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Aide anglo-américaine aux Soviétiques

Après l'opération Barbarossa, les forces de l'Axe contraignent l'URSS au repli.
Après une série de succès, l'Allemagne s'enlisera progressivement puis cédera à Stalingrad et à Koursk.
MODÉRATEURS: alfa1965

Nouveau message Post Numéro: 81  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 04 Aoû 2007, 13:06

Tom a écrit:En outre, j'estime, contrairement à ce qu'a affirmé un intervenant, que l'URSS aurait sans doute été vaincue en 1941 si Hitler avait, comme il l'avait prévu, attaqué un ou deux mois plus tôt (comme Napoléon aurait pu vaincre à Waterloo s'il avait attaqué quelques heures plus tôt !).


Mais la pluie avait rendu toute attaque impossible, à Waterloo, et son dispositif militaire n'était pas totalement prêt - sans parler du fait que la bataille décisive aurait du être celle de Ligny, le 16 juin 1815, au cours de laquelle l'armée prussienne a frôlé l'anéantissement. ;)

Quant à la possibilité d'une victoire à l'Est en 1941 - c'est à dire avec l'Angleterre dans le dos du Reich - je n'y crois guère. L'Armée rouge était trop nombreuse, le territoire soviétique trop grand, l'environnement (infrastructures, climat) trop hostile. Les quarante à cinquante divisions allemandes en poste dans les territoires occupés européens ont sans doute fait défaut à la Wehrmacht.

S'agissant de la date de Barbarossa, il convient de ne pas surestimer l'impact de l'invasion de la Grèce et de la Yougoslavie. Tout au plus, comme le signale un spécialiste de l'Armée rouge, Hervé Borg ("Condamnée par Marita ?", in Hervé Borg, Barbarossa, Histoire de Guerre - Thématique n° 1, mai-juin 2001, p. 25), cette conquête supplémentaire a-t-elle contribué à user les Panzer. Mais la fameuse Directive 21 portant l'intitulé Barbarossa mentionnait simplement que les préparatifs devaient être achevés au 15 mai 1941, la date de l'invasion devant être fixée ultérieurement (voir, pour un rappel de la chose, François Delpla, Nuremberg face à l'Histoire, L'Archipel, 2006, p. 282-284).

La raspoutitza russe était encore présente, jusqu'au début du moins de juin, ce qui ne pouvait que compromettre la rapidité de l'avance allemande. Il était en tous les cas impossible de lancer une attaque surprise en avril, et difficile en mai. En conséquence, le 29 mai 1941, Hitler donnera l'ordre de déclencher l'opération à la date du 22 juin 1941, au solstice d'été. Ces trois semaines lui permettront d'intoxiquer davantage Staline, et de renforcer l'effet de surprise.
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

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Nouveau message Post Numéro: 82  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 04 Aoû 2007, 13:45

Nicolas Bernard a écrit:Ces trois semaines lui permettront d'intoxiquer davantage Staline, et de renforcer l'effet de surprise.

O combien !
Intoxiquer Staline et les Anglo-Saxons d'ailleurs :

Le 13 juin 1941, juste avant Barbarossa, et alors qu’Hitler s’ingénie depuis juin 1940 à faire croire à tout le monde qu’il vise l’Angleterre, voire l’Afrique ou la route des Indes et surtout pas l’URSS, Goebbels publie dans le «Völkischer Beobachter», organe central du NSDAP, un article «L’exemple de la Crète».
Il y dévoile que l’envahissement victorieux de l’île auparavant occupée par les forces britanniques est à la fois un exercice d’entraînement ultime et la preuve que la Wehrmacht a la capacité technique et matérielle d’envahir l’Angleterre, ce qui va d’ailleurs, assure-t-il, arriver très prochainement.

Des 9 heures du matin, la Police saisit tous les exemplaires du journal et les passe au pilon. Les communications internationales sont coupées vers 9 heures 30. Pendant une semaine, Hitler semble battre froid Goebbels et les milieux dirigeants se gaussent de ce Ministre incapable de tenir sa langue et qui révèle des secrets militaires à la presse.
L’article de Goebbels a cependant pu être communiqué aux USA à temps et aura beaucoup de succès dans la presse anglo-saxonne... qui se fait ainsi, avec une très grande naïveté, le relais d’une superbe mystification nazie !

Le journal de Rudolf Semmler, secrétaire de Goebbels, publié en 1947 en Angleterre et en 1948 en France, lève le voile en relatant les coups de téléphone inquiets que des chefs de service du Ministère de la propagande lui ont passés ce matin la :
«[Ils ne se doutent pas] qu’un jeu de dupes, habilement mené, se déroule ; que Goebbels a ordonné lui-même que le numéro soit saisi, et que son article a été écrit après une consultation avec l’état-major général et avec Hitler lui-même»

Tous les acteurs de ce trucage magistral savaient très bien que les correspondants de presse étrangers disposaient des journaux allemands dés 7 heures du matin et câblaient immédiatement les nouvelles importantes à leurs sièges.

En saisissant trop tard le numéro et en coupant trop tard les communications internationales, le tout à dessein, les nazis donnèrent du brillant et de la «véracité» à cet article et tout le monde est tombé dans le panneau, y compris les fonctionnaires affolés du Ministère de la propagande.

Quant à Goebbels, il continua à voir son Führer quotidiennement, comme d’habitude, mais «Son chauffeur, avant de le conduire à la Chancellerie, change le numéro de sa voiture contre un autre, anonyme. A l’intérieur de l’auto, Goebbels dissimule son visage derrière [un journal] pour qu’on ne le remarque pas » (R. Semmler, op. cité).

Dans son Journal, Goebbels confirme, avec moins de détails, et nous apprends qu’il répand également des rumeurs au sujet d’un prochain voyage de Staline à Berlin, dupant même des Ministres du Reich, notant au sujet d’une conversation avec Robert Ley :
«Je fais répandre des rumeurs extravagantes : que Staline va venir à Berlin, que les drapeaux rouges sont déjà confectionnés, etc. Le Docteur Ley appelle. Il est tombé complètement dans le panneau. Je ne le détrompe pas»

Grâce à ces manipulations, les Allemands, y compris des Ministres nazis, et le monde entier continuent de croire que c’est bien l’Angleterre qui est visée, pas l’URSS. Staline lui-même est tombé dans le piège, faisant envoyer à son Ambassade à Berlin un télégramme annonçant qu’il acceptait une rencontre... la veille du début de Barbarossa !


Source : http://stephane.delogu.free.fr/mag-juillet2007.pdf
:D


 

Nouveau message Post Numéro: 83  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 04 Aoû 2007, 15:32

Effectivement, cette affaire s'intégrait dans un vaste dispositif d'intoxication. Goebbels, la "voix de son maître", ne sera pas toujours tenu informé des modalités de la stratégie hitlérienne. Exemple ? Le 6 mars 1942, il note dans son Journal qu'il est encore question de déporter les Juifs à Madagascar, alors que ce projet, auquel n'a jamais cru Hitler, a depuis longtemps laissé la place à l'extermination pure et simple. Goebbels n'apprendra la vérité que quelques jours plus tard.

Pour revenir à Barbarossa, l'opération a été précédée par une remarquable manoeuvre d'intoxication - "deception" disent les Anglais. Outre la manipulation de Goebbels, le projet visait à faire croire à Staline que l'armée allemande comptait donner le coup de grâce à l'Angleterre en 1941, et que l'envoi de troupes nazies à l'Est ne se justifiait... que par le souci d'intoxiquer les Britanniques !

C'est ainsi que de fausses divisions seront amassées dans le Pas de Calais et la Belgique, où les rejoindront des chalands imaginaires, tandis que le Generalleutnant Paulus, le 16 mai 1941, se rend à l'Ouest pour accroître l'état d'alerte en Norvège et que le Reichsmarschall Göring en personne se déplacera à Paris à la fin du même mois pour proclamer aux chefs de la Luftwaffe basée en France que l'invasion de la Grande-Bretagne est imminente (Pierre Rondière, Et le monde retint son souffle. Staline et le 22 juin 1941, Presses de la Cité, 1967, p. 118-119). Le durcissement du Blitz, l'envoi du Bismarck dans l'Atlantique, le soulèvement de l'Irak, la menace d'une collaboration militaire avec Vichy, la destruction de la Yougoslavie et de la Grèce, puis l'isolement de Tobrouk suivi peu après par la très spectaculaire opération Merkur contre la Crète, non seulement doivent contraindre Londres à signer la paix par souci de limiter les dégâts - Hitler et Ribbentrop pressent à la même époque les Japonais d'entrer en guerre - mais doivent encore accréditer chez Staline la thèse d'une guerre totale contre l'Angleterre. A ce titre, Hitler ne peut que désavouer officiellement l'envolée de Rudolf Hess (10 mai 1941), lequel a sur ses ordres tenté de transmettre son offre de paix aux appeasers britanniques, sous peine d'éveiller la méfiance du Kremlin.

Le contre-espionnage nazi avait également infiltré deux réseaux patronnés par l'ambassade soviétique à Berlin - à en croire le chef de ce département auprès du SicherheitsDienst, Walter Schellenberg -, utile moyen de communiquer de fausses informations au futur ennemi (Pierre Rondière, op. cit., p. 15). Le "résident" du N.K.V.D./G.U.G.B. à Berlin, Amaïk Koboulov, agent expérimenté en contact avec la cellule allemande de l'Orchestre rouge, avait ainsi été victime d'un agent double, le journaliste letton Oreste Berlinks, nom de code Litseist, taupe de Schellenberg mais jugé très fiable par le Soviétique (voir David E. Murphy, Ce que Staline savait. L'énigme de l'Opération Barberousse, Stock, 2006, p. 279-282 et Gabriel Gorodetsky, Le grand jeu de dupes. Staline et l'invasion allemande, Les Belles Lettres, 2001, p. 91-92).

D'où une série d'informations contradictoires, entre d'un côté des agents garantissant sur leur vie que l'Allemagne allait débarquer en Angleterre et de l'autre des agents dont Staline se méfiait (Richard Sorge, pour ne citer que lui, était assimilé à une "M***e idéologique" par le dictateur soviétique) et décrivant les préparatifs allemands de guerre contre l'U.R.S.S.

La cerise sur le gâteau viendra de Hitler. Dans sa correspondance ultra-secrète avec Staline, et notamment deux courriers des 31 décembre 1940 et 14 mai 1941 (reproduites in David E. Murphy, op. cit., p. 383-386), il le met en garde contre les provocations britanniques et d'une part lui confie qu'il compte en finir avec l'Angleterre au cours de l'année, que le débarquement est imminent, et d'autre part avoue crânement masser des troupes à l'Est pour mieux faire croire à Londres que sa cible n'est autre que l'U.R.S.S., alors qu'il compte débarquer ses Panzer sur les plages britanniques !
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

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Nouveau message Post Numéro: 84  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 04 Aoû 2007, 16:20

Nicolas Bernard a écrit:Goebbels, la "voix de son maître", ne sera pas toujours tenu informé des modalités de la stratégie hitlérienne. Exemple ? Le 6 mars 1942, il note dans son Journal qu'il est encore question de déporter les Juifs à Madagascar, alors que ce projet, auquel n'a jamais cru Hitler, a depuis longtemps laissé la place à l'extermination pure et simple. Goebbels n'apprendra la vérité que quelques jours plus tard.

Effectivemment, ce n’est que le 15 juin que Hitler apprendra à Goebbels la date du déclenchement de l’invasion à l’Est. Il restera de la même manière à de grandes distances des décisions secrètes du Führer, comme celle de la mise en place de la «Solution Finale» en 1942, son rôle n’étant pas essentiel dans l’industrialisation du judéocide. Il l’apprendra, et donc le cautionnera, mais plus tard.
Beaux exemples de la façon dont fonctionne le Reich : Au sommet, Hitler prends seul les décisions. Généralement, Himmler et Goering en sont informés, ils forment le second échelon de la dictature (Pour Goering, systématiquement jusqu’à la mi-1941, un peu moins après semblerait-il). Les autres ne disposent que des détails nécessaires à leur travail et n’en apprennent plus que lorsqu’il est trop tard pour s’y opposer, y compris les responsables du 3eme échelon comme Goebbels et Ley.
la menace d'une collaboration militaire avec Vichy

Etes-vous partisan de la these de notre ami commun qui explique que les visites en rafales que Hitler a rendue a Laval a Montoire puis a Franco a Hendaye, de nouveau Montoire mais avec Petain et enfin Mussolini a Florence a l'automne 1940 sont TOUTES dans le cadre de cette operation d'intoxication, le Fuhrer en personne generant quelques bruits de bottes dans la direction de la Mediterrannee et de l'Afrique ?

Cette hypothese, qui inverse les roles habituellement admis, a savoir Hitler tentant d'entrainer dans la guerre Petain et Franco, alord qu'en fait c'etait exactement l'inverse, les deux dictateurs aux petits pieds etant pret a tenter de bouter l'Anglois hors d'Afrique et de la Mediterrannee, alors que Hitler ne le voulait surtout pas, me parait tres interessante et tres significative de la maniere dont il manipulait ses marionnettes.

On s'eloigne un peu de Barbarossa, mais en apparence seulement, car si l'hypothese est averee, on est en plein dedans, le Fuhrer faisant un peu de tourisme dans le Sud pour alimenter son intox a l'Est.

Bon, HS total : Merci pour le lien vers l'excellent site phdn.org.
Je regrettes simplement que les contributions du professeur Faubert Robinson se fassent rares, c'est pas tous le jours qu'on rigole sur cet epouvantable sujet.
:mrgreen:


 

Nouveau message Post Numéro: 85  Nouveau message de Yuri67  Nouveau message 04 Aoû 2007, 16:44

En outre, j'estime, contrairement à ce qu'a affirmé un intervenant, que l'URSS aurait sans doute été vaincue en 1941 si Hitler avait, comme il l'avait prévu, attaqué un ou deux mois plus tôt (comme Napoléon aurait pu vaincre à Waterloo s'il avait attaqué quelques heures plus tôt !).

Les causes de l'echec de Barberousse, tout un debat ...

La majorité des personnes mettent encore ca sur le dos de l'Hiver et de la meteo, comme toi Tom. (ce n'est pas un reproche,mais c'est mal connaitre le sujet). La meteo a jouer son role contre un adversaire pas du tout preparé, mais les vrais raisons de l'echec sont allieurs ...
On parle de la campagne des Balkans qui a retardé l'invasion de 3 semaines, mais on ne parle pas de la bataille de Kiev de l'encerclement et de la reduction des armées sovietiques encerclé (plus de 600.000 hommes). Les combats autour de Kiev ont durer au moins 3 semaines et la principale concequence aura été de retardé l'avancé allemande sur l'axe principale.
Kiev, c'est un exemple ... il y a tellement d'autre exemple.

Enfin, de juin 41 a mars 42, on parle de 1.300.000 hommes mis hors de combats (sans les malades il est precisé) dans l'armée allemandes, alors que la somme de toutes les campagnes precedentes avaient fait moins de 100.000 morts ...

L'echec de Barberousse semble resider dans la base meme de cette operation, par de graves sous estimation du potentiel et materiel sovietiques (par exemple le T-34 mod 41) mais aussi sur la conbativité des soldats sovietiques et de l'immensité du territoire a parcourir.
Hitler avait dis quelque chose comme "pousser la porte et toute la structure pourri s'effondrera", chose qui se revela totalement fausse, car apres des revers sans precedent pour une armée au monde, au cours des 6 mois, l'armée rouge n'as pas été detruite, et Staline n'est pas tombé.
Dernière édition par Yuri67 le 04 Aoû 2007, 18:03, édité 2 fois.


 

Nouveau message Post Numéro: 86  Nouveau message de Tom  Nouveau message 04 Aoû 2007, 17:07

Juste un point à l’appui de l’aide essentielle apportée à l’armée rouge par les Alliés occidentaux.

Puisque Nicolas a cité, je crois, Une guerre totale de Philippe Masson (Tallandier, 1990), celui-ci déclare entre autres dans cet ouvrage au sujet de l’importance du blocus et des bombardements anglo-américains sur l’Allemagne (qui n’ont certes pas eu toute l’efficacité désirée) :

Speer devait constater [voir ses mémoires : Inside the Third Reich, Phoenix, 1995/2003] que les Alliés commirent une lourde erreur en attaquant les industries terminales et en négligeant, au départ tout au moins, les productions de base et les transports.

Erreur réparée au cours de l’année 1944. Les attaques massives menées sur le système de communications du Reich aboutissent à une désorganisation complète […].

Tout aussi décisives apparaissent les attaques massives sur l’industrie du pétrole. […] La Luftwaffe, qui ne manque pas d’appareils, se trouve clouée au sol.

Force est de constater que le pétrole constitue le point faible et même le talon d’Achille de l’économie de guerre du Reich. Cette faiblesse montre que le blocus n’a pas été complètement inutile. […]

La Wehrmacht a dû encore freiner une motorisation qui n’a pas dépassé 800 000 véhicules […].

A la lumière des raids sur le pétrole et les communications, on comprend mieux la paralysie croissante des forces armées allemandes […]. Les effectifs et plus encore le matériel ne manquent pas. […] Mais, dans tous les secteurs, la Wehrmacht se trouve immobilisée par la pénurie de carburant. […]

Le blocus a été efficace dans le seul secteur clé, celui du pétrole. L’insuffisance de carburant a constamment bridé la mobilité et le développement de l’armée et de l’aviation, on n’y reviendra jamais assez.

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Inscription: 17 Oct 2006, 18:39

Nouveau message Post Numéro: 87  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 04 Aoû 2007, 17:15

Daniel Laurent a écrit:Effectivemment, ce n’est que le 15 juin que Hitler apprendra à Goebbels la date du déclenchement de l’invasion à l’Est. Il restera de la même manière à de grandes distances des décisions secrètes du Führer, comme celle de la mise en place de la «Solution Finale» en 1942, son rôle n’étant pas essentiel dans l’industrialisation du judéocide. Il l’apprendra, et donc le cautionnera, mais plus tard.
Beaux exemples de la façon dont fonctionne le Reich : Au sommet, Hitler prends seul les décisions. Généralement, Himmler et Goering en sont informés, ils forment le second échelon de la dictature (Pour Goering, systématiquement jusqu’à la mi-1941, un peu moins après semblerait-il). Les autres ne disposent que des détails nécessaires à leur travail et n’en apprennent plus que lorsqu’il est trop tard pour s’y opposer, y compris les responsables du 3eme échelon comme Goebbels et Ley.


A mon sens, lesdits échelons variaient au regard du domaine considéré. Prenez Heydrich, par exemple : il était peut-être mis au-dessus de Himmler par Hitler s'agissant de la divulgation des intentions de ce dernier, et savait au moins à la fin de l'année 1940 que l'invasion de l'U.R.S.S. était à l'ordre du jour. En revanche, cet "ange blond de la mort" ne devait pas être si bien informé des questions diplomatiques générales. Tout était cloisonné.


Etes-vous partisan de la these de notre ami commun qui explique que les visites en rafales que Hitler a rendue a Laval a Montoire puis a Franco a Hendaye, de nouveau Montoire mais avec Petain et enfin Mussolini a Florence a l'automne 1940 sont TOUTES dans le cadre de cette operation d'intoxication, le Fuhrer en personne generant quelques bruits de bottes dans la direction de la Mediterrannee et de l'Afrique ?


Absolument. François Delpla l'a très bien démontré dans Montoire, Albin-Michel, 1996.



Cette hypothese, qui inverse les roles habituellement admis, a savoir Hitler tentant d'entrainer dans la guerre Petain et Franco, alord qu'en fait c'etait exactement l'inverse, les deux dictateurs aux petits pieds etant pret a tenter de bouter l'Anglois hors d'Afrique et de la Mediterrannee, alors que Hitler ne le voulait surtout pas, me parait tres interessante et tres significative de la maniere dont il manipulait ses marionnettes.

On s'eloigne un peu de Barbarossa, mais en apparence seulement, car si l'hypothese est averee, on est en plein dedans, le Fuhrer faisant un peu de tourisme dans le Sud pour alimenter son intox a l'Est.


Dans le même temps, cette intoxication de Hitler, qui joue avec et se joue de Franco, Mussolini et Pétain, vise bel et bien à faciliter l'invasion de la Russie. Le Pacte Tripartite devait tenir les Etats-Unis à distance - sans succès, d'ailleurs, puisque Roosevelt sera réélu.


Bon, HS total : Merci pour le lien vers l'excellent site phdn.org.
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:mrgreen:


On avait l'idée de nier l'existence de l'appel du 18 juin 1940 et de l'attaque de Pearl Harbor, mais c'était il y a si longtemps...
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Inscription: 22 Fév 2006, 14:15

Nouveau message Post Numéro: 88  Nouveau message de Nicolas Bernard  Nouveau message 04 Aoû 2007, 17:28

Yuri67 a écrit:La majorité des personnes mettent encore ca sur le dos de l'Hiver et de la meteo, comme toi Tom. (ce n'est pas un reproche,mais c'est mal connaitre le sujet). La meteo a jouer son role contre un adversaire pas du tout preparé, mais les vrais raisons de l'echec sont allieurs ...


Très franchement, je n'en suis pas si sûr. Quand on observe les mouvements de Panzer vers Moscou dans le cadre de l'opération Taifun (Typhon), l'on constate une avance fulgurante jusqu'aux premières neiges. Par la suite, les Allemands pourront opérer les encerclements de Briansk et Viazma (673.000 prisonniers selon eux), mais rencontreront des difficultés majeures pour reprendre le rythme de l'offensive, alors que l'Armée rouge est en déroute.

Evidemment, l'hiver russe n'est pas la seule et unique cause de l'échec de Barbarossa, mais son intervention a considérablement gêné l'envahisseur nazi.


On parle de la campagne des Balkans qui a retardé l'invasion de 3 semaines,


Pas tout à fait - voir mon message plus haut.


mais on ne parle pas de la bataille de Kiev de l'encerclement et de la reduction des armées sovietiques encerclé (plus de 600.000 hommes). Les combats autour de Kiev ont durer au moins 3 semaines et la principale concequence aura été de retardé l'avancé allemande sur l'axe principale.
Kiev, c'est un exemple ... il y a tellement d'autre exemple.


Surtout, et comme le révèle Kiev, le territoire soviétique est trop vaste, ses voies de communications insuffisantes, et le réservoir humain de l'Armée rouge quasi-inépuisable.



Enfin, de juin 41 a mars 42, on parle de 1.300.000 hommes mis hors de combats (sans les malades il est precisé) dans l'armée allemandes, alors que la somme de toutes les campagnes precedentes avaient fait moins de 100.000 morts ...


C'était la fin de la guerre fraîche et joyeuse : après la fleur au fusil, la balle dans la tête et les pieds dans les glaçons. L'échec ne se traduira pas seulement par la bataille de Moscou et le million de Landser hors de combat. Il se révèle également par l'inadaptation du matériel aux intempéries, et une barbarisation des conditions de vie du troupier, fort bien mises en lumière par Omer Bartov dans L'Armée d'Hitler, Hachette Littérature, 1999 (réédité chez Pluriel en 2003).
« Choisir la victime, préparer soigneusement le coup, assouvir une vengeance implacable, puis aller dormir… Il n'y a rien de plus doux au monde » (Staline).

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Inscription: 22 Fév 2006, 14:15

Nouveau message Post Numéro: 89  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 04 Aoû 2007, 17:28

Nicolas Bernard a écrit:Absolument. François Delpla l'a très bien démontré dans Montoire, Albin-Michel, 1996.

Devinez d'ou j'avais sorti cette question...
On avait l'idée de nier l'existence de l'appel du 18 juin 1940

Une excellente source pour ce faire :
"L'appel du 18 juin1940", F. Delpla, Grasset, 2000
:arrow:


 

Nouveau message Post Numéro: 90  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 04 Aoû 2007, 17:45

Nicolas Bernard a écrit:se révèle également par l'inadaptation du matériel aux intempéries, et une barbarisation des conditions de vie du troupier, fort bien mises en lumière par Omer Bartov dans L'Armée d'Hitler, Hachette Littérature, 1999 (réédité chez Pluriel en 2003).

J'ai le "vieux" Bartov (1999), pas la reedition.
Les consignes de brutalite extreme, destinees a developer la cruaute necessaire pour que "l'Aryen" domine les "sous-hommes slaves" debarasses de la "lie juive" datent d'avant Barbarossa, non ?

Le "Kommissarbehfel", partie visible de l'iceberg, n'est qu'une bricole dans la preparation des Landser a la guerre cruelle et sanglante au maximum, via la Hitlerjugend, le matraquage de la propagande et la mise en place des Einsatzgruppen. L'agression de l'URSS etait destinee a etre barbare des le debut et meme avant.

Certes, la degradation des conditions de combat et de vie des troupes participera a cette barbarisation, l'accelerera disons, mais n'en fut pas la condition prealable.

Il fallait que cette guerre soit extremement brutale et cruelle. Au-dela de la conquete du Lebensraum, il s'agissait de refondre le peuple allemand et d'en faire de maniere definitive la "race des seigneurs". Les plaines russes auraient beneficie d'un printemps eternel que cela n'aurait pas change grand chose.


 

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