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MUSSOLINI, un révolutionnaire d'extrême gauche ...

Cette rubrique est consacrée uniquement aux Personnages les plus importants du conflit, militaires et/ou politiques.
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MUSSOLINI, un révolutionnaire d'extrême gauche ...

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de fbonnus  Nouveau message 19 Juil 2013, 09:16

En même temps que Lénine en 1903, c'est en Suisse que Benito Mussolini a fait ses classes de révolutionnaire.

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Le numéro du 19 avril 1904 de a Tribune de Rome annonce l'arrestation à Genève de Benito Mussolini, que ce journal qualifie de "grand chef" (Duce) de la section socialiste locale.

C'est la première fois que Mussolini est appelé Duce. Il n'a que vingt ans. il a quitté son village natal de Predappio, près de Forti en Romagne, pour gagner la Suisse qui est, à l'époque, l'asile de prédilection de tous les anarchistes révolutionnaires, proscrits et réfugiés politiques de toute espèce qui courent l'Europe.
Les Russes surtout y sont nombreux, qui ont établi une sorte de quartier général à Carouge-Genève, dans la brasserie Landolt. En cette année 1903 seront curieusement associés sur les rives du lac Léman : Lénine et Mussolini.
Le futur dicateur de l'Italie n'est alors qu'un vagabond, vêtu misérablement, tantôt maçon sur un chantier, tantôt étudiant resquilleur, se glissant dans les auditoires, avide surtout d'entendre les thèses brillantes du professeur Vilfredo Pareto, le successeur de Léon Walras à la chaire d'économie politique de l'Université de Lausanne.
A Lausanne précisément, le jeune Mussolini mène une dure existence d'exilé : "Je n'avais mangé qu'un morceau de pain et j'ignorais où j'allais dormir le soir. je n'en pouvais plus ..." confessera t-il plus tard. Et plus loin : "De qou devenir fous ces cochons !" écrira t-il en parlant des touristes opulents qu'il aperçoit à la porte des palaces helvétiques. Et le révolté se fait tout à coup désespéré : "Une mélancolie infinie m'envahit, et je me demande s'il vaut la peine de vivre encore un jour ..."
Un soir, n'ayant trouvé à se loger, le jeune Italien s'installe tant bien que mal dans une caisse entreposée sous l'une des arches du Grand-Pont, au coeur de Lausanne. il y sera découvert par l'agent de police Louis Emery qui, en appréhandant ce vagabond, ne se doute pas qu'il entre dans l'histoire !
Et c'est ainsi que, dans un poste de police de quartier, Benito Mussolini fait connaissance avec les gêoles lausannoises, après avoir répondu à un interrogatoire d'identité.
A la question : quelle est votre occupation actuelle ? il répond : "Maçon, manoeuvre, garçon livreur, publiciste, tout dépend ..."
Il ne passe que quelques heures dans cette prison plus confortable que la plupart de ses domiciles variés. Au matin, il est libéré et parcout les rues de la ville, ç la recherche d'une nouvelle occupation.
Pourtant, parmi tous les émigrés italiens qui ont trouvé asile en Suisse, les intellectuels sont rares. Et voilà pourquoi Benito Mussolini, qui a reçu une formation d'instituteur et parle convenablement le français ne tarde pas à se faire remarquer. On lui confir le secrétariat de l'Association des maçons de Lausanne; il donne des leçons d'italien à gauche et à droite; il rédige aussi des articles virulents à l'intention des feuilles clandestines qui prêchent le socialisme.
A Genève, il fait la connaissance d'une révolutionnaire russe, Angelica Balabanoff, qu'il recontre, dit-on, dans un meeting où parle Lénine. Mussolini, qui arbore en ce temps-mà une médaille à l'effigie de Karl Marx, a lu le Manifeste communiste et en est enthousiasmé.
Avec Angelica pour protectrice, Benito traduit de l'allemand une brochure de Kantsky : "La révolution en marche" et du français : les "Paroles d'un révolté" de Kropotkine.

Ses multiples loisirs, mussolini les occupe à dévorer des livres par dizaines. Il est un habitué de la bibliothèque universitaire de Lausanne; ses auteurs préférés sont Nietzsche, Stimer, Blanqui et Schopenhauer. il rencontre d'autres émigrés dont le socialiste italien Giacinto Menotti Serrati et le Belge Vendervelde; et il a avec eux des discussions passionnées.
Tant et si bien que ces deux années passées en Suisse ne seront pas qu'un simple épisode un peu bohème dans la vie et la carrière du futur dictateur. Elles seront plus décisives qu'on le croit.
Ainsi Benito Mussolini aura fait ses classes de révolutionnaire en Suisse : à Lausanne, à Genève, à Zurich. C'est dans cette dernière ville que l'on trouve encore aujourd'hui une preuve tangible de son court séjour. il s'agit d'une fiche anthropométrique qui constitue maintenant une pièce de collection très précieuse.
Malgré une chevelure encore abondante et crépue, on reconnait sur les photographies de face et de profil figurant sur ce document le masque énergique du futur Duce, mais sous la plume du fonctionnaire de service, le prénom de Bénito est devenu Benedetto.
Après la fin tragique du dictateur en 1945, un autre fonctionnaire zélé de la police zurichoise ressortira cette fiche établie quarante ans auparavant, pour y ajouter une croix mortuaire et la mention "Exécuté par les partisans à Azzano sur le lac de Côme, avec sa maîtresse Clara Petacci".

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Mais revenons en avril 1904. En deux ans, à peine, le jeune Mussolini s'est fait connaître des autorités de police des plus grandes villes de la Suisse. De socialiste militant, il est devenu agitateur, lançant maintes harangues enflamées à l'adresse de ses compatriotes sur le sol helvétique.
L'un de ces émigrants italiens rapportera plus tard que Mussolini, après avoir été soumis par les policiers suisses aux mesures anthropométriques se serait exclamé : "ils se repentiront de cette indignité ... Ils s'en repentiront parceque je deviendrai le patron de l'Italie !".
Et un tailleur de pierres de Lausanne dira que, dès ce moment là, "il voyait plus loin que nous"

S'étant penché sur le séjour hélvétique du vagabond apprenti-dictateur, le journaliste Michel Olivier, dans un grand hebdomadaire de Suisse Romande, évoque un autre lieu où Mussolini a laissé sa trace toujours visible : Orbe, petite ville du nord-ouest vaudois :
"Là, écrit--il, de la terrasse, dernier vestige d'un château moyenâgeux, on aperçoit dans la plaine la haute cheminée d'une importante industrie. Autour, les bâtiments de la fabrique ete plus près, les maisons d'(habtiation. Tout le monde dans la quartier connait "Les Maisons de Mussolini" : les "Foncières".
Engagé comme manoeuvre, il travaille pendant quelques jours à leur construction. Toutefois, instituteur de profession, il n'avait pas tardé à trouver l'emploi un peu trop pénible. Ayant arrondi sa bourse suffisamment, il l'avait quitté ..."
Devenu trop encombrant et même dangereux, ete arrêté porteur d'un faux passeport, le 19 avril 1904, Benito Mussolini, qualifié par un journaliste genévois de l'époque de "grand chef de la section socialiste locale" est expulsé comme anarchiste et accompagné jusqu'à la frontière par sa protectrice russe qu'il retrouvera plus tard en Italie. Mussolini passe en France, élisant pour quelques jours domicile à Annemasse.
Cette expulsion sera évoquée jusque devant le Grand Conseil genevois où un député socialiste, le docteur Wyss, s'inquiétera de ce procédé policier dans un pays qui se veut hospitalier.
Avec quelque retard, Benito Mussolini rentre en Italie pour effectuer son service militaire au 10° Bersaglieri de Verone. Et lorqu'il sort de caserne en 1906, le courant socialiste s'est élargi, favorisant l'ascencion politique de celui qui, seize ans plus tard, se proclamera Duce d l'Italie fasciste.

Sa revanche, Mussolini la prendra sur ces rives helvétiques du lac Léman où, dix huit ans après avoir été expulsé comme vagabond, il revient en qualité de représentant de l'Italie à la Conférence alliée sur la Turquie. Celle-ci doit se tenir à Lausanne, mais le quasi-dictateur se fait désirer.
Poincaré, déjà descendu du train, s'entend dire que Mussolini ne se trouve pas à Laussanne où il doit représenter l'Italie. "Mais où est-ce qu'il est ce salaud ?" s'écrir Poincaré.
En redingote noire et guêtres blanches, une lourde canne à la main, encadré de jeunes gens en chemises noires, Mussolini attend les hommes d'état dans le hall du Grand-Hôtel de Territet, à 20 kilomètres de Lausanne. Devant l'hôtel, une fanfare composée d'italiens de la petite ville suisse joue "Giovinezza". Mussolini débute ainsi dans la politique étrangère en forçant les représentants de l'Empire Britannique et de la République Française à se rendre auprès de lui, l'aventurier politique devenu chef de gouvernement. C'est sa première sortie officielle d'Italie et il veut un coup d'éclat !
Quelques années plus tard, L'université de Lausanne cherchera à effacer le souvenir de l'arrestation par la police municipale du clochard Mussolini, en lui décernant le titre de docteur honoris causa ...
Et quand le dictateur aux abois fuira à la fois l'avant-garde des armées alliées remontant la Péninsule et les détachements de partisans descendus des montagnes, c'est vers cette même terre d'asile où il passa les premières années difficiles de sa carrière qu'il se tournera.
A quelques kilomètres seulement de la frontière suisse, le Duce déchu tombera aux mains des maquisards qui le condamneront et le fusilleront sommairement "au nom du peuple italien".
Le point le plus rapproché du territoire suisse atteint par Mussolini dans sa fuite éperdue le 26 avriol 1945, est Grandola, sur la route d Porlezza. Deux personnages de la suite du Duce, Buffarini et Guidi, tentent une reconnaissance en direction du petit territoire neutre mais ils reviennent quelques minutes plus tard avec le visage consterné : les douanbiers sont sous le contrôle des partisans et les fascistes sont sous les verrous.
La route de la Suisse -et du salut- est fermée pour Mussolini qui, quarante-huit heures plus tard, tombe sous les balles du peloton d'éxécution, près de Dongo.

Souce bibliographique :
L'Italie de Mussolini, 20 ans d'ère fasciste - Max Gallo
Viva il Duce ! Comment se fait un dictateur de Dino Biondi

Photos : keystone
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