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Décret n°1301 du 6 juin 1942

De l'opération T4 à la solution finale, la dictature nazie atteint un degré d'horreur jamais atteint dans l'histoire moderne. Juifs, homosexuels, communistes, dissidents, Tziganes, handicapés sont euthanasiés, déportés, soumis à des expériences médicales.
MODÉRATEUR : Gherla, Frontovik 14

Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 11  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 17 Nov 2009, 14:21

Non, non et non ! Vous ne me ferez jamais avaler que Pétain est sur le même plan qu'Hitler ! Le caporal était un monstre, que dire ? Un démon ! Le maréchal était sénile, en tout cas dépassé par les évènements.

Les points sur les i : Non, la France n'est pas coupable de complicité de crimes contre l'Humanité. Peut-être les dirigeants vichystes ont-ils été lâches : ils ont préféré épargner les juifs français au prix des autres... Mais, de toute façon, à partir du 11 novembre 1942, ce ne sont plus que des fantoches.

La France, la vraie France, est à Londres, puis à Alger. On en a déjà débattu, en long et on large. Je ne changerai point d'avis pour autant.


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 12  Nouveau message de Daniel Laurent  Nouveau message 17 Nov 2009, 14:31

Bruno Roy-Henry a écrit:Non, non et non ! Vous ne me ferez jamais avaler que Pétain est sur le même plan qu'Hitler !

Qui a parler de le mettre sur le meme plan ?
Dans un spectacle de marionettes, il y a les poupees qui s'agitent en public et celui qui, dans l'ombre, tire les ficelles. Il serait erronne de les mettre sur le meme plan.

Les points sur les i : Non, la France n'est pas coupable de complicité de crimes contre l'Humanité

Je laisse a d'autres le soin de repondre a cela en detail. Tu devrais lire Paxton, ca vaut ce que ca vaut mais il a fait quelques decouvertes.


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 13  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 17 Nov 2009, 14:45

Bruno, merci de lire ce que j'ai écrit : j'ai évoqué le terme de COMPLICITE, ce qui est un peu différent de l'accusation principale défendue par le ministère public à Nuremberg. La sénilité du vieux maréchal a décidément bon dos, Hitler n'avait il pas des tendances schizophrènes ? cela suffit il à le dédouaner et expliquer ce qu'il a fait ? Et la révolution Nationale , Bruno , qui est arrivé à la présidence du conseil avec, rangée dans sa valise et investi des pleins pouvoirs ?

Tu as raison Bruno, oublions le vieux sénile de 40-44, ne retenons que le héros de Verdun, la pillule sera plus douce à avaler... Mais hélas, je crains fort que ta démarche ne te fasse occulter quelques détails intéressants qui te feraient comprendre que Pétain n'était pas si sénile que cela. As tu lu "les fêtes du maréchal ?" très intéressant, passionnant....

Image

tu nous diras ensuite si tu vois "le Maréchal" avec le même oeil complaisant.


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 14  Nouveau message de betacam  Nouveau message 17 Nov 2009, 15:04

bonjour,

Définition

complice, adjectif
Sens 1 Qui est complice de quelqu'un, de connivence. Synonyme acolyte
Sens 2 Qui vise à favoriser quelque chose. Ex Elle lui adressa un sourire complice Synonyme entendu Anglais knowing
complice, nom
Sens 1 Personne qui prend part à un délit, qui participe à une action répréhensible. Synonyme acolyte Anglais accomplice


Synonymes acolyte, allié, alter ego, associé, auxiliaire, comparse, compère, entendu, partenaire, suppôt.


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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 15  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 17 Nov 2009, 15:12

Merci, mes amis, mais j'ai lu Paxton ! Je l'ai même critiqué... Et directement encore !

Ce n'est pas l'alpha et l'omega, même si il a pu apporter un nouvel éclairage sur Vichy. Le problème de ce genre de débats, c'est qu'on mélange allègrement droit et histoire...

Vichy, complice de crime contre l'Humanité ? Oui, on peut dire cela. Mais, Vichy n'est pas la France.


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 16  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 17 Nov 2009, 15:20

Discrimination

Voici le terme utilisé par Bruno, qui parle à dessin d'un fait totalement différent et dans le cas d'espèce vaut excuse absolutoire et à tout le moins circonstance atténuante : établir une différence de traitement en raison de la race ou de la religion ou de l'appartenance à une communauté sexuelle....
Le gouvernement de Vichy se serait il borné à la discrimination ? et la déportation de 76.000 juifs ? comment appelle tu cela Bruno. De ces 76.000 juifs , combien sont revenus ? Si tous ne sont pas revenus que sont il devenus ? .... Envolés par les cheminées, donc assassinés dans le cadre d'un crime contre l'humanité . Avec l'aide de qui, je te le donne en mille ?

et cette affiche, elle n'est pas arrivée jusqu'à Vichy pour que le vieux maréchal fusse resté les bras ballants, ignorant de ce qui se passait dans le pays qu'il gouvernait ?

Image

Vichy n'est pas la France, Bruno, ou tout au moins il s'agit d'une France dérangeante et que nous avons du mal à assumer, il est donc plus simple de dire que la vraie France est à Londres. Dommage que De Gaulle n'ait pas pu compter davantage de volontaires, n'est ce pas ?


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 17  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 17 Nov 2009, 15:29

Ce sont débats sans fin... 76 000 juifs, mais on sait très bien que Vichy visait à protéger les juifs français. Qu'on puisse distinguer entre juifs nous paraît inconcevable. Mais l'époque était à la préférence nationale. C'est de l'histoire, on ne peut le nier.

Personne n'a apporté la preuve qu'un Bousquet savait que les juifs étaient exterminés à Auchwitz en juillet 1942. Pas plus que Laval ou Pétain. De telles preuves n'existent pas dans le dossier du juge d'instruction, même s'il a inculpé Bousquet pour complicité de crimes contre l'Humanité.

L'auraient-il sû, auraient-ils changé d'attitude ? C'est vrai que je n'en donnerais pas ma main à couper...


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 18  Nouveau message de juin1944  Nouveau message 17 Nov 2009, 15:42

Partons du principe que Bousquet , Laval et Pétain ne connaissaient rien de l'extermination des Juifs : pourquoi alors vouloir protéger les Juifs Français ? ou plutôt de quoi vouloir les protéger ? Bousquet ignorait tout, bien sûr, des conditions de vie des enfants de Drancy... Of course. Pas un seul fonctionnaire de Vichy ne serait donc posé la question de savoir où l'on envoyait ces enfants et pour quoi faire ? Et les enfants d'Yzieu ? Même problèmatique, Bruno, Vichy savait quel sort était réservé aux Juifs, mais il est tellement plus simple de jouer à l'aveugle quand on ne veut pas voir...
Dis moi, Bruno, tu dois connaitre les protocoles de Wannsee ? Y lis tu, à un moment, les termes "euthanasies, tuer, assassiner, éradiquer, gazages, mort" ? Cherche bien, tu n'en trouveras aucun. Moralité : Heydrich, qui présidait ce jour là, ne savait pas ce qu'on allait faire des juifs "déplacés". Tu vois, Bruno, on peut aller loin avec ce genre de raisonnement. En voici, ci dessous, le détail :

ll. Le chef de la police de sécurité et du SD, l'Obergruppenführer SS Heydrich, fit part en ouverture de la mission qui lui était confiée par le Maréchal du Reich en vue de la préparation de la solution finale de la question juive en Europe, et indiqua que l'objectif de cette réunion était de clarifier les questions de fond. Le souhait du Maréchal du Reich de se voir présenter un projet d'organisation, de déroulement et de conditions matérielles dans la perspective de la solution finale de la question juive en Europe, exigeait au préalable une harmonisation de toutes les instances centrales directement concernées par ces questions, dans la perspective d'une conduite parallèle de l'orientation des actions.

La responsabilité du traitement de la solution finale de la question juive relève, sans considération des frontières géographiques, du Reichsführer SS et chef de la police allemande (chef de la police de sécurité et du SD).

Le chef de la police de sécurité et du SD donna alors une brève rétrospective du combat mené jusqu'alors contre cet adversaire. Les temps forts en furent :
a) le refoulement des Juifs hors du territoire d'implantation du peuple allemand,
b) le refoulement des Juifs hors de l'espace vital du peuple allemand.

Pour accomplir ces efforts. la seule solution alors possible fut provisoirement de renforcer et de planifier l'accélération de l'émigration des Juifs hors des territoires du Reich.

Sur ordre du Maréchal du Reich, une direction centrale du Reich pour l'émigration des Juifs fut créée en janvier 1939, et sa direction confiée au chef de la police de sécurité et du SD. Elle avait pour missions spécifiques :

a) de prendre toutes mesures pour préparer une émigration renforcée des Juifs,
b) de diriger les flux d'émigration,
c) d'accélérer au cas par cas l'application des procédures d'émigration. L'objectif était de nettoyer des Juifs l'espace vital allemand en toute légalité.

Tous les services étaient conscients des difficultés provoquées par une telle précipitation de l'émigration. Il fallut bien d'abord s'en accommoder, faute de toute autre solution.

Par la suite, les tâches relatives à l'émigration ne furent plus seulement un problème allemand, mais aussi un problème dont les autorités des pays de destination, éventuellement d'immigration, eurent à s'occuper. Des difficultés financières, comme la hausse, par les différents gouvernements étrangers, des taxes d'entrée et de débarquement, mais aussi le manque de place sur les bateaux, le renforcement croissant des limitations, voire des interdictions d'immigration, compliquèrent énormément les efforts d'émigration. Malgré ces difficultés, 537 000 Juifs furent amenés à émigrer entre la prise du pouvoir et le 31 octobre 1941, dont :

- depuis le 30 janvier 1933, environ 360 000 du Reich,
- depuis le 15 mars 1938, environ 147 000 des Marches de 1'Est,
- depuis le 15 mars 1939, environ 30 000 du protectorat de Bohême-Moravie. L'émigration fut financée par les Juifs, voire par leurs organisations politiques. Pour éviter que les Juifs prolétaires restent, on fit en sorte que les Juifs fortunés financent le départ des autres ; un prélèvement, une taxe à l'émigration fixée en fonction de la fortune, servit à couvrir les frais de l'émigration des Juifs pauvres.

En plus des rentrées en Reichsmark, des devises furent exigées pour le paiement des taxes d'entrée et de débarquement. Pour préserver ici le fonds allemand de devises, les institutions financières juives internationales furent appelées, par l'intermédiaire des organisations juives de l'intérieur, à pourvoir au recouvrement des sommes correspondantes en devises. Au total, jusqu'au 30 octobre 1941, les Juifs étrangers ont ainsi fourni, par voie de donation, 9 500 000 dollars.
Depuis, le Reichsführer SS, chef de la police allemande, a interdit 1'émigration des Juifs, en raison des dangers de l'émigration en temps de guerre, et en considération des nouvelles possibilités à l'est.

III. Désormais, à la place de l'émigration, la nouvelle solution avec l'aval préalable du Führer, est l'évacuation des Juifs vers l'est. Ces actions sont toutefois à considérer uniquement comme des solutions transitoires, mais qui nous permettront d'acquérir des expériences pratiques qui seront très précieuses pour la solution finale à venir de la question juive. Au cours de la solution finale de la question juive en Europe, seront à prendre en
considération environ 11 millions de Juifs

Le nombre des Juifs indiqué dans les différents pays étrangers est toutefois celui des Juifs religieux, la définition des Juifs selon des critères raciaux étant partiellement absente dans ces pays. Le traitement du problème se heurtera dans chaque pays à certaines difficultés dues à l'attitude et à l'état d'esprit des populations, notamment en Hongrie et en Roumanie. En Roumanie par exemple, un Juif peut, aujourd'hui encore, acheter des papiers attestant officiellement une nationalité étrangère.

En URSS, l'influence des Juifs sur tous les territoires est bien connue. Cinq millions de Juifs environ vivent dans la partie européenne, à peine 250.000 dans la partie asiatique.

La répartition par profession des Juifs de la partie européenne de l'URSS est environ la suivante :
Agriculteurs 9.1 %
Ouvriers 14,8%
Commerçants 20,0%
Fonctionnaires 23,4%
Secteur privé (médecine,
presse, théâtre, etc.) 32,7 %

Au cours de la solution finale, les Juifs de l'Est devront être mobilisés pour le travail avec l'encadrement voulu. En grandes colonnes de travailleurs, séparés par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés à construire des routes dans ces territoires. ce qui sans doute permettra une diminution naturelle substantielle de leur nombre.

Pour finir, il faudra appliquer un traitement approprié à la totalité de ceux qui resteront car il s'agira évidemment des éléments les plus résistants, puisqu'issus d'une sélection naturelle, et qui seraient susceptibles d'être le germe d'une nouvelle souche juive, pour peu qu'on les laisse en liberté (voir l'expérience de l'histoire).

Au cours de l'exécution pratique de la solution finale, l'Europe sera passée au peigne fin d'Ouest en Est. L'opération débutera sur le territoire du Reich, y compris les protectorats de Bohême et de Moravie, à cause de la situation du logement et de la spécificité socio-politique du Reich.

Les Juifs évacués passeront d'abord. convoi par convoi, par des ghettos de transit, et de là seront transportés plus à loin à l'Est.

L'Obergruppenführer SS Heydrich poursuivit en précisant qu'une des conditions importantes pour la bonne marche de l’évacuation des juifs était de fixer exactement le groupe des personnes concernées.

Il n'est pas prévu d'évacuer à l'Est les Juifs de plus de 65 ans, mais de les transférer dans un ghetto de vieillards - vraisemblablement à Theresienstadt.

En plus de cette tranche d'âge - parmi les 280 000 Juifs résidant en Allemagne et en Autriche au 31 octobre 1941, environ 30 % ont plus de 65 ans-, les Juifs grands invalides de guerre et ceux qui portent une décoration militaire (EK I) y seront accueillis. Cette solution appropriée permettra de couper court aux nombreuses interventions prévisibles.

Le commencement des plus grandes opérations d'évacuation dépendra largement de la révolution de la situation militaire. En ce qui concerne le traitement de la solution finale dans les territoires européens occupés ou sous influence, il a été proposé que les responsables concernés du Ministère des Affaires étrangères se concertent avec le chef de section compétent de la police de sécurité et du SD.

L'affaire n'est pas plus difficile en Slovaquie et en Croatie, puisque les questions essentielles à régler dans cette perspective ont déjà trouvé une solution. En Roumanie, le gouvernement a nommé un chargé de mission pour les questions juives. Pour régler la question en Hongrie, il faut imposer au plus vite au gouvernement un conseiller pour les questions juives.

En raison de l'accueil réservé aux préparatifs de règlement du problème en Italie, l'Obergruppenführer SS Heydrich estima qu'il convenait, dans cette affaire, d'établir un contact avec le chef de la police.

En France occupée et non occupée, le recensement des Juifs pour l'évacuation sera effectué, selon toute vraisemblance, sans grande difficulté.

À ce sujet, le sous-secrétaire d'État Luther fit remarquer que le traitement approfondi du problème rencontrerait des difficultés dans quelques pays, comme les États du nord, et par conséquent, il était recommandé, pour le moment, de laisser ces pays en suspens.

Si l'on considère le nombre restreint de juifs concernés, cette mise en suspens ne représente pas un obstacle important.

Par contre, le Ministère ne prévoit pas de grandes difficultés pour le sud-est de l'Europe.

Le Gruppenführer SS Hofmann envisage d'envoyer en Hongrie un expert du bureau central des races et de l'implantation pour participer à l'orientation générale, si du côté du chef de la police de sécurité et du SD on s'attaque là-bas à cette affaire. Il fut décidé de détacher provisoirement cet expert du bureau central des races et de l'implantation : il ne doit pas être lui-même actif, mais apparaître officiellement comme assistant auprès de l'attaché de la police.


IV. Au cours de la mise en œuvre des projets pour la solution finale, les lois de Nuremberg doivent en quelque sorte en former le fondement, mais la condition d'une liquidation du problème sans laisser de trace passe également par la résolution des questions relatives aux mariages mixtes et aux Mischling.

Le chef de la police de sécurité et du SD poursuivit la discussion théorique, à partir d'un courrier du chef de la chancellerie du Reich, sur les points suivants :
1) Traitement des Mischling du 1er degré
Au regard de la solution finale de la question juive, les Mischling du 1er degré sont équivalents aux juifs.

Font exception à ce traitement :

a} Les Mischling du 1er degré mariés à des Allemands de sang et ayant des enfants (Mischling du 2ème degré) issus ce mariage. Ces Mischling du 2ème degré sont pour 1'essentiel égaux aux Allemands.

b) Les Mischling du 1er degré auxquels les plus hautes instances du parti et de l'État ont jusqu'alors conféré une situation exception dans tons les domaines.

Chaque cas particulier doit être contrôlé, et il n'est pas exclu que la décision soit défavorable, même pour ces Mischling.


Les conditions pour que l'exception soit accordée doivent toujours relever des mérites fondamentaux du Mischling en question (et non des mérites des parents ou du conjoint allemands de sang).

Tout Mischling du 1er degré bénéficiant de l'exception en matière d'évacuation devra être stérilisé, pour empêcher toute descendance, et éliminer définitivement le problème du métissage. Il sera procédé à la stérilisation sur la base du volontariat. Mais le maintien sur le territoire du Reich est soumis à cette condition. Le Mischling stérilisé sera par la suite libéré de toutes les dispositions restrictives auxquelles il était soumis jusqu'alors.

2) Traitement des Mischling du 2ème degré
Les Mischling du 2ème degré sont fondamentalement apparentés aux Allemands de sang, à l’exception des cas suivants, pour lesquels les Mischling du 2ème degré sont placés sur un plan d'égalité avec les Juifs :

a) Mischling du 2ème degré issu d'une union bâtarde (couple de Mischling).

b) Apparence raciale particulièrement désavantageuse pour le Mischling du 2ème degré, le plaçant par son aspect extérieur du côté des Juifs.

c) Rapports policiers ou politiques particulièrement mauvais à propos du Mischling du 2ème degré faisant paraître qu'il se ressent et se comporte comme un Juif.

Mais il ne sera pas fait exception, même dans de tels cas, si le Mischling du 2ème degré est marié avec un Allemand de sang.


3) Mariages entre Juifs et Allemands de sang
Il faut décider au cas par cas si le conjoint juif doit être évacué ou bien s'il est transféré vers un ghetto de vieillards, en considération des conséquences d'une telle mesure sur la parenté allemande de ce couple mixte.


4) Mariages entre Mischling du 1er degré et Allemands de sang
a) Sans enfant
Si aucun enfant n'est issu du mariage, le Mischling du 1er degré sera évacué, éventuellement transféré dans un ghetto de vieillards (même traitement que pour les mariages entre Juifs et Allemands de sang, au point 3).

b) Avec enfants
Si des enfants (eux-mêmes Mischling du 2ème degré) sont issus du mariage, et s'ils sont placés sur un plan d'égalité avec les Juifs, ils seront évacués avec le Mischling du 1er degré, ou transférés dans un ghetto. Dans la mesure où ces enfants sont au même plan que les Allemands (cas normaux), ils bénéficient de l'exception à l'évacuation, de même que leur parent Mischling de 1er degré.


5) Mariages entre deux Mischling du 1er degré ou entre Mischling du 1er degré et Juif.
Dans le cas de ces mariages, chaque membre (y compris les enfants) est traité comme Juif et donc évacué, voire transféré dans un ghetto de vieillards.


6) Mariages entre Mischling du 1er degré et Mischling du 2ème degré
Sans considération de l'existence ou non d'enfants, les deux conjoints seront évacués ou transférés dans un ghetto de vieillards, dans la mesure où d'éventuels enfants présentent sur le plan racial, en règle générale, de plus fortes traces de sang Juif que les Mischling du 2ème degré.

Le Gruppenführer SS Hofmann exprima l'avis qu'il fallait user largement de la stérilisation, d'autant plus que le Mischling, placé devant le choix entre évacuation et stérilisation, se soumettra plutôt à la stérilisation.

Le secrétaire d'état, Dr Stuckart, fit le constat que la mise en œuvre des solutions qui viennent d'être exprimées pour la liquidation des questions relatives aux mariages mixtes et aux Mischling entraînerait, dans les formes prévues, une immense quantité de tâches administratives. Pour tenir compte des données biologiques présentes dans tous les cas, le secrétaire d'État Dr Stuckart, proposa en outre d'adopter la stérilisation obligatoire.

Pour simp1ifier le problème des mariages mixtes, il faudrait réfléchir à des dispositions par lesquelles le législateur dirait : « ces mariages sont dissous. »

Sur la question des conséquences de l'évacuation des Juifs sur la vie économique, le secrétaire d'État Neumann expliqua que les Juifs employés dans les entreprises indis-pensables en temps de guerre ne pourraient pas être évacués tant qu'ils ne seraient pas remplacés.

L'Obergruppenführer SS Heydrich indiqua que ces Juifs ne seraient pas évacués dans le cadre des directives qu'il avait approuvées pour l'exécution des actions d'évacuation actuellement en cours.

Le secrétaire d'État, Dr Bühler, remarqua qu'on saluerait, au Gouvernement général, le fait de commencer la solution finale dans le gouvernement général, car le problème du transport n'y ajouterait pas de difficulté supplémentaire, et que des misons de mobilisation pour le travail ne viendraient pas y entraver le déroulement de l'action. Il faudrait éloigner aussi vite que possible les juifs des territoires du Gouvernement général, car le Juif, porteur d'épidémie, y représentait un danger particulière~ ment éminent, et apportait en outre, par ses trafics continus, le désordre dans la structure économique du pays. Sur les 2 millions et demi de Juifs concernés, la majorité étaient par ailleurs inapte au travail.

Le secrétaire d'État, Dr Bühler, poursuivit en constatant que la solution de la question juive dans le Gouvernement général relevait de la compétence du chef de la police de sécurité et du SD, et que ses efforts devaient être soutenus par les autorités du Gouvernement général. Il n'avait qu'un seul souhait : que la question juive soit réglée sur ce territoire le plus vite possible.

En conclusion, les différentes résolutions furent discutées, et il en ressortit, tant du côté du Gauleiter, Dr Meyer, que de celui du secrétaire d'État, Dr Bühler, qu'on était d'avis qu'il fallait mener immédiatement, dans les territoires en question, certains travaux préparatoires au déroulement de la solution finale, en évitant cependant de provoquer l'inquiétude de la population.

En mettant un terme à la réunion, le chef de la police de sécurité et du SD demanda aux participants de lui accorder tout leur soutien dans l'exécution des tâches décidées.


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 19  Nouveau message de Bruno Roy-Henry  Nouveau message 17 Nov 2009, 16:03

juin1944 a écrit:Partons du principe que Bousquet , Laval et Pétain ne connaissaient rien de l'extermination des Juifs : pourquoi alors vouloir protéger les Juifs Français ? ou plutôt de quoi vouloir les protéger ? Bousquet ignorait tout, bien sûr, des conditions de vie des enfants de Drancy... Of course. Pas un seul fonctionnaire de Vichy ne serait donc posé la question de savoir où l'on envoyait ces enfants et pour quoi faire ? Et les enfants d'Yzieu ? Même problèmatique, Bruno, Vichy savait quel sort était réservé aux Juifs, mais il est tellement plus simple de jouer à l'aveugle quand on ne veut pas voir...
Dis moi, Bruno, tu dois connaitre les protocoles de Wannsee ? Y lis tu, à un moment, les termes "euthanasies, tuer, assassiner, éradiquer, gazages, mort" ? Cherche bien, tu n'en trouveras aucun. Moralité : Heydrich, qui présidait ce jour là, ne savait pas ce qu'on allait faire des juifs "déplacés". Tu vois, Bruno, on peut aller loin avec ce genre de raisonnement.


Si tu proposes le principe, Stéphane, suivons-le : Vichy ne veut tout simplement pas que des Français soient déportés, juifs ou non. Les autres, il estime n'être pas en position de s'en soucier, qu'ils soient juifs ou espagnols communistes, par exemple...

Pour leur destination, l'exemple du ghetto est encore dans tous les souvenirs. Quant aux enfants d'Yzieu, mais c'est en 1944 ! Vichy n'est plus rien, ne pèse plus rien, ou -plus exactement- il est complètement aux mains des collabos. Quant à Pétain, il ne vaut guère mieux, même si celui-ci se fait encore des illusions...

Stéphane, tu prétends que Vichy savait pour les juifs. En 1944, certainement. Mais en 1942, j'attends la preuve. Il ne pouvait le savoir avant que les Alliés eux-mêmes ne l'aient dénoncé : c'était bien en décembre 1942, non ?


 

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Re: Décret n°1301 du 6 juin 1942

Nouveau message Post Numéro: 20  Nouveau message de betacam  Nouveau message 17 Nov 2009, 16:42

bonjour,

les pauvres, ils ne savaient rien. ( même pas une toute petite idée ? )
;)



texte sur le verso

Aide-Mémoire fait le point des spécificités des crimes nazis et de la responsabilité du régime de vichy en confrontant les témoignages des survivants d'Auschwitz avec les commentaires de deux spécialistes
Henri Rousso, historien à l''institut du Temps Présent et Maître Henri Leclerc , avocat.

C'est une réalisation parfaite à tous points de vue : témoignages, présentation historique,
commentaires juridiques. Les témoins apportent leur vécu et une émotion qu'ils ont gardé intacte depuis le temps de l'épreuve...



Henri Bulawko
président de l'association des Anciens Déportés Juifs de France.

interviennent également Lucie Aubrac, Fanny Segal, Marie-claude Vaillant-Couturier.

à destination des collèges et lycées 1994.

"

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