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La manœuvre DYLE-BREDA

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MODÉRATEUR: Prosper

La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 29 Nov 2011, 11:02

Bonjour à toutes et à tous,
En introduction de la prochaine soirée débats, voici un petit préambule tiré de l'ouvrage de A.Goutard, intitulé:
"1940, la guerre des occasions perdues"

Au début de la guerre, devant l'incertitude totale de l'attitude belge, le Commandement français se borne à organiser ou renforcer la position-frontière, sur laquelle on continuera à travailler tout l'hiver.
Le 26 septembre, le commandant en chef précise ainsi la mission du groupe d'armées n° 1du général Billotte :
« La mission initiale du groupe d'armées n° 1 consistera, dans tous tes cas et au minimum, à assurer l'intégrité du territoire national en défendant sans esprit de recul la position de résistance organisée à la frontière. »
Trois jours plus tard, le 29 septembre, dans son « instruction personnelle et secrète n° 6 », le commandant en chef envisage que, si les Belges résistent à l'invasion et font appel à notre aide, nous pourrions « porter une première ligne de résistance sur l'Escaut ».
Les avantages en seraient les suivants, ainsi que le précise le général Gamelin, dans une lettre au général Gort qu'effraie un peu l'idée de quitter la position-frontière
- meilleure couverture du territoire britannique;
- recueil de l'Armée belge;
- profondeur gagnée à l'avant pour la position-frontière, à laquelle il est impossible de donner de la profondeur à l'arrière, en raison de la proximité de l'agglomération de Lille.
Mais il est bien entendu que cette occupation de l'Escaut ne serait qu'éventuelle et que le gros des armées alliées recevrait l'ennemi sur la position-frontière.
En octobre, il apparaît que les Belges sont décidés à se défendre et pourront sans doute offrir une résistance de plusieurs jours sur le Canal. D'accord avec le général Gamelin, le général Georges décide alors, par son « instruction personnelle et secrète n° 7 » du 24 octobre, que la
« Manœuvre Escaut » sera exécutée ferme, et que l'on pourra peut-être même passer à la Manœuvre Dyle.
« La mission du groupe d'armées n° 1 est de porter sa gauche à partir de Maulde sur l'Escaut d'Audenarde, en se reliant vers la tête de pont de Gand aux troupes belges du réduit national Anvers - Gand. Le corps expéditionnaire britannique se portera sur l'Escaut de Tournai.
« En cas de circonstances favorables, le G. A.-I se tiendra prêt, en pivotant autour de Revin, à se porter avec ses gros sur la ligne Louvain - Wavre - Gembloux - Namur, en liaison à gauche avec les forces de la défense d'Anvers. »
Enfin, en novembre, après l'alerte des 11, I2 et I3 novembre qui incite les Belges à prendre des mesures de défense plus nettes sur le Canal Albert et la Meuse de Liège, le commandement français peut espérer pouvoir atteindre avant l'ennemi la ligne Anvers - Namur, et il adopte carrément la Solution Dyle.
En conséquence, le 15 novembre, le général Gamelin adresse au général Georges l'instruction suivante :
« L'évolution de la situation militaire en Belgique, se traduisant par de nouvelles mesures de défense, permet maintenant d'espérer que nous disposerions, si nous sommes appelés par les Belges, d'un temps suffisant pour gagner aussi rapidement que possible, sans nous arrêter sur l'Escaut si la situation le permet, la position Anvers - Namur et nous y installer en force. »
Le dispositif à réaliser sera le suivant: « Le corps expéditionnaire britannique tiendra la Dyle de Louvain à Wavre, en liaison à gauche avec les Belges de Malines - Anvers. La 1ère armée française barrera la trouée de Gembloux, entre Wavre et le camp retranché belge de Namur.
La IXe armée, pivotant autour de sa droite, portera sa gauche sur la Meuse belge entre Namur et Givet, sa droite restant en position sur la partie française de ce cours d'eau, entre Givet et le confluent de la Bar, à l'ouest de Sedan. Telle est la Manœuvre Dyle qui se déclenchera le 10 mai.
Ce plan correspond, du reste, aux directives arrêtées par le Conseil suprême de Londres le 17 novembre 1939.
A cette réunion, M. Daladier déclare « qu'il considère l'occupation de la Belgique par l'Allemagne comme très grave, presque autant qu'une occupation du territoire français» et il ajoute:
« Le gouvernement français est donc décidé à faire tout l'effort nécessaire pour tenir sur la ligne Anvers - Namur. » Et le Conseil adopte la résolution suivante : « Étant donné l'importance qu'il y a à maintenir les forces allemandes aussi loin à l'est que possible, il est essentiel de s'efforcer par tous les moyens de tenir la ligne Anvers - Namur. »
On ne saurait donc reprocher au général Gamelin, exécuteur des décisions du Conseil suprême, d'avoir adopté cette solution, qui présentait d'ailleurs d'incontestables avantages: front plus court, couverture plus lointaine de la région industrielle du Nord et intégration assurée d'une vingtaine de divisions belges dans le dispositif allié.
Du reste, même si l'hypothèse sur laquelle était fondée la Manœuvre Dyle ne se réalisait pas, il n'était pas fatal que cette manœuvre entraînât pour l’Armée Française une catastrophe irrémédiable.
En effet elle n'exigeait l'avance en territoire belge que d'une dizaine de divisions françaises (1ère armée et gauche de la IXe).
Il devait donc rester en territoire national plus de 80 divisions, ce qui, avec l' « économiseur » représenté par la Ligne Maginot, devait normalement permettre d'assurer une défense solide du centre du dispositif, tout en ménageant d'importantes réserves stratégiques.
En outre, rien n’obligeait l’Armée Française à abandonner complètement les ouvrages de la position-frontière en mettant la clef sous la porte !
La défaite ne viendra pas de la Manœuvre Dyle elle-même; elle découlera de la faiblesse de du centre du dispositif et du manque de réserves stratégiques.
Et c'est là qu'interviennent deux facteurs qui sont à l'origine de cette double carence: la
« Variante Breda » et la surcharge de la Ligne Maginot.
La variante Breda.
Le Conseil suprême du 17 novembre n'avait envisagé, en somme, que la défense de la ligne Anvers - Namur. Mais, en mars 1940, prévoyant que l'Allemagne, qui n'en est pas à une violation près, envahira également la Hollande, le commandant en chef pense qu'il serait intéressant de raccorder également l’Armée Française à la « Forteresse Hollande », ce qui permettrait d'inclure encore la dizaine de divisions néerlandaises dans le dispositif.
Le 12 mars, le général Gamelin manifeste donc son intention de pousser une armée française du camp retranché d'Anvers sur la Hollande, pour donner la main aux forces de ce pays, et, le 20 mars, le général Georges traduit cette intention par son « instruction n° 9 » fixant la manœuvre du G. A.-I, qui devra:
« non seulement occuper la ligne générale Anvers - Namur, mais encore, si l'ordre est donné de pénétrer en Hollande, déboucher du Canal Albert au nord-est d'Anvers, en vue d'assurer la sécurité de l'Escaut maritime et la liaison entre les Belges et les Hollandais. En conséquence, la gauche du dispositif occupera soit la ligne Breda - Saint-Léonard, soit la ligne Tilburg-Turnhout.» Cette mission excentrique est confiée à la VIIème armée, commandée par le général Giraud.
Le premier résultat de cette variante Breda est de se priver, pour l'envoyer à l'extrême gauche, de la seule armée de réserve réellement constituée.
Or, avec ses 7 excellentes divisions, dont une D. L. M., cette armée manquera cruellement derrière le centre dans la bataille décisive
Concevable si l’Armée Française avait eu une grande abondance de moyens, cette variante dépassait donc nettement les possibilités.
Du reste, dès qu'il en a connaissance, le général Geor¬ges, qui n'a pas été consulté, en voit le danger: « C'est le type même de l'aventure, note-t-il en marge du projet. Si l'ennemi masque la Belgique, il peut manœuvrer ailleurs. Donc, ne pas engager nos disponibilités dans cette affaire. Écarter le rêve ! » Antérieurement déjà, il avait appelé l'attention du général Gamelin sur le danger qu'il y aurait à engager la majeure partie des disponibilités en Belgique et en Hollande devant une action allemande qui pourrait n'être qu'une diversion, « car, écrivait-il, en cas d'attaque ennemie en force se déclenchant au centre, nous pourrions être démunis des moyens nécessaires à la riposte ». Et c'est bien ce qui se passera.
Malgré les objections élevées à la fin de mars par le général Giraud et appuyées par le général Billotte et le général Georges, le commandant en chef confirme, le 15 avril, la mission donnée à la VIlème armée, « car il lui paraît impossible d'abandonner systématiquement la Hollande à l'Allemagne ».


Ce fil est à présent verrouillé et sera accessible dès 21h00 le vendredi 16 décembre.
N'oubliez pas notre quiz mensuel lié au thème de la soirée débats. Ce quiz sera mis en ligne dès le jeudi 15 décembre à 21h00.
Bien amicalement
Pour l'équipe du forum
Prosper ;)
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:00

Chers ami(e)s le débat est ouvert.
Dois-je vous en rappeler le thème?
La manœuvre DYLE-BREDA - 10 mai 1940.
Voici une analyse reçue de Vincent Dupont dont la source est le livre de Bruno Chaix "En mai 1940, fallait-il entrer en Belgique?"

AVANT LA NEUTRALITE BELGE
(Résumé de la situation)

Le plan D de 1933 prévoit quatre grandes unités pour pénétrer en Belgique : la 1ère armée se porte vers Bruxelles pour étayer le dispositif belge au nord de la Meuse. La 2e armée agit vers Huy, au sud du Sillon. Le détachement d’armée des Ardennes (DAA) fait mouvement vers Arlon pour couvrir l’aile gauche de la région fortifiée de Metz. Le corps de cavalerie (CC) poussé sur Saint-Vith, assure la liaison entre la 2e armée et le DAA. Enfin une armée réservée, la 7e à Reims, peut agir dans le sud des Ardennes au profit du CC et du DAA. L’engagement d’une soixantaine d’escadrilles aériennes, coopération, chasse et bombardement assure leur appui. Ce dispositif doit pouvoir s’opposer à un effort allemand prononcé aussi bien au sud qu’au nord du Sillon meusien. […] A cette date, une pénétration ennemie par les Ardennes est bien envisagée et on ne peut pas parler d’un « dogme » concernant l’imperméabilité des Ardennes ou le caractère astratégique de ce massif. L’effort adverse est surtout attendu dans le sud, en direction d’Arlon, « pour tourner notre ligne fortifiée ». Une action en direction de Dinant est aussi jugée possible. De même, une progression en direction de Sedan, par la forêt des Ardennes, n’est pas écartée. Toutefois, c’est la zone retenue pour y effectuer des « destructions massives » et où coulent Meuse, Sémois et Chiers ; le fameux « fond de poche » où l’ennemi viendrait buter.
Dans son exposé devant la Commission de l’armée au Sénat en 1934, le maréchal Pétain ne dira pas autre chose : « il y a les forêts des Ardennes. Elles sont impénétrables si on y fait des aménagements spéciaux… Si l’ennemi s’y engage on le repincera à la sortie des forêts. Donc ce secteur n’est pas dangereux. » Cette phrase, tronquée et étendue à l’ensemble des Ardennes, est souvent citée pour accabler le maréchal Pétain. Pourtant, le point de vue est raisonnable, à condition de réaliser les destructions étendues, spécialement en Belgique et de prévoir des moyens suffisants pour « pincer l’ennemi » au débouché des forêts, sur la Meuse ! En 1934, un exercice de cadres de la 2e région (Amiens) étudie la défense de la Meuse de Dinant à Sedan face à une attaque brusquée allemande, hypothèse redoutée du général Weygand. Le compte rendu d’exercice insiste sur les possibilités d’action rapide à travers les Ardennes qui disposent « d’un réseau de routes plutôt riche et bien entretenu ». Il montre aussi les difficultés tactiques que pose la défense de la Meuse et de la Sémois avec leurs méandres et leurs nombreux points de passage, ponts, gués, écluses et barrages. (Voir SHD-DAT 7N3701, un dossier est consacré aux enseignements de cet exercice) Cet avertissement touche aussi le grand public : faisant écho aux enseignements de cet exercice, la Revue des deux mondes du 15 décembre 1934 publie un article du commandant Laffargue, signé ***, dénonçant les risques d’une attaque brusquée à travers les Ardennes : « n’est-il pas logique, dans ces conditions, de prêter aux Allemands un nouveau rêve… qui voit des avant-gardes se jeter sur la Meuse dégarnie, dans un raid de cent kilomètres à travers la silencieuse Ardenne, et puis un flot venant d’Allemagne, s’épandant progressivement dans les vastes plaines du Nord en rejetant devant lui comme des épaves, des divisions à peine cohérentes étalées à la hâte en travers de son chemin ? ».

La défense de la frontière du Nord devant être assurée en Belgique, le programme de fortifications de 1929 n’avait pratiquement rien prévu au nord de Longuyon. Mais l’annonce des travaux engagés sur la ligne Maginot ne manque pas de provoquer un malaise dans les populations du Nord, qui n’ont pas oublié l’occupation de 14-18 et se sentent menacées. Un crédit spécial de 250 millions est envisagé en 1932 mais le CSG se prononce contre cette dépense qui pourrait démotiver l’ « Allié » bien que Weygand et Gamelin, au courant des faiblesses de l’armée, aient soutenu le projet. En 1933 le projet et repris par Weygand, soutenu par Daladier et obtient la construction de quelques ouvrages mais c’est bien en Belgique que dans le cas d’une attaque allemande, l’état-major prévoit de bloquer l’adversaire.

A partir de 1935, un nouveau plan, le D bis, entre en vigueur. Son volet « intervention en Belgique » tient compte de l’augmentation des forces allemandes et des progrès de leur motorisation. Il répond aussi aux souhaits des Belges d’obtenir un renforcement rapide sur la Meuse de Liège et tire les conséquences de leur abandon des Ardennes. L’hypothèse Belgique est considérée comme la plus vraisemblable en raison des possibilités de déploiement qu’elle procure à des masses ennemies importantes. En fonction des circonstances et des délais disponibles, les forces françaises engagées dans la plaine belge s’appuieront à la Meuse de Huy et Liège ou bien, en cas d’attaque par la Hollande, hypothèse qui retient de plus en plus l’attention, elles tiendront la position Namur, Louvain, Anvers. Dans les Ardennes l’intervention aura pour but, au mieux la ligne Liège-Bastogne, au minimum la Meuse de Dinant à Namur. Enfin, si les armées françaises doivent se borner à couvrir le sol national, elles se porteront seulement à hauteur d’Arlon – la Sémois et sur l’Escaut d’Audenarde. Pour assurer ces missions, le plan D Bis modifie l’articulation des forces engagées et la portée de leur intervention. La 1ère armée, renforcée du CC, est toujours orientée vers la plaine belge mais son secteur s’étend au sud du Sillon. La 2e armée est maintenant prévue « dans la partie vitale de Montmédy à Sedan, face à la direction Stenay-Gérolstein ». Elle reste initialement derrière la Meuse de Sedan mais pousse sa cavalerie vers Bastogne. La liaison entre ces deux armées est assurée par le détachement d’armée des Ardennes, disposé initialement dans le fond de la poche que marque la Meuse de Sedan à Dinant. Il doit porter ses GU sur la Meuse de Dinant, n’envoyant au-delà que sa cavalerie. La 7e armée est en réserve dans la région de Reims, comme dans le plan D.

En 1936, quelques vingt mois de travaux au niveau des états-majors français et belge ont apporté une certaine cohérence pour l’engagement des deux armées. Pour autant, il ne s’agit pas d’un plan commun et beaucoup de problèmes de coordination ne sont pas réglés. Certains sont occultés, d’autres n’ont reçu que des réponses superficielles ou discutables, tous vont évoluer et devront être actualisés. Néanmoins, l’essentiel de ces plans et les lacunes décelées vont demeurer comme figés malgré une évolution considérable des situations pendant la période 1936-1939.

1936 est une année capitale : l’entrée des troupes allemandes dans la zone démilitarisée rhénane et surtout l’absence de réaction efficaces de la part de la France et de la communauté internationale ont des conséquences catastrophiques. Un avantage stratégique considérable est perdu dans la mesure où les forces allemandes se trouvent en contact des frontières françaises et belges. Sur le plan diplomatique, la politique de non-intervention de la France et de la Grande-Bretagne laisse les mains libres à l’Italie en Ethiopie, l’Espagne voit un pronunciamiento arriver, et Hitler réinstaure un service militaire qui porte les effectifs de l’armée allemande en temps de paix au double de ceux de l’armée française. L’armée réfléchi à tout ces évènements et commence à repenser sa copie sur le plan de l’armement (grâce aux crédits que fait voter Blum) et de sa stratégie.

La politique belge de neutralité armée

A la fin de 1935, le ministre belge de la défense, Devèze, estime urgent de faire passer le service militaire de 8 à 18 mois et d’obtenir des crédits pour moderniser l’équipement et les fortifications. Il prépare dans ce but une loi militaire et du coup, relance le débat politique sur les problèmes de défense. L’opposition flamingante et socialiste y trouve l’occasion de reprendre ses critiques sur l’accord militaire de 1920. Le gouvernement belge demande donc à nouveau à la France son abrogation. Paris refuse d’abord mais craignant que Bruxelles dénonce unilatéralement l’accord, il doit accepter son remplacement par un échange de lettres le 6 mars 1936. Celles-ci font référence aux engagements du traité de Locarno qui lient la Belgique et la France en confirment le maintien d’un contact entre les états-majors. La crise provoquée le lendemain par l’entrée des troupes allemandes en Rhénanie, enlève toute crédibilité au traité cité et ouvre une période d’instabilité internationale. A cette occasion, les deux « alliés privilégiés » de la Belgique, France et Grande-Bretagne, font preuve de leur absence de volonté politique et de la faiblesse de leur potentiel militaire.
La Belgique se sent isolée et vulnérable, c’est cette situation qui lui impose un nouvel examen de sa politique étrangère. Avec les élections qui suivent la politique de défense deviendra un thème majeur, le discours tenu par le gouvernement Van Zeeland pour une « politique étrangère exclusivement et intégralement belge » fait son chemin. Pour la France le problème de la « défection » de la Belgique a deux aspects : celui du nouveau statut belge et des garanties à en attendre, celui des contacts d’états-majors destinés à préparer une assistance éventuelle. Finalement sous la pression de la Grande-Bretagne, une déclaration franco-britannique est publiée le 24 avril 1937. Faisant état de la volonté de la Belgique d’assurer sa défense, celle-ci est déliée de ses obligations résultant de Locarno. Malgré tout, France et Grande-Bretagne, maintiennent leur engagement d’assistance. Le 13 octobre, l’Allemagne publie une déclaration presque identique à celles des Franco-britanniques. Cette déclaration assure aux Allemands, à peu de frais, la sécurité de leur frontière avec la Belgique, tant que cela leur sera utile ! Les contacts d’états-majors sont aussi le sujet de discussions difficiles. Leur intérêt est contesté à Bruxelles, en particulier par le roi qui estime que « les accords d’états-majors ne peuvent que nous compromettre au politique, sans nous être nécessaires au militaire ». Ils sont finalement abandonnés sous une forme officielle. Les relations seront limitées à des échanges secrets entre l’attaché militaire et le chef d’état-major, le général Van den Bergen qui ne peut ignorer l’assistance éventuelle française et n’a pas les préventions du « Palais ». Ces relations cordiales se poursuivront jusqu’à la guerre mais elles ne dépasseront jamais le stade d’échange d’informations.

L’engagement britannique sur le continent

Bien que les Britanniques, sous prétexte de leur politique de non-intervention, aient pendant toutes les années 1920 refusé d’envisager une participation militaire en cas de guerre, l’invasion de l’Ethiopie en 1935 les fait réfléchir. En mars 1936 la crise se déplace aux frontières franco-belgo-allemandes et les britanniques commencent à discuter de l’envoi d’un corps expéditionnaire en cas de conflit, mais les discussions de mars 1936 sont peu concluantes. Après l’Anschluss le gouvernement britannique demande la reprise des contacts d’états-majors, particulièrement dans le domaine aérien. Ils ne souhaitent pas s’engager en Europe mais souhaitent avant tout assurer la sécurité de leurs îles. Tout change au début de 1939. Londres qui craint de plus en plus une invasion en cas de guerre, demande à approfondir les entretiens entre d’états-majors. Parallèlement la Grande-Bretagne met en place des mesures pour renforcer son armée et équiper environ 32 divisions. Fin avril 1939, par le biais d’une décision rendant l’entraînement des réserves obligatoires, la conscription est rétablie. Enfin le corps expéditionnaire (BEF) est porté initialement à 2 corps comprenant 4 divisions motorisées. 3 ou 4 nouvelles divisions d’infanterie et 2 divisions blindées viendront le renforcer ultérieurement. Il disposera en propre d’un élément aérien.

L’engagement britannique se précisant de semaines en semaines, les problèmes de stratégie opérationnelles sont posés. Une stratégie défensive est adoptée. Ce choix correspond d’ailleurs mal aux accords passés au même moment avec le Polonais lors d’entretiens tenus séparément par les états-majors. Il est vrai que l’état-major français n’envisage qu’avec réticences une offensive limitée en Sarre. Quant aux britanniques ils sont surtout préoccupés par les Pays-Bas et la Belgique dont les ports, si ils tombaient aux mains de l’Allemagne, exposeraient gravement ses lignes de communication. Sur le plan opérationnel, les « alliés » s’accordent sur une intervention face à une invasion qui porterait sur la Hollande et la Belgique. Ainsi, faute de connaître les plans belges, la seule solution à adopter consiste à organiser une ligne initiale de défense sur l’Escaut, éventuellement, « à intervenir sur une position Anvers-Bruxelles-Namur dans l’hypothèse où il aurait été possible d’organiser une telle position en temps utile ». Le corps expéditionnaire est alors vaguement envisagé dans l’organisation des opérations, tantôt sur l’aile gauche tantôt en réserve.


APRES LA NEUTRALITE BELGE

Les plans d’intervention en Belgique

A la fin du mois d’août 1936, le désengagement belge se précise et le général Gamelin s’en inquiète. Il annote un projet de renforcement des forces mobiles destinées à intervenir en Belgique, présenté par l’EMA : « très beau mais songeons à nous d’abord ! Nous n’allons pas risquer en pointe, à l’appui d’une armée belge qui s’abandonne, une part importante de nos forces les plus précises ». En octobre, sitôt informé de la déclaration royale, il en tire les conséquences dans une note détaillée. Il constate d’abord que si l’Allemagne viole la neutralité belge, la Belgique seule ne peut faire face à une attaque allemande et que l’invasion de son territoire serait très préjudiciable au bloc franco-anglais. Même si l’Allemagne respectait la neutralité belge, elle pourrait rechercher une décision, loin du centre de gravité de nos forces, en Lorraine ou en Suisse ou bien, appuyée sur ses fortifications, nous interdire de déboucher vers le Palatinat au profit de nos alliés d’Europe centrale ou orientale. Il en conclut que nous devons prolonger notre système fortifié jusqu’à la mer du Nord et dans le Jura et modifier nos plans. Mais, bien dans sa manière, il ajoute un paragraphe remettant en cause ses premières conclusions : « les souvenirs d’une lutte fraternellement soutenue et notre intérêt commandent de ne pas laisser les Allemands s’installer en Belgique et d’être prêts à répondre à un appel fut-il tardif ». Cette ambiguïté transparait aussi dans plusieurs déclarations : « l’intervention de la Belgique n’est intéressante que si les Belges font appel à nous avant l’agression. S’ils attendent d’être attaqués, nous arriverons trop tard » (Gamelin devant le CSG le 15 octobre 1936). « Si les Belges ne nous appellent que lorsqu’ils seront envahis, ce sera trop tard… ce serait folie de jeter nos forces en Belgique dans ces conditions » (Gamelin au rapport de l’EMA le 6 avril 1937). « La Belgique risque de nous appeler tardivement et ainsi compromettre notre intervention » (Notes EMA/B3 du 7e mars 1938).
Finalement le général Gamelin se plaît dans les situations floues, voit un avantage à l’absence de contacts d’états-majors et de plans combinés car il devient tout à fait libre de choisir sa manœuvre et la portée de son intervention : « Nous sommes libérés d’une charge qui devenait de plus en plus lourde… Ne prenons aucun engagement que nous ne puissions tenir, nous ne ferons que ce que nous pourrons, c'est-à-dire peu de choses. La Belgique s’est condamnée à être un champ de bataille ». L’état-major s’accommode aussi de cette absence de coopération. Ses membres ont peu de considération pour l’armée belge, comprennent mal les positions politiques du pays et n’apprécient pas – sans dramatiser – les mesures militaires prises ostensiblement contre la France. Ils auront donc tendance, forts de leurs certitudes « parisiennes », à monter leur manœuvre de leur point de vue et à ignorer les réalités et intentions belges, connues ou supposées. Ambiguïtés et incertitudes se retrouvent donc dans le plan E mis au moins en 1937.

Le plan E et sa variante Belgique

Le plan E conserve les idées directrices du plan précédent. Il s’agit de constituer rapidement un front défensif initial en s’appuyant sur les organisations existantes. On pourra ensuite soit déclencher les offensives prévues, soit améliorer la situation du front initial, puis le moment venu, passer à la contre offensive. Les 8 armées et le DAA échelonnées de Dunkerque à Nice, ont donc pour « mission fondamentale » de tenir la PR nationale et d’assurer la continuité de l’obstacle et du feu. Ensuite pour donner de la profondeur à la position, on organisera une deuxième ligne dite de barrage. Le plan prévoit aussi une offensive en Sarre, seule direction jugée convenable, pour fournir l’aide indirecte promise à nos alliés de l’Est. En 1938, c’est la Tchécoslovaquie. Une directive du général Gamelin de juin 1938 en définit les conditions. Avant d’engager le gros de nos forces – 4 à 6 armées – des opérations préliminaires conduites « avec un minimum de forces » consisteront à « prendre le contact » des organisations défensives allemandes en Sarre… Il est clair que le cœur n’y est pas. En mai 1939, cette offensive est envisagée en soutien de la Pologne. L’instruction correspondante du général Georges planifie l’engagement d’une douzaine de divisions mais minimise la portée de l’action et multiplie les précautions.
La variante Belgique du plan garde aussi la forme générale du plan D bis mais gagne en prudence. Les forces prévues à la frontière franco-belge participent en premier lieu à la défense de la PR nationale. Leur intervention en Belgique, qui suppose la demande d’aide par les Belges, peut revêtir les trois formes déjà envisagées : une simple avancée de la PR sur l’Escaut de Condé à Audenarde, où la liaison est prise avec les Belges du réduit de Gand ; un aménagement du dispositif précédent, comportant une avancée de la PR sur la Meuse de Dinant en vue de supprimer le redan de Chimay ; enfin, une intervention profonde portant le front soit sur le canal Albert soit sur la position Anvers-Namur, flanquée dans les Ardennes par une action de cavalerie. Le dispositif du plan précédent est conservé. Deux armées (1ère et 2e) et le Détachement d’armée des Ardennes (DAA) sont déployés initialement sur la PR nationale. Une autre armée, la 7e, est conservée en réserve entre Arras et Reims. La 1ère armée qui tient la PR de la mer à Trélon est chargée de l’intervention au Nord du Sillon, soit sur l’Escaut, soit dans la plaine belge. Elle dispose du corps de cavalerie avec les 2 DLM, d’un corps d’armée motorisé à 3 DIM et de 3 DI supplémentaires. Dans le cas d’une pénétration profonde, le plan de la 1ère armée prévoir de porter les DLM dans la région de Tirlemont et d’Hannut, le corps motorisé étant regroupé à hauteur de Bruxelles. Les itinéraires nécessaires à ces mouvements sont situés au sud de la ligne Audenarde, Bruxelles, Louvain, « pour laisser libres ceux reliant les forces belges à leur réduit national Anvers-Gand ». La coopération ne va pas au-delà de cette précaution pessimiste ! La 2e armée défend la PR du Nord de Sedan à Montmédy et intervient en Belgique, en principe avec sa seule cavalerie. Installée derrière la Meuse, elle doit interdire la trouée de Marville à un ennemi débouchant du Luxembourg belge en s’appuyant au « môle constitué par la tête de pont fortifiée de Montmédy. Si l’autorisation de pénétrer en Belgique est donnée, la 2e armée pousse sa cavalerie jusqu’au contact des Belges vers Bastogne-Martelange. Dans certaines circonstances, elle pourrait occuper Arlon avec une division. Pour cela, elle aligne 1 CA, 3 divisions d’infanterie, une division de cavalerie et une brigade de spahis. Le DAA assure la liaison entre les 1ère et 2e armées à hauteur du saillant d’Hirson. Il défend la PR, sur la Meuse de Donchery à Revin, puis le long de la frontière, jalonnée par Rocroi, Anor et Trélon. En cas d’intervention profonde en Belgique, il porte sa cavalerie à l’est de la Meuse en direction des forces belges et sa PR sur la Meuse de Dinant. Il peut aussi avoir à occuper la ligne Philippeville-Givet pour raccourcir le front entre Maubeuge et Givet. Il dispose d’un CA motorisé, de 3 DI dont 1 motorisée, d’une division de cavalerie et d’une brigade de spahis.


Je vous souhaite une bonne soirée et grand merci pour votre participation.
Prosper ;)
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:04

Les débats sont ouverts !!!!!
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:05

Cette manoeuvre fut une faute capitale de Gamelin, nous privant de la VIIème armée groupée autour de Reims. Faut-il y voir les méfaits de la syphilis ou bien encore, une influence trop anglaise sur la conduite des opérations ? Je me le demande encore...


 

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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de Prosper Vandenbroucke  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:12

Voici en fichiers joints 3 cartes relatives à cette manœuvre.
Fichiers joints
Plan ESCAUT - 1939.JPG
Plan ESCAUT - 1939.JPG (30.55 Kio) Vu 3554 fois
Dispositif DYLE de la 1ère Armée.JPG
Dispositif DYLE de la 1ère Armée.JPG (24.81 Kio) Vu 3554 fois
Plan DYLE-BREDA - 1940-1.JPG
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Jumbo  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:13

Est-ce qu'un des problèmes posé à l'EM français n'était pas l'incertitude concernant la capacité de résistance de l'armée belge? D'ou une certaine tergiversation...
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:17

Gamelin dans son ouvrage "SERVIR" écrit :
<<personnellement, je comptais en Belgique des amitiés nombreuses, même des cousinages et que j'ai entretenu avec le commandement belge les relations les plus cordiales et franches >>
Gamelin soutenait que Belgique et Hollande font partie d'un système militaire cohérent franco-britannique.
La dictature c'est "ferme ta gueule", et la démocratie c'est "cause toujours".
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Jumbo  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:20

D'après l'introduction de Prosper, la course vers la Hollande consistait surtout à "récupérer" les 10 divisions de l'armée hollandaise...
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de dynamo  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:25

Comme le souligne Bruno, il y a aussi une volonté britannique de couvrir les rivages de la mer du Nord afin de protéger les ports et de pousser le plus loin à l'Est afin de permettre à l'aviation de se rapprocher de la frontière allemande et de la concentration industrielle de la Rhur.
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Re: La manœuvre DYLE-BREDA

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 16 Déc 2011, 21:27

Je me demande si c'est pertinent, parce que les Hollandais avaient prévu de se retirer sur leur réduit central qui couvrait surtout la province de Hollande. En gros, Amsterdam et La Haye. Si les Français pouvaient ouvrir une liaison au sud, tant mieux. Mais ça n'était visiblement pas la préoccupation principale des Hollandais. D'ailleurs, les contacts d'état-majors furent encore plus rares, je crois, qu'avec les Belges...


 

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