RoCo a écrit:Dog Red a écrit:Les deux dernières interventions traduisent bien l'ambiance de "fin d'empire" des combats de janvier 45 autour de Budapest.
Les dotations en chars me semblent au mieux à mi-effectif.
La Wiking est à 8,8 % des effectifs théorique pour les Panzer IV, à 29% des Panzer V (31.5% en tenant compte
des Panther non opérationnels .
La "Totenkopf" est en légèrement meilleur état 31% des Panzer IV, 31 % des Panzer V
Au 1.1.45, la 6.Panzer Division est dans une situation comparable à la Wiking, mais possède
un nombre important de blindés en réparation courte . Je ne sais pas s'il existent des chiffres
des blindés opérationnels de la division au moment qu'elle est attaché au IV.SS Panzer Korps .

Si je me réfère au dossier BA RH 10-145, que tu as, toi-même, exploité, en pages 84 et suivantes, figure un état de situation de la
6. Panzer-Division au 15.01.1945, date qui avait suivi de peu sa subordination provisoire au
IV. SS-Panzerkorps, précisée sur la
Schematische Kriegsglierung, établie en date du 10 janvier 1945; sur la mise à jour du même document, mais relatif à la décade suivante (11 -20 janvier), publié le 21 janvier, la
6. Panzer-Division est désormais subordonnée au
I. Kavalleriekorps, de même que les
96. et
711. (bod) ID - qui, au 1er janvier 1945, étaient spécifiées en "cours d'acheminement".
Au 21 janvier 1945, le
IV.SS-Panzerkorps regroupait les deux formations blindées de la
Waffen-SS (la
W, la
TK), les
1. &
3. Panzer-Divisionen, la 25ème division hongroise (
25.ung) et avait "en réserve" l'état-major (
Stab) de la
Panzer-Division Feldernhalle.
Comme bien souvent, on en revient à l'habituelle "valse des unités", qui était d'usage dans l'armée allemande, en fonction des "urgences de situation" à traiter.
Ci-après, les pages relatives à l'état de situation de la
6. Panzer-Division, en date du 15 janvier 1945; elles sont un poil plus compliquées à exploiter qu'une
Meldung ou une
Kriegsgliederung "chiffrée", mais en fouillant un peu, on repère vite les "faiblesses" de la formation.
Déjà, il convient de ne pas oublier que l'organisation-type d'une
Panzer-Division de la
Heer comptait, à la louche, 2000 à 3000 hommes de moins qu'une de ses consœurs de la
Waffen-SS; l'explication étant en partie à trouver dans le fait que, à l'origine, en 1942, les formations blindées de la
Waffen-SS avaient été organisées en tant que "
Panzer-Grenadier-Division"- elle-même issue de l'organisation des premières divisions motorisées (
ID mot.) où la composante "pinpin" (infanterie motorisée) était plus importante que celle de la
Panzer-Abteilung, le plus souvent "inexistante", après la conversion en 1940-1941, des "
leichten Divisionen" converties en
Panzer-Divisionen -. Pour faire simple, les
Panzer-Divisionen de la
Waffen-SS avaient conservé leur organisation-type de
Panzer-Grenadier-Division, tout en intégrant, en 1943, un régiment de chars à deux
Abteilungen et, dès lors, le personnel "nécessaire". Voili-voilou
Ci-dessous, deux des pages éditées, le 15 janvier 1945, à propos de la "situation matérielle et personnelle" de la
6. Panzer-Division.
Déjà, le paragraphe N°1 indique un manque de "1736" hommes, résultat, d'une part du manque de recrues versées dans l'unité pour compléter son effectif, de l'autre, en prenant compte le nombre de malades inventoriés à la date du 15 janvier 1945. Au passage, il est "amusant" de noter que, depuis 1943, un contingent de "
Helfwilligen", auxiliaires (volontaires), très essentiellement issus des camps de prisonniers russes, était aussi affecté au sein des formations de la
Waffen-SS, où leur sort et quotidien étaient (très) largement supérieur à celui de leurs congénères, qui croupissaient dans les camps de prisonniers, résultat essentiel du refus d'un certain Josef Staline de se conformer, en 1941, aux Conventions de Genève, avec, pour réplique, un régime de traitement "équivalent", de la part du
III. Reich, à l'égard des PoW russes. Ce n'est en rien une "excuse", juste un constat.

Il y aurait long à dire à propos de ces "auxiliaires" de l'armée allemande, mais là, on s'embarquerait dans le "hors sujet";
Bref, revenons-en à notre sujet, à savoir la "force de combat" dont disposait la 6. Panzer, en janvier 1945!... Ben, çà n'allait pas "péter" bien loin, 23 Panzer IV, dont 8 opérationnels - tout en affichant un manque de 55 véhicules de même catégorie -, et 26 Panther opérationnels, sur une dotation de 46 blindés!


Disons-le très franchement, en janvier 1945 et ultérieurement, la
Panzerwaffe, toutes branches confondues, s'était retrouvée totalement à la "ramasse", notamment faute de réassorts. Les préparatifs de l'offensive loupée des Ardennes, en décembre 1944, avaient, alors, monopolisé l'essentiel de la production de "Panzerounets", avec, pour conséquence première, que les unités blindées engagées à l'Est avaient "pleuré leur mère" pour se voir attribuer la moindre "rechange"! De toute manière, le mois de janvier 1945 avait aussi correspondu à l'ultime période où les "productions et livraisons" de Panzerounets avaient encore pu constituer des "chiffres presque corrects".
Dès lors, il convient aussi de comparer, dans le seul contexte du siège de Budapest, début 1945, la "réalité des forces" engagées, d'un côté, par l
'OKH, avec celles qu'alignait, dans ce même cadre, l'Armée Rouge... il n'y avait pas "photo", notamment à propos du matériel engagé (chars, blindés et véhicules) -

, le Lend-lease US (!) -, pièces d'artillerie déployées, mais, aussi, les effectifs de la troupe mis en ligne! .