Retour Annuaire des Blogs • Index du Blog de Aldebert •


Aldebert
vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Messages: 4726

Inscription: 22 Jan 2010, 19:22
Localisation: Dordogne
Région: Aquitaine
Pays: France
Blog: Voir le blog (123)
Archives
- Janvier 2025
Un écho de BOUHAMAMA - Chapitre 122
   06 Jan 2025, 17:13

+ Août 2024
+ Juin 2024
+ Décembre 2022
+ Novembre 2022
+ Février 2022
+ Décembre 2021
+ Mai 2021
+ Mars 2021
+ Août 2020
+ Décembre 2019
+ Novembre 2019
+ Septembre 2019
+ Août 2019
+ Janvier 2019
+ Septembre 2018
+ Août 2018
+ Juillet 2018
+ Mai 2018
+ Mars 2018
+ Février 2018
+ Janvier 2018
+ Décembre 2017
+ Septembre 2017
+ Juillet 2017
+ Juin 2017
+ Mai 2017
+ Avril 2017
+ Mars 2017
+ Février 2017
+ Janvier 2017
+ Novembre 2016
+ Septembre 2016
+ Juin 2016
+ Avril 2016
+ Mars 2016
+ Décembre 2015
+ Novembre 2015
+ Septembre 2015
+ Juillet 2015
+ Mai 2015
+ Avril 2015
+ Mars 2015
+ Février 2015
+ Janvier 2015
+ Décembre 2014
+ Octobre 2014
+ Septembre 2014
+ Août 2014
+ Juin 2014
+ Mai 2014
+ Avril 2014
+ Mars 2014
+ Février 2014

POUR QUI SONNE LE GLAS - ALGERIE - Chapitre 120

Lien permanentde Aldebert le 26 Juin 2024, 10:59

Le temps s'écoule mais ne contrarie pas la mémoire des souvenirs anciens. C'est avec l'aimable concours de Madame Colette GIBIER, souvent présente auprès de son mari au Bordj de la SAS de Bouhamama, que j'évoque ce témoignage.

Bouhamama - Khenchela - Département des Aurès - ALGERIE 1961/1962
Le temps nous est compté avant de faire nos valises ou de choisir le cercueil. Le cercueil, c'est la promesse faite par ceux qui allaient nous succéder, si nous ne quittions pas l'Algérie dare-dare.

Bouhamama – Le lieutenant Alain de Bougrenet de la Tocnaye, chef d'une SAS du département rend visite à mon patron le Lt Gibier. Je me souviens de son passage et de l'avoir seulement aperçu dans le Bordj. Je n'ai pas connaissance de l'objet de cette rencontre, je sais par contre qu'à l’issue de leur entretien, mon patron a eu cette réflexion «on aura des emmerdes avec ce gars là». Il n'en a pas eu mais deviendra-t-il plus tard suspect aux yeux de sa hiérarchie?

Quand on sait que: Alain de Bougrenay (il disait souhaiter entendre prononcer son patronyme avec le son ay plutôt que et) de La Tocnaye a rejoint l'OAS. Après s'être évadé de la prison de la Santé, il participe en tant que quo organisateur, à l'attentat du Petit-Clamard, contre le Général de Gaulle le 22 aout 1962.


Khenchela - Le Lt Colonel du 1er Régiment Étranger de Cavalerie, Hervé Le Barbier de Blignère, était un ami de monsieur VERGONA, administrateur de la Sous Préfecture de Khenchela et de Madame, qui étaient des amis intimes du Lieutenant GIBIER et de madame. Son hélicoptère atterrissait parfois à Bouhamama sur la DZ du Bordj, celle-ci permettait un accès rapide au bureau de commandement du 1er RA situé en contrebas de la SAS. Elle dominait le camp, elle était si pratique qu'elle permettait souvent aux hélicoptères militaires de liaison de s'y déposer.

Quand on sait que le Lt Colonel Hervé le Barbier de Blignière a été chef d'état major de l'OAS en 1960/61 en France, on pourrait sans doute penser que le Lieutenant GIBIER, outre la rencontre avec Alain de Bougrenay a, pour l'époque, de curieuses fréquentations. C'est ce que sa hiérarchie a pu aussi imaginer en lui préparant ainsi qu'a son épouse une déconvenue inattendue, qu'ils auront à subir sur le tard.

En effet, en 1962 le Lt GIBIER encore en poste en Algérie, informe son épouse qu'il viendra très prochainement la rejoindre à Châtellerault. II a bénéficié d'un congé de deux mois avant sa prise de fonction à l'ABC de Trèves - Allemagne. Trois semaines plus tard, changement de programme, il écrira qu'il quitte l'Algérie mais rejoindra directement sa nouvelle affectation à Trèves, sans passer par son domicile.

Ses fréquentations pouvant être interprétées comme suspectes, auraient elles concourues à sa mise sous surveillance au sein même de l'armée dès son arrivée en métropole?

A BouHamama, quand il eut cette réflexion à l'issue de la visite de courtoisie que lui fit son homologue des SAS Alain de Bougrenay, il a dit «on aura des emmerdes avec ce gars là» sa prédiction était fondée. En fait les emmerdes semblent avoir été pour lui très discrètes, seulement, celle de n'avoir pu rejoindre immédiatement son épouse à son retour d'AFN. Son déroulement de carrière militaire ne fut pas affecté ainsi son avancement dans le grade ne fut pas compromis.

Je garde un excellent souvenir de son invitation à déjeuner, au mess des officiers de Trèves, quand je lui est rendu visite avec deux de mes camarades en 1963. Il avait été promu capitaine.

Mon patron, aujourd'hui disparu, qui réglait sagement depuis plusieurs années, à la SAS de Djellal puis à celle de Bouhamama, de fréquentes chicayas locales, n'était pas homme à adhérer à une quelconque entreprise qui sortait de la légalité.


Epilogue

Bouhamama – Avril 1962, la SAS plie bagages. Nous nous replions sur Edgar Quinet pour le personnel civil, Aucun des Moghaznis n'a souhaité nous suivre. Nous avons vidé les lieux de tous meubles, incinéré des documents, emmené les armes. Restent quelques unes de mes découvertes du site romain bien chères à mon cœur et très appréciées de mon patron qui, depuis déjà plusieurs mois nous avait quitté, muté à la SAS de Zoui.
De grands vases, en terre cuite, trop encombrants, qui ne tiendront dans aucune de mes deux valises réglementaires lors du prochain retour en Métropole par avion. Un officier supérieur du 1er REC qui passait par là me dit être intéressé par mes chères trouvailles sachant qu'il disposait d'un conteneur pour son prochain déménagement de retour en Métropole. Je suis très heureux de les lui donner. En sa possession, elles seront maintenant en sécurité plutôt que vouées à la destruction par nos futurs locataires peu enclins à s’intéresser à l'Histoire des Roumis.

Connaissant les bouleversements aux effets imprévisibles qui se produisaient alors dans toute l'Algérie, générant des risques, le retour de Khenchela à Batna puis de Batna à Constantine et Constantine Alger, sera entrepris sans protection, à nos risques et périls. Recrutés sur place, libérés sur place. Pour le retour démerde toi, m'a t-on dit. C'est malheureusement souvent ça la France. Par contre à Marseille Marignane, au sortir de l'avion d'un compagnie aérienne libanaise, je reconnais que l'accueil, bien organisé, fut correct, ainsi la prise en charge pour faciliter la continuité de mon voyage fut rapide.

DZ Hélico SAS.jpg
DZ Hélico SAS.jpg (212.61 Ko) Vu 934 fois

Albert René GILMET

Fichiers joints
Dernière édition par Aldebert le 25 Juin 2026, 15:36, édité 2 fois.

blog.php?u=5328&b=565

https://www.wiki-rennes.fr/Cat%C3%A9gor ... C3%A0%20la


J'aurai mon paradis dans les cœurs qui se souviendront - Maurice Genevoix




1 commentaireVu 1480 fois
Commentaires

Re: POUR QUI SONNE LE GLAS - ALGERIE - Chapitre 120

Lien permanentde alfa1965 le 17 Déc 2024, 20:22

Merci pour ces témoignages, je me rappelle encore de de la Tocnaye interviewé dans une émission dont j'ai oublié le nom. Un personnage peu commode. Il serait responsable de l’arrestation de Belvisi d'après celui-ci.
Siamo 30 d'una sorte, 31 con la morte. Tutti tornano o nessuno. Gabriele d'Annunzio, Canzone del Quarnaro.
alfa1965
Administrateur
 
Messages: 11043
Inscription: 29 Déc 2008, 21:15
Localisation: De l’autre côté du pont d’Avignon
Région: Comté de Provence
Pays: France
Blog: Voir le blog (54)
<- Retour Index du Blog de Aldebert • Retour Annuaire des Blogs ->


Scroll