Charlie H. Jordan et Arthur E. Davis ont été pendus sur la place publique le 22 novembre 1944. Jugés par une cour martiale à Poilley, ces GI’s afro-américains, âgés respectivement de 24 et 25 ans, ont été condamnés pour le viol d’une Française sous l’empire de l’alcool, l’agression de son mari et d’un autre homme.
On attend la publication de son livre.! "L'histoire du camp Patton"https://www.ouest-france.fr/culture/his ... 0en%201944Voici ce que nous savons de manière certaine. Entre le 14 juin 1944 et le 19 juin 1945, l’armée américaine jugea 68 cas de viol ordinaire concernant 75 victimes, dont 3 (4 %) étaient des réfugiées
L’une de ces réfugiées était polonaise, tandis que les autres…. Au total, 139 soldats se trouvaient présents sur les lieux des crimes – 117 (84 %) d’entre eux étaient noirs et 22 (16 %) étaient blancs. L’armée jugea 116 de ces soldats, 94 (81 %) noirs et 22 (19 %) blancs. L’accusation utilisa certains des soldats non jugés comme témoins contre les prévenus. L’une des révélations les plus importantes concerne l’identité militaire des violeurs.
https://www.cairn.info/revue-vingtieme- ... n%20FranceUne drôle de maison à Vezin-le-Coquet Cette fois-ci l’événement se passe la nuit. Des coup violents sont donnés contre le volet de la fenêtre de la maison, côté rue, comme toujours. Toute la maisonnée est réveillée. Que se passe-t-il ? Mon père ouvre la fenêtre sans déverrouiller les contrevents. Qui est là ? Que voulez vous ? Nous entendons alors une voix qui réclame. « Madmoisel !... Madmoisel ! ... » Mon père répond qu’il n’y a pas de mademoiselle ici, il n'y a que des enfants, Partez !. Les coups sur le volet redoublent « Madmoisel !... Madmoisel ! ... ». Ma sœur aînée a vraiment peur et pleurniche. On comprend bien à l'accent, qu'il s'agit d’un soldat américain. Peut-être est-il ivre, peut-être sont-ils plusieurs. Après de longues minutes d'insistance avec échanges de propos fermes et réduits dans leur contenu, les coups cessent et le silence revient. Enfin rassurés, tous, nous nous glissons sous la couette et je m’endors.
Cet événement est pour moi une péripétie de plus. Je l’interprète comme du spectacle, j’aime quand il se passe quelque chose. Précédemment il y avait des Allemands qui occupaient cette même place devant la fenêtre. Si ces derniers se sont manifestés d’une manière beaucoup plus bruyante et pour une durée plus longue, la peur ressentie par ma sœur aînée fut moindre, en comparaison de celle qu’elle a ressentie cette nuit quand l’Américain répétait sans cesse un unique mot madmoisel. Ma sœur se sentait l’élément principal du sujet.
Le lendemain matin, grande discussion dans la grand'rue du Bourg, à hauteur du portail de chez Touffet. Se trouvent là, toutes encore impressionnées par l’événement de la nuit, mesdames Trincart, Bigot, ma mère, la mère d’Alphonse sans doute et Léa Bordier la sœur de madame Pinel. Chacune constate qu’elle n’est pas la seule à avoir eu des visiteurs nocturnes. Ces dames commentent, « Vous vous rendez compte, Ils sont passés par dessus le portail de chez Touffet… Des officiers sont venus ce matin pour enquêter, ils vont être jugés et fusillés... ». Ah! la rumeur, que ne dit-elle point.
C'est beaucoup plus tard que j’ai appris le fin mot de l'histoire. Voilà ce dont il s’agit.
Un habitant du pays qui demeure dans notre rue, fait venir de Rennes des péripatéticiennes. Il les installe dans un de ses locaux, créant ainsi, près de chez nous, une maison du genre de celle que madame Marthe Richard fit interdire et fermer après la guerre. En vérité il est faux de nommer ces dames de Rennes des péripatéticiennes, puisqu’en fait, elles ne hélaient pas le chaland vu qu’il était là et accourait en nombre, l’information se faisant de bouche à oreille. Ces messieurs connaissaient l’existence de la maison mais ne savaient pas la localiser. La lanterne rouge n’avait pas été installée vu aussi que ce commerce était clandestin. C’est en frappant à toutes les portes du voisinage que des militaires américains tentaient leur chance espérant trouver et ouvrir celle qui les mènerait vers une éphémère mais réconfortante félicité… moyennant quelques dollars bien sûr !
Source Extrait des "Chroniques Vezinoises"