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La Bataille des Ardennes - le débat.

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MODÉRATEUR: Prosper

La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 10:47

juin1944 a écrit:bonjour à tous, voici les deux documentaires que nous vous proposons. Ils sont malheureusement en Anglais mais toutefois très intéressants. Si tout va bien, SK devrait nous proposer une petite synthèse en Francais
http://fr.youtube.com/watch?v=UPj4MazUHbE

http://fr.youtube.com/watch?v=yTZQUYnrXQQ

top départ de la soirée à 21 h 00. Nous vous attendons nombreux

Bonsoir,

Avant de débuter ce débat, je voudrais m'excuser car par manque de temps suite à divers problèmes, je n'ai pas eu le temps de préparer cette soirée comme je l'aurais désiré. Pour l'introduction à ce débat, j'ai demandé à mon ami Guy Blockmans de l'O.P.T. Wallonnie-Bruxelles, l'autorisation de me servir de ses informations.
Bonne soirée à tous.

INTRODUCTION HISTORIQUE

Le débarquement allié du 6 juin 44, en Normandie, fut une défaite psychologique pour l’armée allemande.

Avec un minimum de pertes humaines, par rapport aux prévisions, les Alliés vont réussir, en quelques jours, un débarquement massif d’environ 150.000 hommes.

Plus d’un mois après le débarquement, près d’un million de soldats alliés sont au combat en Normandie. Commence alors la percée au travers de la France d’abord et de la Belgique ensuite.
Au centre, la 1ère Armée américaine du Général Hodges, à sa droite, la 3ème Armée américaine commandée par le Général Patton et, à sa gauche, la 2ème Armée britannique avec à sa tête le Général Dempsey.

Paris est libérée fin août. Tournai, Bruxelles et Anvers le sont par les troupes britanniques début septembre; Mons, Namur, Liège et l’Ardenne, dans le courant du mois de septembre, par les divisons américaines.
Après un repli précipité, les unités allemandes établissent leurs défenses derrière la ligne Siegfried. La 1ère Armée de Hodges réussit malgré tout à s’emparer d’Aix-la-Chapelle tandis que la 3ème Armée de Patton se prépare à envahir la Sarre.

Entre les deux fronts, estimant que le terrain difficile et les conditions hivernales vont dissuader l’armée allemande de lancer une attaque en Ardenne, le Général Eisenhower, Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe (S.H.A.E.F.) décide de temporiser et de prendre le risque « calculé » d’affaiblir le secteur. L’Ardenne est, dès lors, considérée comme un secteur où viennent se reconstituer les divisions américaines.

Entre-temps, le Président américain Roosevelt pense à la conférence de Yalta avec Staline qui, en février 45, partagera l’Europe en deux zones d’influence. De plus, des divergences de stratégies existent entre les commandements américain et britannique, Eisenhower souhaitant envahir l’Allemagne au départ de l’ensemble de la ligne de front et Montgomery exigeant une percée vers Berlin au départ des Pays-Bas.

Période de répit que met à profit le Haut Commandement allemand pour établir les plans d’une offensive de grande envergure. Il s’agit de foncer au travers de l’Ardenne, franchir la Meuse, reprendre la ville d’Anvers et ses infrastructures portuaires afin d’empêcher l’acheminement du ravitaillement et des renforts aux armées alliées, isoler l’armée britannique de l’armée américaine, contraindre l’une et l’autre à capituler et obtenir ainsi la signature d’une paix séparée sur le front ouest.

L’armée allemande pourrait alors être transférée sur le front de l’est afin d’arrêter la progression de l’armée russe.
Toutefois, le succès de l’offensive va dépendre de plusieurs facteurs : un plafond bas et de longues durée afin d’empêcher l’intervention de l’aviation alliée, une percée initiale rapide avec capture des dépôts d’essence des alliés, le contrôle des importants nœuds routiers et ultérieurement l’élargissement de la brèche.
Suivant les plans décidés par le Haut Commandement allemand, « l’effort principal » de l’offensive sera assuré par la 6ème Armée blindée de Sepp Dietrich qui devra traverser les crêtes d’Elsenborn et franchir la Meuse entre Huy et Liège.
La 5ème Armée blindée commandée par le Général Baron Hasso von Manteuffel, reçoit pour objectif de s’emparer des importants nœuds routiers de St. Vith et de Bastogne, traverser la Meuse entre Dinant et Andenne et progresser vers Anvers en passant par Bruxelles.
Le flanc nord de l’offensive sera couvert par la 15ème Armée de von Zangen. Sur le flanc sud, la 7ème Armée du Général Brandenberger devra faire face à toute contre-attaque éventuelle du Général Patton et de sa 3ème Armée américaine.

Afin de créer la confusion, des groupes spécialement entraînés devront entretenir la méfiance et la suspicion parmi les troupes américaines. Ce sont des commandos du Colonel Otto Skorzeny qui, revêtus d’uniformes américains et utilisant du matériel pris au GI, devront s’emparer des ponts de Huy et d’Amay afin d’assurer le passage des colonnes blindées allemandes.
Pour s’opposer à tout renfort américain venant du nord et se dirigeant vers la zone des combats, il est prévu que le Colonel von der Heydte et ses 800 parachutistes sauteront sur les Hautes Fagnes et contrôleront le carrefour routier de la Baraque Michel.
Pendant des jours, voire des semaines, de nuit, sans contact radio, par la route et par chemin de fer, de Montjoie à Echternach, le commandement allemand achemine et déploie près de 250.000 hommes, 600 chars et canons d’assaut ainsi que 1.900 canons et obusiers.
Après plusieurs reports successifs, c’est finalement le 16 décembre 44, à 5h30 du matin, dans le froid et le brouillard que débute, sur un front de 125 km, l’offensive allemande baptisée du nom de code « Wacht am Rhein » (Garde au Rhin) et qui plus tard sera appelée « Bataille des Ardennes » ou encore Bataille du Saillant.

Un déluge de feu s’abat sur les avant-postes américains, suivi par l’assaut des unités d’infanterie et la percée des colonnes blindées.
Se rue ainsi vers la Meuse la 6e Armée blindée de Dietrich formée notamment de la 1. Panzer SS «Leibstandarte Adolph Hitler », de la 12. Panzer SS « Hitler Jugend », de la 2. Panzer SS « Das Reich » et de la 9. Panzer SS « Hohensstaufen », ainsi que des Volksgrenadier Division.
Sur sa gauche, progresse la 5e Armée blindée de von Manteuffel avec la 2. Panzer, la 9. Panzer, la Panzer Lehr, la 116. Panzer et la Führer Begeleit Brigade, et quelques Volksgrenadier Division.

Pour les américains il y a les 2e et 99e divisions d'infanterie appartenant au V Corps du Général Gerow et des 106e, 28e et 4e divisions d'infanterie ainsi que des unités de la 9e division blindée faisant partie du VIII Corps du général Middleton, soit environ 80.000 hommes, la surprise est totale. Les unités sont ébranlées, les défenses sont enfoncées à plusieurs endroits, mais la résistance s’organise.
Quant aux troupes britanniques basées aux Pays-Bas, elles s’entraînent pour leurs prochaines campagnes sur le sol allemand tout en pensant déjà à Noël qui approche.

Cette carte montrant les positions allemandes et américaines au 15 décembre 1944 vous aidera certainement à mieux comprendre la situation sur le front des Ardennes.

Image


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 10:54

juin1944 a écrit:Bonsoir à tous,
voici mes questions:

1 - lorsque l'on voit la progression du Kampfgruppe Peiper, ne doit on pas en déduire qu'une énorme erreur stratégique à été commise en engageant des Koënigstiger dans des sentiers encaissés alors que ce blindé était conçu pour une utilisation en profondeur ?

2 - Quelle était la réelle valeur combattante des Volksturm Divisionen ? Quelle furent leurs réactions là où elles furent engagées ?


1) En effet, ces fameux chars lourds avaient beaucoup de problèmes sur les routes étroites empruntées par le KG Peiper malgré l'utilisation de deux itinéraires. C'est seulement à partir du 17 décembre en soirée et durant la nuit que ces blindés lourds rejoindront la pointe de l'attaque du KG Peiper qui se trouvait à ce moment-là en attente dans le petit hameau de La Vaulx Richard. Ces blindés lourds participeront à l'attaque matinale sur Stavelot le 18 décembre 1944.

2) Je pense que ces divisions n'ont pas été d'une grande utilité dans la bataille des Ardennes, elles étaient là pour faire le nombre car mal équipées. Une petite anecdote à ce sujet: Cela se passe à la Baraque de Fraiture dans la soirée du 20 décembre. Le caporal J. Schaeffner du 589e FAB est dans un avant-poste sur la route Manhay-Houffalize (300 mètres au-delà du carrefour de la Baraque de Fraiture) Vers minuit, il entend des bruits bizarres. La visibilité était extrêmement réduite accentuée par un brouillard intense. Ces bruits provenaient d'une douzaine de soldats allemands qui se déplaçaient sur des vélos. Un tir intense fut dirigé dans cette direction et selon J. Schaeffner, il n'y eut aucun survivant parmi ces Allemands..

A+


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 10:55

Prosper Vandenbroucke a écrit:Bonsoir,
voici les miennes également:

1) Selon vous, est-ce que "la petite solution" c.a.d. une attaque localisée venant d'Aachen et visant Maastrich et et Liège en premier lieu, solution d'ailleurs proposée par les généraux, mais refusée par Hitler, cette solution aurait-elle eu plus de chance d'aboutir ?

2) En voulant absolument prendre Bastogne, et de ce fait maintenir une certaine partie des troupes dans cette région, le commandement allemand a-t-il compromis le reste de l'offensive, tout en sachant que dans la région de Manhay, Lierneux, Trois-Ponts l'attaque allemande était contenue ?

3) Eisenhower et Bradley avaient accepté le "risque" de dégarnir l'Ardenne.
4 Divisions pour garder les 120km qui séparent la trouée de Losheim et Echternach au Grand Duché c'est bien peu. Les dépots alliées y sont d'ailleurs peu nombreux.
Mais après coup, Bradley parle d'un "risque calculé"
Etait-ce si calculé que cela d'après-vous?
Amicalement
Prosper ;)


1) Je pense que la petite solution n'aurait pas eu plus de chance de réussir car il y avait trop de troupes américaines massées dans la région d'Aachen.
Dans cette région se trouvaient, la 3e Blindée, la 30e d'Infanterie, la 7e Blindée n'était pas très loin, et la 104e d'Infanterie était dans la région de Stolberg.

2) Oui, le commandement allemand a compromis le reste de l'offensive en s'acharnant sur la prise de cette ville mais je pense que pour le Haut commandement allemands, la prise de Bastogne aurait été une grande victoire qui aurait pu servir une fois de plus la propagande.

3) Bradley et Eisenhower ont pris le risque de ne pas tenir compte des renseignements qu'ils recevaient des services de renseignements, de prisonniers allemands, de civils et des quelques patrouilles qui ramenaient des informations intéressantes. Le seul à tenir compte de ce qu'il recevait comme info était Patton. Il avait des plans pour répondre à n'importe quelle attaque de l'ennemi et je pense sincèrement que c'est en grande partie grâce à lui que la Bataille des Ardennes fut gagnée par les Alliés.

A+


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 10:58

Litjiboy a écrit:Mes questions :
1) les allemands y croyaient-ils vraiment en déclanchant cette offensive?
Si oui, est-ce que cela peut expliquer les massacres gratuits perpétrés contre les civils (aucune impunité)?
Si non, pourquoi cette rage lors de certaines batailles au lieu de se rendre?
2) Comment les troupes US ont-elles pu se laisser surprendre par cette attaque?
Merci d'avance, Henri
Laurent


1)En me référant uniquement à la 1.SS Division, je pense que ces soldats là croyaient à la victoire. Ils avaient reçu des directives selon lesquelles ils ne devaient pas avoir de pitiés pour ceux qui se trouvaient sur leurs routes, ils devaient semer la terreur. C'est ce que cette unité a fait dès son arrivée à Honsfeld, le 16 décembre. La suite vous la connaissez.

2)Les troupes US ont été surprises par l'attaque mais cela est la conséquence d'un manque d'informations reçues, concernant le déplacement des troupes allemandes en préparation de cette offensive des Ardennes. Les unités allemandes se déplaçaient exclusivement de nuit, les communications radios étaient interdites.
C'est à la suite du manque de sérieux de Bradley et Eisenhower concernant les renseignements reçus de différentes sources que cela fut une surprise pour une partie des hommes qui étaient sur le terrain..

A+


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 10:59

hilarion a écrit:Charles Whiting dans son livre Mort d'une division (Dans l'enfer du Schnee Eifel en décembre 1944) fait reposer une grande partie du désastre des Ardennes sur le général Jones et sur la 106th Infantry division reglement de compte ou réalité.
Le 423 rd Infantry régiment va se rendre aux Allemands le mardi 19 décembre 1944, les colonels Descheneaux et Cavender vont devenir les boucs émissaires, puisqu'une partie de leurs hommes vont leur reprocher leur attitude et surtout cette réddition. Stratégiquement parlant le commandement américan n'a t il pas fait une erreur de stratégie en laissant encercler ses régiments là bas et en ne donnant pas assez tôt un ordre de repli.



Whiting ne fait que reprendre ce que pensaient le Général Clarke (7e Blindée) et le malheureux Colonel Devine sur qui la responsabilité de cette débâcle fut portée.
Jones a probablement fait des erreurs mais, à sa décharge, il faut signalé que sa division, la 106e est arrivée sur place le 10 décembre 44 en reprenant poste pour poste les positions de la 2e division d'infanterie. Aucun plan de riposte n'avait été dressé par le commandant de la 2e division en cas de contre-attaque ennemie. Mais Jones aurait pu le faire en écoutant ce que le Colonel Devine avait à dire sur le sujet.
Il serait bien de voir ou revoir le rôle joué par le 14e Groupe de Cavalerie dans cette région et pour cela je pense qu'il serait peut-être intéressant de publier dans un prochain histomag le récit sur le 14e de cavalerie: viewtopic.php?f=37&t=14792 et qui se trouve actuellement dans la rubrique: LA MEDIATHEQUE DU FORUM : CENTRE DE DOCUMENTATION

J’ajouterai qu’il y a bien DEUX régiments de la 106ème à s’être rendus : le 423ème et le 422ème .
Le rôle du Général Clarke dans cette affaire, a, par ailleurs, été fort controversé ultérieurement par une partie des militaires américains ; selon certains, il aurait pu sauver les deux régiments de la reddition et ne l’a pas fait par incompétence. Comme Clarke est devenu ultérieurement Chef d’Etat Major de l’Armée US, les rumeurs concernant sa supposée incompétence ont été vite éteintes et toute la responsabilité est retombée sur les « malheureux » Cavender et Descheneaux qui ont même dû subir l’ostracisme des autres officiers dans les offlags.

A+


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 11:00

euskal herria a écrit:bonsoir tout le monde!!!
voici ma question
y a t'il eut des unités françaises dans la bataille des ardennes, et peut on dire que l'offensive allemande sur strasbourg fait partie de la bataille des ardennes ?


L'offensive allemande sur Strasbourg ne fait pas partie de la Bataille des Ardennes.
Bien que certains historiens essayent de lier les deux offensives et l'appeler
"ARDENNES-ALSACE" L'offensive en Alsace porte le nom d'opération NORDWIND et débute le 31 décembre 1944.
Voici un lien qui devrait être intéressant pour toi:
http://www.history.army.mil/brochures/ardennes/aral.htm


Pour la Bataille des Ardennes c'est l'opération WACHT AM RHEIN qui débute le 16 décembre 44

Il y eut bien une unité française engagée dans la Bataille des Ardennes proprement dite ; il s’agit du 4 Bn Para SAS qui fut engagé dans la région de Saint-Hubert.
Cette unité S.A.S fut attachée à la 87e division d'infanterie du 4 au 14 janvier 45 et à la 17e Airborne division du 15 au 25 janvier 1945.
Voici une partie d'un message posté sur ce forum par Hilarion en date du 7 septembre 2008.

Fin novembre 44, le commandant Pierre Puech-Samson prend le commandement du 4e SAS. Tandis que les hommes se préparent à fêter Noël, ils sont soudain placés en état d’alerte et le 24 décembre au matin, ils prennent la direction de Sedan puis des Ardennes belges. Les SAS atteignent Bertrix le 25 décembre et sont chaleureusement accueillis par les habitants. Dans des conditions climatiques difficiles, les parachutistes français lancent des patrouilles pour situer les lignes ennemies. Le 12 janvier, le peloton du sous-lieutenant Raufast libère Saint-Hubert puis les hommes poursuivent leur progression vers Houffalize, Steinbach et Limerlée.

A+


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 11:00

jumbo a écrit:Est-ce que le problème du ravitaillement des blindés allemands évoqué dans le film "la bataille des Ardennes",a réellement pesé aussi lourd dans le sort de la bataille, ou est-ce du roman?
Si oui leur solution était basée sur la prise des dépôts alliés et seulement çà ?


En ce qui concerne la 1.SS Division, je ne suis pas certain pour répondre affirmativement malgré que cette unité devait se procurer de l'essence dans les dépôts alliés car la dotation de départ n'était pas ce qu'elle devait être. Dans ses déclarations, Peiper dit qu'il savait où se trouvait le dépôt d'essence à Bullange et il l'a capturé et fait effectuer le plein de ses véhicules.
Il savait aussi qu'il y avait un dépôt non loin de Spa (entre La Gleize et Spa) et là, il fit une timide tentative pour s'en accaparer mais ce fut un échec car les Américains étaient déjà dans le coin et évacuaient ce dépôt.
Quant au dépôt très important de Stavelot, Peiper ne savait pas qu'il existait et je pense qu'il dit la vérité. Il faut bien dire qu'à partir du 19 décembre en soirée, il n'y a plus aucun pont disponible pour amener le carburant à ses blindés. Et s'il avait eu connaissance de ce dépôt dès le 18 au matin, je pense qu'il aurait donné les ordres nécessaires pour s'approprier ce précieux butin.
Pour la 1 SS, ce n'est pas le manque d'essence qui a fait échoué son attaque mais c'est surtout l'intervention de petites unités du génie qui l'on empêché d'avancer plus rapidement et probablement une erreur de jugement de Peiper dans la nuit du 17 au 18 décembre lorsqu'il était à La Vaulx Richard (Y était-il réellement?)

Pour les autres divisions je pense que le problème du ravitaillement étant assez délicat lui aussi, cela aura pesé lourdement sur le sort de la bataille. Je ne sais pas ce que vous en pensez mais l'obligation pour les divisions allemandes de suivre des routes imposées dès le départ devait créer des embouteillages monstres à divers endroits. (C'est ce qui est arrivé)

A+


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 15 Déc 2008, 11:02

PORTIER David a écrit:Bonsoir Henri et toute l'équipe,

Vous voudrez bien me pardonner mais je reste sur mon "cheval de bataille":
Henri, aurais-tu des informations concernant la participation des SAS français et leur apport dans la bataille des Ardennes dans le secteur entre Wavreille et Saint-Hubert puis vers la Barrière de Champlon, Steinbach, Houffalize...
Il est évident que moins de 270 hommes ne peuvent changer le cours de la guerre mais ont-ils tout de même joué un rôle important notamment de reconnaissance pour les Américains, embuscades, harcèlement de l'ennemi?
Merci,
David


Voici ce qu'écrit le capitaine E.A. Fay, officier de liaison britannique à propos des SAS.

Il y a trois phases durant cette campagne en ce qui concerne cette unité.
1) Situation fluctuante, pas de front établi
2) Stabilisation du front
3) Poursuite de l'ennemi en retraite

Une réponse différente pour chacune a été donnée.
Phase 1.
Avec un vaste secteur et beaucoup de route à utiliser, l'unité se présentait sous un meilleur jour. Ce n'était pas à proprement parler un travail S.A.S. mais on en était très près.
C'est durant cette phase que les résultats les plus utiles ont été obtenus, c'est-à-dire détermination exacte du contour apparent de l'ennemi. Certains résultats auraient cependant pu être obtenus par une unité de reconnaissance divisionnaire ordinaire.
Phase 2
Avec un front stabilisé et de nombreuses possibilités d'infiltration, c'est durant cette phase que l'unité a pu remplir son rôle S.A.S par des pénétrations profondes et des sabotages derrière les arrières ennemis, restant en tête de nos troupes en progression.
Le manque de tenue appropriées (froid extrême), le nombre insuffisant de munitions spéciales et le manque de personnel en raison de la mission confiée à l'unité (écran de reconnaissance dans des limites fixées) ne permirent pas aux S.A.S. d'entreprendre leur mission sur une grande échelle. Une ou deux embuscades tendues en forêt de Saint-Hubert obtinrent cependant des résultats.
Phase 3
Elle découla de n'avoir pas su saisir les possibilités offertes par la phase 2
Une fois que le front fut stabilisé et qu'on eut amené d'autres unités, les secteurs furent plus réduits et il devint de plus en plus difficile de s'infiltrer.
Cette phase, durant laquelle la mission de l'unité fut limitée à seconder les reconnaissances aériennes, fut une perte de temps si ce n'est qu'une heure de pratique de combat vaut un livre de théorie.

A+


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 16 Déc 2008, 21:04

Bonsoir à tous, je pense que la soirée peut commencer, 21 heures viennent de sonner


 

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Re: La Bataille des Ardennes - le débat.

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de H Rogister  Nouveau message 16 Déc 2008, 21:06

Daniel Laurent a écrit:Bonjour,
Comme d'habitude, je ne serais pas present car, pour cause de decalage horaire, je ne peux pas me permettre de me coucher a 2 ou 3 heures du matin alors que je bosse le lendemain.

Je n'ai pas de question precise mais une theorie, issue de mon cerveau fertile pollue par trop de lecture de Delpla, a soumettre. Pour ne pas deflorer le sujet, je fais un MP a Henri Rogister en esperant qu'il la trouve assez interessante pour la publier, quitte a la critiquer ensuite.


Bonjour Henri,
Ci-dessous mon texte.

L’offensive allemande dans les Ardennes fut un échec, l’objectif d’atteindre Anvers une illusion et les pertes de la Wehrmacht et de la Waffen-SS, tant en hommes qu’en matériel, très sérieuses à un moment ou le Reich n’en n’avait plus les moyens.

Il est donc tentant de dire qu’Hitler a commis une grossière erreur stratégique et, de par la, de chercher une explication politique comme chaque fois que le Führer est à la manœuvre apparemment dans le mauvais sens.

Constatons que cette offensive a fait du mal aux Alliés et surtout aux Américains. Des morts, des blessés, des prisonniers, du matériel perdu. Mais rien de stratégiquement décisif, il y avait du monde et des dépôts de remplacements derrière. Il y eu aussi les victimes de crimes de guerre mais à un tel niveau qu’il semble évident que ces massacres, Malmedy et les autres, furent tout à fait prémédités et ce a haut niveau. Le nazisme assassine beaucoup mais toujours sur ordre et pour des raisons précises.

Ceci permet d’émettre une hypothèse : Hitler savait parfaitement que cette offensive allait échouer mais il la lance pour montrer aux Alliés occidentaux, qui contrairement à lui et à Staline sont économes du sang de leurs hommes, que l’Allemagne a encore du mordant et que cela va coûter cher, très cher, de franchir le Rhin partout et d’avancer en Allemagne.

Il s’agit de les faire réfléchir au sujet qui obsède Berlin à l’époque : Pourquoi continuer à se battre contre les défenseurs de « la culture européenne face au judeobolchévisme » alors qu’ils feraient mieux de signer une paix séparée avec le Reich et, éventuellement, lui donner un coup de main à l’Est. Hitler savait que l’alliance Ouest-URSS n’allait pas durer et espérait la casser avant que cela ne soit trop tard pour lui.


 

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