Post Numéro: 2
de Igor
13 Juin 2005, 12:01
Tout d’abord, jusqu’en 1918, la Tchécoslovaquie faisait partie de l’Autriche-Hongrie. Depuis 1867, cet empire était un état fédéral divisé en deux parties : d’une part la Cisleithanie administrée par l’Autriche, d’autre part la Transleithanie administrée par la Hongrie. Or la partie tchèque (Bohême et Moravie), industrialisée, était autrichienne tandis que la partie slovaque, agricole, était hongroise. Il y a donc une opposition entre les deux grandes populations du pays. Ensuite le nouvel état incluait d’importantes minorités représentant le tiers de la population : Allemands des Sudètes, Hongrois, Polonais, Ruthènes.
Le gouvernement, dominé par la bourgeoisie tchèque, mena une politique de centralisation. Elle suscita des oppositions chez les Slovaques et les Allemands. Les Slovaques avaient en effet l’impression d’être exploités par les Tchèques. Un parti séparatiste fut créé (le parti populaire slovaque), dirigé par Mgr Tiso. En 1939 ce dernier prit la tête du nouvel état slovaque indépendant. Il le dirigea jusqu’à la fin de la guerre et fut finalement exécuté en 1947. Au sujet des Allemands, il faut savoir qu’ils vivaient dans la partie la plus riche du pays. La région des Sudètes représentaient en effet 40 % du potentiel industriel du pays. Il y avait là-aussi un parti séparatiste, le Südeten Deutsche Partei, utilisé par Hitler pour déclencher la crise tchécoslovaque. En 1938-39 le pays fut progressivement dépecé : l’Allemagne annexa les Sudètes, la Pologne occupa le district de Teschen et la Hongrie le sud de la Slovaquie.
source: Atlas historique de Georges Duby, Larousse
Dictionnaire de la Seconde guerre mondiale, article de Jacques Wagner