Connexion  •  M’enregistrer

Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Cet espace est consacré aux forces aériennes de toute nationalité et aux opérations aériennes durant la Seconde Guerre Mondiale
MODÉRATEUR:coyote

Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de Marc_91  Nouveau message 12 Nov 2024, 19:47

::chapeau - salut:: Bonjour à tous,

Lors de l'apparition du Fieseler Fi-156 "Storch" au Salon de Zürich de 1937 fut une révélation pour la plupart des états-majors, et de très nombreux pays demandèrent à leurs constructeurs aéronautiques des prototypes dotés de performances similaires.

Les exigences de l'état-major français, et du général Vuillemin qui avait examiné le Fieseler en 1938, étaient les suivantes :
- une vitesse maximale de plus de 200 km/h
- une vitesse minimale de moins de 50 km/h
- le franchissement d'un obstacle de 8 mètres à un maximum de 100 mètres après le décollage,
- des ailes repliables,
- un pilotage facile avec double-commande,
- une très grande visibilité pour le pilote et l'observateur,
- une défense arrière constituée d'une mitrailleuse (dans la pratique, une MAC-34 à tambour latéral de 300 cartouches de 7,5mm)
On peut aussi rajouter une construction facile, utilisant peu de matériaux stratégiques.


Les Caudron-Renault C.880 à Guyancourt

Ce prototype fut étudié par l'équipe Caudron d'Otfiniovsky fit l'objet du marché 1645/9 portant sur 2 appareils. Le 01 fut terminé pendant l'hiver 1939/40 et fit son premier vol le 12 Février 1940 à l'érodrôme Caudron de Guyancourt (78).

C'est là hélas qu'il fut sabordé et capturé par les allemands, qui en prirent quelques photos avant de le détruire. Avec stéphane L, on en avait compilé quelques-unes ici : viewtopic.php?f=65&t=50196

  • Image

    Image
Le 02 y était quasiment terminé lorsque les allemands envahirent la région parisienne. Il est peu probable qu'il ait volé.

Seuls subsistent ce plan dans une revue, ainsi qu'un article et un plan de'Edouard Mihaly & Harry Robinson dans le Docavia N°43.

    Image
    Aviation Magazine International du 15 Juin 1974 via Gallica.BNF.fr

Les Levasseur PL 400 et 401 à Paris 15ème

La société Levasseur, bien que plus spécialisée dans les avions destinés à la Marine, reçut un marché pour 3 prototypes, reposant sur une innovation de la marque : des longerons en bois bakélitisés, un procédé probablement identique au Delta-D des premiers Lavotchines.

Le premier de ces avions était mu par un moteur Potez 9C (9abr et avec compresseur) de 220CV. Essentiellement en bois, il fut terminé fin 1939 et fit son premier vol le 19 Décembre, mais ses essais furent émaillés d'incidents à cause de la météo (l'hiver 1939/40 fut très rude) et de son moteur qui n'était pas encore fiabilisé. Les essais n'étaient pas terminés en juin 1940.

    Image
Les 2 autres prototypes furent construits à la suite, mais motorisés par un Renault 6Q, de 220CV également.
Ils n'étaient pas terminés lorsque les allemands envahirent Paris ... Le plan ci-dessus et la photo ci-dessous sont tirés du N°866 d'Aviation Magazine International du 15 janvier 1984, via Gallica.BNF.fr

    Image
Dans son récent ouvrage sur "Pierre Levasseur et ses avions", Ed.TMA, Arnaud Prudhomme en a publié 2 autres :

    Image

Le S.F.A.N. 11 à Issy-les-Moulineaux

Un autre prototype a été commandé à la Société Française d’Aviation Nouvelle créée en 1935 et célèbre pour ses motoplaneurs légers. L'avion sera dessiné par les ingénieurs Jean Blazy et Louis Chasserio, propulsé par le même moteur Renault 6Q que ses concurrents, mais aura comme particularité d'avoir un empennage bi-dérive, afin de dégager le champs de tir de la mitrailleuse :

Peu de choses sont connues sur lui ; il volera pour la première fois le 13 Janvier 1940 et effectuera 6 vols d'essai avant la débâcle ...


On peut également citer dans ce programme le Gourdou 90, qui n'aura pas le temps d'être construit.

Aviation Magazine International a publié en 1984 un tableau comparatif de ses appareils :

    Image
. . Image. . . . . .Image . . . Image
"Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous." - Saint-Exupéry, "Pilote de Guerre", 1940-42

modérateur
modérateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 04 Déc 2006, 13:25
Localisation: Etrechy (91)
Région: Beauce
Pays: France

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de coyote  Nouveau message 12 Nov 2024, 20:37

::super::
Merci Marc pour ces comparatifs plus qu' intéressants .
Je ne connaissais pas du tout le S.F.A.N. 11
Si vous avez les yeux plus gros que le ventre, vous n’êtes pas près de trouver une paire de lunettes !

Bernard

modérateur
modérateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 17 Oct 2018, 09:07
Localisation: Finistère nord
Région: Bretagne
Pays: France

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de kfranc01  Nouveau message 12 Nov 2024, 22:20

Il faut quand même reconnaitre qu'au début de la SGM et de la campagne de France, l’emploi d’aéronefs légers destinés à l’observation d’artillerie opposait toujours les armées de l’Air et de Terre...

L'armée de Terre, elle, s'intéressait à l’autogire pour la mission d'observation et de liaison d'artillerie. :D

En septembre 1934, le commandant de l’Artillerie de la région de Paris a été chargé de suivre les essais des autogires LIORÉ & OLIVIER C.30 prenant part aux manœuvres de Mourmelon.
autogire-leo-c-30-52-matricule-f446_orig.jpg
autogire-leo-c-30-52-matricule-f446_orig.jpg (74.59 Kio) Vu 847 fois


Son compte-rendu :
"…L’observateur de l’autogire peut saisir un objectif soit à vue directe, soit à la jumelle et le conserver sans fatigue, dans son champ visuel, pendant une dizaine de minutes. En même temps, l’appareil peut rester presque sur place et conserver la liaison par téléphonie sans fil avec un poste récepteur… L’autogire, capable d’atterrir presque partout, trouve toujours un terrain favorable d’atterrissage au voisinage du poste de commandement de l’autorité qui l’emploie… L’appareil est à même de remplir les missions d’artillerie actuellement confiées à l’aéroplane et au ballon. Cependant pour qu’il ne devienne pas la proie trop facile d’un chasseur ennemi, il sera bon de le maintenir environ mille mètres à l’intérieur des lignes amies… Il paraît certain que les missions d’artillerie seront mieux et plus aisément remplies par l’autogire que par un avion ordinaire…".

​Au mois de juin 1935, " …en vue d’étudier les possibilités d’emploi de cet appareil comme appareil d’observation pour l’artillerie… ", il a été décidé de mettre à disposition un autogire auprès du cours pratique de tir d’artillerie. À l’issue de cette expérimentation, rapport de la direction de l’Artillerie :
" …dans la situation actuelle une formation d’artillerie n’a pas d’observation aérienne permanente. Elle dispose seulement d’un nombre très limité de missions d’avion tout à fait insuffisant pour ses besoins. Par ses aptitudes particulières à l’envol et à l’atterrissage sur terrain de faibles dimensions et du vol à faible vitesse, pas sa faible consommation, l’autogire paraît susceptible, s’il est mis complètement à la disposition d’une formation d’artillerie, de lui assurer toute la permanence d’observation aérienne compatible avec les conditions atmosphériques…".

En octobre 1936, à la suite d’exercices de tir avec autogires comme moyen d’observation, le général directeur de l’Artillerie a rédigé une note intéressante :
"…Je suis revenu de cette séance de tir avec la conviction absolue qu’une artillerie divisionnaire disposant d’autogires verrait l’efficacité augmenter dans une proportion considérable ; en rapidité, précision… C’est immédiatement qu’il faut former des pilotes et habituer tous les régiments d’artillerie au travail avec autogire… Quant aux observateurs, ils seront obligatoirement des artilleurs… Le ou les autogires devront faire partie intégrante de l'artillerie divisionnaire"…

Au final, c'est l'armée de l'air qui recevra 55 machines, dont 52 sont présente au début des hostilités dont 32 affecté dans les GAO (Groupement Aérien d'Observation). Ils seront principalement utilisés pour des missions de liaison !!! En mai 40, il n'y a plus que 22 appareils dans les GAO, 9 affectés à l'aéronautique Navale, et 25 en stock... Un beau gâchis. :?
Le meilleur apéro n'est pas nécessairement le plus cher, c'est celui que l'on partage !

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 04 Fév 2017, 14:27
Localisation: Maine et Loire / Picardie
Région: Pays Loire - Haut France
Pays: France

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Alfred  Nouveau message 13 Nov 2024, 00:07

Comment pouvaient-ils se montrer utiles puisque l'utilisation de la radio était déconseillée........ou sciemment sabotée.......
la première chose que devait faire mon père responsable de 2 canons de l'artillerie antichars divisionnaire en arrivant dans un village était de trouver la demoiselle des postes Pour avoir une liaison..........( Avec le commandement, bien sûr, rigolos !!!!!!!!!)

vétéran
vétéran

 
Inscription: 21 Aoû 2011, 13:41
Région: Litus saxonicum
Pays: Grande Bourgogne

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de kfranc01  Nouveau message 13 Nov 2024, 01:53

Alfred a écrit:Comment pouvaient-ils se montrer utiles puisque l'utilisation de la radio était déconseillée........ou sciemment sabotée.......
la première chose que devait faire mon père responsable de 2 canons de l'artillerie antichars divisionnaire en arrivant dans un village était de trouver la demoiselle des postes Pour avoir une liaison..........( Avec le commandement, bien sûr, rigolos !!!!!!!!!)


Je suis convaincu que l'une des raisons de la défaite de mai 40, est cette absurdité. Si on avait suivi les recommandations des commandants d'artillerie, il y aurait eu des autogires avec radio au niveau des régiments d'artilleries...
Pour revenir sur le sujet, les biplaces de liaison d'artillerie L2 ; est-ce les appareils étaient prévus avec la radio ?
Le meilleur apéro n'est pas nécessairement le plus cher, c'est celui que l'on partage !

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 04 Fév 2017, 14:27
Localisation: Maine et Loire / Picardie
Région: Pays Loire - Haut France
Pays: France

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de coyote  Nouveau message 13 Nov 2024, 09:36

kfranc01 a écrit:En octobre 1936, à la suite d’exercices de tir avec autogires comme moyen d’observation, le général directeur de l’Artillerie a rédigé une note intéressante :
"…Je suis revenu de cette séance de tir avec la conviction absolue qu’une artillerie divisionnaire disposant d’autogires verrait l’efficacité augmenter dans une proportion considérable ; en rapidité, précision… C’est immédiatement qu’il faut former des pilotes et habituer tous les régiments d’artillerie au travail avec autogire… Quant aux observateurs, ils seront obligatoirement des artilleurs… Le ou les autogires devront faire partie intégrante de l'artillerie divisionnaire"…
. Un beau gâchis. :?


Voilà qui résume parfaitement certaines absurdités de l''époque. Ce général de l'artillerie a juste oublié un très léger détail.... La chasse adverse qu'il aurait fallu combattre pour protéger l'autogyre, un détail en somme... Cela rappelle la chasse aux 'saucisses' de la PGM.
Ce n'est pas parce que l'AA a été officiellement crée en 1933 (avec beaucoup de réticence de la part de l'armée de terre) que les habitudes ont changé.

En 1939-40 , il y eu pire ! Le moto-ballon !

Extrait du manuel de l'officier de réserve d'artillerie , 14e édition
Annexe III : Observation par ballon
Image


"L'aérostation peut exécuter au profit de l'artillerie des missions :
- de recherche et de surveillance d'objectifs
- d'observation des tirs ( contrôles, réglages ou observation d'un ensemble de tirs )

La liaison téléphonique dont il dispose qualifie particulièrement l'observation en ballon pour faire déclencher et pour observer les tirs sur objectifs mobiles, dont il peut a tout moment préciser les modalités de déplacement .
Le commandant de groupement doit etre muni de la carte des possibilités d'observation du ballon . Les contrôles de tirs font , en général , l'objet d'un programme de contrôle établi par le commandant de groupement , et conçu de telle façon que l'observation des tirs contrôlés ne soit pas gênée par des tirs voisins .
L'établissement de ce programme , le fonctionnement des transmissions , le rôle du directeur du tir obéissent aux mêmes principes que dans l'observation par avion .
La liaison téléphonique entre le directeur du tir et l'observateur en ballon permet , le cas échéant , d'établir au moment du besoin un programme de contrôle , par exemple en cas de défaillance d'un avion prévu .
Les renseignements fournis par le ballon sont en particulier très précieux dans la surveillance des tirs d'efficacité . Le ballon , dans le cas des tirs de destruction des batteries ennemies , peut indiquer , si la batterie objectif ralentit son feu , le nombre des pièces qui tirent encore etc ."

(Extrait de l'excellent site https://atf40.1fr1.net/t2463-compagnies-d-aerostiers
Si vous avez les yeux plus gros que le ventre, vous n’êtes pas près de trouver une paire de lunettes !

Bernard

modérateur
modérateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 17 Oct 2018, 09:07
Localisation: Finistère nord
Région: Bretagne
Pays: France

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de Alfred  Nouveau message 13 Nov 2024, 10:14

Les Allemands utilisèrent au moins un ballon d'observation fin mai 1940 lors de la bataille de Dunkerque pour leur artillerie,me semble-t-il.........

vétéran
vétéran

 
Inscription: 21 Aoû 2011, 13:41
Région: Litus saxonicum
Pays: Grande Bourgogne

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de Marc_91  Nouveau message 13 Nov 2024, 11:37

kfranc01 a écrit:Pour revenir sur le sujet, les biplaces de liaison d'artillerie L2 ; est-ce les appareils étaient prévus avec la radio ?

:? Pas de traces de radios sur les prototypes des C.880, ni sur les PL-400 & PL-401 non terminés ;

... Mais ce n'étaient que des prototypes destinés à tester les qualités de vol des projets.
. . Image. . . . . .Image . . . Image
"Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous." - Saint-Exupéry, "Pilote de Guerre", 1940-42

modérateur
modérateur

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 04 Déc 2006, 13:25
Localisation: Etrechy (91)
Région: Beauce
Pays: France

Re: Les biplace de liaison d'artillerie L2, des Storch français en 1940 ?

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de Loïc Charpentier  Nouveau message 13 Nov 2024, 12:23

Au sein des régiments d'artillerie allemands, la Beobachtung-Abteilung, groupement d'observation, intégrait souvent une batterie de ballons captifs (Ballon-Batterie) jusqu'en 1942, puis, à dater de l'automne 1943, un "simple" peloton de ballons (Ballon-Zug).

Image

Le plafond opérationnel de ces ballons était de l'ordre de 1000 m; à cette altitude, par temps clair, l'observateur disposait d'une visibilité de +/- 100 km. La nacelle pouvait embarquer deux observateurs, qui communiquaient avec le sol par téléphone filaire.

Image

vétéran
vétéran

Avatar de l’utilisateur
 
Inscription: 25 Mai 2016, 16:26
Région: Alsace
Pays: France


Connexion  •  M’enregistrer

Retourner vers L'AVIATION DE GUERRE




  • SUR LE MEME THEME DANS LE FORUM ...
    Réponses
    Vus
    Dernier message
 
  ► Les 10 Derniers Posts du jour Date Auteur
    dans:  Quiz suite -13 
il y a 19 minutes
par: Bellone 
    dans:  trouvailles sur les sites de vente 
il y a 58 minutes
par: iffig 
    dans:  Les Feux de la rampe 2.0 : « La "Big Red One", 1917-1945 » 
Aujourd’hui, 11:14
par: iffig 
    dans:  Les Feux de la rampe 2.0 : « Prototypes en tous genres : 1933-1945 » 
Aujourd’hui, 10:23
par: iffig 
    dans:  l'appel du 18 juin 
Aujourd’hui, 07:32
par: Christian27 
    dans:  La logistique allemande : le règlement H Dv 90 
Aujourd’hui, 06:57
par: bernard-1954 
    dans:  Ordre de bataille allemand durant la bataille des Vosges (novembre 1944) : besoin d’avis 
Aujourd’hui, 05:18
par: alain adam 
    dans:  Paolo Caccia Dominioni di Sillavengo, un Alpino à El Alamein 
Hier, 20:34
par: alfa1965 
    dans:  La grenade Pazzaglia 
Hier, 20:07
par: alfa1965 
    dans:  La campagne de Guadalcanal : Août 1942-Février 1943 
Hier, 16:05
par: coyote 

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 202 invités


Scroll