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Buchenwald, Histoire du camp de concentration

De l'opération T4 à la solution finale, la dictature nazie atteint un degré d'horreur jamais atteint dans l'histoire moderne. Juifs, homosexuels, communistes, dissidents, Tziganes, handicapés sont euthanasiés, déportés, soumis à des expériences médicales.
MODÉRATEUR : Gherla, Frontovik 14

Buchenwald, Histoire du camp de concentration

Nouveau message Post Numéro: 1  Nouveau message de L'Amiral  Nouveau message 02 Juil 2005, 09:03

Dans ma série du devoir de mémoire, voici le camp de Buchenwald. N'hésitez pas pour vos remarques, commentaires, photos, ...
L'Amiral


Buchenwald

Buchenwald, le KZ du " bois des hêtres ",
est le camp de concentration nazi classique.
Le KZ de Buchenwald est entré en service à la fin de juillet 1937. Il est situé en Thuringe, au nord-ouest d' Erfurt et au nord-est d' Iéna, sur la Saale, et près de Weimar, cette ville allemande qui fut jadis un grand foyer intellectuel, notamment grâce à Goethe (qui y mourut en 1832). Il est installé dans la forêt de l' Ettersberg, au flanc d'une colline balayée par le vent.
Autour de la place d'appel, une soixantaine de Blocks. Tout autour, des barbelés électrifiés et des miradors. Dans la partie supérieure, de grandes bâtisses en bois ou en pierres, le four crématoire, les cuisines, certains ateliers, la salle de désinfection et les douches. Dans la partie inférieure, celle du petit camp, les Blocks sont en bois. On pénètre dans ce camp par une large porte de fer forgé surmontée de la devise: "Jedem das seine", qui signifie: "À chacun son dû". Exemple de la sinistre ironie SS.
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Plan :

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I) ZONE DES BARBELÉS.
1. Grande porte et tour.
2. Place d'appel.
3. Cantine des détenus.
4. Crématoire.
5. Cinéma.
6. Maison "spéciale".
7. Infirmerie des détenus.
8. Porcherie.
9. Station d'expériences Block 46.
10. Institut d'Hygiène Block 50.
11. Station d'extermination Block 61.
12. Tours de garde.
II) ZONE DE LA KOMMANDANTUR.

III) ZONE DES OFFICIERS SS ET DES TROUPES SS.
13. Cantine SS.
14. Casernes.
15. Baraquement d'internement "Fichtenhein".
16. Villas des officiers SS.
17. Garage pour la troupe.
18. Manège.
19. Dispositif d'exécution "Ecurie".
20. Infirmerie de la SS.
IV) "Deutsche Ausrüstungs-Werke (DAW).

V) Usines d'armement Gustlaff.


Sources :

http://perso.wanadoo.fr/moulinjc/Camps
http://home.nordnet.fr/~fghesquier


Les commandants :

Karl Koch (1937 - 1941)

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et Hermann Pister (1942 - 1945).

Le premier commandant de Buchenwald fut l'officier SS Koch. Lui et sa femme, Ilse Koch, laissèrent derrière eux une terrible réputation d'assassins. Koch était voleur, buveur et joueur. En 1941, il fut transféré à Majdanek et remplacé par le colonel SS Pister. Plus tard, Koch fut accusé de fraude, arrêté par les SS et fusillé à Auschwitz.


Les débuts du camp:

Hitler ayant décidé de déclencher la guerre, un plan de quatre ans est lancé à l'automne 1936. Il prévoit notamment de créer un camp à Buchenwald qui devra abriter 3 000 détenus. Ils devront utiliser l'argile locale pour fabriquer des briques. Des prisonniers allemands sont donc amenés du camp de Lichtenburg (qui sera dissous en août 1937) pour défricher la forêt sur le site choisi, travail qui se prolongera sur plusieurs années. Une carrière proche fournit la pierre nécessaire. Le camp de Buchenwald va devenir une véritable ville avec ses rues, ses édifices en dur, ses usines. La construction de la voie ferrée et de la route (la " route du sang ") reliant le camp à Weimar coûtera la vie à 10 000 déportés. L'allée centrale sera appelée le Carachoweg avec l'arrivée des Russes, avec son aigle de pierre que les déportés seront contraints de saluer obligatoirement à chacun de leur passage. A son carrefour, un poteau de bois sculpté indique deux directions: Celle des casernes des SS — et celle du camp des détenus représentés par un trafiquant, un prêtre, un juif et un " terroriste ".
À l'intérieur du camp, près des cuisines, un arbre a été pieusement préservé: " le chêne de Goethe " sous lequel selon la légende le poète venait s'abriter pour penser et écrire.
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À la fin de 1937, le camp compte 2 912 détenus: communistes, socialistes, Témoins de Jéhovah, droits communs et prisonniers pour lesquels les registres indiquent simplement Sicherheit (détention de sûreté). Pendant cette première année, le camp compte 48 décès — soi 1,65 % de son effectif.
" Art. 6. — Est condamné aux arrêts de rigueur de huit jours et à vingt-cinq coups au début et à la fin de l'arrêt, celui qui insulte un SS ou se moque de lui, celui qui refuse de saluer conformément au règlement ou qui montre par toute son attitude qu'il ne veut pas tenir compte du règlement.
" Art. 8. — Est condamné aux arrêts de rigueur de quatorze jours et à vingt-cinq coups,
" 1) — celui qui, sans autorisation, quitte une colonne de travail en marche;
" 2) — celui qui, dans des lettres ou par tout autre moyen, se laisse aller à des déclarations sur le Führer, l'Etat, le régime, les autorités et les règlements, celui qui honore les chefs marxistes ou libéraux..., celui qui raconte les événements de la vie du camp ou celui qui, dans ses lettres, fait un récit mensonger de ses malheurs et introduit ainsi le trouble dans la population.
" Art. 11. — Celui qui, par écrit ou oralement, charge d'un message une personne libérée du camp, celui qui écrit des lettres clandestines, celui qui, par une lumière ou d'autres signaux, communique avec le monde extérieur, celui qui cherche à entraîner les autres à l'évasion ou à une faute, celui qui agit ou favorise une telle entreprise, sera pendu comme un mutin.
" Art. 12. — Celui qui offense un homme de garde ou un SS, celui qui, dans un esprit de révolte, refuse d'obéir ou de travailler ou qui abandonne par révolte la colonne ou le lieu de travail, celui qui siffle pendant une marche ou pendant le travail, ricane ou parle, sera fusillé sur-le-champ comme émeutier, ou sera condamné à mort par étranglement. "
Extrait du règlement.

Déjà, la mort est largement dispensée. En outre, l'appréciation de la gravité de la faute est laissée aux seuls SS, qui disposent donc en fait de la vie de chaque détenu.
L’offensive à l’Est amène des prisonniers de guerre soviétiques : 7 à 9.000 d’entre eux y sont massacrés.
Le camp comprend notamment un camp spécial pour les Polonais. Des militaires Italiens y sont aussi internés à partir de septembre 1943. On compte encore de 1000 à 1400 Tziganes.
Le camp comprenait aussi les « Internierungsbaracken », une section accueillant une cinquantaine de personnalités dont Léon Blum.

Buchenwald comporte des effectifs féminins à partir de 1943.

Il recevra de plus en plus d’évacués d’autres camps à la fin de la guerre, ainsi est formé un « Kinderblock » comptant un millier d’enfants juifs venant d’Auschwitz.
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Nouveau message Post Numéro: 2  Nouveau message de JM29  Nouveau message 03 Juil 2005, 22:17

A lire en complément le livre très détaillé et documenté d'Eugène KOGON,
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"L'état SS", qui décrit le système concentrationaire nazi en prenant comme exemple le camp de Buchenwald.


 

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Nouveau message Post Numéro: 3  Nouveau message de L'Amiral  Nouveau message 04 Juil 2005, 05:47

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La vie au camp :

Le convoi arrive à Buchenvald et les SS font descendre les gens en criant et en faisant aboyer leurs chiens. Ils sont emmenés à pied jusqu’au camp ou ils sont comptés puis enfermés dans une grande salle jusqu’au matin. Le lendemain, les SS les font sortir et dirigé vers une grande salle ou, nu, on les dépouilles de leur biens, bagues, montre, argent, documents et souvenirs. Ensuite direction une autre salle où des « anciens » armés de tondeuses et de rasoirs les rases.

Puis direction la salle de douche ou le savon est remplacé par de la sciure mouillée. Les déportés devaient sans enduire avant de passer sous la douche.
Puis direction la salle de désinfection où chaque préposé s'affairait, avec un pinceau imbibé d'un liquide verdâtre ou un pulvérisateur, à badigeonner ou à asperger les parties les plus intimes du corps. Ensuite, toujours nu, direction le « magasin » où on leur remet des vieux vêtements. Au dos de chaque veste une immense croix de Saint-André avec les lettres KLB (Konzentration Lager Buchenwald) étaient peintes en rouge, tandis que les pantalons portaient, sur le côté extérieur, une bande de la même couleur; une vieille casquette faisait office de couvre-chef; aux pieds des semelles de bois recouvertes d'une lanière de toile synthétique.
Ensuite, c’est l’immatriculation. De plus, chaque déporté ont au dessus de leur matricule un petit morceaux d’étoffe portant une lettre donnant la nationalité, ils sont mesurés et photographiés. Ensuite, les déportés sont dirigés vers le petit camp, appelé aussi camp de passage et parqués dans des Blocks.

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Les Blocks sont de longue baraque de bois d'une quarantaine de mètres de long sur 8 à 10 de large, et dans laquelle les déportés sont entassés sur trois niveaux de bat-flanc disposés de chaque côté dans le sens de la longueur. Au milieu un passage assez large permettait l'accès aux bat-flanc. Chaque block est placé sous la direction d’un Allemand qui se disait antinazi et qui était interné depuis de nombreuses années. Les gens sont tellement nombreux, qu’ils leurs est impossible de dormir allonger. Ils dorment tête-bêche sur le côté, serrés les uns contre les autres.

Une des premières corvées consistait à transporter des pierres de la carrière au camp. Cette carrière se situe à 1,5 kilomètre et était gardé par des SS en armes et quelques conducteurs de chiens. Les malheureux qui y étaient affectés devaient maintenir, sous une avalanche de coups de triques et d'injures, une cadence de travail des plus accélérées. Après l'extraction à l'explosif, la dislocation des blocs s'effectuait au pic dans des conditions inhumaines et dans une atmosphère de sauvagerie entretenue par les kapos et les Vorarbeiters sous l'œil narquois des SS. Ces pierre servaient à construire les assises de Blocks imposants.

Une autre corvée, particulièrement pénible était celle du Cheisskommando. Toutes les déjections des détenus, reçues dans des fosses alimentées d'un filet d'eau et sur les petits murs desquelles il fallait s'asseoir en rang et dos à dos pour faire ses besoins, parvenaient par un système de canalisations souterraines dans des bassins installés dans la partie basse du camp. Ces bassins, peu profonds, du genre marais salants, recevaient les matières fécales qui se diluaient dans l'eau. Sous l'action de l'air et du soleil, l'eau s'évaporait et à la surface apparaissait bien vite une croûte que les détenus devaient ramasser à l'aide de pelles et étendre sur des aires proches.
Il ne se passait pas de jour sans que les SS et les kapos n'aient la fantaisie de pousser les détenus dans cette eau nauséabonde. Ils devaient ainsi travailler dans une odeur pestilentielle, entourés de mouches et de moustiques attirés par les matières fécales qui avaient imprégné loques. Ils connaissaient les moments les plus déprimants à leurs retour. Après l'appel, ils étaient contraints par les Stubendienst — les préposés au service du Block — de rester dehors et d'attendre le milieu de la nuit ou le petit jour avant d'entrer parce qu’ils trainaient aavec eux, une puanteur indicible qu’ils s’efforçaient d'atténuer avec un peu d'eau pour rincer leurs « vêtements ».

La nourriture était des plus légères. Un demi-litre de soupe distribuée à des heures irrégulières, tantôt le matin, tantôt le soir, une tranche de pain noir accompagnée d'un bâton de tafel-margarine ou d'une cuillerée de mélasse constituaient l'ordinaire journalier, amélioré quelquefois de raves crues.

Au grand camp, les conditions d'internement n’étaient pas les même qu’au petit camp. Les internés de toutes nationalités, au nombre de 40 000 environ, travaillant, pour la plupart, dans les usines ou à la carrière, portaient tous la tenue rayée et, lorsqu'ils se découvraient, ils arboraient une coupe de cheveux d'une originalité des plus dégradantes.

Les uns avaient au centre du crâne, du front à la nuque, une raie de 3 à 4 centimètres de largeur faite à la tondeuse ou au rasoir, dans les cheveux de quelques millimètres. Les autres avaient les parties latérales de la tête rasées et portaient en cimier la raie que les précédents avaient en profondeur. Chaque matin, la fanfare du camp se produisait à la porte monumentale au moment où les détenus du "grand camp", après avoir été comptés et recomptés, se rendaient, par groupes, au travail dans les usines situées autour de Buchenwald. Au retour, en fin d'après-midi, la même scène se renouvelait agrémentée d'injures dont l'ensemble, mêlé à la partie musicale, constituait une contre-fugue d'un effet des plus déprimants. Les musiciens, qui étaient tous des internés, portaient effectivement la tenue des musiciens de cirque d'outre-Rhin, culotte rouge, tunique, béret bleu et bottes noires souples. Ceux qui appartenaient à cette fanfare bénéficiaient d'un régime assez doux. La plupart d'entre eux aidaient les policiers du camp à réceptionner les nouveaux arrivants et à former les convois vers l'extérieur.

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Nouveau message Post Numéro: 4  Nouveau message de L'Amiral  Nouveau message 05 Juil 2005, 05:41

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Expériences médicales:

Buchenwald est l'un des KZ où les nazis entreprirent des expériences médicales sur les cobayes humains qu'étaient les déportés livrés sans défense à la discrétion de leurs bourreaux. Ces blocks portaient les numéros 46 et 50.

Au Block 46, on n’inoculait le typhus exanthématique aux individus de différentes façons: d'abord par piqûre de poux infectés sur des individus malades, puis par injection de broyage de poux infecté, enfin par injection de sang d'individus atteints. Cette dernière méthode se révéla la plus fidèle et c'est la seule qui fut retenue. Le cobaye atteint une infection au bout de 7 ou 14 jours d'incubation. Il entretenait continuellement deux hommes-souches qui permettaient d'entreprendre n'importe quelle série d'expériences à la demande de la direction SS. Le Block 46 était jumelé avec le Block 50, où se poursuivaient des recherches de sérothérapie et de vaccinothérapie. Le maître de ces lieux était un ancien ouvrier confiseur de Vienne promu, par la grâce du régime, "savant" en titre de cet organisme désigné, par euphémisme sans doute, Institut d'hygiène des SS.

Lorsqu'une "découverte" était au point au Block 50, l'activité destructive du Block 46 redoublait. Des prisonniers étaient choisis pour établir l'efficacité du produit étudié et des médicaments divers proposés par l' IG Farben. Durant une quinzaine de jours, ils bénéficiaient d'une bonne nourriture composée de lait, de beurre, d'œufs et de sucre. Puis un fort pourcentage d'entre eux (80 à 90 %) étaient inoculés grâce aux "souches" et tous, malades et bien-portants, étaient mis au traitement, ce qui permettait de juger à la fois de son activité thérapeutique et de sa toxicité. Les expériences terminées, les cobayes rescapés étaient supprimés par la méthode habituelle du Block, c'est-à-dire par injection d'acide phénique. En juillet 1944 par exemple, ces expériences coûtèrent la vie à 156 prisonniers.

Le Block 46 avait été réservé pour l'expérimentation sur l'homme dès le 2 janvier 1942 sur l'ordre de l'Académie médico-militaire de la Wehrmacht de Berlin. Le Block 50 (Hygien Institut des Waffen SS) avait été fondé en septembre 1943 par le Sturmbannführer Erwin Ding-Schuler. L'ensemble était placé sous la protection d' Himmler et dirigé par des SS qui allaient fréquemment rendre compte de leur activité à Berlin. Il ne s'agissait donc pas d'organismes nés du sadisme d'un simple commandant de camp.

Les nazis prenaient grand soin de dissimuler ces activités.
Parmi les autres attentats contre la personne humaine perpétrés à Buchenwald, la stérilisation pratiquée couramment au Revier par le médecin-chef Schiedlausky lui-même, ainsi que les prélèvements de sang (jusqu'à 500 grammes par prise) sur les déportés invalides au profit de la Wehrmacht. Pendant ce temps, les autres déportés étaient astreints au travail dans les kommandos


Activités économiques:

Usines d’armement au camp (DAW appartenant à la SS, Gustloff, Mibau), installées en septembre 1940 avec 532 détenus. Jusqu'au bombardement d'août 1944, ces entreprises employaient 1400 détenus. Après le bombardement, de nouveaux bâtiments furent reconstruits;

Dans les entreprises Gustloff-Werke, installées dans le camp, travaillaient 280 détenus le 23 février 1942 (jusqu'à 3 000 au moment du bombardement);

A la Mibau, ouverte en 1943 avec 30 détenus et qui en comptera 1500 au moment du bombardement.

Ainsi, la quantité maximale de détenus employés dans les entreprises à l'intérieur du KZ était de 5 900;

Le camp fournissait aussi de la main d’oeuvre à diverses industries d’Allemagne centrale : Briqueterie à Berlstedt (DEST appartenant à la SS), fabrication de pièces pour Messerschmitt, Opel, menuiserie ; kommando de Hadmersleben construisant une usine d’aviation, kommando de Wansleben construisant une usine de fabrications métalliques ; kommando féminin au laminoir 2 des acieries Krupp d’Essen ; kommando aux acieries du Bochumer Verein ; kommando aux usines AEG et Hasag (munitions) de Leipzig ; constructions aéronautiques ; constructions automobiles (BMW)...

Ces halls travaillaient notamment pour l'entreprise Siemens. On y fabriquait des postes de TSF, des appareils de télécommande pour avions et tanks, des gyroscopes, des bobinages pour V1 et V2 ».
Roger Arnould, Mibau, Kommando de Buchenwald,
Cité in Le Grand livre des Témoins, p 182, FNDIRP, Ramsay, 1995.



"Par malheur, on m’envoie dans un des kommandos les plus durs : « Walbrecht Grube », qui travaille douze heures alternativement une semaine de jour, une de nuit. Nous sommes occupés dans une mine aux travaux les plus épuisants et dangereux. Ce kommando est vraiment lamentable, composé de tous les pauvres types qui ne se sont pas débrouillés pour aller ailleurs. Ces sont des « musulmans » comme les Allemands les appellent ; non pas qu’ils soient des sectateurs du Prophète, mais ce sont des loques humaines, à bout de forces, traînant leurs guenilles et leur misère, déjà brisés moralement ».
Aimé Bonifas, Laura, Kommando de Buchenwald,
Cité in Le Grand livre des Témoins, p 182, FNDIRP, Ramsay, 1995.


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Nouveau message Post Numéro: 5  Nouveau message de L'Amiral  Nouveau message 06 Juil 2005, 05:44

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Le bombardement du camp:

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Le 25 août 1944 l'alerte sonne. Pendant près d'une demi-heure, les vagues de bombardiers se succédèrent dans le fracas des accélérations des appareils et des explosions. Le bombardement vise les usines, les casernes. Mais plusieurs bungalows construits sur les pentes de Buchenwald en dehors du camp, et dans lesquels étaient installés des internés de marque, furent touchés par ce bombardement. C'est dans l'un de ceux-ci que la princesse Mafalda, épouse du prince de Hesse, fille du roi d' Italie, fut grièvement blessée. Transportée au chalet elle devait y décéder. Les pavillons des officiers et des sous-officiers SS avaient été pulvérisés, les casernes en grande partie démolies. À l'intérieur du camp, non loin de la place d'appel et des cuisines, le vieux chêne à l'ombre duquel, selon des données de l'histoire, Goethe venait souvent méditer avait été partiellement brûlé. Certains, évoquant une pensée du poète, voyaient en cet événement la fin du IIIe Reich. L'état-major SS du camp réagit promptement et la reprise en main des internés intervint dans la soirée. Le lendemain et les jours qui suivirent, les détenus furent occupés à des travaux de déblaiement. Les fours crématoires fonctionnèrent sans arrêt jour et nuit.

Bilan officiel du bombardement: 450 détenus tués et 2 005 blessés, 161 militaires allemands tués et 450 blessés, 16 civils allemands travaillant dans les usines tués et 40 blessés. En réalité, les pertes furent plus élevées: les SS et civils allemands ont eu 600 à 700 morts; la mortalité a été effroyable parmi les déportés blessés transportés au Revier.


Les évasions:

Tout prisonnier rêve à l'évasion. Mais s'évader d'un KZ est une entreprise folle. Pourtant, certains la tentent. Ils sont pratiquement toujours repris rapidement, souvent avec le concours de la population allemande. La mort est alors automatique, en général par pendaison sur la place d'appel du camp, devant tous les autres détenus.

Quelques évasions ont cependant réussi. Ainsi quatre détenus du kommando d'Arolsen tentent leur chance pendant l'été 1944: deux Luxembourgeois (Pierre Schaul et Nicolas Wolff), le Belge Fernand Labalue et le Polonais Adolf Korzynski. Ils parviennent à occuper des fonctions qui vont favoriser l'entreprise: Korzynski et Wolff dans l'atelier de réparation des véhicules, Labalue dans le magasin d'habillement des SS et Schaul comme coiffeur de ceux-ci. Ce dernier subtilise des clefs dans les bureaux des SS et Labalue des uniformes SS, cependant qu'au garage les deux autres réparent un véhicule considéré comme inutilisable. Le 4 juin 1944, Korzynski endosse l'uniforme d'un général SS, les autres se contentant de tenues plus modestes. Ils passent sans encombre devant les sentinelles.
Quand l'essence manque, ils poursuivent leur faite à pied et se risquent à monter dans un train se dirigeant vers Trèves. Là ils se séparent. Tous les quatre ont survécu. L'audace a été payante.
Mais l'exploit est tout à fait exceptionnel. Car les KZ nazis ne relâchaient pas leurs proies.

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Nouveau message Post Numéro: 6  Nouveau message de Marechal Italo Balbo  Nouveau message 06 Juil 2005, 22:51

Buchenwald était un camp destiné, aumoins, à une grande personalité: la fille du roi d'Italie Victor Enmanuel, la pricesse Mafalda, est ici décedé en 1945 depuis son arrestation et sa condamme. Elle avait été arresté quand tentait d'arriver dans le Vatican puis l'armistice d'Italie avec les alliés le 8-9-43.


 

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Nouveau message Post Numéro: 7  Nouveau message de L'Amiral  Nouveau message 07 Juil 2005, 05:41

Merci pour ces précisions maréchal...


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La Résistances au sein du camp:

Le régime de terreur permanente des KZ rend irréaliste une résistance, surtout si elle ne peut compter sur une aide extérieure. Pourtant la résistance prend forme très tôt à Buchenwald. Elle se structure d'une façon remarquable. En mai 1944 coexistent dans le KZ une organisation communiste française animée par Lucien Lagarde et une organisation gaulliste constituée autour de Frédéric Henri Manhès et Eugène Thomas. Après mai 1944 et l'arrivée de deux convois, l'un venant d'Auschwitz avec Marcel Paul, l'autre de Compiègne avec André Leroy, les discussions s'engagent entre les deux groupes. Elles aboutissent à la création d'un Comité des intérêts français (CIF) réunissant les différentes "familles". Ce CIF met en place une trentaines de groupes. L'organisation est rigoureusement cloisonnée, car la délation est omniprésente. Le CIF participe dès lors au Comité national clandestin et au Comité militaire international qui se sont progressivement constitués avec la participation de déportés de toutes origines, de toutes nationalités. Et qui, miraculeusement, ne seront jamais découverts par les nazis.

Cette organisation clandestine se montre efficace pour contrer les menaces des autorités du camp contre un détenu (en le dissimulant dans un Block ou au Revier) ou contre un groupe (surtout les juifs). Elle s'efforce de mettre en oeuvre la plus grande solidarité possible afin de permettre la survie du plus grand nombre. Elle protège, en particulier, des déportés éminents du monde scientifique, politique, économique, littéraire et artistique, etc. C'est aussi elle qui décide et organise la mise à mort des tortionnaires les plus dangereux parmi les kapos et l'encadrement. À l'origine, ce sont des déportés politiques allemands qui mettent au point l'embryon d'une organisation militaire. Les autres déportés y sont progressivement associés. Au début la motivation reste vague, mais forte: il s'agit de ne pas mourir à genoux, de faire face et éventuellement de "vendre sa peau" le plus cher possible. Après la défaite allemande à Stalingrad, l'espoir naît, en même temps qu'une stratégie plus offensive visant à libérer le KZ par la force, ne serait-ce que pour prendre de vitesse une extermination générale des détenus avant l'arrivée des armées alliées. Naturellement, beaucoup de temps et d'efforts sont nécessaires pour édifier cette organisation militaire. Le CIF pour sa part, crée une Brigade française d'action libératrice (BFAL). Jean Lloubes représente les Français au sein du Comité militaire international.

Un rapport rédigé un mois avant la libération fait état de 850 détenus enrôlés dans l'organisation militaire, les Soviétiques étant les plus nombreux, suivis par les Allemands, les Français, les Tchécoslovaques, les Autrichiens, les Hollandais, les Yougoslaves et certains groupes nationaux moins importants. Ces résistants se fixent deux tâches: pratiquer le sabotage et se procurer des armes.

Hermann Langbein reproduit les rapports établis au lendemain de la libération du camp par les responsables militaires de Buchenwald .Voici celui qui concerne les usines d'armement Gustloff, contiguës au KZ, et où jusqu'à 6 000 déportés avaient été contraints au travail dans douze immenses ateliers:
« Les sabotages commencèrent dès la construction des bâtiments: les sacs de ciment furent gaspillés par milliers pour les fondations... Jamais les cages pour les ascenseurs et monte-charge hydrauliques, la grande fosse pour le montage des fusées, le stand de tir pour les essais derrière les usines ne furent étanches... En établissant les branchements sur les lignes de courant à haute tension, on incorpora une quantité de corps étrangers, et, grâce à ces sabotages, la production de Gustloff ne commença qu'avec plusieurs mois de retard. »


Les chiffres fournis illustrent l'étendue des sabotages:

La fabrication des mousquetons de canons était fixée à 10 000 pièces par mois, les machines commandées et livrées devant suffire pour une production de 15 000. Or, au bout de dix-huit mois, elle n'atteignait que 8 000 au maximum... L'armée dut un jour renvoyer comme inutilisable toute la production de mousquetons livrée pendant neuf mois.

Le rapport signale, par ailleurs, qu'à la suite du bombardement allié du 24 août 1944:

« les usines Gustloff étaient pratiquement détruites, mais un grand nombre de machines de très grande valeur restant intactes, les détenus chargés des travaux de déblaiement se sont arrangés pour rendre la plupart d'entre elles inutilisables. »


Des armes sont évidemment nécessaires pour tenter de libérer le camp le moment venu. Les rapports mentionnés par H. Langbein indiquent qu'en août 1943 l'organisation militaire avait pu détourner de chez Gustloff 10 fusils cachés dans la cave à charbon du crématoire. Le communiste autrichien Franz Bera rapporte qu'étant contremaître dans l'armurerie des SS, il avait été chargé de se procurer et d'entretenir des armes. Très vite, il put détourner deux pistolets et des grenades à main, les munitions ne posant pas de problème parce qu'aucun contrôle précis n'était possible de la part des SS. Il fait également état de séances d'instruction que le kapo Wegerer autorisait le soir dans ses locaux !

Le 24 août 1944, jour du bombardement, raconte Erich Fein :

« les infirmiers avaient reçu mission d'apporter avec les corps des détenus tués les pistolets et les baïonnettes des SS morts pendant le bombardement. »

En fin de compte, il y avait dans le camp en février 1945: 91 carabines avec environ 2 500 cartouches, ainsi qu'un fusil-mitrailleur avec 2 000 coups, 20 armes à feu de petit calibre, 200 bouteilles incendiaires, des grenades à main improvisées, des armes blanches fabriquées avec les moyens du bord. Mais beaucoup de ces armes n'avaient pas servi depuis longtemps et ne pouvaient guère être utilisées. Si bien que les déportés du KZ espéraient surtout que les Alliés leur en parachuteraient pour leur permettre de se défendre dans la phase finale.


L’Evacuation:

Himmler avait donné l'ordre d'évacuer les KZ avant l'arrivée des armées alliées. Du fait de sa situation géographique, celui de Buchenwald reçoit donc des convois de détenus en provenance de la plupart des camps, notamment d'Auschwitz et de Gross-Rosen, avant d'être lui-même évacué (le KZ de Buchenwald compte alors plus de 80 000 détenus). Au cours de véritables marches de la mort, les déportés sont donc évacués.
Une vingtaine de détenus réussirent à s'évader, sur la route ou le plus souvent en se cachant dans la paille des granges. Ils furent libérés par les troupes américaines ou soviétiques, après s'être cachés quelque temps, souvent aidés par les prisonniers de guerre.

Tous les "convois de la mort" de déportés transférés ont connu la même horreur. C'est au début d'avril 1945 que les nazis décident de vider le camp de Buchenwald. Le 3, un premier transport de 1500 hommes part pour Theresienstadt.

• Le 3 avril, le commandant Pister déclare devant les détenus qu'il remettra le camp aux Alliés dans les formes réglementaires... sans, doute pour calmer les esprits et prévenir toute agitation.

• Le 4, l'ordre est donné de rassembler tous les juifs sur la place d'appel en vue de procéder à leur évacuation, c'est-à-dire probablement de les conduire vers la mort. La résistance entre en action: le, fichier des juifs est détruit; les juifs sont cachés. Il faut deux jours aux, Allemands pour réunir 1 500 des 6 000 juifs du camp et les mettre en route.

• Le 5, la Kommandantur convoque 46 détenus, dont plusieurs appartenant à la résistance du camp. Ils sont cachés. Tous échappent ainsi à la mort.

• Le 7, 6 000 détenus sont évacués; le 9, 9 600; le 10, 9 280. Il s'agit surtout de Polonais, de Tchèques et de prisonniers de guerre soviétiques.
En tout les Allemands, malgré les actions de sabotage et de retardement des résistants clandestins, parviennent à faire partir 28 825 détenus. Mais l'évacuation totale a été évitée. Au matin du 11 avril 1945, il y a encore 21 000 déportés à Buchenwald.

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Nouveau message Post Numéro: 8  Nouveau message de L'Amiral  Nouveau message 08 Juil 2005, 05:42

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La libération:

Le 11 avril, à 7 heures, l'alerte aérienne est donnée et elle ne cesse plus. Chasseurs et bombardiers américains survolent sans cesse le camp à basse altitude. À 11 heures retentit la sirène du camp. Par haut-parleur, les SS reçoivent l'ordre de partir immédiatement. Des tirs nourris de fusils et de mitrailleuses éclatent, tandis qu'on entend dans le lointain le grondement sourd et presque continu de l'artillerie. L'Oberführer H. Pister, chef du KZ, remet le commandement du camp au Lagerälteste Hans Heiden. Les Allemands s'enfuient précipitamment, dans l'affolement. Vers 14h 3O, les résistants clandestins s'emparent des locaux administratifs. Ils téléphonent à tous les responsables du grand camp: c'est le silence. Tous ont fui. Vers 15h 15, un drapeau blanc flotte sur le mirador 1.

Après quelques instants de défoulement, d'un brouhaha assourdissant de voix mêlées au cours duquel un déporté est tué involontairement par balle, le Comité international clandestin reprend la situation en main. Vers 16 heures, les premiers Américains pénètrent dans le camp, follement acclamés. Avec leur accord, les déportés forment à partir du Comité international clandestin un directoire composé d'un Russe, d'un Français, d'un Allemand, d'un Tchèque et d'un Italien. La résistance organisée montre ainsi son efficacité pendant ces heure critiques. Elle administre dès lors le camp tandis que les groupes fouillent systématiquement le KZ et ses alentours et arrêtent plus de 150 SS avant 22 heures.

Le dénombrement des groupes nationaux effectué au moment de la libération indique qu'après les grandes évacuations des derniers jours il reste alors au camp: 4 300 Russes, 3 800 Polonais, 2 900 Français, 2 105 Tchèques, 1 800 Allemands, 550 Autrichiens, 1 467 Espagnols, 1 240 Hongrois, 622 Belges, 570 Yougoslaves, etc., soit à peu près 21 000 déportés.

Image Les soldats américains découvrent l’horreur du camp de Buchenwald

Image

Libération des enfants de Buchenwald


Conclusion:

Buchenwald présente toutes les caractéristiques des KZ nazis: mépris de la vie des détenus, extermination par le travail dans le camp central et les kommandos, sévices de toutes sortes, exécutions sommaires, expériences médicales, "route de la mort" pour les transférés, etc. O. Wormser-Migot, qui fait autorité en la matière, a établi qu'entre juillet 1937 et mars 1945 ont été enregistrés à Buchenwald 233 880 détenus, dont 56 545 sont morts (y compris ceux des kommandos extérieurs, mais sans compter ceux de Dora ni les femmes.

Toute cette barbarie sanglante s'est déchaînée autour de l'arbre où Goethe venait méditer, lui qui a écrit:
« Nous appartenons à une race qui, de l'obscurité, s'efforce vers la lumière... »

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Re: Buchenwald, Histoire du camp de concentration

Nouveau message Post Numéro: 9  Nouveau message de brehon  Nouveau message 11 Avr 2010, 16:27

Cordialement.
Yvonnick

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Re: Buchenwald, Histoire du camp de concentration

Nouveau message Post Numéro: 10  Nouveau message de Aldebert  Nouveau message 11 Avr 2010, 17:34

......Avec mon épouse j'étais en visite à Buchenwald au moment de l'invasion de la Tchécoslovakie en 1968.
A cette époque un peu plus de 20 ans après la fin de la guerre, le camp avait encore beaucoup de bâtiments d'origines, très bien conservés. Les extérieurs du camp montraient encore les entrées des emplacements des ateliers souterrains. Lorsque nous sommes entrés dans ce camp nous avons été brusquement plongés dans cet univers concentrationnaire, l'environnement était en partie intact. Nous avons été saisis d'une impression, si forte que nous ressentions comme une présence de ceux qui avaient été là, bourreaux et victimes. L'homme peut devenir le plus horrible des prédateurs avec en plus des animaux l'organisation du mal et pour certains sa jouissance.
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