Post Numéro: 17
de Loïc Charpentier
16 Déc 2021, 11:58
La spécialité de "tireur d'élite" date de la mise en service du mousquet; précédemment, il existait, déjà, des archers et des arbalétriers réputés pour la précision et la qualité de leur tirs. La plupart d'entre eux étaient des ruraux qui pratiquaient la chasse depuis leur plus tendre enfance.
Durant la Guerre d'Indépendance des États-Unis, et, même, précédemment, durant les Guerres Indiennes, qui avaient opposé les français et les brits au Canada, ils étaient recrutés chez les "trappeurs", qui avaient la particularité d'utiliser des mousquets à long canon pour la chasse au gros; les mousquets militaires réglementaires, d'une portée et précision médiocres, en raison de tolérances de fabrication excessives, étaient essentiellement utilisés pour le tir en salves.
La seconde étape essentielle avait été la mise en service des mousquets à canon rayé; çà prenait plus de temps au chargement, mais leur portée et précision étaient très supérieures.
La commercialisation des premières armes à canon rayé, très coûteuses, car construites sur mesure, date de la seconde moitié du XVIIIème siècle et était, alors, essentiellement réservée à une clientèle de chasseurs fortunés. Durant les guerres du 1er Empire, les Brits avaient constitué quelques régiments de chasseurs-tirailleurs, armés de mousquets rayés , qui portaient un uniforme vert - généralement, ils se déployaient, à couvert (selon le terrain), sur les flancs de l'adversaire, pour le harceler -.
Au XIXème siècle, avec l'amélioration régulière des armes d'épaule (platine à percussion, projectile ogivo-cylindrique, puis le chargement par la culasse, les premières lunettes de visée etc.,), les concours de tir avaient connu un grand succès, chez les anglo-saxons, les allemands et les français (la Fédération Française de Tir avait été créée en 1866).
Avec l'adoption du fusil Martini-Henry, l'armée britannique avait entrainé, régulièrement, son infanterie aux tirs (de salve) à 1000 m! De son côté, la mise en service du fusil Chassepot Modèle 1866, dans l'armée française, manié par des mains expertes, avait généré de gros dégâts chez les Prussiens, en 1870, jusqu'à 1000 m ou plus.
Mais entre faire un joli carton à longue distance, dans un concours, et dézinguer de l'humain, en temps de guerre, il y a une sacré marge. Même en étant un excellent tireur et habitué depuis sa plus tendre jeunesse, à tirer du gros gibier et à le dépecer, descendre son semblable de "sang froid", exige des "qualités" bien particulières; çà n'a plus grand-chose à voir avec un engagement armé "à chaud" en groupe. Cà explique, aussi, la méthode actuelle d'emploi du "binôme", spotteur + tireur, ce dernier n'étant, désormais, plus seul.