Première bataille aéronavale de porte-avions
4-8 mai 1942
La bataille de la Mer de Corail
2ème partie
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La flotte japonaise qui avait mis le cap sur Tulagi et l’île voisine de Gavutu, dans les Salomon, réussit à débarquer sans opposition le 3 mai. Le lendemain, le contre-amiral Fletcher commandant du groupe du Yorktown, riposta en envoyant des chasseurs, des chasseurs-torpilleurs et des bombardiers en piqué pour attaquer les Japonais. Il faut ici noter que les forces terrestres japonaises n'avaient pas reçu, comme il était prévu, un groupe de chasseurs Mitsubishi Zero en raison des mauvaises conditions météorologiques. L’absence de protection aérienne s’avéra déterminante. Le destroyer Kikuzuki, ne disposait que de très faibles moyens de défense antiaérienne. Il fut si gravement endommagé lors de l’attaque que son capitaine fut contraint d’échouer le navire. Plusieurs autres navires de soutien furent coulés. Trois dragueurs de mines et quatre barges de débarquement ainsi que cinq hydravions japonais ont été également détruits. Pendant ce temps, en haute mer, les conditions météorologiques ont empêcher les deux camps de se localiser mutuellement et ce, jusqu'au 5 mai.

Le lendemain, les trois formations alliées de l’amiral Fletcher se regroupèrent. L’amiral Nimitz avait donné à Fletcher des ordres clairs pour l’affrontement à venir. Il s’agissait essentiellement de freiner la poursuite de l’avancée de l’ennemi dans la zone de Nouvelle-Guinée-Îles Salomon, en saisissant les occasions propices pour détruire navires et aéronefs.
La flotte américaine se dirigea alors vers la flotte japonaise qui était en route vers Port Moresby. Le 7 mai, l'amiral australien John Crace quitta la formation avec son groupe pour attaquer les navires de transport de troupes pendant que Fletcher mettait le cap au nord pour affronter les P/A japonais.
Ce fut la première fois dans l’histoire navale que des porte-avions s’affrontaient directement au combat. Ce fut également la première bataille où les protagonistes opéraient sans se voir réellement, puisque les combats opposaient l’aviation aux navires et non pas les bâtiments entre eux.
Une observation visuelle aurait pu s’avérer utile parce que précédemment, des renseignements erronés avaient conduit Fletcher à confondre l’escorte de l’expédition avec le groupe de porte-avions enemi. Leur escorte étant attaquée, les transports japonais gardèrent leur position puis finalement, firent demi-tour. L’aviation de l’USS Lexington repéra quant à elle le porte-avions Shōhō et en informa Fletcher. Celui-ci redirigea ses avions pour qu’ils participent à la bataille. Le Shōhō, touché par au moins 13 bombes dont deux impacts directs de bombes de 450 kg et de sept torpilles, coula en quelques minutes. Seuls 203 des 834 membres d’équipage survécurent. Cette attaque coûta trois avions abattus aux Américains. C'était la première fois depuis le début de la guerre que le Japon perdait un porte-avions.
Yorktown (CV-5)Pendant ce temps, les Shōkaku et Zuikaku, attaquèrent le groupe de Fletcher par le sud mais, croyant à tort avoir repéré le porte-avions américain, ne coulèrent qu’un seul destroyer, l’ USS "Sims", et un seul ravitailleur, tous deux ayant été envoyés loin à l’arrière du groupe par Fletcher. Une attaque nocturne contre le Yorktown se solda par un échec, et seulement six des 27 avions japonais participant à la mission regagnèrent leur navire !
Affrontement entre porte-avionsLe 8 mai, Japonais et Américains lancèrent plusieurs avions de reconnaissance qui réussirent à se localiser mutuellement. Tous les bombardiers et les chasseurs furent alors lancés. Les Alliés réussirent à mettre 122 appareils en l’air pendant que les Japonais en lançaient 121. Les chasseurs-bombardiers américains du Yorktown et du Lexington réussirent à endommager gravement le Shōkaku grâce à trois impacts directs de bombes de 450 kgs. Le porte-avions japonais avait tout de même réussi à éviter 11 torpilles par ses manœuvres, mais il était désormais dans l’impossibilité de lancer des appareils. Le Shōkaku fut alors contraint de se retirer du combat, escorté par deux destroyers.
Le destroyer USS SIMS (DD-409) coulé le 7 maii
Une couverture nuageuse empêcha les appareils américains de localiser le Zuikaku qui était dissimulé sous un orage local. De leur côté, les avions japonais repérèrent et attaquèrent les porte-avions américains, touchant le Lexington avec deux bombes perforantes. Aucune de ces bombes ne compromit le fonctionnement du navire, mais firent de nombreuses victimes. Les sept premières torpilles japonaises qui visèrent le navire le manquèrent, mais les deux suivantes frappèrent sur bâbord. Avec de multiples incendies internes qui furent rapidement hors de contrôle . Des explosions sporadiques provoquées par les vapeurs d’essence qui s’échappaient des réservoirs d’aviation fissuré, le Lexington, dont la proue était désormais nettement enfoncée, se retrouva dans une situation désespérée. La décision fut alors prise d’abandonner le navire et de le saborder en demandant à un destroyer de tirer cinq torpilles dans la coque. 216 membres d’équipage avaient perdu la vie au cours de l’affrontement.
Les derniers instants du Lexington (CV-2)
Le Yorktown fut également attaqué, mais les bombardiers japonais, cette fois, se montrèrent bien moins précis. Une bombe de 250 kg traversa tout de même quatre ponts avant d’exploser dans un entrepôt. Une autre bombe toucha le navire en plein milieu du pont. L’ensemble des dommages subis obligea celui ci à réduire sa vitesse. Il fut contraint de se retirer et de se rendre à Pearl Harbor pour réparations.
Croyant à tort avoir infligé des dégâts irréparables aux deux porte-avions américains, les chasseurs japonais regagnèrent leurs porte-avions, qui se retirèrent ensuite vers le nord. Bien qu’il eût infligé d’importants dégâts à la flotte ennemie, l’amiral Inoue prit la décision d’abandonner le projet d’invasion de la Papouasie. Il fut alors critiqué au Japon par ses supérieurs pour ne pas avoir su tirer parti de sa position avantageuse au cours de la bataille.
Le "Shôkaku" attaqué par l'aviation du YorktownLa bataille de la mer de Corail s'étant révélée très coûteuse en termes de pertes d’avions, l’amiral Inoue ne pouvait plus soutenir un débarquement amphibie comme prévu, ni attaquer de nouveau le seul porte-avions américain restant. Fletcher décida également de retirer ses forces, après avoir fait récupérer sur le Yorktown les chasseurs du Lexington.
TBD-1 Devastator', bombardier-torpilleur aux médiocres performancesLes Japonais perdirent 77 avions et 1 074 hommes au cours de la bataille. Les États-Unis de leur côté déplorèrent la perte de 66 appareils. Les Alliés perdirent 543 hommes.
Cette bataille fut une victoire tactique pour les Japonais. Ils avaient détruit un porte-avions plus lourd que celui qu’ils avaient perdu, mais ce fut une victoire stratégique pour les Alliés puisque l’invasion de Port Moresby fut repoussée, permettant ainsi à cette zone cruciale du Pacifique de continuer à soutenir l’effort de guerre allié. Les Japonais venaient de subir leur premier échec opérationnel de la guerre dans le Pacifique.
Les pertes furent les suivantes ;
Pertes américaines1 P/A coulé
1 P/A endommagé
1 destroyer et un pétrolier coulés
69 avions perdus
Pertes japonaises1 P/A léger coulé
1 P/A gravement endommagé
1 destroyer coulé et 1 endommagé
1 transport endommagé et 2 navires de faible
92 avions perdus
Les dommages subis par le Shōkaku et les lourdes pertes d’aéronefs subies par le Zuikaku lors de la bataille ont empêché ces deux porte-avions de jouer un rôle dans la bataille de Midway un mois plus tard.La bataille de Midway figure sur le Forum ici:
viewtopic.php?f=179&t=55338***** https://www.navsource.net/archives/05/409.htmhttps://www.history.navy.mil/about-us/l ... hatgpt.comhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_ ... _de_CorailLa 2nd guerre mondiale vol VI Tallandier
https://www.combinedfleet.com/furuta_En 1944, les Français étient malheureux, maintenant ils sont mécontents, c'est le progrès ! CdG
Bernard