtalias marduk a écrit:En ce qui concerne la genèse de l'ordre d'arrêt :
elle démarre le 23 mai dans la matinée quand le général Kleist se plaint ( au Groupe d'Armée A ) de l'usure des ses divisions et indique que ses divisions ( blindées, les divisions motorisées sont en flanc garde sur la Somme à ce moment si je ne me trompe pas ) ne sont pas adaptées à un combat défensif en cas d'attaque ennemie "avec de forts effectifs"
Voici ce qu'écrit Halder (sur lequel "alias marduk" m'a branché), dans son journal de la journée du 23 mai :
<< 17h30 - Von Gyldenfeldt : nous fait part de l'anxiété de Kleist, qui sent qu'il ne peut remplir sa mission tant que la crise d'Arras n'est pas résolue. Les pertes des chars s'élèvent à 50%. Je souligne que cette crise sera résolue dans les 48 heures. je ne méconnais pas la grandeur de sa tâche ! Il doit tenir jusque-là. Aucun danger sur la Somme.... >>
Je rappelle que Von Gyldenfeldt était l'officier de liaison du groupe panzers de Kleist.
Sur cet exemple, je vois très peu d'indices qui soient en rapport avec ce qui suit :
alias marduk a écrit:le 23 mai à 16h40, Kluge ( qui commande la 4iè armée qui gère le groupement Kleist ) discute avec Rundstedt de la situation, celui-ci acquiesce à la possibilité d'un ordre de "recoller"
L'ordre est donné le 23 mai à 20h et prévoit un arrêt pour le 24 mai
Je crois qu'il serait bon de se remettre en tête les objectifs allemands en direction des trois ports, Boulogne, Calais et Dunkerque.
Le mouvement des groupes de panzers vers ces trois ports, se présentait comme
une pince à trois branches : Boulogne à gauche, Calais au centre, et
Dunkerque à droite.
C'est
cette branche de droite qui est au centre du sujet qui nous intéresse ICI.
Au soir du 23 mai, la pointe de cette
branche de droite se trouvait sur l'Aa au sud de Gravelines.
Pour prolonger
le basculement de cette branche
vers Dunkerque, deux solutions se présentaient :
1 - Soit franchir l'Aa sur la lancée en se risquant sur un terrain dont la configuration n'était pas propice à la progression des chars...
2 - Soit tenter le franchissement par la côte... et pour cela il fallait éliminer l'obstacle Gravelines.
C'est cette deuxième solution que Rundstedt a choisie en accord avec Guderian.
Nous savons que ce fut un échec et je pense que
très probablement Goering en a tiré parti en proposant la solution "Luftwaffe" ?
En résumé, au soir du 23, Rundstedt a estimé qu'il fallait éviter le franchissement de l'Aa et comme Brauchitsch n'était pas d'accord, c'est Hitler qui a arbitré le lendemain.
Réflexion logique toute personnelle... L'échec de Gravelines aurait-il conforté la décision de Hitler ?... il n'y a qu'un pas !
J'en reste là, réservant à plus tard mes commentaires sur les fameux "mouvements" dans le commandement des Groupes.
Lesquels "mouvements" étaient, selon Halder, une idée fixe de Von Brauchitsch.
(C'est très intéressant ce qu' en a écrit Halder dans son journal du 23 mai 1940.)
Cordialement,
Roger