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Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Tout ce qui concerne la libération de l'Europe et qui n'est pas développé au sein des sections ci-dessus.
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Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 19 Mai 2010, 11:27

Dans une critique d’un ouvrage paru il y peu « Avec le temps » de Michel Treguer, Hilarion fait part de son étonnement à propos d’un passage où l’auteur aborde un épisode tragique de la libération dans le Finistère : « Même horreur à Gouesnou où un coup de feu prématuré est parti du clocher : quarante-deux innocents dont vingt-sept femmes et enfants sont saisis dans un car sortant de Brest et abattus sur le champ. » L’auteur ajoute, à propos d'une inscription « neuf inconnus » figurant sur le monument : « Neuf malheureux qui devaient rentrer chez eux dans les environs, qui n’y sont jamais parvenus, mais dont personne n’a imaginé la fin ni réclamé les corps ! »
L’auteur ne citant pas ses sources, force est de constater que sa version des faits n’est pas exactement la même que ce rapport rédigé à la suite d’une enquête du SRPJ sur les crimes de guerre, daté du 28/10/1948 :
« Depuis le 1er août 1944, 8 parachutistes français récemment parachutés stationnaient à Bourg-Blanc à 2km de Gouesnou. Au courant de l’été, était installé un poste d’observation allemand dans le clocher de l’église. Le 7 août, vers 15h, alors que les alliés approchaient, les paras vinrent trouver le maire pour lui dire qu’ils avaient reçu l’ordre d’attaquer le poste d’observation qui gênait les mouvements de troupe alliés. A ce moment, les Allemands avaient abandonné le village de Gouesnou. Seuls restaient en place ceux du poste d’observation. Sans laisser au maire le temps de réfléchir aux conséquences pouvant résulter sur la population, les paras ouvrirent le feu en direction du clocher avec leurs fusils. Comme il fallait s’y attendre, leur fusillade fut vaine, car les 3 ou 4 allemands, bien abrités ne risquaient pas d’être atteints. Les paras décident alors de déloger les Allemands en les attaquant de l’intérieur de l’église. Les occupants se défendent à coups de grenades. Au cours de l’opération, un para est tué. Tout ceci n’a duré qu’un quart d’heure environ. Bientôt alertés par les Allemands assaillis, des renforts arrivent de toutes les directions par camions. Avant d’attaquer les paras français avaient négligé de couper les fils téléphoniques ! Ecrasés par le nombre les paras durent battre en retraite. Rendus furieux, les Allemands se livrent alors à des représailles sur la population. Ils fouillèrent presque toutes les maisons du bourg. Hommes femmes et enfants sont regroupés sous le porche de l’église à l’entrée du cimetière. Vers 16 heures, lorsque la fouille fut terminée les femmes et les enfants sont laissés sur place. Les hommes sont conduits bras levés vers le village de Penguerec par une dizaine de soldats allemands seulement pour toute escorte. En passant au lieu-dit « Le moulin neuf », le groupe s’arrêta sur ordre des allemands et ceux-ci prirent en charge sept autres civils français qui y avaient été conduits par d’autres allemands. Des passants réfugiés de Brest croit-on, avaient grossi le convoi en cours de route. Vers 18 h une violente fusillade éclata. Le son venait de la direction de Penguerec. Ce n’est que vers 20 h que les civils français purent se rendre sur les lieux. Ils constatèrent que dans la cour de la ferme Phelep, près du tas de fumier gisaient une quarantaine de cadavres affreusement mutilés. D’autre part, pendant que certains militaires allemands procédaient à des arrestations au bourg de Gouesnou, d’autres arrivant en direction de Lambézellec se livraient à un véritable carnage au village de Penguerec attaquant les habitants à coups de grenades et de rafales de mitraillettes. Les époux Philep périrent ainsi que leur fils pierre et leur fille francine. Le feu était mis à la ferme. Ainsi qu’à celle de M. Simon. Tandis que se déroulait ce carnage, deux soldats allemands faisant preuve d’humanité survinrent et s’opposèrent aux gestes meurtriers de leurs camarades. Ils profitèrent de la nuit pour transporter les blessés en lieu sûr. Il est établi que les militaires qui se rendirent coupables du massacre de Penguerec appartenaient à l’Infanterie de Marine : uniforme vert avec écusson portant une ancre de marine de couleur jaune. Ces tragiques événements se traduisent par l’exécution de 37 civils français, dont 7 inconnus. »

Voici également, le témoignage du maire, Yves Lamour, 69 ans : « Resté seul au milieu de la place de Gouesnou et pressentant qu’un malheur allait arriver je priais mes concitoyens restés à leur fenêtre par curiosité de se retirer et de fermer leurs portes, tandis que moi-même je m’abritais dans une maison voisine (…) Il n’y eut aucun témoin oculaire de l’exécution. Je sais cependant que des militaires du poste de projecteur de Penguerec y ont participé car je les ai vu en action. Ceux de la batterie de « Roch Glaz » s’y trouvaient aussi. Le responsable serait un lieutenant Muller qui avait autorité sur toutes les formations du secteur de Gouesnou. »

Autre témoignage, celui de Marie-Anne Le Ven, en religion sœur Paule, 46 ans, infirmière : « Arrivée à Penguerec j’ai constaté qu’un grand nombre de cadavres humains gisaient dans la cour des époux Philep à proximité du fumier. Les cadavres étaient encore chaux et ils étaient entassés pèle mêle. Ils constituaient un tas d’un mètre de hauteur environ. Je me suis assurée qu’il n’y avait pas de blessés parmi les victimes, pour ce faire j’ai du déplacer les corps. Toutes étaient mortes et portaient d’affreuses blessures, certaines étaient même décapitées, d’autres avaient les membres branlants qui ne tenaient plus que par leurs vêtements, bref en général les cadavres portaient des blessures qui témoignaient que les Allemands s’étaient acharnés sur leurs victimes. A mon avis ces blessures avaient été occasionnées par des grenades (…) Le lendemain j’ai essayé de rejoindre mes blessés mais cela me fut impossible car malgré ma tenue de religieuse et le brassard de la Croix-Rouge que je portais au bras, j’ai essuyé des coups de feu. Dans ces conditions j’ai du renoncer à ma tâche. Ceci explique l’état de fièvre dans lequel se trouvait Gouesnou à cette époque. »

Yvette Philep, 19 ans, institutrice à Guipavas : « Le 7 août vers 16 h je me trouvais avec mes parents à proximité d’un abri situé à coté de notre ferme au lieu-dit Penguerec en Gouesnou lorsque des militaires allemands que je ne connaissais pas s’approchèrent de nous et lancèrent des grenades au hasard sur notre maison et les divers bâtiments de la ferme. Mon père, ma mère, mon frère et l’une de mes sœurs qui se trouvaient à mes cotés furent atteints par les éclats et blessés grièvement puisqu’ils ne devaient pas survivre à leurs blessures. Moins atteint cependant, mon père réussit à s’enfuir à travers champs. Un sergent allemand le rejoignit bientôt et l’abattit à l’aide d’une grenade. Constatant que cette fois mon père était bien mort, ce militaire lui mit une grenade dans la poche. J’ignore pour quelle raison tous les Allemands qui se rendirent coupables de ces faits étaient complètement furieux. »

Charles Kerboul 48 ans, ouvrier à l’arsenal de Brest, est alors réfugié à Penguerec chez son beau-frère de la ferme Simon : « Un camion rempli de soldats allemands venant de Lambézellec. Arrivé à la hauteur de la ferme de Philep le camion a stoppé et les soldats en sont descendus. Quelques instants plus tard ils ont tué un sujet algérien qui était prisonnier depuis le matin et laissé là. Ces soldats mirent ensuite le feu. Mes deux filles se trouvaient chez M. Philep. Les Allemands se mirent à lancer des grenades sur la ferme. Ma fille Marie fut tuée sur le coup tandis que la petite Yvette âgée de 12 ans était gravement blessée. Elle put néanmoins malgré ses souffrances se traîner jusqu’à l’endroit ou je me trouvais. Je la pris aussitôt dans mes bras pour la transporter jusqu’à la maison mais un allemand en arme m’ordonna d’abandonner ma fille sur le champ. Malgré ses menaces je n’ai pas exécuté ses ordres et ai continué mon chemin. D’autres soldats se trouvaient à proximité et pendant que cette scène se déroulait, l’un d’eux se détacha du groupe en intervenant en ma faveur. Il me donna des pansements et m’aida a prodiguer les premiers soins à ma fille. Un peu plus tard, sur ordre des allemands, j’étais contraint de me rendre avec ma famille et deux des enfants Philep dans un champ à proximité. Il nous fut donné l’ordre de nous allonger tous à terre le long d’un talus et de rester dans cette position jusqu’à 20 h. Durant notre présence dans ce champ, vers 16 ou 18 h me semble-t-il, nous avons entendus le bruit des rafales de mitraillettes. Nous n’avons pu voir ce qui se passait. En quittant le champ vers 20 h nous avons constaté avec effroi qu’un monceau de cadavres se trouvait en bordure de la route de la ferme Philep. »

Autre rapport, rédigé cette fois par le secrétaire de marie de Gouesnou en 1944 : « A 9h30 le 7 août une auto de la Croix-Rouge française annonce l’arrivée des Américains qui seraient déjà à 2km au delà de Plabennec. Tous les gens de Gouesnou s’apprêtent à pavoiser. Philippe Fredour, notre chef de groupe qui était en rapport avec une section de parachutistes français (8 hommes) arrivés la veille prévient cette section que 5 allemands ont établi un poste d’observation dans le clocher. A 13h30 le lieutenant décide de supprimer le poste d’observation. Les Allemands amènent du renfort. Les paras se replient et attaquent un convoi allemand de charrettes contenant une vingtaine de soldats africains qui passaient sous escorte allemande. Un mort allemand laissé sur le terrain. Vers 14h30, après cette attaque tous les civils passant à Vourch-Coz en Gouesnou sont arrêtés par les Allemands par mesure de protection. Entre temps les soldats africains libérés du convoi allemand emportant des armes, se dirigent sur Brest par la ligne de chemin de fer. Ces soldats passent sûrement Penguerec vers les 15 h et sont ensuite faits prisonniers à nouveau à Kergroas en Gouesnou. Ces soldats ont-ils tiré en passant à Penguerec ? Se sont-ils accrochés aux allemands du projecteur en passant à Penguerec ? Tout laisse à supposer qu’il y a eu des tirs. Ces allemands étaient très énervés. Croyant avoir été victimes de « terroristes » et ne comprenant rien, ces boches sans nom, se ruent sur la ferme Philep. »

Il s’agit là d’un résumé de ces tragiques événements, l’enquête est assez volumineuse. Aux victimes, dont le nombre varie, mais c’est normal à ce moment, il faut ajouter une femme violée, deux fermes incendiées plus cinq maisons du bourg de Gouesnou.


 

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 19 Mai 2010, 17:32

Merci Kristian pour cette remise à jour de l'histoire. Force est de constater que monsieur Treguer ne maitrise que peut cette tragédie mais qu'il revisite l'histoire à sa façon pour quelqu'un qui méprise les historiens drôle de manière d'écrire l'histoire.

L'équipe de SAS qui va procéder à l'attaque appartient au groupe du sous lieutenant Gourko et est composé des SAS Chetcuti, Bastard, Camy, Fouillet,Pauli, Rotestein et Roger
Les deux derniers SAS Rotestein et Roger vont tomber sous les balles allemandes un monument rappelle leur sacrifice Par ailleurs la situation de Gouesnou va rester très sensible puisque les occupant incendient l'église et l'école publique de filles dans la nuit du 12 au 13 août. Quelques jours plus tard il ss'en prendront à des maisons du bourg.
Le 19 août alors que la bataille fait rage les corps des fusillés de Penguerec sont enterrés par Michel Gélébart et deux de ses employés. . Le 20 août un autre drame est en train de se jouer puisque les allemands vont prendre en otage 50 gouesnousiens revenus dans le village pour récupérer du linge. Elles sont enfermées dans deux granges au Lantel et doivent être fusillées à la tombée du jour. Elle ne doivent leur survie qu'à l'evasion d'un des prisonnier un feu d'artillerie et une attaque rondement menée.

Kristian evoque deux soldats allemands qui ont fait preuve d'humanité il s'agit des soldat Hans Wilhem et Georg Steinbruber qui vont sauver une partie de la famille Luslac en les transportant vers la ferme de Kerinanouen.
On attribue le massacre de Gouesnou au lieutenant Muller
Ceci dit les membres de la maison du patrimoine de Gouesnou sont particulièrement outré de cet affaire.


 

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 21 Mai 2010, 02:07

Cher Hilarion,
J'ai quand même un problème à propos de ce drame de Gouesnou. Il y a en effet deux versions sur ce qui s'est passé avant l'affaire de l'attaque du clocher de l'église.

Selon un rapport du 5/10/44, les Allemands prennent prétexte de l’attaque d’un projecteur effectué la veille par les FFI pour effectuer leurs représailles.

Selon un autre rapport de l'inspecteur Salaün, Brest le 13/4/45 : " Le 7 aout 44 le poste de projecteur allemand de Penguerec fut attaqué par des soldats africains parachutés dans la région. Un militaire du poste fut tué. Les Allemands prétendirent que le poste avait été attaqué par des civils et demandèrent des renforts à Brest. Un camion amena des soldats qui reçurent pour mission de rassembler de nombreux habitants sur la place du bourg comme otages. Ordre fut donné d’emmener 38 personnes au village de Penguerec où elles furent fusillées." Par "soldats africains" je pense qu'il s'agit des Algériens. Dans un autre témoignage, il est même question de "Nègres" !
Cette histoire d'Algériens se retrouve dans le témoignage du Médecin Principal Lafferre de Brest :
"Le lundi 7 août, les Allemands ont exercé sur la population civile de terribles représailles à la suite de l’attaque par une bande principalement composée d’Algériens, d’un poste de projecteur."
Effectivement, on retrouve trace d'un algérien dans le témoignage de la jeune Yvette Phelep :
"Dans l’après-midi de ce jour, avant de tuer mes parents, les Allemands avaient arrêté un Algérien qui se sauvait à travers champs et l’ont laissé en garde à mon père. Il a été tué avant mes parents, dès l’arrivée des allemands qui ont commis ces atrocités."
Avez-vous des précisions sur cette affaire ?


 

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 21 Mai 2010, 05:34

La notion de soldats africains parachutés me parait un peu abstraite.
Mais il est fait état dans plusieurs documents de la libération de soldats nord africains qui sont libérés il est précisé que cinq de ces nord africains vont attaquer le jour même un poste de projecteur au sud de Gouesnou
Par contre sur l'hisoire du clocher j'ai une version légèrement différente sur la ligne téléphonique " Huit parachutistes français,largués quelques jours plus tôt du côté du Drennec et arrivés à Gouesnou, parviennent à les isoler en sectionnant les fils téléphoniques les reliant au bourg" source la bataille de Brest (doc transmis par la maison du patrimoine)
Je vais creuser de mon cote en juin lors de l'ouverture de la maison du patrimoine


 

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de hilarion  Nouveau message 21 Mai 2010, 19:45

Pour info Michel Treguer sera vendredi prochain à la médiathèque Angéla Duval de plougastel Daoulas pour y animer une causerie


 

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de juliodelbrest  Nouveau message 06 Juin 2010, 05:49

hilarion a écrit:Merci Kristian pour cette remise à jour de l'histoire. Force est de constater que monsieur Treguer ne maitrise que peut cette tragédie mais qu'il revisite l'histoire à sa façon pour quelqu'un qui méprise les historiens drôle de manière d'écrire l'histoire.

L'équipe de SAS qui va procéder à l'attaque appartient au groupe du sous lieutenant Gourko et est composé des SAS Chetcuti, Bastard, Camy, Fouillet,Pauli, Rotestein et Roger
Les deux derniers SAS Rotestein et Roger vont tomber sous les balles allemandes un monument rappelle leur sacrifice Par ailleurs la situation de Gouesnou va rester très sensible puisque les occupant incendient l'église et l'école publique de filles dans la nuit du 12 au 13 août. Quelques jours plus tard il ss'en prendront à des maisons du bourg.
Le 19 août alors que la bataille fait rage les corps des fusillés de Penguerec sont enterrés par Michel Gélébart et deux de ses employés. . Le 20 août un autre drame est en train de se jouer puisque les allemands vont prendre en otage 50 gouesnousiens revenus dans le village pour récupérer du linge. Elles sont enfermées dans deux granges au Lantel et doivent être fusillées à la tombée du jour. Elle ne doivent leur survie qu'à l'evasion d'un des prisonnier un feu d'artillerie et une attaque rondement menée.

Kristian evoque deux soldats allemands qui ont fait preuve d'humanité il s'agit des soldat Hans Wilhem et Georg Steinbruber qui vont sauver une partie de la famille Luslac en les transportant vers la ferme de Kerinanouen.
On attribue le massacre de Gouesnou au lieutenant Muller
Ceci dit les membres de la maison du patrimoine de Gouesnou sont particulièrement outré de cet affaire.


Je connais aussi cette affaire étant proche de Gouesnou et j'ai toujours entendu parler du Lieutenant Muller qui n'a d'ailleur jamais été retrouvé après guerre pour un eventuel jugement...


 

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de PORTIER David  Nouveau message 09 Juil 2010, 20:39

Bonsoir Kristian,

Je souhaite réagir à ce post.
Effectivement, d'après le témoignage de SAS du stick Gourko, ils étaient effectivement en opération à proximité et installé la journée près d'une ferme. Les hommes partaient la nuit monter des embuscades.
Voici ce que j'écris dans mon livre, sur la base du témoignage de Pierre Chetcuti:
"De retour de patrouille le 7 août vers 8 heures, les SAS voient arriver à la ferme le maire de Gouesnou et un responsable FFI qui demandent l’intervention des parachutistes pour libérer le village. Ils annoncent également que les Américains se trouvent à deux kilomètres au sud-ouest de Plabennec et progressent rapidement. En plein jour, il est trop risqué de s’aventurer et le sous-lieutenant Gourko refuse de bouger trop tôt. Quelques heures plus tard, le responsable FFI local revient à la charge et demande aux parachutistes d’intervenir pour attaquer un groupe d’Allemands qui a installé un poste d’observation dans le clocher de l’église. Cette fois, Gourko fini par céder et en début d’après-midi, les parachutistes entrent dans Gouesnou. Les habitants sont enthousiastes et commencent à fêter leur libération. Malheureusement, l’attaque échoue : l’effet de surprise ne joue pas et des tireurs retranchés dans le clocher prennent à partie les parachutistes."

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"Le but fut atteint, la victoire remportée, maintenant que la bassesse déferle ! Eux regardent le ciel sans pâlir et la terre sans rougir. »
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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Kristian Hamon  Nouveau message 09 Juil 2010, 21:42

Cher David,
Merci pour toutes ces précisions. Il me semble qu'avec tout cela, nos amis de Gouesnou connaissent désormais l'essentiel des événements de cette tragique journée.
Bien à vous.


 

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de PORTIER David  Nouveau message 18 Jan 2012, 21:05

Une précision également en ce qui concerne le terme d"Africains" ou "d'Algériens".
Le stick Gourko du 3e SAS était en parti constitué d'hommes originaires d'Afrique-du-Nord comme Pierre Chetcuti, né en Tunisie.

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Re: Gouesnou : crimes de guerre du 7 août 1944.

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Priol  Nouveau message 05 Aoû 2015, 14:10

J'ai reçu le témoignage d'une jeune fille, Thérèse, qui habitait à l'époque sur la route de l'Aéroport, au lieu dit Keralenoc. Sa maison jouxtait la route. Le 7 Août elle part chercher de l'eau avec son broc. Il y avait le café Mouden à côté et des civils et allemands y sont et se rafraîchissent. Les allemands expliquent qu'ils sont bloqués et ne peuvent pas partir. Ils repartent ensuite à leurs positions (laquelle ?). La circulation sur la route est anormale, il y a beaucoup de passage. Un voisin avait creusé une tranchée, lui et sa famille s'y abritent ainsi que la mère et les sœurs de Thérèse. Quand Thérèse veut les rejoindre, des allemands déboulent (en moto sans s'arrêter) et l'un d'eux jette une grenade contre la façade de maison. Thérèse reste cachée dans la maison car elle ne peut sortir, elle se cache entre le sommier et le matelas. Par chance la grenade ricoche un peu plus loin et ne fait pas de dommage important.

Plus tard, une dame vient et dit que le Maire a dit de partir. Elle criait. Les quatre filles de la famille partent de la maison direction Plabénnec.

Un cousin Le Guen à la mère de thérèse est tué (fusillé) par les allemands à Penguerec. le fils du cousin est menacé aussi mais les civils du bourg supplient de le laisser en vie.

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