Post Numéro: 146
de martial duteil
25 Déc 2010, 19:33
Il y a 70 ans, les marins de la Force X passaient leur premier Noël dans la rade d’Alexandrie. L’amiral Godfroy s’en fait l’écho dans son livre :
« Noël arriva. Une messe de minuit, illuminée, fut dite pour le personnel de la Force X désireux de s’y rendre – et tous ceux qui n’étaient pas de service y allèrent- dans le grand hangar d’aviation de la Lorraine, où la cérémonie se déroula avec éclat.
Quand le jour suivit, les équipages trouvèrent, à leur bord, de multiples distractions, et un repas de fête. Grâce à la générosité, vraiment touchante, de Français du Caire et d’Alexandrie qui, sans nous voir, pensaient à nous, chaque homme reçut un cadeau. L’un de ces Français, d’opinions indépendantes et très sûr de ses appuis, n’hésita pas à offrir, à lui seul, un banquet à 600 de nos marins. Ce jour-là, ils ne furent vraiment pas à plaindre » .
Noël 1941 est évoqué plus brièvement:
« Noël arriva. Les Sœurs de la charité avaient réussi à réunir près de 36 000 francs de dons pour faire des cadeaux aux hommes de la Force X. Chacun eut le sien, distribué sur chaque bâtiment, autour d’un brillant arbre de Noël ».
L’année suivante, en décembre 1942, le contexte politique est tendu : la veille de Noël, à Alger, l’amiral Darlan a été tué par un jeune résistant. La nouvelle fait une forte impression à Alexandrie dès qu’elle est connue. Et l’amiral Godfroy descendu à terre pour acheter des cadeaux se voit accosté par un Grec, puis par un Egyptien, enfin par une dame syrienne accompagnée de ses deux filles : on lui reproche son imprudence ; s’il devait disparaître en subissant le même sort que Darlan, l’accord passé avec la Royal Navy tomberait ce qui permettrait de saisir les bâtiments de la Force X !
Cependant les festivités vont se renouveler, peut-être avec plus de discrétion que les années précédentes : « Pour la troisième fois, Noël vit revenir le témoignage annuel de la sympathie persistante de certains bons compatriotes du Caire et d’Alexandrie, sympathie à notre égard qui s’exprima, cette année encore, généreusement, par de multiples cadeaux remis discrètement pour être distribués aux équipages ».
Durant ces années de guerre, tous les marins et militaires français ne furent pas aussi bien traités à l’occasion de la fête de Noël. C’est bien le moins que l’on puisse dire.