Merci pour vos réflexions intéressantes carlo.
carlo a écrit:Ce n'est pas une situation favorable, la campagne des Balkans est indispensable pour sécuriser le flanc sud et, il me semble que si les routes de juin sont poussiéreuses, elles n'en sont pas moins sèches ce qui facilite la mobilité (le dégel arrive tard en 41). De plus on nous présente encore trop souvent Barbarossa comme une course contre la météo, mais devant Moscou ou Smolensk ce sont bien les troupes russes qui stoppent ou ralentissent l'avance allemande, pas les conditions climatiques.
Il faut absolument se mettre dans une situation favorable (Balkans déjà sécurisés) pour voir si c'était possible. 5 semaines de "belle" saison en plus, c'est quand même beaucoup.
Pour les conditions climatiques, un peu quand même, non ?
carlo a écrit:Les troupes de Sibérie sont en partie un mythe, oui une partie de l'armée de Mandchourie rejoint l'ouest fin 41, mais les réserves lancées devant Moscou étaient pour l'essentiel sur place. Les fameuses capacités de mobilisation dont on parle.
Je vous croie volontiers, mais ça a tout de même dû peser dans la balance.
carlo a écrit:Mais bien sûr que la Wehrmacht a été entamée, si Barbarossa est une catastrophe pour les Soviétiques, ce n'est pas une promenade de campagne pour les Allemands. Hitler échoue à l'Est dans les premiers mois de Barbarossa, si l'EM soviétique (et Joukov en particulier) n'avait pas si systématiquement foiré en 42, l'affaire était pliée au moins un an plus tôt...
J'ai précisé "sérieusement entamée". Les pertes en hiver ont été terribles.
carlo a écrit:C'est sûr, la seule solution est un effondrement politique comme en 17.
Précisons que c'est arrivé lors dans la quatrième année du conflit. Mais ne nous attardons pas sur ce point car les conditions étaient vraiment différentes.
carlo a écrit:Rappelons quand même qu'il est possible de vaincre la Russie, c'est arrivé deux fois au moins au XXième S. En 1918, l'armée du Kaiser, pourtant occupée sur un autre front, obtient une paix qui lui offre la façade occidentale de l'empire russe (à peu près ce qu'espérait Hitler) et entraînait des mouvements nationalistes dans tout l'empire avec déclarations d'indépendance dans le Caucase et en Asie centrale. De même en 1991, l'URSS s'effondre économiquement et militairement permettant la constitution d'une série d'Etat qui deviennent autant d'enjeux d'un processus géostratégique toujours en cours. Donc Hitler n'espérait pas quelque chose d'inaccessible, c'est bien la Russie/URSS qui était à cette époque trop puissante politiquement et militairement.
Je m'en tiens à votre dernière remarque. Il s'agit de savoir s'il était possible de vaincre l'URSS en 1941.
Je pense que ça aurait été possible mais en faisant une estimation à peu près juste de son potentiel, ce qui n'a pas du tout été le cas. Mais il serait apparu que c'était tellement risqué que cela n'aurait probablement pas été tenté (par une personne saine d'esprit en tout cas).
Il est fort probable aussi que si Hitler avait laissé des professionnels prendre les décisions, les chances de vaincre auraient été plus grandes. Ses généraux préconisèrent en effet de faire une pause et de se mettre sur la défensive avant l'arrivée de l'hiver. C'était sans doute la meilleure décision qu'il eut été possible de prendre.