Post Numéro: 74
de dynamo
21 Sep 2023, 18:59
C'est politique !
Le Général de Gaulle présidant le comité français de libération national, CFNL, convoqué à Londres, alors qu'il est à ALGER, apprend par WC que le Débarquement est imminent.
Tenu éloigné de l'organisation, sans le concours de troupes françaises (sous drapeau national), CDG appelle dans son allocution les métropolitains à combattre l'ennemi suivant les ordres donnés par le gouvernement français.
Chaque mot est pesé, mesuré, c'est la bataille de France et c'est la bataille de la France.
Texte du discours du 6 juin 44 diffusé sur les ondes de la BBC :
La Bataille suprême est engagée !
Après tant de combats, de fureurs, de douleurs, voici venu le choc décisif, le choc tant
espéré. Bien entendu, c'est la bataille de France et c'est la bataille de la France !
D'immenses moyens d'attaque, c'est-à-dire pour nous, de secours, ont commencé à déferler à
partir des rivages de la vieille Angleterre. Devant ce dernier bastion de l'Europe à l'ouest fut
arrêté naguère la marée de l'oppression allemande. Voici qu'il est aujourd'hui la base de
départ de l'offensive de la liberté. La France, submergée depuis quatre ans, mais non point
réduite, ni vaincue, la France est debout pour y prendre part.
Pour les fils de France, où qu'ils soient, le devoir simple et sacré est de combattre par tous
les moyens dont ils disposent. Il s'agit de détruire l'ennemi, l'ennemi qui écrase et souille la
patrie, l'ennemi détesté, l'ennemi déshonoré.
L'ennemi va tout faire pour échapper à son destin. Il va s'acharner sur notre sol aussi
longtemps que possible. Mais, il y a beau temps déjà qu'il n'est plus qu'un fauve qui recule.
De Stalingrad à Tarnapol, des bords du Nil à Bizerte, de Tunis à Rome, il a pris maintenant
l'habitude de la défaite.
Cette bataille, la France va la mener avec fureur. Elle va la mener en bon ordre. C'est ainsi
que nous avons, depuis quinze cents ans, gagné chacune de nos victoires. C'est ainsi que
nous gagnerons celle-là.
En bon ordre ! Pour nos armées de terre, de mer, de l'air, il n'y a point de problème. Jamais
elles ne furent plus ardentes, plus habiles, plus disciplinées. L'Afrique, l'Italie, l'océan et le
ciel ont vu leur force et leur gloire renaissantes. La Terre natale les verra demain !
Pour la nation qui se bat, les pieds et les poings liés, contre l'oppresseur armé jusqu'aux
dents, le bon ordre dans la bataille exige plusieurs conditions.
La première est que les consignes données par le Gouvernement français et par les chefs
français qu'il a qualifiés pour le faire soient exactement suivies.
La seconde est que l'action menée par nous sur les arrières de l'ennemi soit conjuguée aussi
étroitement que possible avec celle que mènent de front les armées alliées et françaises. Or,
tout le monde doit prévoir que l'action des armées sera dure et sera longue. C'est dire que
l'action des forces de la Résistance doit durer pour aller s'amplifiant jusqu'au moment de la
déroute allemande.
La troisième condition est que tous ceux qui sont capables d'agir, soit par les armes, soit par
les destructions, soit par le renseignement, soit par le refus du travail utile à l'ennemi, ne se
laissent pas faire prisonniers. Que tous ceux-là se dérobent d'avance à la clôture ou à la déportation ! Quelles que soient les difficultés, tout vaut mieux que d'être mis hors de
combat sans combattre.
La bataille de France a commencé. Il n'y a plus, dans la nation, dans l'Empire, dans les
armées, qu'une seule et même volonté, qu'une seule et même espérance. Derrière le nuage si
lourd de notre sang et de nos larmes voici que reparaît le soleil de notre grandeur !
La dictature c'est "ferme ta gueule", et la démocratie c'est "cause toujours".
Woody Allen.