Post Numéro: 4
de Schwarze Kapelle
01 Déc 2009, 00:59
Très intéressants chiffres que ceux donnés ici.
Comme en politique ou dans tout tentative de mettre en avant les chiffres. Le souci c'est, pour schématiser, de leur faire dire ce que l'on veut... ou presque !
La France n’a donc, pardonnez l’expression, au passif du bilan « que » 80 000 victimes juives de la Shoah. Soit grosso modo 23% de la population juive totale du territoire.
Premier constat, qu’entend-on par France ? La seule métropole ou la totalité du territoire national d’alors ? On conviendra qu’il fût plus aisé de déporter à partir de la métropole et, je ne suis pas un spécialiste, si une quelconque forme de déportation a existé à partir de l’AFN ? Voire d’autres territoires… On connaît la proportion de la population juive en AFN et je ne crois pas qu’il ait existé de déportation à partir de là. On en conclu donc de la proportion des juifs victimes de la Shoah, et rattachés à la seule métropole, augmente de façon significative. Pardonnez moi ces considérations purement chiffrées mais elles sont la preuve que les chiffres ne sont pas tout et que, vu d’un angle différent, les chiffres plus tôt énoncés sont caduques, et trop soumis à interprétation rapide, sans une présentation complète et détaillée.
Deuxième constat, la France a la triste particularité d’avoir grandement mis à la disposition de l’occupant les moyens de la force publique. L’Etat français d’alors a également la triste particularité d’avoir légiféré contre une partie de sa population, d’avoir également été le seul Etat « occupé » à avoir livré, sous son autorité, ses propres ressortissants juifs. D’ailleurs, les juifs étrangers déportés à partir du territoire français figurent-ils dans le total des 80 000 victimes françaises ?
Troisième constat, la sauvegarde d’une bonne partie de la population juive française est à mettre au crédit de la volonté d’une partie de la population française, dans son ensemble, à soustraire les juifs aux arrestations.
Ces quelques rapides constats m’obligent à rejeter vivement tout argument essayant de mettre ces sauvegardes au crédit de la bienveillance d’un Etat ayant essayé de « sauver ceux qui pouvaient l’être » tout en livrant l’autre partie pour « donner le change ». Citer le seul chiffre de 23% est un procédé réducteur si ce n’est simpliste, voire, chez certains, malhonnête.
Fred