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La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

François Delpla, Historien habilité, traite de divers thèmes sur la seconde guerre mondiale en interview vidéo.
Venez discuter sur les thèmes abordés avec l'auteur.

Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 201  Nouveau message de alias marduk  Nouveau message 18 Aoû 2015, 20:01

Juste une précision pour clore un point : nous avons pu évoquer avec François ( par MP ) les raisons ( professionnelles ) pour lesquelles j'ai choisi un pseudo donc ce point étant réglé, on peut revenir à la préparation de la campagne de France


 

Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 202  Nouveau message de norodom  Nouveau message 19 Aoû 2015, 16:59

Bonjour,
alain adam a écrit:Je fais un petit HS sur l'utilisation de pseudonymes et sur la blitzkrieg .

Pour les pseudo, c'est certes HS... Je me demande encore pourquoi s'être attardé là dessus !
Quant à la blitzkrieg ce n'est pas du tout HS..
On évoque là un concept des opérations avant l'attaque de la France après qu'en fut observée l'efficacité au cours de la campagne de Pologne
alain adam a écrit:HS terminé , je rends l'antenne .

la prochaine émission c'est quoi et c'est quand ?
alain adam a écrit:Frieser est dans le vrai quand il annonce un mythe

Je suis tenté de poser à Alain la même question que j'ai posée à Franck (alias marduk)
<< Avez-vous lu le livre de Karl-Heinz Frieser "Le mythe de la guerre èclair" ? >>

Le mythe que Frieser dénonce ou du moins s'efforce d'expliquer, c'est la vue de l'esprit selon laquelle Hitler aurait inventé la guerre-éclair. Idée incarnée dans la plupart des esprits le 20 mai 1940 lorsque Goering annonca lors d'une conférence de presse à Berlin, que le plan d'opération pour la campagne de l'Ouest était "L'oeuvre la plus personnelle du Führer".
Pour d'autres, tel par exemple le général Forget, l'inventeur de la Blitzkrieg serait Manstein.

En fait qu'en fut-il de cette tactique militaire qui quoique l'on puisse lire ici ou là, fut présente tout au long de la campagne de France.
Pour la mener à bien il fallait plusieurs conditions :

1 / Les outils, tous conçus pour une stratégie de mouvement...
Ils sont connus :
Des chars de conception légère, certes plus vulnérabbles mais beaucoup plus rapides
Des avions capables d'une bonne précision par leurs bombardements en piquée.
Nul n'ignore l'effet dévastateur des Stuka
Une infanterie accompagnant les chars, toujours prête à intervenir pour prendre à revers des positions d'artillerie.
Une artillerie légère conçue là encore pour une guerre de mouvement.
Le tout coordoné par un système de communications radio et ayant à leurs postes de commande des hommes entraînés et qualifiés dans leurs tâches

2 / La stratégie...
Je fais ici un copier/coller de ce que j'ai écrit le 15 juillet 2010 sur le forum T.H.

http://www.empereurperdu.com/tribunehis ... =848#p9757

....................................................................................................................................
Une Blitzkrieg (guerre éclair)
doit être obligatoirement engagée avec des moyens rapides et une stratégie affinée

Sa technique comprend quatre phases (schématisées):

1/ Création d'une tête de pont par une opération combinée de l'infanterie, des blindés, des troupes du génie et de l'aviation qui par ses attaques en piqué fait office d'artillerie et parfois contribue au lâcher de parachutistes sur les arrières des positions de l'adversaire.

2/ Destruction des positions de défense de l'adversaire et élargissement de la tête de pont. Organisation d'une perçée et de la protection de ses flancs.
Continuité de l'avancée des blindés, de l'infanterie et des attaques aériennes en piqué

3/ Encerclement des places fortes défendues par l'adversaire, contrôle des carrefours routiers et ferrovières.
Cet encerclement est le but essentiel de cette phase, il ne se réduit pas à repousser l'adversaire.

4/ Réduction des poches de résistance, Avance de l'ensemble des forces vers les villes clés
Prise de position par l'infanterie de deuxième ligne et les organes de police, pour assurer les communications, le ravitaillement, la garde des prisonniers... etc.

La réalité d'une "Blitzkrieg" se justifie par la rapidité d'exécution de ces quatre phases.
Elle peut être envisagée mais pas prévue comme telle.
......................................................................................................................................

Cela n'est qu'une partie de mon exposé et ceux qui voudront bien lire la suite peuvent se rendre sur ce fil de la T.H. Ils feront ainsi d'une pierre deux coups en recueillant l'avis de l'historien Eric van den Bergh qui (mes excuses pour mon acte de coquetterie) avait approuvé mon exposé.

Voilà pour cette partie du sujet que je tenais à aborder...

Cordialement,

Roger


 

Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 203  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 19 Aoû 2015, 20:27

Je réponds juste :
"Des chars de conception légère, certes plus vulnérabbles mais beaucoup plus rapides"
Forcément , ils n'avaient pas misé sur des blindés puissants et solides : mais ce n'est pas du a un concept , c'est simplement que les Allemands étaient immatures en 1939 sur le coté blindé , et qu'ils ont utilisé des chars d'entrainement pour aller au combat . Ca n'a aucun rapport avec le concept de blitzkrieg .

"Des avions capables d'une bonne précision par leurs bombardements en piquée.
Nul n'ignore l'effet dévastateur des Stuka"
Bêtise , les stukas sont minables pour attaquer des cibles en mouvement , au mieux on peut leur demander d'attaquer des positions fixes , et encore ... Leurs effets furent quasi nuls en 1940 .

"Une infanterie accompagnant les chars, toujours prête à intervenir pour prendre à revers des positions d'artillerie."
Justement , c'est sur des véhicules a roues , non blindés , que l'infanterie Allemande , lorsqu'elle etait motorisée a suivi les blindés . Autant dire que leurs véhicules ne passaient pas partout . Il existe quelques exceptions , avec des SdKfz 251 , mais c'est tres rare en 1940 .

"Une artillerie légère conçue là encore pour une guerre de mouvement."
Si elle était motorisée ( tractée ) dans les unités panzer , elle restait hippomobile dans toutes les autres unités ( ou presque ) . C'est plus tard que des pièces automotrices ont fait leur apparition , et ont pu réellement tenir un rôle dans ce concept .

"Le tout coordoné par un système de communications radio et ayant à leurs postes de commande des hommes entraînés et qualifiés dans leurs tâches"
Il est vrai que dans les autres armées on a placé un charcutier , non formé , a la radio :) j'adore les idées reçues .

Dans la définition que vous donnez , je ne vois que les principes utilisés par toutes les armées au monde :
- concentration des feux sur un endroit pour percer
- exploitation du terrain / sécurisation des noeuds de transport majeurs
- encerclement des forces ennemies laissées en arriere

Je ne vois pas ce qu'il y a de nouveau et de révolutionnaire depuis 1914 sur votre définition , puisque vous définissez que l'infanterie reste présente ( donc lente ) a tous les moments .
Je crois que vous n'avez pas compris ce qu'est la blitzkrieg : c'est une guerre utilisant exclusivement les moyens modernes de déplacement des troupes : tel un Pz III allant de pair avec un SdKfz 251 , avec un stuka pret a intervenir , une batterie d'artillerie prete a appuyer ... Tout cela n'existait pas en 1940 , et quoi que fasse le radio , l'artillerie n'avançait pas assez vite derrière les chars , et les avions ne volaient que par mission , n’étaient pas tout le temps en l'air , pour venir solutionner un problème tactique , les délais se comptaient en heures ...

C'est ici que l'on voit le problème de "mix" entre ce qui s'est passé en 1940 , et des notions qui sont bien plus tardives . En 1940 , il ne suffisait pas de faire un appel pour qu'un drone soit dérouté :)

Je lis la conclusion de l'auteur que vous citez :
"Où est le blitzkrieg?
Le couple char- avions n'a jamais existé. L'avion soutient les troupes au sol,toutes, et pas uniquement les chars.
Je répète encore une fois: blitzkrieg est un mot et rien de plus."

Donc je pense que je suis bien d'accord avec cette personne :)

Alain
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Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 204  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 19 Aoû 2015, 20:33

alain adam a écrit:Je réponds juste :
"Des chars de conception légère, certes plus vulnérabbles mais beaucoup plus rapides"
Forcément , ils n'avaient pas misé sur des blindés puissants et solides : mais ce n'est pas du a un concept , c'est simplement que les Allemands étaient immatures en 1939 sur le coté blindé , et qu'ils ont utilisé des chars d'entrainement pour aller au combat . Ca n'a aucun rapport avec le concept de blitzkrieg .

"Des avions capables d'une bonne précision par leurs bombardements en piquée.
Nul n'ignore l'effet dévastateur des Stuka"
Bêtise , les stukas sont minables pour attaquer des cibles en mouvement , au mieux on peut leur demander d'attaquer des positions fixes , et encore ... Leurs effets furent quasi nuls en 1940 .

"Une infanterie accompagnant les chars, toujours prête à intervenir pour prendre à revers des positions d'artillerie."
Justement , c'est sur des véhicules a roues , non blindés , que l'infanterie Allemande , lorsqu'elle etait motorisée a suivi les blindés . Autant dire que leurs véhicules ne passaient pas partout . Il existe quelques exceptions , avec des SdKfz 251 , mais c'est tres rare en 1940 .

"Une artillerie légère conçue là encore pour une guerre de mouvement."
Si elle était motorisée ( tractée ) dans les unités panzer , elle restait hippomobile dans toutes les autres unités ( ou presque ) . C'est plus tard que des pièces automotrices ont fait leur apparition , et ont pu réellement tenir un rôle dans ce concept .

"Le tout coordoné par un système de communications radio et ayant à leurs postes de commande des hommes entraînés et qualifiés dans leurs tâches"
Il est vrai que dans les autres armées on a placé un charcutier , non formé , a la radio :) j'adore les idées reçues .

Dans la définition que vous donnez , je ne vois que les principes utilisés par toutes les armées au monde :
- concentration des feux sur un endroit pour percer
- exploitation du terrain / sécurisation des noeuds de transport majeurs
- encerclement des forces ennemies laissées en arriere

Je ne vois pas ce qu'il y a de nouveau et de révolutionnaire depuis 1914 sur votre définition , puisque vous définissez que l'infanterie reste présente ( donc lente ) a tous les moments .
Je crois que vous n'avez pas compris ce qu'est la blitzkrieg : c'est une guerre utilisant exclusivement les moyens modernes de déplacement des troupes : tel un Pz III allant de pair avec un SdKfz 251 , avec un stuka pret a intervenir , une batterie d'artillerie prete a appuyer ... Tout cela n'existait pas en 1940 , et quoi que fasse le radio , l'artillerie n'avançait pas assez vite derrière les chars , et les avions ne volaient que par mission , n’étaient pas tout le temps en l'air , pour venir solutionner un problème tactique , les délais se comptaient en heures ...

C'est ici que l'on voit le problème de "mix" entre ce qui s'est passé en 1940 , et des notions qui sont bien plus tardives . En 1940 , il ne suffisait pas de faire un appel pour qu'un drone soit dérouté :)

Je lis la conclusion de l'auteur que vous citez :
"Où est le blitzkrieg?
Le couple char- avions n'a jamais existé. L'avion soutient les troupes au sol,toutes, et pas uniquement les chars.
Je répète encore une fois: blitzkrieg est un mot et rien de plus."

Donc je pense que je suis bien d'accord avec cette personne :)

Alain



PS : a mon tour de poser la question , avez vous lu le bouquin de Frieser ? et je rajouterai l'avez vous compris ?
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Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 205  Nouveau message de norodom  Nouveau message 19 Aoû 2015, 22:47

@ alain adam

Bonsoir,

Je réponds à votre question en fin de vos deux exposés.
Non ! je n'ai pas avalé d'un seul trait les 480 pages du bouquin de Frieser en le suivant mot-à mot !
Oui ! j'ai compris ce qu'il fallait comprendre !
C'est certes un ouvrage qui n'est pas dénué d'intérêt mais ce n'est pas ce que j'ai retenu de mieux depuis plus de six décennies de recherches, de méditations parfois assorties de déceptions.
Je constate qu' ici l'intérêt prend de l'ampleur pour plusieurs de ses lecteurs... à chacun son jugement !

Parlons donc de cette fameuse guerre-éclair que pour faire plus savant on a baptisé "blitzkrieg"
Pour moi, je n'irai pas par quatre chemins, une guerre-éclair se juge de par le résultat qu'elle a permis d'obtenir.
Ce résultat a été observé par la rapidité avec laquelle la Pologne a succombé. Et au cas où il y eut des sceptiques qui n'avaient pas très bien réalisé, la déconvenue de nos armées, françaises et britanniques, sur notre sol, a sorti ce monde vivant en cette période là, de sa léthargie !
Tout cela c'est du concret, le reste c'est de la littérature !

Pour l'heure, si je devrais selon vous, avoir des doutes sur la signification de la blitzkrieg, par contre je n'ai aucun doute sur ma compétence à comprendre la guerre-éclair...
Et là nous sommes d'accord "blitzkrieg est un mot et rien de plus"

Vous attribuez des lacunes à l'armée allemande en 1940 ?
Fussent-elles importantes, qu'aurait-ce été si tout avait été parfait ?

Autant je ne puis juger ce qu'aurait fait un Pz III allant de pair avec un SdKfz 251, autant je connais bien les dégâts qu'ont fait les Mark II , III et IV et le T-38 tchèque qui fut un des meilleurs chars allemands légers.

Quant à l'artillerie légère, je pensais aux canons légers montés sur deux roues et utilisés par trois ou quetre serveurs...
alain adam a écrit:les stukas sont minables pour attaquer des cibles en mouvement , au mieux on peut leur demander d'attaquer des positions fixes , et encore ... Leurs effets furent quasi nuls en 1940 .

C'est le bouquet !... de quoi faire retourner dans leur tombe militaires et civils qui ont péri sous les bombes ou la mitraille de ces engins de mort !

Sur vos remarques sur l'infanterie je ne veux pas être désagréable car visiblement vous n'avez pas une idée bien précise du rôle tenu par l'infanterie, tout particulièrement au cours des batailles dans le secteur est de l'Aa.

Encore une précision : Les postes de commande ce ne sont pas des postes de radio... il s'agit des postes de commande des éléments de terre ou air qui forment un Tout. Il est bien évident que les charcutiers n'y avaient pas leur place !

Bon !.. quittons ce beau roman et restons sur le fond de la guerre-éclair qui possède un aspect autre que poétique.
Ce qui, à mon tour, m'amène à vous poser une question...
<< Avez-vous consulté le contenu du lien vers le forum de la T.H. que je vous ai indiqué ..? >>

Peut-être trouverez-vous là matière à émettre quelque commentaire, voire à poser quelque question ?

Bonne nuit !

Roger


 

Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 206  Nouveau message de alain adam  Nouveau message 21 Aoû 2015, 18:21

Vous ne m'avez pas compris :
- Ce n'est pas car on adopte un concept que l'on en a les moyens instantanément . Une application au sens strict du terme est donc impossible .
- Pour autant cela n’empêche pas d’être victorieux ... ou perdant .. pour bien d'autres raisons , et de façon aussi rapide

Prenons l'exemple d'un autre grand concept , plus tardif , qui est la défense élastique . Les prémisses de ce concept ( qui ne sera réellement mis en pratique que bien plus tard , au sein de l'OTAN ) sont justement effectués au sein de l'armée Française , qui installe des points de blocage sur ses lignes arrières , et des forces mobiles pouvant intervenir , sur toute la longueur du front .
Cette stratégie vise justement a bloquer le principe de guerre éclair , ou de rouleau compresseur , en brisant les fer de lance, en désorganisant la logistique , limitant la mobilité ennemie , et en renforçant rapidement les points affaiblis . Les moyens exigés sont a peu prés les mêmes : blindés puissants, infanterie mécanisée , avions d'attaque au sol et artillerie mobile ( auxquels il faut rajouter des moyens de réapprovisionnement aéroportés , pour être parfait ) . Beaucoup de personnes se sont toujours demandées pourquoi les français avaient autant de chars d'accompagnement d'infanterie , et non pas des divisions blindées puissantes , je viens d'en donner une des raisons .

Pour autant , par défaillance du commandement et manque de moyens ( mais aussi effectifs terrestres manquants sur certaines zones , comme une armée complète par exemple ... ) , les Français n'ont pas pu réaliser cette stratégie . Fallait il en conclure que ce concept/stratégie était mauvais car il n'a pas fonctionné ?
Par l'analyse des combats de 40 on constate que même sans combats , les unités blindées Allemandes ont subit une forte attrition pour se rendre jusqu’à la manche , qu'en aurait il été s'ils avaient rencontré des nœuds de résistance sur chaque carrefour routier important ? On est même en droit de se demander qui aurait été finalement victorieux .
Et bien non , cela ne s'est pas passé comme cela historiquement , et les panzers n'ont quasiment rien rencontré sur leur route jusqu'aux abords de Lille , tout simplement car l’état major Français avait vidé la zone au préalable , misant tout sur une bataille frontale décisive dans le secteur du Benelux , avec éventuellement quelques tentatives et échauffourées sur le reste du front , que les GBC et DCR auraient facilement pu colmater . Le "coup de faucille" a coupé en deux l'armée alliée , façon napoléonienne , et des lors il n'y avait plus grand chose a faire , mais ce n'est pas une blitzkrieg , c'est une bataille de mouvement et d'exploitation sur un secteur compris entre la Meuse et la Somme . Cela ressemble a une blitzkrieg , ça a la couleur d'une blitzkrieg , mais non , c'est juste une exploitation du terrain qui est libre de tout ennemi .
Comprenez vous la différence ?
Dans le cas d'une réelle blitzkrieg , les panzers n'auraient pas filé vers la manche, mais auraient nettoyé les secteurs de percée en se retournant sur les arrières des Français , avant de recommencer une percée un peu plus loin et recommencer l'opération , une fois que l'infanterie non motorisée aurait investi les lieux : relisez vos propres textes sur le sujet ...

Or non , ils ont juste percé , ont foncé , et c'est le commandement Français qui a fait reculer ses troupes ( désorganisant au passage la plupart des divisions ) , sauf sur quelques points comme Stonne , ou la , se trouvaient des moyens puissants ( 3e DIM , 3e DCR entres autres ) . Les combats somme toute anecdotiques de Montcornet prouvent bien que les chars Allemands ne se souciaient pas de nettoyer les zones , sécuriser les nœuds routiers ... puisque c'est le génie Allemand qui organisa en urgence une défense de la zone face a la 4e DCR , celle ci attaquant un nœud routier entre le passage de deux PzD .


On ne peut donc pas parler de "blitzkrieg" au sens littéral du terme . Maintenant , si pour vous , ce terme se résume a la rapidité d'une victoire décisive , on pourrait dire qu'a Austerlitz , Napoleon a fait une blitzkrieg , moyennant la vitesse de déplacement des troupes de l'époque pour s'aligner au contact , non ? Au final de la bataille des trois empereurs , seule l'Angleterre resta en guerre contre la France , un peu comme pour les Allemands après la défaite de la France :)

Alain
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Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 207  Nouveau message de alias marduk  Nouveau message 23 Aoû 2015, 20:35

La chronologie du processus décisionnel et de planification complété :

- 20 septembre 1939 : première allusion de Hitler à Keitel d’une attaque sans délai sur le front ouest
- 27 septembre 1939 : réunion entre Hitler et les commandants des 3 armes où Hitler leur annonce sa décision d’attaquer à l’ouest dès 1939, l’objectif annoncé est de s’emparer des côtes de la mer du Nord et de la Manche pour y mener une guerre contre la Grande Bretagne et de s‘emparer de la Belgique avant toute entrée des forces alliées dans ce pays qui mettrait en danger la Ruhr
- Conférence du 7 octobre entre Hitler et l’OKH dans lequel Hitler réaffirme la nécessité d’entrer en Belgique immédiatement avant que les Français ne puissent y entrer et s’y installer à la faveur des brouillards d’automnes
- 9 octobre : publication de la directive n° 6 prévoyant une attaque à l’ouest, l’opération prévue vise à couvrir la Ruhr et à conquérir les bases nécessaires à une guerre contre la Grande Bretagne. Cette directive vise aussi contrer une éventuelle entrée en Belgique des armées franco-anglaises.
- 10 octobre : Hitler convoque les pontes de l’OKH pour leur lire un mémoire qu’il rédigé le 5 octobre réaffirmant la nécessité d’attaquer tout de suite, le point principal invoqué est la nécessité de protéger la Ruhr en empêchant les alliés de s’installer en Belgique

- 15 octobre : entrevue Jodl / Halder où celui-ci expose ses vues ( une offensive prévoyant l’emploi de 91 divisions à l’ouest ) mais estime qu’une offensive au printemps serait préférable
- 16 octobre : entrevue Hitler Brauchitsch où Hitler affirme la nécessité de vaincre la Grande Bretagne et d’attaquer immédiatement.
- 18 octobre : directive n°7
- 19 octobre : rédaction par l’OKH de la Directive pour la concentration jaune
- 22 octobre : réunion entre Keitel , Jodl et Halder, les 2 premiers rapportent au troisième les commentaires de Hitler sur le plan de concentration et précisent que Hitler souhaite que l’offensive soit déclenchée le 12 novembre
- 25 octobre : réunion entre Hitler, l’OKH et les commandants du GA B, les généraux expriment l’idée qu’une offensive d’automne est impossible pour des raisons météo ( soutien aérien aléatoire ) et qu’il vaut mieux attendre le printemps. Hitler refuse en arguant du risque de renforcement ennemi et surtout du risque de voir les alliés atteindre la Meuse. Il avance aussi à cette occasion avoir eu au début l’idée d’une opération au sud de Liège pour couper et anéantir ensuite l’ennemi via une poussée en direction de l’ouest et du nord-ouest.
- 26 octobre : Hitler demande ( en plus des centres de gravités des 4iè et 6iè armées ) la création d’un 3ième centre de gravité dans le secteur de la 12iè armée ( GA A ) et de prévoir d’engager les blindés en masse là où le « succès surviendra » avec comme objectif de battre l’armée franco-anglaise.
- Réunion du 27 octobre entre l’OKH et Hitler : celui-ci demande la création de 2 groupements de choc blindés et motorisés pour agir au nord de Liège en direction de Gand et l’autre au sud de l’ouest pour agir au sud-ouest de Namur. Hitler refuse un report de la date d’attaque au 26 novembre
- Réunion du 28 octobre où Hitler précise ses idées. Jodl note que l’objectif principal est de battre de fortes parties des armées franco-anglaises et secondairement de s’emparer de la côte franco-belge
- 29 octobre : nouvelle directive de concentration jaune émise par l’OKH, la mise en place du dispositif d’attaque est prévue en 6 marches de nuit pour attaquer le 7iè jour au matin. L’attaque « a pour but de détruire les forces alliées dans le secteur nord de la Somme et de percer jusqu’à la côte de la Manche » 2 groupements principaux au nord (6ième armée avec 5 divisions blindées ) et au sud ( 4ième armée avec 4 divisions blindées ) de Liège. Koeltz fait remarquer que l’objectif plus ambitieux ( détruire les forces alliés au nord de la Somme ) a été introduit spontanément par Halder.

- 30 octobre : Hitler évoque devant Jodl la possibilité d’engager une division blindée et une division motorisée en direction de Sedan.
- 31 octobre : Rundstedt signe 2 mémoires de Manstein, le premier condamne la directive du 29 octobre car non décisif propose d’attendre le printemps pour engager une opération décisive. Le second propose de faire porter l’effort principal « au-delà de la Meuse sud de Namur, en direction Arras-Boulogne pour couper de la Somme tout ce que l’ennemi aura ou jettera en Belgique » et d’engager une troisième armée dans le secteur du GA A pour contrer toute contre-offensive française venant du sud. Les mémoires sont adressés à l’OKH mais restent sans réponse.
- 5 novembre : réunion Brauchitsch-Hitler, B déclare que l’armée n’est pas prête à une attaque durant l’automne et qu’il faut attendre le printemps. Hitler rejette les arguments en réaffirmant qu’il faut attaquer les premiers en Belgique pour protéger la Ruhr. La réunion se termine en violent conflit lorsque B déclare que la nouvelle armée ne doit pas être surestimer. L’ordre de concentration des armées pour engager une attaque le 12 novembre est donné par Hitler.
- 7 novembre : Hitler annule l’ordre de concentration à cause de la météo. Le nouvel ordre de concentration est prévu pour le 9 pour une attaque le 16 novembre.
- 9 novembre : Hitler ( via Keitel) indique qu’il envisage d’attaquer le 19 au plus tôt mais qu’il ne déclenchera l’offensive que si il peut engager l’aviation les trois premiers jours et donne l’ordre d’engager des divisions blindées vers Sedan.
- 10 novembre : après divers échanges entre l’OKH et Hitler, le corps Gudérian est constitué avec divisions blindées, 1 motorisée et le régiment Grossdeutschland.
- 11 novembre, l’ordre de l’OKH pour le corps Gudérian prévoit la possibilité de « créer des conditions favorables pour la continuation des opérations, spécialement pour le cas où les forces blindées des 6e et 4e armées ne parviendraient pas à une exploitation stratégique »
- 13 novembre : report de l’offensive au 22 novembre
- 15 novembre : ordre complémentaire de Hitler d’occuper le plus de terrain possible en Hollande afin de couvrir la Ruhr.
- 16 novembre : report de l’offensive au 26 novembre ( ordre d’attaque prévue au 20 novembre )
- 20 novembre : directive n°8 qui prévoit notamment que l’ordre d’annulation de l’offensive doit être donné à J-1 à 23h00. La directive prévoit que l’offensive sera conduite selon les principes du 29 octobre mais aussi la possibilité le centre de gravité du GA B au GA A « dans le cas où la répartition momentanée des forces ennemies permettrait de laisser supposer que l’on pourrait y obtenir des succès plus grands et plus rapides qu’en face du groupe d’armée B »
- 20 novembre : réunion à la chancellerie sur l’emploi des troupes parachutistes, l’offensive est reportée au 3 décembre avec décision pour le 27 novembre. Il est aussi décider de raccourcir le délai de concentration à 3 jours.
- 21 novembre : réunion entre les têtes de l’OKH et les commandants d’armées et de groupes d’armées à Coblence pour commenter les dernières directives
- 21 novembre : Manstein et Rundstedt envoient un nouveau mémoire à l’OKH
- 23 novembre : conférence de Hitler à ses généraux à la chancellerie, Hitler réaffirme sa volonté d’attaquer à brève échéance en profitant de la supériorité militaire actuelle. Le préavis pour commencer la concentration est réduit à 3 jours. Hitler refuse la démission du général Brauchitsch
- 27 novembre : report de l’offensive au 9 décembre avec décision prévue le 4 décembre. Afin de pouvoir tenir le préavis de 3 jours, les divisions blindées sont stationnées près du Rhin.
- 27 novembre : réunion à Berlin entre Hitler, Rundstedt, Busch et Gudérian
- 27 novembre : Hitler prescrit d’affecter 2 GU ( grandes unités ) en renfort au GA A, l’OKH préfère affecter le 14iè corps motorisé
- 28 novembre : réunion sur l’emploi de la 7iè division parachutiste
- 29 novembre : directive n° 9 prévoyant l’engagement d’une guerre stratégique contre l’économie anglaise. Le point 3 prévoit que si l’armée de terre s’empare d’une partie du territoire côtier situé en face de l’Angleterre, la tache de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe « qui consiste à mener la guerre contre la puissance économique anglaise passera au premier plan »
- 30 novembre : nouveau « mémoire » de Manstein à l’OKHqui plaide pour l’engament d’une troisième armée ( la 4iè armée à cette date est encore affectée au GA B ) à 3 corps d’armées au sein du GA A pour pousser offensivement le long de la Somme L’effectif du GA A devrait alors être porté à 34 divisions
- 4 décembre : report de l’offensive de 48h
- 5 décembre : réponse de Halder ( lettre personnelle à Manstein ) à son courrier du 30 novembre. Celui-ci maintient une position en accord avec la directive n°8 de l’OKW ( comprendre Hitler ) à savoir avoir la possibilité de créer un nouveau centre de gravité en cours d’opération et non le créer lors de la planification et concentration préalable en sous-entendant ne pas pouvoir changer cela à cause de Hitler.
- 6 décembre : décision reportée au 12
- 6 décembre : courrier de Manstein à Halder qui demande que 3 armées à 12 divisions ( du nord au sud 18è, 12è, 16è ) et une réserve de 4 divisions soient affectées au GA A soit 40 divisions
- 12 décembre : décision reportée au 27 décembre
- 15 décembre : communication téléphonique Manstein – Halder dans lequel celui-ci indique que l’OKH s’est rallié à l’avis du GA A mais avoir été bloqué par ordre supérieur ( Warlimont et Lossberg contredisent toutefois Halder )
- 18 décembre : Manstein rédige un projet de concentration qui prévoit une offensive avec 109 divisions dont 40 au GA A ( 3 blindées et 2 motorisées ) et 39 au GA B ( dont 7 blindées et 1 motorisée ) contre 43 divisions au GA B et 22 au GA A selon la directive de concentration du 29 octobre toujours en vigueur
- 23 décembre : entretien Rundstedt et Halder à propos de l’offensive et du projet de Manstein du 18 décembre.
- 27 décembre : nouveau report ( probablement de 14 jours )
- 28 décembre : instruction récapitulative de Keitel quant à l’offensive, il est précisé que « l’offensive n’aura pas au départ de centre de gravité marqué. Celui-ci sera constitué, d’après les succès initiaux…… ». Hitler annonce à Jodl que si le temps est mauvais à la mi-janvier, il décalerait l’offensive ……… peut être jusqu’au printemps.
- 10 janvier 1940, Hitler annonce le début de l’offensive pour le 17 à 8h16. Hitler tranche un certain nombre de problèmes en suspens : destruction du fort d’Eben Emael par des commandos ; emploi des 7iè division parachutiste ( et 22iè aéroportée ) à Gand si la 6iè armée réussit à s’emparer le 1ier jour des ponts de Maestrich sinon engagement à Dinant ( Jeschonnek fait une proposition d’emploi en Hollande ce qui amène Hitler à vouloir réfléchir encore à l’emploi des parachutistes ) ; décision de détruire « au sol » l’aviation française le 12 ou le 13 janvier.
- 11 janvier : Keitel confirme les décisions de la veille tout en précisant que les parachutistes doivent être prêts pour les 3 opérations prévues ( Gand, Dinant, réduit hollandais ), l’attaque de l’aviation française est prévue pour le 14 janvier finalement mais Hitler hésite.
- 12 janvier : l’ordre de concentration est donné même si Hitler hésite encore sur l’attaque préalable de l’aviation.
- 13 janvier, le chef de la météo annonce une période de brouillard du 16 au 19 janvier avec impossibilité d’engager l’aviation l’opération est ajournée au 20 janvier avec ordre de concentration le 15 avant 18h. L’attaque de l’aviation est annulée.
- 14 janvier : Jodl propose de renoncer aux opérations Gand et Dinant trop aléatoires ( elles dépendent des conditions du sol ) pour concentrer les paras sur le « Réduit central hollandais ».
- 14 janvier : réunion entre Keitel, Goering, Halder et Jodl à midi et à 16h en présence du responsable de la météorologie pour la réunion de 16h, celui-ci annonce qu’il est impossible de faire une prévision et que la prochaine période temps favorable est prévue entre le 5 et le 12 février 1940. Jodl avertit Hitler qui déclare avoir besoin de 8 jours de beau temps sinon « il faudra décaler l’offensive jusqu’au printemps »
- 10 janvier incident de Mechelen-sur-Meuse il est décidé ( le 13 janvier ) de renoncer à l’option Dinant au profit de l’opération Hollande pour les troupes aéroportées.
- 12 janvier : nouveau mémoire Manstein – Rundstedt qui demandent à ce que le mémoire soit transmis à Hitler.
- 16 janvier : réponse de Brauchitsch à Rundstedt qui réfute les termes du mémoire du 12 janvier et qui refuse de transmettre à Hitler.
- 16 janvier : entretien Hitler – Jodl , Hitler déclare qu’il ne peut s’appuyer sur les prévisions météorologiques pour prendre une décision. L’offensive est donc ajournée de facto.
- 19 janvier : premier jet de la directive n°10.
- 20 janvier : conférence à la Chancellerie sur la nécessité de maintenir le secret sur les opérations militaires et décision de fixer la date de l’attaque la veille à midi. « Les troupes de premier échelon doivent être en état d’alerte permanent ». Il est aussi décidé de s’emparer de la totalité des Pays Bas en y employant notamment la 7iè division parachutiste. Hitler indique que la prochaine période propice sera en mars 1940 et que octobre 1939 aurait été la meilleure période.
- 21 janvier, nouvelle réunion à la chancellerie entre Hitler, Halder et Brauchitsch : l’offensive est de nouveau évoquée. Hitler demande la capture de la totalité des Pays-Bas, que l’on conserve des blindés pour exploiter un éventuel succès à Maestrich et que l’on engage dans les Ardennes en tête des colonnes des sapeurs/pionniers et des chars-canons ( je suppose des PzIV ) pour dégager les barrages mais aussi de faire suivre l’infanterie au plus près.
- 22 janvier conférence à Zossen entre Halder et les chefs d’EM des groupes d’armées e des armées portant sur le nouveau dispositif. Les divisions de premier échelon sont mises en alerte pour pouvoir être déployées immédiatement pendant que celles de second échelon et les réserves peuvent poursuivre leur réorganisation et leur instruction. La capture des Pays-Bas est confiée à la 18iè armée. Il est décidé que la 2iè armée sera très probablement affectée au GA A mais qu’elle ne sera engagée que durant les opérations.
- 25 janvier : Réunion entre Brauchitsch et les commandants de GA et d’armées ( Manstein remplace Rundstedt à cette réunion ), Manstein demande que le 14iè corps motorisé soit engagée en première ligne au nord du 19iè ( celui de Gudérian affecté à Sedan ) vers Charleville ou qu’à défaut le corps Gudérian soit aussi placé en second échelon ( la demande est effectuée de nouveau le 1ier février ) : Refus de Brauchitsch.
- Du 29 janvier au 1ier février, Hitler envoie le colonel Schmundt pour vérifier l’exactitude des renseignements indiquant qu’il était impossible de déclencher les opérations.
- 30 janvier 1940 : Directive de Concentration Jaune ( remaniée )
- 4 février : Schmundt annonce au capitaine Engel qu’il a rencontré Manstein et que celui-ci a un projet de plan similaire aux idées de Hitler mais plus précis.
- 7 février 1940 : exercice sur carte au PC du GA A pour étudier le passage de la Meuse par le corps Gudérian, Gudérian annonce son intention de percer le 5iè jour là où Halder envisage plutôt une percée le 9iè ou 10iè jour.
- 9 février : Manstein est muté à un corps d’armée d’infanterie.
- 13 février : entrevue Hitler – Jodl où Hitler demande qu’on lui fournisse une tableau détaillé. Hitler indique que les blindés engagés à la 4ième armée manqueront aux 12iè et 16iè armées. Jodl relaie les idées de Hitler à l’OKH.
- 14 février : nouvel exercice sur carte ( au PC de la 12iè armée ) portant sur la question de savoir si les divisions blindées devaient tenter de franchir la Meuse seule ou bien attendre l’infanterie. Halder maintient l’idée de percer au 9iè ou 10iè jour tout comme Rundstedt.
- 16 février : Halder rédige à l’attention de Brauchitsch un exposé sur « le changement de concentration et de répartition des forces » dont le contenu est inconnu mais qui ( au vu du journal Halder ) va dans le sens des idées de Manstein
- 17 février : entrevue Hitler – Manstein où Hitler invite Manstein à exposer ses idées sur la future offensive, Manstein plaide pour l’engagement cote à cote des 19iè ( Sedan ) et 14iè ( Charleville ) corps motorisés ( à cette date, la 4iè armée est affectée au GA B ).
- 18 février, entrevue entre Hitler et l’OKH : Hitler indique ses « nouvelles idées » revenant sur ses premières idées du 25 octobre, demandant l’engagement d’une troisième armée auprès du GA A et demandant que la masse des chars lourds ( Pz III et Pz IV ) soient affectés à la 12iè armée.
- 18 février : lors de la même entrevue ( ? ), Brauchitsch et Halder ont eux même proposer d’affecter la 4ième armée au GA A et de masser 7 divisions blindées entre Namur et Sedan.
- 18 février : directive n° 10 définitive publiée
- 19 février : Brauchitsch et Halder décident de constituer une coin blindé à 3 corps mobiles ( 2 en premier échelon et un en second échelon )
- 24 février 1940, la directive « définitive » du plan jaune est signée , la mission du GA A est définie comme suit : « il devra forcer le plus rapidement possible le passage de la Meuse entre Dinant et Sedan, en couvrant le flanc gauche de l’attaque générale contre toute action venant de la zone fortifiée Metz – Verdun. Il s’efforcera ensuite de pousser le plus rapidement possible en direction de l’embouchure de la Somme avec le maximum de moyens en prenant à revers la zone fortifiée du nord de la France. Il lancera devant son front d’importantes forces rapides échelonnées en profondeur contre la coupure Dinant – Sedan pour créer des conditions favorables pour la poursuite de l’offensive vers l’ouest ».L’ordre d’attaque doit être envoyé aux commandants de GA à J-1 13h. Les préparatifs pour appliquer la nouvelle directive doivent être terminés pour le 7 mars.
- 25 février : Rundstedt émet des objections au sujet du coin blindé.
- 29 février : nouvelle répartition des GU blindées et motorisées dans le « coin blindé ».
- 1ier mars : directive 10a pour l’opération « weser » ( invasion de la Norvège et du Danemark.
- Date non déterminée : Parmi les trois généraux ( Manstein, Kleist et Weichs ) qui lui sont proposés, Hitler choisit Kleist comme commandant du coin blindé
- 3 mars : décision de lancer « Weser » en premier et « Jaune » 3 ou 4 jours après.
- 3 mars : Sodenstern ( chef d’EM de Rundstedt à la suite du départ de Manstein ) propose de revenir sur la création du coin blindé et de n’engager en premier échelon que 1 à 2 divisions blindées devant les 4iè et 12iè armées pour garder le reste en réserve.
- 6 mars : Halder note avec satisfaction que l’ordre de déploiement du GA A ne va pas au-delà de la prise de têtes de ponts et laisse au haut commandement le soin de décider de l’exploitation.
- 12 mars : réponse négative de Halder à la demande du 3 mars.
- 15 et 16 mars : conférences de Hitler avec les responsables des GA A et B à propos de l’offensive. Gudérian ( selon ses mémoires ) aurait proposé de percer le 5iè jour et d’exploiter vers Amiens. Hitler indique que les « mesures à prendre une fois le passage de la Meuse forcé demeurent réservées » ( comprendre décision par le haut commandement ).
- 18 mars : entrevue Hitler – Mussolini , le second accepte d’entrer en guerre au côté de l’Allemagne et d’envoyer des troupes participer à une offensive italo-allemande en France
- 21mars : Hitler prescrit au général Leeb ( GA C ) de préparer une offensive italo-allemand à partir du haut Rhin et orientée en direction du plateau de Langres ( la participation allemande est prévue à 30/35 divisions ) sous la dénomination « Braun ».
- 26 mars : Halder fait un résumé des premières études de « Braun », l’offensive est prévue pour le mois de Juillet compte tenu des contraintes de concentration et logistiques.
- 27 mars : réunion entre l’OKH et Hitler à propos de « Braun », Hitler souhaite une offensive à partir du haut Rhin en direction du plateau de Langes 6 semaines après le début de « Jaune ».
- 31 mars : réunion Leeb – Halder à propos de « Braun », Leeb propose4 actions devant engager 38 divisions.
- 9 avril : invasion de la Norvège et du Danemark.
- 27 avril : Hitler déclare à Jodl qu’il pense déclencher l’opération « jaune » entre le 1ier et le 7 mai.
- 1ier mai : Hitler déclare à Jodl que l’offensive doit pouvoir être déclenchée à partir du 4 mai.
- 4 mai : Hitler fixe la date de l’attaque au 7 mai.
- 5 mai, il la reporte au 8 mai.
- 7 mai : report de l’offensive.
- 8 mai : Hitler veut déclencher l’offensive le 9 mai mais Goering obtient un report jusqu’au 10 mai.
- 9 mai à 21h, l’ordre d’attaque est donné.

On constate donc que le processus décisionnel commence très rapidement avec comme objectif d'empêcher les forces alliées de s'installer en Belgique ( soit au travers d'une réponse si les alliés initient le mouvement soit en engageant l'offensive ) et de capturer des bases aéronavales pour mener une lutte aéro-navale stratégique contre la Grande Bretagne

Autre point, el plan lui même est issu d'une processus de planification et de modifications continues : à aucun moment le plan que Manstein a proposé n'a été adopté directement, le rôle de Manstein a été d'influencer les responsables ( Hitler, Halder etc ) pour que ceux-ci prennent en compte des éléments proposés par Manstein dans leur propre planification
L'emploi de "Plan Manstein" est donc excessif pour dénommer le plan de guerre allemand de 1940

sources :
Trevor-Roper : Hitler directives de guerre volume 1
Koeltz : Comment s'est joué notre destin. Hitler et l'offensive du 10 mai 1940.

Cordialement
Franck


 

Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 208  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 23 Aoû 2015, 21:53

- 29 octobre : nouvelle directive de concentration jaune émise par l’OKH, la mise en place du dispositif d’attaque est prévue en 6 marches de nuit pour attaquer le 7iè jour au matin. L’attaque « a pour but de détruire les forces alliées dans le secteur nord de la Somme et de percer jusqu’à la côte de la Manche » 2 groupements principaux au nord (6ième armée avec 5 divisions blindées ) et au sud ( 4ième armée avec 4 divisions blindées ) de Liège. Koeltz fait remarquer que l’objectif plus ambitieux ( détruire les forces alliés au nord de la Somme ) a été introduit spontanément par Halder.


Vos sources ne sont quand même pas très fiables. Le 29 octobre 1939, il n'y a encore que six PzD. Les quatres autres sont toujours des Leichtedivsionen... Certes, leur transformation est prévue et elle a même commencé. Mais le processus n'est pas encore achevé !


 

Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 209  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 23 Aoû 2015, 22:51

Hum... quatre avec un S !!! Je dois me relire plus souvent... :oops:


 

Re: La préparation de la guerre contre la France par François Delpla

Nouveau message Post Numéro: 210  Nouveau message de Tri martolod  Nouveau message 24 Aoû 2015, 09:06

Bruno Roy-Henry a écrit:
- 29 octobre : nouvelle directive de concentration jaune émise par l’OKH, la mise en place du dispositif d’attaque est prévue en 6 marches de nuit pour attaquer le 7iè jour au matin. L’attaque « a pour but de détruire les forces alliées dans le secteur nord de la Somme et de percer jusqu’à la côte de la Manche » 2 groupements principaux au nord (6ième armée avec 5 divisions blindées ) et au sud ( 4ième armée avec 4 divisions blindées ) de Liège. Koeltz fait remarquer que l’objectif plus ambitieux ( détruire les forces alliés au nord de la Somme ) a été introduit spontanément par Halder.


Vos sources ne sont quand même pas très fiables. Le 29 octobre 1939, il n'y a encore que six PzD. Les quatres autres sont toujours des Leichtedivsionen... Certes, leur transformation est prévue et elle a même commencé. Mais le processus n'est pas encore achevé !


Alias Marduck confirmera ou infirmera mais il me semble que la réponse d'Alain Adam dans son post du 21/08/2015 à 19h21 colle bien:
"Ce n'est pas parce que l' on adopte un concept que l'on en a les moyens instantanément ." sic


 

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