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Histoire du cuirassé Jean Bart

Histoire et recherches portant sur les Marines de guerre de tous les belligérants, incluant les grandes batailles comme celles de l'Atlantique, de la mer corail, Mers el Kébir, la destruction du Bismark etc.

Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 01 Avr 2018, 09:43

Le JEAN BART ou les vicissitudes du dernier cuirassé achevé de par le monde.
Pour faciliter la présentations des photos des diverses époques du Jean Bart, vous les trouverez après l'article (le temps de les poster)

La construction du Jean Bartcommence le plus traditionnellement du monde; il est mis sur cale
par les chantiers de Penhoet chargés de la partie avant et les chantiers de la Loire chargés de la partie arrière à Saint Nazaire le 12 décembre 1936; toutefois il n'est pas construit sur une cale de lancement traditionnelle, mais dans un bassin spécialement construit pour lui selon une technique mise au point par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Caquot, cet ouvrage est constitué de deux parties cote à cote; la zone de construction et la zone d'achèvement à flot plus profonde; le lancement consiste donc dans une translation latérale de la coque d'une zone à l'autre, après mise en eau de l'ouvrage.

Les caractéristiques prévues pour le Jean Bart sont identiques à celles du Richelieu soit:

déplacement: 35 000 tw; 40 927 t normal; 44 698 t pleine charge
longueur: 247,855 m; largeur 33,08 m; tirant d'eau 9,22 m
puissance: 155 000 cv; vitesse 32 nœuds
protection: ceinture 330 mm; pont blindé supérieur 170 mm; pont blindé inférieur 40 mm
Armement: 8 canons de 380mm modèle 1935
9 canons de 152mm modèle 1936
12 canons de 100 mm modèle 1930
12 canons de 37mm modèle 1933
32 mitrailleuses de 13,2mm modèle 1929
2 catapultes;4 avions

La mise à flot de la coque est effectuée le 6 mars 1940.

L'annonce de l'avancée des troupes allemandes oblige à accélérer le dragage de la tranchée devant permettre au Jean Bart de quitter l'ouvrage ou il est construit; en effet un seuil rocheux existe entre celui ci et la pleine mer; le chenal est profond d'à peine 6,50 m dans les marées les plus fortes; et le Jean Bart à un tirant d'eau lors de son départ de l'ordre de 8,50 m; il est indispensable d'approfondir ce chenal; qui en outre n'était pas dans l'axe de l'ouvrage Caquot; il était donc indispensable de draguer une zone d'évitage pour faire sortir le cuirassé ce dragage n'ayant pu être mené à terme, il a fallu limiter au maximum les poids pour alléger le cuirassé, pour qu'il puisse passer dans un chenal moins profond que prévu. D'ou sacrifice sur la approvisionnements, sur l'artillerie de 380mm à installer; la tourelle avant est montée entre le 13 et le 18 juin 1940.

L'évasion du Jean Bart de Saint Nazaire.
Le 18 juin, le capitaine de vaisseau Ronarc'h, commandant du Jean Bart, reçoit l'injonction de partir à la prochaine marée, les allemands se rapprochent; le dragage de la tranchée n'est pas terminé; il faut accélérer et réduire la marge disponible, la tranchée ne pourra être draguée que sur une largeur de 45 m, et le départ doit se produire à la prochaine marée de nuit! Il fixe le départ du Jean Bart à 3 heures du matin, le 18 juin on monte en hâte l'artillerie ant aérienne suivante; 2 affuts doubles de 90 mm; 3 affuts doubles de 37mm; 2 affuts quadruples de 13,2mm; les allemands sont signalés à Nantes! Pour sortir de l'ouvrage le Jean Bart sera aidé par 3 grands remorqueurs de la Compagnie Générale Transatlantique: l'Ursus et le Titan le haleront de l'avant tandis que le Minotaure s'attellera à l'arrière pour gouverner le Jean Bart dans la tranchée, et le retenir; le sabordage est prévu pour le cas ou le départ échouerait. A 19 heures on installe le compas gyroscopique. L'installation électrique est enfin sous tension à 3 heures 19.A 22 heures on procède à l'équilibrage du navire pour réduire le tirant d'eau maximum à 8 m 17.La tranchée est draguée à 3 m50.la marée à 4 heures sera haute de 5 m, soit au total 8 ,50 m pour un tirant d'eau de 8 ,20 m on voit que le Jean Bart ne disposait que d'un maximum de 30 cm sous la quille à la pleine mer pour sortir. Après s'être échoué deux fois lors de l'évitage pour gagner la tranchée, le Jean Bart parcours celle ci sans autre anicroche, et se trouve dans le fleuve. A ce moment il subit sa première attaque aérienne, qui se soldera par une bombe entre les tourelles de 380 mm qui cause peu de dégâts, un trou de 20 cm dans le pont supérieure. A 4 h 50, le Jean Bart largue les amarres des remorqueurs et met en avant avec ses machines pour la première fois. Les torpilleurs Mameluk et Hardi chargés de l'escorte du Jean Bart le rallient à 6 h. A 10 H 30 le pétrolier Tarn ravitaille le Jean Bart, qui était sorti avec le minimum de carburant pour ne pas accroitre le tirant d'eau. Le Tarn lui transfère 1050 tonnes de mazout,160 tonnes d'eau distillée et 50 tonnes d'eau de lavage. Le torpilleur Épée se joint à l'escorte. Après différents incidents, le Jean Bart navigue à 12 nœuds puis doit réduire à 7 nœuds par suite d'une avarie de machine, la réparation effectuée, la vitesse est portée à 21 nœuds le 21 juin, le 22 juin le compas gyroscopique est monté, le 22 juin à 16 h 55 le Jean Bart arrive à Casablanca.

Caractéristiques du Jean Bart à son départ pour Casablanca(voir plus haut les caractéristiques prévues à l'origine).

A la sortie de la forme de construction: déplacement 36030 t; tirant d'eau milieu 8,16 m
après ravitaillement: 37 290 t; tirant d'eau milieu 8,46 m
machines latérales en service
machines centrales inachevées
chaudières 3 de la rue arrière en état de marche
celles de la rue avant ne sont pas utilisables
hélices seules celles des arbres latéraux sont montées; l'hélice latérale tribord à une pale déformée au cours de la sortie de la tranchée
Armement installé:
4 canons de 380 mm
4 canons de 90 mm
6 canons de 37mm
16 mitrailleuses de 13,2 mm

Les béances des tourelles inachevées sont bétonnées.
Le 11 aout, le Jean Bart est déplacé de l'avant port de Casablanca au quai Delande dans le port afin d'éviter qu'il ne puisse couler en eau profonde en cas d'attaque.
Le 18 mai 1942 la première tourelle de 380 mm achevée effectue son premier tir d'essai.

Attaque du Jean Bart à Casablanca
Le 8 novembre 1942, le Jean Bart est attaqué pendant l'opération anglo-américaine "Torch" dont l'objectif principal est la conquête de L'afrique du Nord.
A 7 h18, les bombardiers du porte-avions américain Ranger pilonnent le cuirassé, une bombe tombe sur le fut de la catapulte bâbord, provoquant un incendie peu important et une voie d'eau dans le compartiment de la barre à bras. Une deuxième bombe touche le quai à tribord puis fait une grosse brèche dans le bulge à hauteur de la tranche M.
Le cuirassé américain Massachusetts prend le relais à 7 h35. Une salve tombe près de l'étrave, une minute plus tard un obus de 406mm frappe le quai qui s'effondre, les pierres projetées par l'explosion blessent les servants des canons de 90mm, et occasionnent une voie d'eau dans les tranches B et C.
A 8 h 06, la tourelle 1 est frappée à bâbord par un obus de 406mm, qui enlève le canon de 90mm pour tirs réduits, et bloque la tourelle, il faut l'intervention d'ouvriers munis de chalumeaux pour rendre disponible la tourelle qui est en mesure de reprendre son tir à 17 h24. Un second obus de cette même salve écorche le cuirassement fixe de la tourelle n°II à tribord, se brise sans éclater, son culot traverse plusieurs compartiments, et tue le commandant en second. Vers 8 h10, un dernier obus de 406mm tombe sur la plage arrière, en avant de la catapulte tribord, traverse les ponts blindés, et éclate dans le compartiment du lest liquide, provoquant le noyage du compartiment des barres.
Le 9 novembre, le cuirassé tire pour ralentir la progression des troupes ennemies.
Le 10, il ouvre le feu à 11 h41, sur le croiseur lourd américain Augusta qui est encadré de très près à la surprise des américains, qui croyaient le bâtiment hors de combat, depuis le 8 novembre.
Pour faire taire définitivement ce bâtiment, l'US Navy monte une attaque aérienne avec huit bombardiers du porte-avions Ranger équipés de bombes de 500kg.
A 14 h58, le Jean Bart est touché par deux bombes. La première tombe près du guindeau, soulève la plage avant et provoque un incendie. La seconde atteint la plage arrière en détruisant toutes les superstructures sur une longueur de trente mètres au dessus du pont blindé inférieur, elle provoque un incendie qui ne sera éteint que vers 20 h. De grandes quantités d'eau ( 4 500t) pénètrent dans le Jean Bart, le faisant ainsi s'échouer par l'arrière.
La fin des combats intervient le 10, dans la soirée.
Les pertes en personnel à bord du Jean Bart sont de 22 tués et 22 blessés.
Cette brillante action lui vaut une citation à l'ordre de l'Armée de Mer.
Le 18 novembre, le capitaine de vaisseau Barthes commandant du Jean Bart est promu Contre-Amiral sur la demande de ses anciens adversaires américains.

Le 15 février 1943, les machines latérales et la barre à bras du Jean Bart sont remises en état de fonctionner; l'État-Major Général de la Marine envisage de faire achever le cuirassé aux États- Unis, L'amiral Fenard à la tête de la mission navale française a pour tache de convaincre les américains du bien fondé de la position française. Après d' âpres négociations les américains refusent .
La Marine Nationale s'active pour remettre le Jean Bart en état de naviguer, le 15 septembre 1943 le cuirassé appareille pour un essai de bon fonctionnement au large de Casablanca, il atteint 22,5 nœuds malgré une carène sale et déformée.
Un passage au bassin à Gibraltar est demandé, il ne peut être donné une suite favorable compte tenu du plan de charge important de la base britannique.
A partir de la fin de 1943 le cuirassé sert de centre aux Écoles d'Équipage.
Le 22 février 1945 la décision d'achèvement du Jean Bart est prise.
Le 10 aout 1945 le cuirassé prend la mer pour une sortie d'essais.

Le 25 aout 1945 le Jean Bart appareille de Casablanca, escorté pat le contre-torpilleur Tigre à destination de Cherbourg, il effectue la traversée à 14 nœuds et arrive le 29 à 17 h, le cuirassé est amarré à la jetée du Homet, en attendant le déblaiement du bassin qui doit le recevoir.
Il est au bassin du 12 novembre au 20 décembre, pour auscultation de sa coque, puis il attend que le bassin n°8 de Laninon à Brest soit en mesure de le recevoir pour effectuer les réparations.
Le 11 février 1946, le cuirassé appareille pour Brest.

Reconstruction du Jean Bart.
Le 11 mars 1946, il entre au bassin n°8, afin d'entreprendre les travaux de réparations de coque et de mise en place de nouvelles superstructures plus spacieuses et répondant mieux aux nouvelles normes techniques.
Le 26 novembre 1947, le Jean Bart quitte son bassin et s'amarre au quai d'armement en reconstruction, pour la suite des travaux.
Du 20 mars au 9 octobre 1948, le cuirassé se trouve au bassin n°9 pour l'adjonction de bulge extérieur, la réparation des lignes d'arbres, l'achèvement des artilleries principales et secondaires.
Le 4 décembre, essai préliminaire en rade de Brest.
Le 8 janvier 1949 essai des machines à vitesse moyenne
Le 15 Janvier tirs d'épreuve de l'artillerie principale et secondaire, le 16 janvier essais à toute puissance sur la base des Glénans.

Caractéristiques après la reconstruction en 1951.
déplacement 42 806 t; 46 500 t normal ; 48 950 tonnes en pleine charge, tirant d'eau 9,95 m
longueur: 247,855 m, largeur portée à 35,542 m après adjonction de bulges
puissance: 155 000 cv; vitesse 32 nœuds
Armement 8 canons de 380mm
9 canons de 152mm
8 affuts simples de 40mm
20 affuts simples de 20 mm
radars de conception française
Équipage 911 hommes en mai 1950, 700 hommes au premier aout 1950, l'équipage ne fut jamais complet.

Jusqu'au 17 mai 1951 le Jean Bart effectue des essais et mise au point après refonte.
Le 23 mai, il se rend au Havre pour être démagnétisé dans le bassin Théophile Ducrocq, il sort du bassin le 9 juin, et reprend ses sorties d'essai.
Toute l'année 1952, le Jean Bart est en travaux
Du 16 juin au 13 juillet 1953, le Jean Bart teste la nouvelle artillerie anti aérienne qui vient d'être installée: canons de 100 mm et affuts de 57 mm, ces test se poursuivent en 1954.

Le 1er mai 1955, le Jean Bart est admis au service actif.
Caractéristiques à son entrée en service (éléments changés par rapport à 1951).
déplacement: 43 052 t; 46 809 t normal; 49 196 t en pleine charge; tirant d'eau 10,003 m
Armement 8 canons de 380mm
9 canons de 152mm
24 canons de 100 mmAA en 12 tourelles doubles modèle 1945
28 canons de 57mmAA en 14 tourelles doubles modèle 1947
Équipage 757h comme navire école
1 149 h pour mission outre mer
1 280 h pendant les opérations d'Égypte

Le 10 mai, il quitte Brest pour le Havre, pour emmener le Président de la République René Coty en visite officielle au Danemark, escorté par l'Escorteur d'Escadre Surcouf; le couple présidentiel débarque le 15 mai à Copenhague; le lendemain le cuirassé reçoit la visite des souverains danois.
Le 1er juillet le Jean Bart appareille pour Newport pour la commémoration du 175 e anniversaire du débarquement des troupes de Rochambeau, le 12 juillet il quitte Newport pour New York et rentre à Brest le 26 juillet.
Le 1er octobre 1955 le Jean Bart quitte définitivement Brest pour Toulon, où il est affecté au Groupe des École Sud.
Divers essais ou visites en Méditerranée sont effectués durant cette période.
Le 4 juin 1956, le cuirassé se porte au devant du croiseur grec Helli escorté du destroyer Doxa qui conduisent à Toulon les souverains grecs en visite officielle en France.
Le 8 juillet, le Jean Bart est réarmé partiellement à effectif de guerre, par suite de la crise de Suez; l'effectif passe alors de 757 hommes à 1 280; ce qui permet l'armement de la tourelle n°2 de 380 mm; la tourelle axiale de 152 mm, deux groupements de 100 mm et trois de 57 mm; le 24 octobre, il quitte Toulon pour Alger, ou il embarque le commando Hubert, et le 1er Régiment Étranger de Parachutistes, et rejoint la Force Navale d'Intervention, composée des porte-avions Arromanches et Lafayette, du croiseur Georges Leygues, des escorteurs d'escadre Surcouf, Kersaint, Cassard, Bouvet, et du groupe d'action anti sous-marine. La mission de cette flotte est d'appuyer un débarquement dans la zone du canal de Suez que Nasser vient de nationaliser.
Le Jean Bart mouille devant Port Saïd, et aura l'occasion de tirer quatre coups de 380 mm contre la terre au cours de l'opération, il rentre à Toulon le 13 novembre.
En janvier 1957 il reprend ses activités de navire école de canonnage jusqu'au 1er aout 1957 où il est placé en réserve spéciale A, à partir de ce moment il ne navigue plus.
Cette décision est dictée par des mesures d'économies, et un besoin en personnel pour armer les nouveaux bâtiments du Programme Naval.
Il désormais caserne flottante à l'Angle Robert.
Il en en réserve B, le 1er janvier 1961, il est désarmé le 14 janvier 1970 et condamné le 10 février 1970, il devient la coque Q 466.
Le Jean Bart est vendu à la Société des Chantiers Navals Varois les Abeilles, il est emmené le 24 juin 1970 à Brégaillon, au fond de la rade de Toulon pour y être démoli.


A ce stade on peut se poser la questionpourquoi avoir terminé le Jean Bartalors qu'en 1945 le cuirassé était déjà détrôné par le porte-avions ?
Le 21 septembre 1945 le Conseil Supérieur de la Marine rejette l'option d'arrêter l'achèvement, il est proposé une autre option de transformation en porte-avions qui est aussi rejetée car trop chère et trop longue à mettre en œuvre, 5 ans, l'option achèvement en bâtiment de ligne est adoptée.

Pour ma part, je pense qu' il faut se souvenir de l'état de notre marine en 1945. Matériel usé, hétéroclite, nos meilleures unités avaient disparues lors du sabordage de la flotte, à l'exception bien sur, de nos deux cuirassés et de quelques croiseurs.
Idem, du point de vue du personnel, la fusion en 1943 des marins provenant des F.N.F.L et de ceux restés fidèles à Vichy n'était que de façade; les blessures et les rancœurs persistaient, les amiraux de Vichy répondaient de leurs actes devant des tribunaux militaires. Tout cela créait une atmosphère pesante, il fallait ouvrir une porte sur l'avenir, le Jean Bart riche déjà de son histoire était un symbole; je pense personnellement qu'il faut voir là la raison d'une décision controversée.

Alain

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 01 Avr 2018, 09:49

JEAN BART 1940 3 6  mise à flot.jpg
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JEAN BART 1940.jpg
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JEAN BART 1941 casablanca Capture.PNG
JEAN BART 1941 casablanca Capture.PNG (163.29 Kio) Vu 382 fois

A ce moment de la construction la tour est semblable à celle du Richelieu, c'est la silhouette qu'il avait en arrivant à Casablanca

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 01 Avr 2018, 09:55

JEAN BART 1942 11 8 avaries.jpg
JEAN BART 1942 11 8 avaries.jpg (97.1 Kio) Vu 379 fois

Le Jean Bart gravement avarié par le tir du cuirassé US Massachussetts repose sur le fond par l'arrière

JEAN BART 1945 8  25 quittant casablanca.jpg
JEAN BART 1945 8 25 quittant casablanca.jpg (60.14 Kio) Vu 379 fois


JEAN BART 1946 3 à brest bassin de laninon.jpg
JEAN BART 1946 3 à brest bassin de laninon.jpg (163.16 Kio) Vu 379 fois

Constatez l'état du port de Brest en 1946!

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 01 Avr 2018, 10:02

NIALA a écrit:Pour ma part, je pense qu' il faut se souvenir de l'état de notre marine en 1945. Matériel usé, hétéroclite, nos meilleures unités avaient disparues lors du sabordage de la flotte, à l'exception bien sur, de nos deux cuirassés et de quelques croiseurs.
Idem, du point de vue du personnel; la fusion en 1943 des marins provenant des F.N.F.L et de ceux restés fidèles à Vichy n'était que de façade; les blessures et les rancœurs persistaient; les amiraux de Vichy répondaient de leurs actes devant des tribunaux militaires. Tout cela créait une atmosphère pesante; il fallait ouvrir une porte sur l'avenir, le Jean Bart riche déjà de son histoire était un symbole; je pense personnellement qu'il faut voir là la raison d'une décision controversée.


La raison politique de redresser le prestige d'une marine traumatisée est probablement à prendre en compte en effet.
Peut-on considérer que le Jean Bart avait sa place dans l'arsenal français comme "artillerie flottante" à l'image des cuirassés américains voire d'un bâtiment comme le USS Missouri à la carrière étonnamment longue ??
« Les gens pensaient que je portais mes grenades telles une posture d’acteur. Ce n’était pas correct. Elles étaient purement utilitaires. Plus d’une fois en Europe et Corée, des hommes en difficulté trouvèrent le salut à coups de grenades »

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 01 Avr 2018, 10:03

JEAN BART 1949 1 16   essais de vitesse.jpg
JEAN BART 1949 1 16 essais de vitesse.jpg (30.33 Kio) Vu 377 fois

Après sa première reconstruction le Jean Bart fait des essais de vitesse qui se révéleront satisfaisants

JEAN BART 1955 5 13 pas de calais.jpg
JEAN BART 1955 5 13 pas de calais.jpg (134.71 Kio) Vu 377 fois

Le Jean Bart vient d'entrer en service, il est enfin terminé 15 ans après sa mise à flot

JEAN BART 1956 1 26  et RICHELIEU.jpg
JEAN BART 1956 1 26 et RICHELIEU.jpg (71.82 Kio) Vu 377 fois

Cette photo est exceptionnelle, c'est la seule fois ou nos deux cuirassés Jean Bart et Richelieu navigueront ensemble.

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 01 Avr 2018, 10:08

Voici la fin du Jean Bart, depuis 1957 il ne navigue plus, il sert aux écoles à Toulon

JEAN BART 1960 ,SUFFREN,MONTCALM à toulon.jpg
JEAN BART 1960 ,SUFFREN,MONTCALM à toulon.jpg (152.54 Kio) Vu 375 fois


JEAN BART 1970 8 en cours de démolition à bregaillon.jpg
JEAN BART 1970 8 en cours de démolition à bregaillon.jpg (66.73 Kio) Vu 375 fois

Et en 1970 il est démoli à Brégaillon

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de NIALA  Nouveau message 01 Avr 2018, 10:21

Dog Red pose cette question:

Peut-on considérer que le Jean Bart avait sa place dans l'arsenal français comme "artillerie flottante" à l'image des cuirassés américains voire d'un bâtiment comme le USS Missouri à la carrière étonnamment longue ??

Je répondrais oui, à la condition de le moderniser pour l'adapter à la guerre moderne, mais notre Marine n'en avait pas les moyens, c'est pour cela que deux ans après sa mise en service officielle il est en partie désarmé, on a fait le choix de construire des unités modernes moins couteuses en entretien et en personnel.

Alain

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de kfranc01  Nouveau message 01 Avr 2018, 11:32

Bonjour ! ::chapeau - salut::

Le cuirassé US Massachussetts a été cédée au Massachusetts Memorial Committee, qui l'a transformé en navire musée à Fall River. Je l'ai visité dans les années 90 en compagnie d'un vétéran (un artilleur) ayant participé à l'action contre notre Jean Bart, qu'il m'a conté les événements; 'it was a serious affair'.

Ce vétéran m'a rapporté que le commandement américain avait été impressionné par la tenue des français sous le feu, écrasant, "they fight like lions under heavy fire", ce qui les avaient étonnés; car ils s'attendaient à une reddition rapide. "We were American, not English, why they open fire on us?". Le ralliement de l'AFN a été accueilli dans un grand cri de joie, le simple marin qu'il était n'en menait pas large d'être combattu par des français "our ennemy were Japanese and Nazi, not the French!".

Bonne Pâques à tous ! ::alatienne::
Le meilleur apéro n'est pas nécessairement le plus cher, c'est celui que l'on partage !

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de brehon  Nouveau message 01 Avr 2018, 11:52

Bonjour,
Dog Red a écrit:La raison politique de redresser le prestige d'une marine traumatisée est probablement à prendre en compte en effet.
Peut-on considérer que le Jean Bart avait sa place dans l'arsenal français comme "artillerie flottante" à l'image des cuirassés américains voire d'un bâtiment comme le USS Missouri à la carrière étonnamment longue ??

La décision d'achever le Jean Bart après guerre était une erreur et un gaspillage de moyens pourtant bien limités. J'ignore le budget que cela a englouti et il serait intéressant de savoir combien d'escorteurs d'escadre (destroyers), bien plus utiles, auraient pu être construits avec ce budget.
Le fait que le cuirassé ait tiré une salve de 380 mm contre la terre à Port-Saïd est contesté et même démenti par certains (cf Navires & Histoire n° 107).
Cordialement.
Yvonnick

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Re: Histoire du cuirassé Jean Bart

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Dog Red  Nouveau message 01 Avr 2018, 12:06

Salut brehon.

Donc plutôt un "certain symbole" du redressement de la marine plutôt qu'un usage efficace des ressources?

A quoi serait-ce dû? Une volonté d'état-major? Des ministères? Ou des deux?
« Les gens pensaient que je portais mes grenades telles une posture d’acteur. Ce n’était pas correct. Elles étaient purement utilitaires. Plus d’une fois en Europe et Corée, des hommes en difficulté trouvèrent le salut à coups de grenades »

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