MAG98 a écrit:coyote a écrit:Pourquoi remonter des moteurs (français en l' occurrence) ce qui couterait une fortune et dans quel intérêt vu leur état ?
alors qu'il y a un moteur de ce type au MAE ?

Belle mécanique, faut juste pas se tromper dans les réglages. Magnifique.

Pour les réglages, tu disposes, pour chaque type d'appareils et de moteurs, de gros manuels bourrés de croquis détaillés pour le montage, le démontage - y compris l'indication du "temps" qu'est censée prendre l'opération, de notices de réglages. Quand il s'agissait d'appareils américains, il fallait tatouiller à minima en anglais et disposer de caisses à outils au pas "impérial".
Certains éléments sont compliqués à "démonter" quand le ou les bourrins est (sont) installé(s) sur l'appareil, mais, dans bien des cas, on tombe le moteur, çà facilite l'accès. Il y a aussi quelques "pièges", par exemple, les constructeurs pour faciliter le "montage-démontage" en usine conçoivent des outils "spéciaux", mais, dans l'Aéronavale, vu leur coût et leur emploi "unique", ils n'étaient pas "approvisionnés", du coup, on était bon pour la méthode "classique"... "
la b... et le couteau"!

Il y avait, ainsi, sur l'Alouette II, une ridicule petite génératrice tachymétrique, qu'il fallait régulièrement démontée et révisée toutes les 250 heures, mais qui était quasiment inaccessible, même la turbine une fois tombée ! La première fois que je me l'étais cognée, çà m'avait pris plus de 2 heures, en suant sang et eau

, quelques mois plus tard, je bouclais le truc en 15 à 20 minutes!

Comme çà faisait partie de mes taches d'électricien d'équipement et que j'étais le seul de l'équipe V3, aucun mécano ne pouvait me filer un coup de main!
Il y a aussi une autre particularité. L'importance des vibrations générées par un moteur d'aviation, même très bien réglé, est telle que les écrous et boulons ont tendance à se "dévisser". Pour contrer cet effet, la plupart des éléments-moteurs "démontables" sont "frettés"; les têtes de boulons et les écrous ont un perçage traversant sur "deux pans" et, à proximité, sur le bloc-moteur, il y a un point d'attache fixe... on fait passer une fil d'acier dans la tête du "boulon/écrou", on le torsade, soit à la main, soit à l'aide d'une pince à fretter, selon la place disponible, puis on enfile un des brins d'acier dans le point d'attache et on finalise avec une autre torsade... en prenant soin que le sens du "fret" empêche bien la pièce "mobile" de se dévisser!
Les moteurs à pistons de l'aviation étaient souvent de très gros bébés, les Corsairs et TBM étaient, ainsi, équipés de radiaux ( à refroidissement par air) de 18 cylindres "en tonneau" (deux rangées de 9 cylindres)! Certains éléments sont parfois relativement lourds, mais ils ont aussi l'avantage d'être "largement" dimensionnés.
