hilarion a écrit:.
Ceci dit l'état major de la force X n'était pas tendre avec ceux qui voulaient reprendre le combat. Barberot est clair la dessus Villefosse aussi de mémoire.
A vous lire on a l'impression que cela se faisait avec le bénédiction du commandement alors que c'est totalement faux de plus sieurs centaines le terme plusieurs dizaines serait plus juste.Vous éludez aussi le rôle de l'amiral Godfroy pendant toute cette période c'était lui le commandant de l'escadre et si il avait donné de la souplesse on aurait eu peut être les centaines de ralliements que vous évoquez.
Fin de la citation
Je voudrais revenir sur les départs des marins « dissidents » qui ont quitté la FX entre le 3 juillet 1940 et le mois de juin 1943 (départ de cette escadre d’Alexandrie).
En premier lieu, dans le texte de l’autre jour, à propos d’H. d’Estienne d’Orves, de J. Trolley de Prévaux et des autres officiers et marins évoqués, je ne vois pas ce que j’ai pu écrire qui puisse laisser penser que Godfroy avait une attitude de faiblesse à l’égard de ces départs et de ces engagements. Au contraire il fait déclencher des poursuites pour désertion et dans ses messages aux équipages il condamne durement les dissidents. S’agissant de certains marins, il va même jusqu’à dire que l’escadre perd ainsi ses « déchets ».
En second lieu, s’agissant du nombre des départs (plusieurs centaines ? ou plusieurs dizaines seulement ?), on trouve des indications chiffrées dans les sources suivantes :
D’abord un mémoire de maîtrise d’histoire de H.Perronet, Université Paris-Sorbonne (Paris IV), année 1987/1988, intitulé « L’escadre française d’Alexandrie de mai 1940 à août 1943 ».
Cet étudiant a dépouillé les archives de la FX. Il a certainement trouvé ses chiffres dans les rapports périodiques d’activité de Godfroy à l’Amirauté pour les années 1940, 1941et 1942. Il arrive à un total de 360. Pas de chiffre pour les premiers mois de 1943.
D’autre part le livre de P.Masson (La Marine française et le guerre) paru d’abord en 1991 évoque 390 « désertions ». On se rappellera que P.Masson occupait d’importantes fonctions au Service historique de la Marine à Vincennes. Son nom figure sur la couverture du mémoire de Perronet ; sans doute faisait-il partie du jury ? Ces deux auteurs étaient bien placés pour tirer leurs chiffres des archives de la FX. Le second a pu utiliser les chiffres du premier.
Avant eux, dans son livre paru en 1960 (Le Théâtre méditerranéen), Caroff donne un chiffre de 353 pour 1940-1941-1942.
Dans ses souvenirs Godfroy évoque bien sûr les départs, mais il le fait de manière dispersée au fil des pages, ce qui rend difficile la synthèse. Voir par exemple page 116 son chiffre pour l’année 1940 : il reconnaît 151 départs. Pour les années suivantes il est beaucoup moins précis, voire évasif. On peut le soupçonner de vouloir minorer un phénomène qui contredit ses explications sur le séjour prolongé de la FX à Alexandrie.
En même temps Godfroy avance une information importante, dont il faut tenir compte pour apprécier l’exacte nature de ces départs : tous les marins quittant l’escadre n’allaient pas nécessairement reprendre le combat contre les forces de l’Axe. Par exemple certains ont été embauchés par la Compagnie du Canal de Suez ou enrôlés sur des bateaux de commerce, d’autres seraient même partis épouser une belle italienne (mariage alors interdit à un militaire) ; Godfroy évoque aussi des « repentis » qui au bout de quelque temps demandaient à reprendre leur place sur les bateaux français. Ces départs pour des raisons diverses guère patriotiques n’ont représenté qu’une minorité du lot (Godfroy le reconnaît), mais ils tempèrent la portée des chiffres relativement importants rapportés plus haut.
Si pour décrire les ralliements au combat contre l’Axe, on dit « plusieurs dizaines », cela induit, me semble-t-il, que la centaine n’a pas nécessairement été atteinte; cela me parait minorer la réalité du phénomène. Si, d’une autre manière, on parle de «plusieurs centaines» de ralliements au combat contre l’Axe, on magnifie peut-être le phénomène ; pour que l’expression que j’ai employée reste exacte, il faut que ces ralliements aient été au moins 200 ; cela me parait très vraisemblable.
Bien entendu chacun peut avoir son estimation.