Bruno Roy-Henry a écrit:alain adam a écrit:Pour en revenir aux chiffres de Bruno , il est exclu qu'en 1942 , la seule GB ait pu lever et armer 50 divisions ( comprendre divisions pouvant tenir un rôle opérationnel , la nuance entre les chiffres sur papier et la réalité est la )
C'est le chiffre que donne Lidell Hart. Pour mémoire, l'empire britannique aligne 70 divisions sur le front ouest en 1918. 66 en France et 4 en Italie.
Je précise ma réponse :
-Si l'on compte les divisions territoriales , ou en cours de formation , oui , on peut compter une cinquantaine de divisions ( peut être même une soixantaine ) en 1941/1942 .
-Si l'on raisonne de façon opérationnelle , je doute que plus d'une trentaine puisse être engagées avec des résultats corrects ( en prenant l'hypothese qu'il n'y ait pas eu Dunkerque, sinon mon avis est qu'il faut rabaisser le chiffre a 20/25 ) .
N'oublions pas , par exemple , qu'en 1940 , un quart des divisions d'infanterie du BEF ne sont pas prévues pour aller au combat , et qu'a une époque , Bruno , vous n'en aviez même jamais entendu parler .
Pourtant elles étaient bien des divisions ( sur le papier ) et bien présente en France . Mais leur tache prévue était le terrassement , le temps qu'elle reçoivent du matériel moderne et un entrainement correct .
Ce cas n'est pas isolé , et de nombreuses divisions sont en cours de formation en 1940 ( Churchil avait réellement vidé les fonds de tiroir pour aligner une douzaine de divisions en France en puisant sur les ressources de la GB ... le commonwealth a même participé puisqu'une division canadienne complète devait débarquer ) . Certaines, grâce a un encadrement d'active parviendront a se transformer et devenir de réelles divisions opérationnelles, certaines autres, n'ayant vocation qu'a tenir le terrain ne quitteront même jamais le territoire britannique de toute la guerre .
Je passe ici sous silence la nécessité de renforcer le pacifique avec l'attaque Japonaise , et donc l'impossibilité d'intervenir en Europe pour les unités dépêchées sur ce théatre d'opération .
Ce qu'il faut comprendre c'est que d'une armée de métier très faible ( mais avec une belle histoire ) , la Grande Bretagne est passée très ( trop ? ) rapidement a une armée de volontaires avec des effectifs humains non formés et une machine industrielle peu apte a les armer rapidement en 1940 , surtout , historiquement , avec les pertes de matériel de Dunkerque . Disséminer les cadres compétents dans les centres de formation ou a l'encadrement des troupes fraîches n'allait déterminer qu'une chose : un niveau assez faible des unités . Le choix fut donc fait de séparer en plusieurs parties les nouvelles levées : les troupes destinées a aller au combat avec les meilleurs éléments , les troupes"moyennes" , ayant a tenir des secteurs sur le front ou sur les arrières mais aucunement participer a des offensives, et des troupes destinées a assurer la garde de l'empire , et en premier lieu de la Grande Bretagne , s'occupant plus a des missions d'aide aux civils qu'a de réelles missions de combat ( hormis défense passive et active contre avions ) . Je pense qu'on peut tabler sur 1/3 pour chaque catégorie . En dernier lieu , une très faible proportion fut destinée a créer des unités d’élite , tels que les commandos pour des missions de harcèlement dans un premier temps , avec un recrutement parfois pluri-national , comme ce fut le cas pour le commando Kieffer Français qui a participé au débarquement en 1944 . Dans le même genre, on pourra noter qu'une brigade de parachutiste Polonaise fut formée ( elle participa a Market garden ) , ou que les Belges et Tcheques, aux effectifs réduits , se virent doter de matériels blindés : les britanniques manquaient de personnels , et misaient sur la motivation des peuples envahis pour accepter de former des unités de pointe avec ces volontaires étrangers . Pour autant , ils n'oubliaient pas la préférence nationale , et tardaient a équiper ces unités avec le dernier matériel sorti ...
Tout comme le faisaient les américains d'ailleurs , qui avaient depuis longtemps trouvé un premier moyen d'utiliser leurs matériels "pas terribles" : les envoyer en Russie .
Pour en terminer, je fais souvenir que les divisions de la seconde guerre mondiale , pour etre pleinement opérationnelle et apte a combattre dans une guerre "moderne" , n'ont pas les memes impératifs de création qu'une division de 14/18 . Dans un des deux cas on apprends principalement la discipline , le tir , et la marche . Dans le second , en sus , beaucoup plus de roles spécifiques sont a developper , comme la lutte antichar , la défense contre aéronefs , la transmission radio , le pilotage d'engins blindés et j'en passe . On commence a passer d'une armée de "chair a canon" a une armée de spécialistes , et il ne suffit pas de mettre des nouvelles recrues dans un char ultra moderne pour qu'il soit opérationnel : la plupart du temps , il faudra l'intervention d'une dépanneuse pour le sortir d'une ornière , ou la compétence de techniciens expérimentés pour changer une chenille .
Ensuite il y a l’expérience du feu . Etre solidement formé -en théorie - ne suffit pas . C'est au combat que l'on voit la qualité des unités, et lors des premiers affrontements US/Allemands en Tunisie , l'etat major américain tomba de sa chaise , tant le niveau était différent . Les anglais , plus rompus au combat , le savaient fort bien , et c'est la raison pour laquelle un nombre limité de divisions anglaises participa a l'ETO .
Tout cela pour dire qu'il y a une nuance entre un nombre de divisions crées et sur le papier, et un nombre de divisions que l'on peut engager dans une campagne , avec des combats réels , et cet aspect concerne tout particulièrement l'armée britannique , par sa nature .
Alain