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La tactique de Monty en Normandie....


Le 6 juin 1944, 6 divisions d'infanterie débarquent sur 5 plages précédées par 3 divisions aéroportées.
Dès le 7 juin, c'est la bataille de Normandie qui commence et qui ne s'achèvera que le 29 aout.
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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 81  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 31 Jan 2018, 14:05

Tomcat a écrit:Le commandant de la 21. Panzer-Division, Edgar Feuchtinger, dispose de 16 000 hommes, 146 chars, 4 bataillons d’infanterie motorisée, environ 50 canons et un bataillon de canons de Flak avec 24 pièces de calibre 88 enterrées au nord de Caen..


Il convient de pondérer certaines données. :D

La 21. Panzer-Division, qui faisait partie des troupes ayant capitulé à Tunis, le 29 avril 1943, avait été entièrement reconstituée, en France (Rennes), à dater du 15 juillet 1943. Entre cette date et le 6 juin 1944, la division n'entendra pas siffler la moindre balle à ses oreilles ; en résumé, au moment du débarquement allié, elle n'avait, globalement, aucune expérience sérieuse du combat et ce ne sont pas ses quasi-douze mois de "tourisme" en France qui risquaient d'améliorer son expérience combative.
Certes, elle alignait presque 16 000 hommes, ce qui correspond, à peu près, à sa Meldung du 1er décembre 1943 - effectif théorique (Soll) : 15 846, manquants 2032, dont, à l'époque, 45 officiers et, surtout, 707 sous-officiers (!) -. Il est plus que probable que, le 6 juin, elle n'était, toujours pas, à plein effectif. Néanmoins, pour la Heer, une division qui, en juin 1944, alignait 84% de son effectif théorique, était une formation" au grand complet".
A noter que le 1er décembre 1943, elle était classée, par son Kommandeur, "Zum begrentzten angriffsausgaben geeignet", à savoir, "convient pour des attaques limitées".

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En ce qui concerne sa dotation en véhicules blindés, celle qui existait au 1er décembre 1943, était, elle aussi, très proche de celle du 6 juin 1944, autrement dit, un aimable rassemblement de rogatons français recyclés - le 1er décembre 1944, elle alignait, même, deux "Churchill" à la II./Panzer-Rgt. 100 ! - en dehors des 51 Pz.IV lang (L/48), dans la II./100. De même, elle n'alignait pas, en juin 1944, 4 bataillons d'infanterie motorisée, mais uniquement, deux, un par régiment, plus la 21. Aufklärungs-Abteilung. La "Sturmgeschutz-Abteilung 200" n'alignait, de fait, aucun StuG. III, mais, uniquement des riblons confectionnés sur des châssis français de récupération, dont aucun ne bénéficiait d'une casemate close blindée.

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De ce que j'ai cru comprendre, après les pilonnages de l'artillerie navale, les bombardements aériens et les premières attaques des troupes britanniques, dès le 7 juin, la division n'était plus bonne à grand-chose, au point qu'il faudra regarnir les rangs de son infanterie à l'aide de la 16. Lutwaffe-Feld-Division - 16. Feld-Division (L) -.

Au passage, la 711. Infanterie-Division, à l'aile droite de la 21. Panzer-Division, le 6 juin 1944, était classée "bodenstandige" (statique) et une bonne partie de son infanterie avait été regarnie d'Ost-Truppen (Turk.Batl. 781)... ce qui était, aussi, le cas de la 716. Infanterie-Division, à l'aile gauche de la 21. .

Quant à la 12.SS-Pz.Div. HJ, créée en Belgique, en juillet 1943, hormis son encadrement originaire de la LSSAH, elle était exclusivement constituée de (très) jeunes "bleus" inexpérimentés.

Dans tous les cas, la capacité allemande à ne pas exploser, dès le 6-7 juin 1944, sur le secteur de Caen, tient plus à la compétence du commandement local qu'à la valeur combative, les effectifs ou l'armement de leurs troupes. Les allemands avaient "prévu" de bloquer et contenir les tentatives de débarquements alliés sur les plages et non de se retrouver, dès le premier jour, confrontés à une offensive terrestre en règle. L'ampleur du Débarquement n'avait, probablement, pas été pris en compte, même dans les prévisions les plus pessimistes; il avait fallu un bout de temps, aux Alliés, pour se dépêtrer des plages italiennes, à Salerne, en septembre 1943, puis, ensuite, à Anzio, début 1944.

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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 82  Nouveau message de Chef Chaudart  Nouveau message 31 Jan 2018, 14:22

Merci pour vos commentaires. Cela dit, je ne pense pas que la stratégie de Monty soit totalement stupide. il aurait pu percer si... S'il n'y avait pas eu la 21ème Panzer, si Epsom avait été mené plus rondement, s'il n'y avait pas eu un Tigre à Villers-Bocage, ou si les "Rats du Désert" n'avaient pas décidé de prendre la route qui y passe sans flanquement et reconnaissance adéquats, contre les règles tactiques élémentaires, si Goodwood...

Bref, s'il avait avancé: "on va tenter de percer, mais, si ça marche pas, ça soulagera toujours au sud", on n'aurait pas eu tant de polémiques. Il s'en tiendra à son leitmotiv: "le plan se déroule comme je l'avais prévu", ce qui choque.

Politiquement, il est vrai qu'il aurait du se battre contre les Ricains, qui auraient mal vu de se voir relégués au second plan, mais il aurait pu prétexter, par exemple, leur avance trop lente dans le bocage pour justifier sa reprise de l'initiative.

Ce qui lui a nuit également, c'est l'opération Market Garden, je pense. Sans cela, la Normandie serait restée un épiphénomène: les Alliés y ont vaincu, finalement. On aurait eu quelques polémiques sur ce qui aurait du être fait, peut-être une analyse des responsabililités, mais on aurait conclu qu'il n'y avait fait que quelques erreurs, comme d'autres généraux avant et après lui. Au lieu de cela, il lance une opération totalement surréaliste, extrêmement risquée, alors que les Alliés ont, à ce moment là, tout leur temps pour assurer leur position et porter le coup fatal. Il se discrédite totalement, ce qui met en relief ses mensonges précédents.

Ajouté à l'erreur de ne pas avoir voulu fermer la poche à Falaise, c'est ce qui fait douter de sa compétence. Sans cela, il serait resté un général jugé sans génie, peut-être, mais méticuleux et prudent. Après cela...

Pour Loïc: la 21. PzDiv est loin, effectivement, d'être une division d'élite. De mémoire, elle a été reconstituée à partir de la 100. Pz.Brig "Paris", un erzatz équipé de chars de prise pour la plupart Français. Il lui en reste d'ailleurs: ceux que tu as cités, mais également des SOMUA S35, H39 ou pire... quelques Pz IVc. On y a affectés les convalescents de la précédente 21. et les rares survivants revenus d'Afrique. Cela dit, c'est quand même une division de première ligne, équipée de Pz IV récents qui contrattaquent une tête de pont encore fragile le 6 juin. Ils ne parviennent pas à renverser la situation, mais ça suffit pour stopper la course des Tommies. Et l'apport de la 2. SS PzDiv dès le lendemain au même endroit suffit à stopper leurs vélléités de ballade en vélo sur le chemin de hâlage du canal de Caen à la mer.
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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 83  Nouveau message de Eric Denis  Nouveau message 31 Jan 2018, 14:30

Bonjour,

A la veille du débarquement les moyens et armements de la 21. PzD ont bien changés...

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Cordialement
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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 84  Nouveau message de Benoît Rondeau  Nouveau message 31 Jan 2018, 14:39

Vous êtes durs avec la 21. Panzer: ses Panzer IV valent (grosso modo) les Sherman et ses StuG et automoteurs bricolés, s'ils ne valent pas un Jagdpanzer IV ou un Jagdpanther, se sont avérés redoutables. Et puis, l'unité est restée sur le front de Caen assez longtemps et a tenu face à un adversaire très puissant. On est dur aussi avec les divisions statiques: pensez à la 716. ID qui combat à un contre 10 le 6 juin, avec des points d'appuis comme "Hillmann" qui vont jouer un rôle dans l'échec devant Caen le Jour J.

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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 85  Nouveau message de Benoît Rondeau  Nouveau message 31 Jan 2018, 14:59

Caen dans les plans des deux adversaires et l'inertie britannique le Jour J

L’importance de Caen, carrefour stratégique majeur en Normandie, retient l’attention des états-majors des deux camps. La ville de Guillaume le Conquérant doit constituer le pivot de la manœuvre élaborée par le Field-Marshall Montgomery dans le cadre du plan « Overlord ». Selon le vainqueur d’El Alamein, la bataille terrestre, le « Master Plan », prévoit une manœuvre de fixation de l’ennemi dans le secteur de Caen. Les Britanniques repousseront les Allemands vers la Seine de concert avec l’armée américaine qui aura percé sur le flanc droit, après s’être emparé de Cherbourg. Le plan suppose que des colonnes blindées s’enfoncent dans les terres dès le 6 juin s’emparent de Caen, Bayeux et Evrecy le jour même du débarquement. Fixer l’ennemi ne signifie aucunement une absence de progression : la plaine située entre Caen et Falaise doit passer sous la coupe du 21st Army Group en quelques jours.
Dans leurs préparatifs pour repousser l’Invasion, les Allemands reconnaissent également l’importance cruciale de Caen. Si les Britanniques s’en emparent et parviennent à progresser au-delà, ils débouchent sur de vastes openfields favorables aux mouvements de blindés : il faudra alors craindre une percée en direction de Paris. Bien que la plupart des états-majors craignent avant tout un débarquement entre la Somme et l’Escaut, toute éventualité doit être prise en compte. La 7. Armee (Generaloberst Dollmann) et son LXXXIV. Korps (General der Artillerie Marcks) qui ont en charge la défense du secteur mettent à profit leurs maigres moyens pour assurer les approches de la ville. Certes, la majeure partie des renforts substantiels envoyés en Normandie au printemps 1944 est déployée dans le Cotentin, puisqu’Hitler redoute une opération contre Cherbourg, port majeur qu’il estime vulnérable entre tous. Toutefois, Rommel a le bon sens de diriger une unité puissante dans le secteur de Caen : la 21. Panzer-Division, réserve du Heeresgruppe B mais dont l’engagement est toutefois contrôlé par l’OKW. Un peu plus à l’Est, la 12. SS-Panzer-Division « Hitlerjugend » est en mesure d’intervenir rapidement vers Caen, de même que la puissante Panzer-Lehr, cantonnée autour du Mans.

La bataille des plages se déroule sans difficulté majeure dans le secteur de « Sword Beach », dévolu à une 3rd Infantry Division renforcée, à qui échoie la tâche cruciale de s’emparer de Caen. Las, les Alliés n’ont pas été en mesure de capitaliser leur formidable puissance aérienne et navale car, la victoire acquise sur le rivage, épuisés par la tension liée au débarquement et à plusieurs longues journées d’attente dans des navires surchargés, les « Tommies » ne peuvent livrer l’ultime effort. Pis, la congestion qui s’empare des plages alors que la marée monte constitue un des facteurs déterminants expliquant la faiblesse des effectifs lancés sur Caen alors que 29 000 hommes vont débarquer sur « Sword Beach » le D-Day. Il manque un commandement énergique, prompt à mettre à profit la faiblesse de l’adversaire et conscient des impératifs de sa mission : trop de moyens sont accordés à la sécurisation des plages et de la tête de pont.
L’échec subi devant Caen est à mettre avant tout au crédit des défenseurs de l'Atlantikwall. Combattant farouchement avec l’espoir du renfort salvateur des divisions de Panzer de réserve, la 716. ID accomplit son devoir. La remarquable défense menée par les soldats tenant le WN 17 -le site « Hillman » pour les Alliés- , PC de l'Oberst Ludwig Krug, le commandant du Grenadier-Regiment 736, tient ici un rôle essentiel. Culminant à une quarantaine de mètres d'altitude, la position fortifiée, qui jouit d'un panorama exceptionnel, aurait dû être neutralisée à 13 heures par le 1st Suffolk mais les Allemands s’accrochent. A 15 heures, les MG fauchent 160 hommes du 1st Norfolk, qui évolue imprudemment dans les champs à l'ouest de la position. Ce n'est finalement qu'à 22 heures, assaillis par des tanks, que les défenseurs allemands opèrent leur reddition. Il est alors trop tard pour s’emparer de Caen.
Les attaques lancées par la 21. Panzer-Division contre la tête de pont aéroportée de la 6th Airborne ont par ailleurs obligé le Ist Corps de Crocker à envoyer une brigade en soutien, de même que des tanks, en sus des Commandos. La contre-attaque du Kampfgruppe Luck contre les « Red Devils » échoue certes, mais elle a donc une incidence majeure sur les événements. Il ne reste désormais que trop peu d’unités pour poursuivre la progression vers Caen.
Le quatrième élément décisif en faveur des Allemands tient au déploiement d’éléments de la 21. Panzer-Division du General Feuchtinger au nord de Caen, à commencer par ses puissants antichars Pak 43 ainsi que des Panzergrenadiere. 17 Canons automoteurs de la Sturmgeschütze-Abteilung 200 du Major Becker sont également en lice près d’Epron. Une fenêtre d’opportunité s’ouvre pourtant pour les Anglais jusqu’en début d’après-midi : le front n'est tenu que par quelques faibles éléments, d'autant plus qu'une partie de la 21. Panzer-Division est engagée contre les parachutistes britanniques tandis qu'une partie de ses moyens antichars affronte les Canadiens. Les Allemands parviennent pourtant à s’assurer de la crête de Périers-sur-le-Dan et du bois de Lébisey. En effet, plutôt que de lancer les fantassins du 1st South Lancashire et les Sherman du 13/18th Hussars dans une attaque déterminée, le Brigadier Cass, le commandant de la 8th Brigade, préfère temporiser et attendre les renforts de la 185th Brigade. Quand ces derniers arrivent avec de nouveaux blindés, il est trop tard : les Allemands sont passés à l’action.

Le cinquième facteur ayant scellé l’échec de Montgomery devant Caen est la contre-attaque lancée par la 21. Panzer-Division, unité décriée à tort pour sa prétendue manque de puissance. En milieu de matinée, la situation est préoccupante pour le camp allemand : la 716. ID a été sérieusement malmenée et il n'y a plus de réserves tandis que les Panzer s'ébranlent enfin pour affronter les aéroportés. Il est alors 10h15. Le débarquement sur « Sword » étant désormais jugé plus préoccupant, un contre-ordre deMarcks stoppe la manœuvre et ordonne à la 21. Panzer-Division d’effectuer un volte-face (le Kampfgruppe Luck reste déployé face aux paras britanniques). Les Panzer et les Panzergrenadiere doivent traverser l'Orne à Colombelles et à Caen. L'Oberst von Bronikowski, commandant du Panzer-Regiment 22, ne parvient au pont de Vaucelles qu’à 11h45. Dans ces conditions, ce n'est pas avant 15 heures que la contre-attaque pourra débuter. Trop tard : l’espoir que Rommel a mis en ses divisions blindées avant le débarquement exigeait que le commandement allemand ne fasse pas montre de la même indécision que son homologue britannique. Pendant ce temps, Rundstedt a enfin obtenu de l’OKW le déblocage de la 12. SS Panzer-Division, de la Panzer Lehr ainsi que du I. SS Panzerkorps, mais ces formations ne seront évidemment pas en mesure d’intervenir aux côtés de la 21. Panzer qui attaque donc seule. Entre-temps, la tête de pont s’est renforcée tandis que les appareils de reconnaissance alliés observent les préparatifs de la 21. Panzer-Division.
Les Kampfgruppen von Oppeln et Rauch se lancent à l’assaut. « Si vous ne réussissez pas à rejeter les Anglais à la mer, je crois bien que nous aurons perdu la guerre » déclare Marcks à Oppeln-Bronikowski depuis les hauteurs de Périers-sur-le-Dan, d’où il observe en personne l'armada de l'Invasion et le développement des opérations. Il est 16h20. Les premiers engins ont déjà été touchés par des Jabos. Déployés dans la plaine, les Panzer offrent des cibles idéales au mur antichar édifié par les Britanniques. Emergeant de Lébisey, les Panzer IV sont pris à partie et les pertes montent vite. Le Kampfgruppe Oppeln atteint Douvres-la-Délivrande, où les défenseurs de la station radar s’accrochent à leurs positions (les soldats du Luftnachrichten Regiment 53 résisteront jusqu’au 17 juin), et, à 20 heures, 6 Panzer et une poignée de Panzergrenadiere parviennent sur la côte, à Luc-sur-Mer. Est-ce un succès ? Caen reste interdite aux Alliés mais l'ennemi n'a pas été repoussé à la mer et, craignant d'être pris à revers, les éléments les plus avancés de la 21. Panzer-Division rebroussent chemin. Le bilan est tout aussi mitigé dans l’autre camp : la 3rd ID a réussi le débarquement. La division termine le « Jour le Plus Long » avec 600 pertes seulement, ce qui renforce l’idée que l’effort suprême n’a pas été consenti : les Britanniques n’ont pas poursuivi leur avantage et Caen n’a pas été conquis.

Et le 7 juin, l’échec des Canadiens et des Britanniques devant Caen est consommé
La pugnacité des soldats de Rommel qui se sont battus avec courage et détermination dans leurs bunkers ont eu raison des plans de Montgomery. Comme sur « Sword », congestion des plages et manque d’allant ont fait le reste…

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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 86  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 31 Jan 2018, 15:06

::Merci:: , Eric. ::super:: ... Je suis quelque peu pauvre en Kriegsgliederungen & Meldungen 'juin-juillet" 1944. :?

En fait, non, elle n'avait pas tellement changé, entre décembre 1943 et fin mai 1944, sauf en ce qui concerne sa dotation en Pz. IV lang - dont, au passage, 98 sur 139 sont déclarés opérationnels, le 5 juin 1944 -. Par contre, le renforcement en matériel, de son Panzer-Regiment, ne modifie pas, pour autant, sa valeur combative "réelle", l'unité, pour l'essentiel de son personnel, n'étant jamais montée au "casse-pipe" depuis sa reconstitution, près d'un an plus tôt. Le 6 juin 1944, c'était l'unique division blindée allemande face aux troupes alliées

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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 87  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 31 Jan 2018, 15:22

Benoît Rondeau a écrit:Vous êtes durs avec la 21. Panzer: ses Panzer IV valent (grosso modo) les Sherman et ses StuG et automoteurs bricolés, s'ils ne valent pas un Jagdpanzer IV ou un Jagdpanther, se sont avérés redoutables. Et puis, l'unité est restée sur le front de Caen assez longtemps et a tenu face à un adversaire très puissant. On est dur aussi avec les divisions statiques: pensez à la 716. ID qui combat à un contre 10 le 6 juin, avec des points d'appuis comme "Hillmann" qui vont jouer un rôle dans l'échec devant Caen le Jour J.


Je n'ai jamais dit le contraire. ;) Mais il n'empêche que la 21. Pz.Div. était un superbe "bricolage à l'allemande" et que les deux divisions d'infanterie, sur ses ailes, elles, étaient classées "statiques". :D
En plus, le 5 juin (cf. carte, à cette date), la 21 Panzer était sensée couvrir un grand triangle qui allait de la côte (Luc), au nord, à Flers & Argentan, au sud.

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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 88  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 31 Jan 2018, 15:28

Chef Chaudart a écrit:Merci pour vos commentaires. Cela dit, je ne pense pas que la stratégie de Monty soit totalement stupide.


C'est indéniable. Je rappellerai que beaucoup doit lui être rendu quant au succès du débarquement. Lui qui a su tirer les leçons de la Sicile et de Salerne.

Chef Chaudart a écrit:Bref, s'il avait avancé: "on va tenter de percer, mais, si ça marche pas, ça soulagera toujours au sud", on n'aurait pas eu tant de polémiques. Il s'en tiendra à son leitmotiv: "le plan se déroule comme je l'avais prévu", ce qui choque.

Politiquement, il est vrai qu'il aurait du se battre contre les Ricains, ...


Oui ça choque et ça choque considérablement CHURCHILL et l'opinion britannique qui ne comprend pas.

Politiquement, TEDDER et CONNINGHAM voient là l'occasion rêver de faire dégommer MONTGOMERY qu'ils détestent suprêmement. Monty doit plus s'en méfier que de BRADLY, PATTON où Ike qui ne peuvent l'atteindre sauf dans son orgueil. Une véritable rivalité de fonctionnaires où chacun ouvre son parapluie. Il ne peut donc absolument pas perdre la face. Il n'y a pas que l'orgueil qui est en jeu. Il y a aussi le leadership interne à l'armée anglaise.

Chef Chaudart a écrit:Ce qui lui a nuit également, c'est l'opération Market Garden, je pense. Sans cela, la Normandie serait restée un épiphénomène: les Alliés y ont vaincu, finalement. On aurait eu quelques polémiques sur ce qui aurait du être fait, peut-être une analyse des responsabililités, mais on aurait conclu qu'il n'y avait fait que quelques erreurs, comme d'autres généraux avant et après lui. Au lieu de cela, il lance une opération totalement surréaliste, extrêmement risquée, alors que les Alliés ont, à ce moment là, tout leur temps pour assurer leur position et porter le coup fatal. Il se discrédite totalement, ce qui met en relief ses mensonges précédents.

Ajouté à l'erreur de ne pas avoir voulu fermer la poche à Falaise, c'est ce qui fait douter de sa compétence. Sans cela, il serait resté un général jugé sans génie, peut-être, mais méticuleux et prudent. Après cela...


La bataille de Normandie est un succès indéniable ! Le masterplan prévoyait de border la Seine à J+90 ; à cette date la 1st Army borde les frontières du Reich et Anvers est aux mains des Alliés.

Mais oui, Monty en rajoute. Il veut récupérer le commandement de toutes les forces terrestres dont il estime EISENHOWER complètement indigne. Dès lors il s'oppose à la stratégie du front large de l'Américain et fait passer sa stratégie du front étroit pour s'emparer de la Rhur à l'automne... et se ramasse complètement avec Market-Garden. Dont acte. Le maréchal joue et perd.

Après il retrouvera un peu de gloire avec son rôle de pompier dans la bataille des Ardennes puis se grillera définitivement avec Ike en lui adressant une lettre calomnieuse destinée à récupérer à toute fin le rôle de commandant en chhef...

Pitiful !
« Les gens pensaient que je portais mes grenades telles une posture d’acteur. Ce n’était pas correct. Elles étaient purement utilitaires. Plus d’une fois en Europe et Corée, des hommes en difficulté trouvèrent le salut à coups de grenades »

General Matthew B. RIDGWAY, XVIII US Airborne Corps Commander, Ardennes 1944

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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 89  Nouveau message de Eric Denis  Nouveau message 31 Jan 2018, 17:45

Bonsoir Loïc

Loïc Charpentier a écrit:En fait, non, elle n'avait pas tellement changé, entre décembre 1943 et fin mai 1944


Je ne sais pas ce qu'il te faut, les chiffres parlent d'eux même, et à tous les niveaux ou presque. Quant à sa valeur combative, elle est sans doute critiquable, mais la 21. PzD arrivera quand même à portée de canon des plages avant d'être contrainte à reculer par un bombardement en règle de l'artillerie de marine alliée.
Cordialement
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Re: La tactique de Monty en Normandie....

Nouveau message Post Numéro: 90  Nouveau message de Benoît Rondeau  Nouveau message 31 Jan 2018, 20:46

Superbes cartes au fait. Merci!

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