@ Chef Chaudart
Je te remercie d’avoir répondu.
En relisant certains posts du mois de septembre, je viens de me rendre compte que Hitler a tenu des propos sans équivoque, d’où la réaction de certains généraux.
En août 1938 Hitler informe ses officiers supérieurs qu’il a pris la décision de résoudre le problème tchèque par les armes, à l'automne. Il leur dit tout simplement que la Tchéco sera attaquée par l’armée allemande à l’automne. Il leur dit qu’il a pris sa décision. Cette décision de Hitler inquiète certains généraux, notamment le général BECK.
Les 4 posts que j'ai lu au sujet des généraux allemands se trouvent à la page 51, 53, 61 du présent fil.
- 06 Sep 2010 06:47 (p. 51)
- 08 Sep 2010 08:02 (p. 53)
- 08 Sep 2010 10:27 (p. 53)
- 13 Sep 2010 05:15 (p. 61)
L’auteur de ces quatre posts se basent sur les auteurs suivants : B. Lemay, H. Noguères, J. Toland. Ce sont des auteurs que je ne connais pas, mes connaissances livresques sont assez limitées.
Chef Chaudart a écrit:Cela veut dire que Hitler croit fermement que GB et la France n’oseront pas honorer leurs obligations vis-à-vis de la Tchéco même si le Fuhrer met à exécution sa volonté de mener une action militaire contre ce petit pays.... est-ce que tu confirmes que c’est bien cela que Hitler veut faire comprendre et admettre à ses généraux quand il s’adresse à eux ?
Pas du tout. Il dit à ses généraux que la diplomatie s'occupera d'éviter l'entrée en guerre des susnommés. Autrement dit, il leur indique que leur rôle, à eux militaires, est de mettre en place l'attaque de la Tchécoslovaquie et la couverture de la frontière à l'ouest, le rôle d'Hitler est de trouver un moyen de prévenir l'entrée en guerre des grande nations.
Les propos que Hitler a tenu à ses généraux pendant le mois d’août sont sans équivoque : une attaque sera lancée par l'armée allemande contre la Tchéco à l’automne 38. Cette attaque a été présentée, non pas comme une hypothèse, mais comme une décision prise par le Fuhrer. C’est ainsi que Hitler s’est exprimé devant les généraux en août 1938.
Chef Chaudart a écrit:Maintenant, si l'on se concentre sur les traités d'alliance: après l'ultimatum, si l'Allemagne attaque la Tchéco, les Français (au moins) respecterons leur promesse de déclarer la guerre, que les Anglais ne pourront que suivre. On est, et les contemporains le savent, à deux doigts de la guerre.
Je suppose que Hitler connaît parfaitement l’existence de ces traités d’alliance. Mais ses propos sont sans équivoque : une intervention des franco-britanniques lui semble peu probable, il croit fermement qu’ils ne réagiront pas. Hitler dit à ses généraux qu'il a pris la décision de résoudre le problème tchèque par une action militaire, à l'automne. Il leur dit que la GB (chamberlain) et la France (daladier) n’interviendront pas lorsque l’armée allemande attaquera la Tchéco à l’automne.
Cela revient à dire que la GB et la France ne respecteront pas leurs obligations vis-à-vis de la Tchéco.
Chef Chaudart a écrit:On est, et les contemporains le savent, à deux doigts de la guerre.
Les populations en Europe ne savent pas encore que Hitler a pris sa décision. Hitler a parlé à huis clos devant ses généraux.
Chef Chaudart a écrit:On est, et les contemporains le savent, à deux doigts de la la guerre.
Sauf si... Hitler offre une porte de sortie "honorable" aux futurs alliés.
Cette porte de sortie n’est pas évoquée par Hitler en août 38 lorsqu’il parle à ses généraux. Il leur annonce qu’il a pris la décision de résoudre le problème tchèque par les armes, à l'automne. Ces paroles de Hitler inquiète les généraux, en tout cas certains d’entre eux. Ce qui inquiète les généraux, notamment BECK, ce n’est pas l’armée tchèque. Ce qui les inquiète, c’est une généralisation du conflit par le jeu des alliances lorsque l’armée allemande attaque la Tchéco à l’automne.
Beck est tellement inquiet de la prochaine action militaire, programmée à l’automne, qu’il va essayer, en vain, de convaincre ses camarades de la nécessité de s'opposer aux dessins de Hitler. Beck démissionne quelques jours après les deux réunions organisées par Hitler (10 août au Berghof, 15 août à Jüterbog).
Personnage isolé parmi les responsables militaires en ce qui concerne la stratégie politique, ne parvenant pas à convaincre ses camarades de la nécessité de s'opposer aux dessins de Hitler, Beck finit par remettre sa démission le 18 août 1938. Ainsi qu'il le dit lui même, plusieurs mois après sa démission : « Je mis en garde et, finalement, je me retrouvai seul. »
B. Lemay, Erich von Manstein – Le stratège de Hitler, Paris, Perrin, 2006.
Chef Chaudart, je te remercie par avance de ton prochain post, en espérant que tu répondras à cette question :
a ton avis, est-ce que Hitler est sincère quand il affirme à ses généraux que la prochaine offensive militaire, programmée à l’automne, ne provoquera aucune réaction de la part des alliés de la Tchéco ?