ulysse57 a écrit: Sauf que l'EM français était totalement inexpérimenté dans la conduite de ce nouveau type de combat. Au pire il y avait bien le dogme de la bataille conduite ( petits bonds , regroupement , petits bonds ) , mais la possibilité de créer un couloir de Panzer avec des raids en profondeur était totalement inconnu... voire inenvisageable logistiquement parlant , sauf à posséder des Jerrikanister
Quand à créer une seconde force de contre attaque : quelles auraient été les résultats ? ralentir un peu le poing blindé , mais sûrement pas le stopper. Ceci sans compter que pour mettre sur pied cette force , il va falloir tout d'abord regrouper , réorganiser pour attaquer ... de belles manœuvres qui ne pourraient passer inaperçues par une Luft maitresse du ciel , capable de pilonner la moindre concentration de troupes.
Concernant les éventuelles craintes de l'EM teuton de voir de précieux Pz disparaitre , je pense que c'est une fausse interrogation à ce moment de la partie tant Fall Gelb repose quasi uniquement sur l'exploitation du choc initial qu'est le passage de la Meuse. Et Hitler ayant dejà les yeux tournés vers la course à la Mer que son pays avait raté quelques années auparavent , aurait insisté pour aller de l'avant.
Bonjour,
Je ne suis pas autant affirmatif que vous, bien au contraire. Tout d'abord, l'épopée de la 7e armée en Hollande démontre que l'armée française sait organiser un bond en avant de plusieurs centaines de kilomètres, et ce, en l'absence quasi totale d'informations sur le territoire belge (neutralité oblige) tout comme sur les forces ennemies auxquelles elle sera confrontée.
Ensuite, entre Stonne et Sedan, il n'y a qu'une vingtaine de kilomètres à vol d'oiseau, ce qui reste plus que largement à la portée de tous les engins blindés français, et ce, sans le moindre ravitaillement. Un B1 bis ou un H39 possède un rayon d'action de 120 km, ce qui laisse beaucoup de marge pour les manœuvres de combat. Même à la vitesse d'un B1 bis, Sedan est à moins d'une heure de marche de Stonne.
Je ne suis pas non plus d'accord quand vous dites qu'un raid en profondeur est inconnu dans la doctrine française, car c'est par exemple l'une des missions premières de toute la cavalerie, comme le démontre l'action des DLM et des DLC dans les premier jours des hostilités.
Ensuite, l'expérience démontre que la Luftwaffe a surtout un effet psychologique sur les troupes les plus fragiles, les pertes qu'elle engendre sont en général assez faibles. Ses attaques sur la montée en ligne de la 3e DIM et la 3e DCr, par exemple, n'ont strictement aucun effet sur le moral de ces divisions et ne leur causent que des pertes insignifiantes. Malgré l'image d’Épinal, atteindre un char lors d'un bombardement en piqué relève du miracle!
Enfin, une reprise de Sedan autour du 16 mai signifie la rupture des lignes de communication des 1., 2. et 10. PzD, mettant très rapidement ces unités dans l'incapacité de se battre, et je ne parle pas des unités d'infanterie motorisées qui les accompagnent. Une PzD c'est quelques centaines de chars, mais surtout des milliers de camions...
A titre d'exemple, j'ai en ma possession le témoignage du General von Shwerin (alors Oberst, commandant l'IRGD) qui mentionne très clairement le fait qu'il redoutait une contre attaque de la 3eDCr car il pensait que, malgré le support de la 10. PzD, ses troupes se seraient retrouvées face à une difficulté insurmontable. Les faits vont lui donner raison, car à Stonne, l'IRGD accusera en deux jours de combat, la moitié de la totalité des pertes que l'unité enregistrera pendant toute la durée de la campagne de France, certes pas exclusivement dues aux "lourds" français, mais ceux-ci seront dès les premiers combats particulièrement crains. Leur seule présence suffira parfois à faire fuir ceux d'en face. Et oui, les Allemands aussi ont parfois fuis devant les Français, y compris le fameux IRGD!
D'une façon plus générale, je m'inscris en faux par rapport à une Wehrmacht invincible en 1940. Si le plan allemand a parfaitement fonctionné, c'est aussi, voir surtout à cause du manque chronique de réactivité du GQG français. Aux échelons inférieurs, nous n'avions rien à envier aux troupes allemandes. J'ajouterai que, sans même parler des unités qu'il aurait été possible de prélever sur le GA2, il existe le 13 mai au soir encore 10 grandes unités en réserve du GQG, et ce, après décompte des troupes mentionnées dans mon précédent message. Voila qui ouvre la porte à bien des réflexions...

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